Albert Samain, Le Bonheur.

Bonjour
Je suis en 1ere ES et mon professeur de français nous a demandé de faire un commentaire de texte sur la poésie "le bonheur" d'Albert Samain. Je suis complètement perdu si quelqu’un peut m'aider. Merci d'avance !!

Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Il vaut mieux afficher le texte :
    Le Bonheur

    Pour apaiser l'enfant qui, ce soir, n'est pas sage,
    Églé, cédant enfin, dégrafe son corsage,
    D'où sort, globe de neige, un sein gonflé de lait.
    L'enfant, calmé soudain, a vu ce qu'il voulait,
    Et de ses petits doigts pétrissant la chair blanche
    Colle une bouche avide au beau sein qui se penche.
    Églé sourit, heureuse et chaste en ses pensers,
    Et si pure de cœur sous les longs cils baissés.
    Le feu brille dans l'âtre ; et la flamme, au passage,
    D'un joyeux reflet rose éclaire son visage,
    Cependant qu'au dehors le vent mène un grand bruit...
    L'enfant s'est détaché, mûr enfin pour la nuit,
    Et, les yeux clos, s'endort d'un bon sommeil sans fièvres,
    Une goutte de lait tremblante encore aux lèvres.
    La mère, suspendue au souffle égal et doux,
    Le contemple, étendu, tout nu, sur ses genoux,
    Et, gagnée à son tour au grand calme qui tombe,
    Incline son beau col flexible de colombe ;
    Et, là-bas, sous la lampe au rayon studieux,
    Le père au large front, qui vit parmi les dieux,
    Laissant le livre antique, un instant considère,
    Double miroir d'amour, l'enfant avec la mère,
    Et dans la chambre sainte, où bat un triple cœur,
    Adore la présence auguste du bonheur.


    Albert Samain

    Et ces fiches méthode pourront t'aider à démarrer :

    https://www.etudes-litteraires.com/commentaire.php
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Pour commencer, tu aurais dû mettre le texte
    Le bonheur

    Poète : Albert Samain (1858-1900)

    Recueil : Aux flancs du vase (1898).

    Pour apaiser l'enfant qui, ce soir, n'est pas sage,
    Églé, cédant enfin, dégrafe son corsage,
    D'où sort, globe de neige, un sein gonflé de lait.
    L'enfant, calmé soudain, a vu ce qu'il voulait,
    Et de ses petits doigts pétrissant la chair blanche
    Colle une bouche avide au beau sein qui se penche.
    Églé sourit, heureuse et chaste en ses pensers,
    Et si pure de cœur sous les longs cils baissés.
    Le feu brille dans l'âtre ; et la flamme, au passage,
    D'un joyeux reflet rose éclaire son visage,
    Cependant qu'au dehors le vent mène un grand bruit...
    L'enfant s'est détaché, mûr enfin pour la nuit,
    Et, les yeux clos, s'endort d'un bon sommeil sans fièvres,
    Une goutte de lait tremblante encore aux lèvres.
    La mère, suspendue au souffle égal et doux,
    Le contemple, étendu, tout nu, sur ses genoux,
    Et, gagnée à son tour au grand calme qui tombe,
    Incline son beau col flexible de colombe ;
    Et, là-bas, sous la lampe au rayon studieux,
    Le père au large front, qui vit parmi les dieux,
    Laissant le livre antique, un instant considère,
    Double miroir d'amour, l'enfant avec la mère,
    Et dans la chambre sainte, où bat un triple cœur,
    Adore la présence auguste du bonheur.

    Albert Samain.

    Faire un commentaire, c'est comprendre l'intention de l'auteur et la justifier.

    Pour te mettre sur la voie : la peinture merveilleuse d'un simple bonheur familial avec en arrière-plan une possible évocation religieuse de la Sainte Famille (Jésus, Marie, Joseph).
  • http://gaston-latouche.over-blog.com/2015/01/illustrations-pour-albert-samain.html

    Poème ou peinture ?

    Un symbolisme accessible.
    Le peintre des réalités quotidiennes, des tableaux touchants.
    Le poète qui sait peindre le calme des fins de jour, des bonheurs simples.
  • Problématique :
    Vache laitière ou vierge Marie, sous le regard de Dieu le père ?

    Nostalgie de n'avoir pas été allaité, désir de la femme et de l'enfant qu'il n'a pas eus ?
    Voyeur et un tantinet gnangnan (je sais, il ne faut pas le dire).
    Trop.
    Croirait-on que ce poème date de 1898 ?

    En tout cas, il y a matière à commenter.

    -Les images goûteuses :
    D'où sort, globe de neige, un sein gonflé de lait.
    ... pétrissant la chair blanche
    ...Colle une bouche avide au beau sein qui se penche.
    ..Une goutte de lait tremblante encore aux lèvres.

    -Les images pieuses :
    Églé sourit, heureuse et chaste en ses pensers,
    Et si pure de cœur sous les longs cils baissés.
    ..Incline son beau col flexible de colombe ;

    -Le mâle, au-dessus, à l'arrière plan, les gosses, ce n'est pas son problème; Mais heureusement il a levé les yeux entre deux pages de lecture. Le pauvre, ce qu'il a failli rater : le tableau de la sainte famille ! Heureusement qu'il était là, sinon, nous aussi nous aurions raté l'épisode, et peut-être même la mère !
    ...Le père au large front, qui vit parmi les dieux,
    Laissant le livre antique, un instant considère,
    Double miroir d'amour, l'enfant avec la mère,
    Et dans la chambre sainte, où bat un triple cœur,
    Adore la présence auguste du bonheur.



    Une scène ordinaire transfigurée en un tableau sacré.
    A peindre. Cela a été fait. Le sein, allaitant ou non, est une source inépuisable d'inspiration pour les peintres ( surtout les peintres hommes, d'ailleurs)
    http://enigm-art.blogspot.fr/2011/02/le-sein-dans-la-peinture.html
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