Atteindre un très bon niveau en lettres pendant une année sabbatique

Bonjour à tous ceux qui me lisent :) ,

J'aurais besoin de quelques conseils de méthode pour l'année qui va suivre...

J'ai décidé d'abandonner une prépa de type HEC ( ECS ). Malgré de bonnes notes, et en outre dans un établissement assez réputé, ce choix m'a d'emblée semblé le meilleur, car ce qui m'attire le plus depuis des années, c'est tout ce qui relève de la culture, et par-dessus tout, la littérature.

Toutefois, ayant suivi une filière scientifique, je ne me suis aujourd'hui essayé qu'à trois exercices: le commentaire, la contraction de texte et la dissertation. J'avoue que mes seuls commentaires furent de bien piètre qualité et remontent à plus de deux ans. Mes dissertations, en revanche, me semblent plus élaborées.

Je n'ai pas voulu trancher immédiatement quant à l'éternel dilemme entre l'université et les classes préparatoires. Je me suis donc laissé un an pour réfléchir, histoire de ne pas commettre de nouveau la même erreur.

Bref, comme j'aurai une somme assez colossale de temps libre ( année sabbatique à Berlin ), j'aimerais savoir quels seraient les moyens pour atteindre un très bon niveau en lettres. Je sais que cela sonnera un peu creux aux oreilles de certains, mais je suis très motivé et surtout un bon travailleur. Je suis prêt à travailler, disons 6 ou 7 heures par jour.

Il me manque juste de la matière. Si vous aviez ce temps-ci quotidiennement pour étudier, comment répartiriez-vous vos tâches?

Je vous remercierais bien d'avance... Merci quoi qu'il en soit de m'avoir lu. Si vous pouviez m'aider, cela me ferait très plaisir.

Réponses

  • ArtzArtz Membre
    Lance-toi dans une langue ancienne, ça t'occupera déjà et ça sera utile pour la suite. Je pense que tu vas être amené à pratiquer ton allemand, c'est aussi une très bonne chose.
    Pour te faire une culture, essaye de lire une oeuvre de chaque grand mouvement littéraire en France depuis le XVIème et les oeuvres-phares européennes (Faust, la Divine Comédie, etc).
    Tu as des années pour apprendre la méthode du commentaire et de la dissertation qui sont les deux exercices essentiels. Essaye de prendre de temps en temps des poèmes en vers (parce que c'est plus facile à analyser que la prose) et de trouver des principes de construction ou des figures de style. D'ailleurs, il y a des dictionnaires de figures de style, ça peut être un achat judicieux. Lorsque ta connaissance de l'histoire littéraire sera suffisamment importante, elle te permettra de construire des problématiques pertinentes et tu auras alors les éléments d'analyse pour renforcer tes parties.
  • 1° Pourquoi excluez-vous le Moyen-Age ?
    2° Les poèmes en prose sont-ils plus difficiles à "analyser" que les poèmes en vers (ce serait bien curieux) ?
    3° S'il faut acheter des ouvrages, je conseillerais des encyclopédies de littérature plutôt que des nomenclatures de figures de style !
  • ArtzArtz Membre
    @Jacquesvaissier : Nous irons au bois ? :)

    Parce que le Moyen-Age est un "autre monde" et il me semble plus difficile de l'aborder. De même, la littérature grecque, latine, chinoise, arabe... Mon conseil a exclu beaucoup d'univers culturels pour restreindre à ce qui est le plus "classique", c'est-à-dire reconnu et demandé par des institutions. Après, qu'il puisse prendre plaisir à se balader dans ces champs, avant ou après être entré en études de lettres, tant mieux.
    Je trouve, mais peut-être est-ce subjectif, que les vers permettent de se mettre plus facilement en selle : on peut analyser le schéma métrique, le rythme du vers, etc. Bien entendu, on peut analyser le rythme de la prose, et la prose s'analyse, mais ça me semble plus difficile dans un premier abord.
    Quant aux encyclopédies, je trouve ça peu utile pour se préparer à un exercice, le commentaire, ce qui était ici mon propos.

