Fiches méthode Bac de français 2020

Série L - Écriture d’invention
Objet d’étude : les réécritures du XVIIe siècle à nos jours

Invention : Imaginez, sous la forme d’un monologue intérieur, les réflexions et la méditation d’un monument installé depuis longtemps dans un lieu de votre choix : il s’interroge par exemple sur sa raison d’être, le comportement des hommes, son devenir, etc.

arrow.png Proposition de corrigé de l’écriture d’invention (par Tina Malet)


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Réponses

  • Bonjour, pour ce monologue intérieur, j'ai fait un sonnet, est-ce grave?
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Je ne pense pas que ce soit grave si ton sonnet est vraiment réussi...
    Quel monument as-tu choisi de faire monologuer, alors ?
  • C'est peut-être aussi ça le problème, j'ai évoqué très implicitement un monument sur la place Montmartre... Dans la précipitation, vu que c'était la fin de l'épreuve, j'ai aussi fait une énorme faute d'orthographe dans le dernier vers du dernier tercet qui ruine mon alexandrin lol... Enfin bon...
  • LyyantLyyant Membre
    Bonjour ! J'ai opté l'écriture invention ce matin, j'ai déjà questionné mes professeurs de français et de littérature, mais j'aimerai, dans la mesure du possible, avoir un avis extérieur...
    Je n'ai pas pris de monument célèbre mais une petite église/chapelle qui au fil des siècles voit sa fonction principale modifiée, de lieu de culte, elle devient refuge pour miséreux, lieu d'exposition, pavillon pour amoureux, antre des poètes, mas familial, atelier d'artiste, etc... - et comme le sujet le demandait, elle se questionne au cours du temps sur la nature des hommes et Cie-
    J'ai utilisé un registre assez lyrique et parfois merveilleux, la chapelle s'adressant au champ de blé, au tilleul et au vent, s'imaginant s'échapper de sa condition d'être immobile en dansant sur la crête des vagues (elle se situe face à la mer et dos à la campagne).
    J'ai organisé mon texte en écrivant un paragraphe par période que je traitais, et en débutant chacun d'eux par "La mer est montée et descendue sur la grève." -je cherchais à représenter le temps qui passe, la nature changeante de l'humain et le fait que les hommes délaissent le monument ou reviennent vers lui selon les époques-
    Vous pensez que mon idée répond au attentes de l'énoncé ? J'ai toujours peur de faire un hors-sujet... (je demande simplement pour l'idée de départ ainsi que la construction du devoir, je sais bien que pour le style et les fautes il aurait fallu que je poste mon texte entier, donc syvyouplayy -quel joli terme!- pas de commentaire du type "on ne peut pas te dire sans voir ton devoir")
  • J'ai inventé un monument c'est grave ?
  • LyyantLyyant Membre
    J'ai fait pareil donc je serai tenté de te dire que non mais j'attends une réponse des autres ...
  • DeliaDelia Membre
    Manifestement, l'auteur du sujet s'est souvenu de Nostalgie d'obélisques de Théophile Gautier, in Emaux et camées :
    I

    L’OBÉLISQUE DE PARIS


    Sur cette place je m’ennuie,
    Obélisque dépareillé ;
    Neige, givre, bruine et pluie
    Glacent mon flanc déjà rouillé ;

    Et ma vieille aiguille, rougie
    Aux fournaises d’un ciel de feu,
    Prend des pâleurs de nostalgie
    Dans cet air qui n’est jamais bleu.

    Devant les colosses moroses
    Et les pylônes de Luxor,
    Près de mon frère aux teintes roses
    Que ne suis-je debout encor[...]

    et :
    L’OBÉLISQUE DE LUXOR


    Je veille, unique sentinelle
    De ce grand palais dévasté,
    Dans la solitude éternelle,
    En face de l’immensité.

    À l’horizon que rien ne borne,
    Stérile, muet, infini,
    Le désert sous le soleil morne,
    Déroule son linceul jauni.

    Au-dessus de la terre nue,
    Le ciel, autre désert d’azur,
    Où jamais ne flotte une nue,
    S’étale implacablement pur.

    Le Nil, dont l’eau morte s’étame
    D’une pellicule de plomb,
    Luit, ridé par l’hippopotame,
    Sous un jour mat tombant d’aplomb[...]


    nostalgies parallèles, chutes symétriques :
    Paris :
    Sol sacré des hiéroglyphes
    Et des secrets sacerdotaux,
    Où les sphinx s’aiguisent les griffes
    Sur les angles des piédestaux,


    Où sous le pied sonne la crypte,
    Où l’épervier couve son nid,
    Je te pleure, ô ma vieille Égypte,
    Avec des larmes de granit !

    Louxor :
    Les fontaines juxtaposées
    Sur la poudre de son granit
    Jettent leurs brumes irisées ;
    Il est vermeil, il rajeunit !