    Cela dit, si vous avez d'autres choses à conseiller, je pense que c'est très bien d'avoir un certain nombre d'avis. :)
  • 1° Parce que les romans de Chrétien de Troyes, le roman de Renart, les fabliaux, la chanson de Roland, Tristan et Iseut ne sont pas des "classiques" ? On ne peut certes tout lire, mais ces œuvres existent en extraits "traduits".
    2° Entre les vers mesurés et la prose, vous semblez omettre le vers libre...
    3° L'ambition d'un futur étudiant en lettres doit-elle se borner à savoir à compter les syllabes des vers mesurés ou à faire la liste des tropes dans les poèmes de Ronsard ou dans les Fleurs du Mal ? Je pense qu'une année sabbatique doit être avant tout consacrée à lire de tout et à parfaire sa connaissance de l'Histoire littéraire (et de l'Histoire tout court) ; ce n'est qu'au terme de cette année qu'on pourra se former à la technique des exercices de concours, qu'on abordera du reste avec d'autant plus d'aisance qu'on aura plus de connaissances et de références à sa disposition.
  • Oserais-je donner un avis ?
    Ici, c'est une année sabbatique avant la poursuite d'études universitaires.

    Il faudra intégrer l'année sabbatique plus tard dans le CV. Il faut déjà penser au projet, à un but constructif.


    http://www.stepstone.fr/Conseils-de-carriere/cv/cv-expliquer-annee-sabbatique.cfm
  • Je n'extrais qu'une phrase prise dans le site auquel floréale renvoie :

    [L'année sabbatique] peut être considérée comme un moyen d'apprendre tout ce qui, justement, n'a pas pu être appris à l'école.

    Et qu'est-ce qui n'a pas pu être appris à l'école ? La connaissance intime et désintéressée des lettres.
  • Bonsoir,

    un grand merci pour ces conseils qui me seront sans aucun doute d'une grande utilité.

    En énumérant succinctement, il s'agit donc de:

    - perfectionner une langue vivante
    - appréhender une langue ancienne
    - s'imprégner d'histoire littéraire, auteurs et textes
    - lire et encore lire

    Quelques précisions me semblent tout de même nécessaires. D'abord sur d'autres matières ou tâches à potentiellement aborder et ensuite sur le côté pratique de l'étude.

    Domaines éventuels:

    Histoire: Dois-je me faire une culture historique? Par exemple, si j'aborde la littérature médiévale, devrais-je trouver un cours ou des documents sur le Moyen-Âge? Concernant les romanciers, poètes, dramaturges, célèbres ou non, serait-ce pertinent d'assimiler dans les grandes lignes leur biographie?

    Étymologie: J'ai reçu en anniversaire le Dictionnaire historique de la langue française, d'Alain Rey, en trois volumes. Est-il enrichissant et fructueux d'étudier l'étymologie, ou est-ce un domaine abordé ultérieurement en études de lettres ( en université )?

    Grammaire: Comme tout étudiant qui se respecte, je possède un exemplaire du Grevisse, et un Bescherelle également. Est-il requis de maîtriser parfaitement toutes les subtilités grammaticales du français?

    D'autres suggestions?

    Concernant le côté pratique:

    Il m'a semblé lire plus haut qu'il n'était pas indispensable de travailler les exercices de dissertation et de commentaire. Je me permets pourtant d'insister sur ce point. Où trouver des sujets enrichissants niveau bac+1 / bac+2 sur le net? Est-il possible de se faire corriger ( peut-être sur ce forum? ) ?

    Enfin, j'aimerais insister sur une chose qui me tient vraiment à cœur. Pour le moment, j'ai l'impression d'avoir un style d'écriture un peu scolaire et surtout vraiment quelconque. Sur ce point-ci, des conseils de style pourront-ils m'aider ou faudra t-il des années avant que j'écrive plus élégamment?

    Je sais que votre temps est précieux, et j'ai peur d'avoir été un poil trop loquace... Si toutefois vous preniez la peine de me répondre, cela me serait d'un grand profit.
  • Pourquoi ne pas t'inscrire en licence de LM par correspondance ? Sinon comment faire reconnaitre ton travail, tes progrès si tu candidates en H/K ?
  • DeliaDelia Membre
    Penchez-vous plutôt sur :

    Précis de grammaire pour examens et concours de Dominique Maingueneau chez Bordas.
  • Dois-je me faire une culture historique? Par exemple, si j'aborde la littérature médiévale, devrais-je trouver un cours ou des documents sur le Moyen-Âge? Concernant les romanciers, poètes, dramaturges, célèbres ou non, serait-ce pertinent d'assimiler dans les grandes lignes leur biographie?
    Oui.
    En ce qui concerne le patrimoine littéraire, on ne peut pas faire l'économie de connaissances historiques et culturelles appropriées. Il est logique que la lecture de synthèses historiques usuelles accompagne la consultation des volumes d'histoire littéraire. Il est aussi important de maîtriser adéquatement les grandes notions bibliques et religieuses, sans quoi on rencontre forcément des problèmes ! Enfin, bien entendu, il y a les autres arts, qui sont souvent en dialogue avec la littérature, pour ainsi dire.
    Concernant les auteurs, il y a toujours un minimum à connaître à propos des plus grands lorsqu'on fait des études de lettres, mais il me semble que c'est la partie la plus facile de l'affaire dans ce domaine-là. Être capable de faire des rapprochements entre un tel et un tel, s'y retrouver vraiment en histoire littéraire, de manière dynamique, demande un peu plus de temps, mais dès que l'on s'intéresse, on s'imprègne de ce genre de choses.
    Est-il enrichissant et fructueux d'étudier l'étymologie, ou est-ce un domaine abordé ultérieurement en études de lettres ( en université )?
    Dans l'absolu, tout ce qui permet de maîtriser davantage la langue est un plus. Dans le cursus universitaire de lettres, il y a évidemment une composante linguistique, notamment une étude diachronique de l'ancien français et du français. Il n'est pas inutile de s'intéresser à l'avance à ces questions.
    Il m'a semblé lire plus haut qu'il n'était pas indispensable de travailler les exercices de dissertation et de commentaire.
    Là encore, on ne perd rien en s'entraînant et en améliorant sa méthode... Mais ce qui importe, pour ces exercices, c'est d'avoir de la matière, donc d'avoir vraiment lu. Le cursus lui-même fournit maintes occasions de s'exercer (certes, surtout en prépa), comme l'écrit Artz, on y est assez souvent contraint et, d'un autre côté, rien n'est plus commun que la consultation des manuels concernant ces exercices. Ce qui l'est un peu moins, c'est de forger sa sensibilité littéraire propre, de lire des essais et des études littéraires, de ne pas seulement régurgiter ce que l'on aura lu dans les recueils de dissertations et les manuels usuels (ce qui ne signifie pas qu'il ne faut pas les consulter).
    Pour le moment, j'ai l'impression d'avoir un style d'écriture un peu scolaire et surtout vraiment quelconque. Sur ce point-ci, des conseils de style pourront-ils m'aider ou faudra t-il des années avant que j'écrive plus élégamment?
    Le style s'abreuve des lectures et s'exerce dans l'écriture. Que conseiller ici, sinon la lecture des bons essais et des meilleurs auteurs, dans leur diversité ?
  • Partir une année à Berlin et avoir en tête un approfondissement de la littérature française, cela surprend un peu. Partir à l'étranger pour un temps suffisamment long, c'est une grande chance et la possibilité de faire des découvertes diverses.
    Le projet de faire un long et délicieux voyage littéraire entre quatre murs est peut-être un peu limité aussi. Les exercices théorique pour examens ou concours font penser à un but précis. La simple amélioration du français est difficile à évaluer au fil du temps. Il manque un objectif à plus long terme.

    Normalement on affiche un but à une année sabbatique et ce but n'est pas en général du rattrapage de ce qu'on a déjà fait. Chez les anglo-saxons il y a souvent un but très pratique qui est de travailler pour se payer les frais d'université et parfois voir le monde aussi.
  • Bonjour,

    Pour répondre d'abord à Floréale et à Portia, cette année sabbatique n'était pas prévue depuis des années. C'est après avoir abandonné une prépa parisienne HEC qu'il m'a semblé raisonnable de faire une pause pour avoir la conviction et la maturité nécessaires à la poursuite d'études dans une autre filière, en l’occurrence, littéraire. D'autre part, j'ai depuis l'école primaire une année d'avance, donc une année sabbatique n'est pas si dommageable.

    Ceci étant dit, je vais devoir travailler ici, donc logiquement parler quotidiennement en allemand, et puis c'est également une opportunité de découvrir en détails la capitale qu'est Berlin. Vous excuserez ma naïveté, mais vous parlez de CV comme si j'allais candidater à un poste de commercial, ce qui ne risque plus d'arriver. Je crois bien que l'on devient professeur en passant un concours. Mais peut-être ai-je tort de penser ainsi?

    Merci infiniment à Ascagne pour ces précisions.

    Je vais m'organiser un programme de travail sur l'année et je consulterai vos messages pour m'aiguiller.
  • Il est je crois très important de prendre en compte les éventuels projets professionnels: "littéraire", c'est tout de même très large ! Si l'on envisage quelque chose dans un domaine approchant le journalisme par exemple, il faudra concentrer les efforts sur l'histoire et la géographie des derniers siècles et sur une culture générale beaucoup plus large qui devrait aussi s'étendre à la politique, à l'économie, aux sciences...
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