    Des veines roses de Syène
    Comme moi cependant il sort,
    Mais je reste à ma place ancienne ;
    Il est vivant, et je suis mort !
  • LyyantLyyant Membre
    Je me pensais grand fanatique de Gautier, mais ces poèmes m'étaient étranger, merci de les avoir postés !
  • J'ai une question , est-ce qu'une erreur de méthodologie peut jouer gros pour la note du bac ? Avec la panique j'ai rédigée un monologue intérieur à la 3 eme personne .
    Svp c'est urgent
  • LyyantLyyant Membre
    Hum aucune idée, pourquoi pas :)
  • DeliaDelia Membre
    Vous avez écrit le monologue intérieur d'Alain Delon !

    @Lyyant : et encore, j'ai taillé dans le texte ! Version intégrale sur wikisource.
  • WhiskyWhisky Membre
    Bonjour, élève de première Littéraire, et sortant de l'épreuve anticipée écrite de français du Baccalauréat, je me demandais, vis-à-vis de ma production, le nombre de mots ou de lignes en dessous duquel une écriture d'invention serait pénalisée en dépit de la qualité de son contenu? En effet, par choix, j'ai décidé de faire une écriture d'invention relativement courte (19 lignes et approximativement 266 mots) sur ce sujet: "Imaginez, sous la forme d’un monologue intérieur, les réflexions et la méditation d’un monument installé depuis longtemps dans un lieu de votre choix : il s’interroge par exemple sur sa raison d’être, le comportement des hommes, son devenir, etc.", en donnant ainsi au style, à la musicalité, à la structure, aux différents niveaux de lecture de mon texte une importance particulière pour compenser la taille réduite de ce dernier.
    Merci d'avance!
    PS: Si nécessaire, ayant gardé mes brouillons, il m'est possible de vous retranscrire quelques extraits de mon écrit pour que vous puissiez le juger.
  • Moi aussi j'ai choisis le sujet d'invention!
    Comme monument par manque de temps et d'inspiration (puisque j'ai passé 2h sur la question de corpus qui n'est finalement pas complète ..) j'ai choisis le monument du sphinx en Egypte (sphinx de Gizeh) en inspiration au textes du corpus ^^ je suis d'ailleurs étonnée que personne n'ai fait comme moi pour le moment.
    Mon argumentation n'était pas très bien organisée (par manque de toi encore une fois) mais ça devrait aller. J'ai écris comme dans une pièce de théâtre avec des didascalies puisqu'on parlait bien ici de "monologue" mais avec vos citations et ce que vous avez fais j'ai finalement peur d'avoir fais un énorme hors sujet... Parce que faire un monologue avec un monument au théâtre c'est un peu bizarre
  • WhiskyWhisky Membre
    J'ai personnellement choisi le Sacré-Coeur, que je n'ai d'ailleurs, à travers le très peu de prose que j'ai composé (19 lignes), jamais explicitement nommé. Vis-à-vis du sonnet, tant qu'il correspond aux caractéristique du sujet : "Imaginez, sous la forme d’un monologue intérieur, les réflexions et la méditation d’un monument installé depuis longtemps dans un lieu de votre choix : il s’interroge par exemple sur sa raison d’être, le comportement des hommes, son devenir, etc.".
  • Delia a écrit:
    Vous avez écrit le monologue intérieur d'Alain Delon !

    Oh, Delia ! :lol:
  • LyyantLyyant Membre
    Whisky a écrit:
    PS: Si nécessaire, ayant gardé mes brouillons, il m'est possible de vous retranscrire quelques extraits de mon écrit pour que vous puissiez le juger.

    -> Moi je suis intéressé !
  • WhiskyWhisky Membre
    Lyyant: Alors le début et la fin pour que tu puisses voir un petit bout de mon travail de structuration :)!

    "Les marches de Montmartre doivent être lasses d'amener, années après années les foules indécises au coeur sacré de mon enceinte"

    => donc la, allitération en -m- et assonances en -é-, et syntaxe douteuse et répétitive volontairement (coeur = enceinte) pour faire de cette phrase une périphrase pour désigner le sacré coeur ("coeur sacré"), en quelques mots.

    "Mère porteuse de ces humanités aux mœurs étranges, ai-je choisi d’accueillir en mon ventre ces êtres aux coeurs maudits?"

    => Personnification (par la nature même du sujet mais ici plus explicitement: j'[le sacré coeur] interroge sur ma capacité à faire des métaphores (selon mon point de vue) pour me désigner, et déstructure, ou approfondit, en faisant cela, le processus créatif littéraire et sous-entend plusieurs niveaux de lectures du reste du devoir. "Coeur maudit" en opposition avec Sacré-Coeur (le nom du monument n'est jamais cité dans mon devoir, je ne fais que faire des références plus ou moins subtiles, ici, pas très).

    Ca c'était les deux premières phrases donc. Et pour clôre mon devoir j'ai mis ça:

    "Paris, est aujourd’hui perdu d'avoir un cœur aussi las que je le suis."

    => Ici syntaxe carrément fausse mais encore une fois volontairement: rend l'interprétation ambiguë en jouant sur les différents sens d'un "Pari(s) perdu", et du "coeur", et de "Las/là", avec le "aussi [...] que je le suis". De plus parrallélisme avec le début avec la reprise des mêmes termes qu'au début de ma prose ("Montmartre/Paris", "lassitude", "coeur", "indécis/perdu"). Donc structure cyclique derrières l'aspect très rectangulaire des mots (j'ai choisi de ne pas sauter de lignes et de prêter attention à la pagination pour faire un bloc, de premier abord, indigeste, aux angles durs, mais dont le contenu serait finalement, très "rond". Comme les traits du Sacré Coeur donc (les colonnes paraissent dures et rectangulaire si on s’arrête à leur aspect de loin , mais dès qu'on s'en approche un peu plus, on peut admirer la lisseur de la roche et leur circularité)

    Les citations sont d'après mes brouillons donc approximatives, mais vu les efforts que j'ai mis pour mettre de la profondeur dans ces quelques lignes, ça me ferait vraiment mal d'avoir une mauvaise notes juste pour n'avoir fait que 20 lignes... En espérant que vous trouviez ça utile !
  • LyyantLyyant Membre
    J'adore tes idées, et la seule chose que je trouve dommage c'est de savoir que tu n'as pas écrit les commentaires que tu fais de ton propre texte sur ta copie !

    J'ai des amis qui, alors qu'ils travaillaient en cours sur Baudelaire, devaient rédiger un poème en vers ou en prose sur le thème de l'Ennui MAIS en commentant et expliquant les effets, double sens, etc qu'ils avaient voulu produire.

    ...Et je trouverai injuste que l'on te pénalise pour la longueur de ton texte :)
  • WhiskyWhisky Membre
    Merci beaucoup ça me fait plaisir de lire ça ! J’espère que la personne qui corrigera ne s’arrêtera pas à la longueur! Après par rapport aux explications, c'est sur qu'avec, on ne pourrait pas me reprocher de ne pas avoir travaillé mais au niveau littéraire comme artistique, sauf si ça devient un concept (l'explicitation je veux dire), montrer les ficelles serait dommage, je préfère laisser l'interprétation libre, en espérant que la personne qui corrige ne soit pas trop fatiguée ou fermée d'esprit pour pouvoir comprendre avec toutes les pistes que l'on lui laisse.
  • Salut ! Je suis candidate libre et j'ai choisi le travail d'invention. Je fais les épreuves terminales aussi et en littérature j'avais travaillé oedipe donc ce corpus m'a beaucoup plu !! :)

    Voilà j'ai bien pris 3h pour faire un monologue intérieur de la statue de la liberté je me suis inspirée de voltaire pour la structure du monologue (en alexandrins) et de la temporalité du texte C en l'inversant. Je m'explique en gros le txt C a un rythme très lent pour souligner le contraste entre un être millénaire et immortel et notre temps à nous. Du coup j'ai fait dans mon monologue 3 parties qui s'étendent de 1950 début de son récit à aujourd'hui.
    La statue décrit les paradoxes de sa condition et des doctrines americaines mais j'ai peur d'avoir usé d'allégories trop obscures :3 c'est un peu long aussi j'ai gardé mes brouillons tout raturés j'ai écrit tout mais dans le désordre je peux vous le recomposer vous me dites?

    Je vous l'écris ici comme ça demain vous me direz. ^^


    New York City, 1950.

    LA STATUE DE LA LIBERTÉ

    Tout à l'image de mon nom alambiqué
    Ce long traité que l'on m'a sommée d'exhiber
    Fait état d'un concept appelé "Liberté".
    Longtemps il me fallut pour entendre cela,
    Car trop enracinée à mon poste de choix,
    J'ai bien pu de mes yeux voir les conquistadors
    Mettre à sang cette terre pour y trouver de l'or;
    Ériger la nation en usant d'oppression,
    Me nommer "Liberté", et pourtant la renier.
    J'ai vu tous leurs oiseaux sans rame d'olivier
    Qui, fusil à l'épaule, amenaient le bonheur,
    Revenir plus humains grâce aux justes horreurs
    Et le feu répandu par les aigles d'acier.

    Mais vingt ans ont passé tandis que je raconte,
    Et l' homme meurt avant que ne l' atteint la honte.
    Quand, à chaque explosion, mon âme les déplore,
    Je pleure ma condition car sans un tel ressort,
    J'aurais pu les guider plus vite vers le décompte.


    Les voilà les crédules, les sots les ridicules,
    Qui béats de croyance se ruent sans un pécule
    Me montrant du bateau, symbole du monde nouveau.
    "Fuyez!" Je leur dirais si j'usais des mêmes mots,
    "la liberté n'est pas , et l'État est pillé!"
    Muette et attachée,spectatrice impuissante,
    Je vois l'homme se faire loup, précipitant sa pente.
    Mais d'un géant statique qui se peut soucier?
    Songeant au Merveilleux, d'Alexandrie déchu,
    Presupposant mon sort pareil à ce barbu,
    Je vois mes petites soeurs à leur tour se plier!
    Qui sait si Columbia me verra sur mes pieds?
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