Grammaire française Participe passé

Hier, en écoutant des commentaires de journalisme, je me suis insurgée lorsque j'ai entendu "entre quatre (z) yeux". Mais saperlipopette :mad:(ça c'est pour préserver ce forum), il n'y a pas de "s" à quatre, au secours les liaisons dangereuses!
Après réflexion, je me suis aperçue que la liaison était systématique : impossible de dire "entre quatre yeux". Cela s'explique certainement pas l'hiatus entre les voyelles e, y et eu. Quelqu'un a-t-il une autre explication? Connaissez-vous d'autres exemples de ces liaisons si "mal t' à propos" :P mais impossible à éviter? Merci.
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Réponses

  • En effet, c’est avant tout du au hiatus que la langue française n’aime pas (mais sur lequel on peut jouer, n’est-ce pas ? ;o) D’où également les consonnes de liaison entre le verbe et le pronom dans les inversions (« chantera-t-elle ? ») qui, sans cela, n’auraient pas lieu d’être ! Mais il est vrai qu'une grande partie de ces "fausses liaisons" résulte avant tout d'erreurs largement généralisées (cf les vingt oiseaux > "vinzoizo"...)

    Des explications et précisions ici : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=2521
  • Ah ? pourquoi ne pourrait-on pas dire entre quat'ryeux ? essaie, ce n'est pas si difficile :)
    J'avais une prof qui disait fév'ryé pour fév-ri-er
    Mais ces liaisons dangereuses portent un nom, je crois qu'on dit "consonne de soutien" ou quelque chose comme ça
  • Ah ? pourquoi ne pourrait-on pas dire entre quat'ryeux ? essaie, ce n'est pas si difficile :)
    Effectivement, ce n'est pas difficile ...mais cela irrite mon oreille, comme celle de la plupart des gens je suppose. Je connaissais l'usage des consonnes prothétiques (je crois que c'est le terme) mais elles apparaissent en général à l'écrit comme dans l'exemple donné par Vlada :
    (« chantera-t-elle ? »)
    , mais de le cas de "quatre yeux" rien à l'écrit. Cet exemple serait-il unique?
  • Je crois que ces liaisons, que ce soit "quatre z'yeux" ou le "t" entre verbe et pronom, proviennent toutes d'un usage oral de la langue. Certaines se sont "institutionnalisées", devenues de véritables règles qu'on retrouve à l'écrit et d'autres non, sans doute parce-qu'elles relèvent avant tout de questions de prononciation et même d'erreurs de grammaire/orthographe. C'est le cas de "quatre z'yeux" ou encore de "moi z'aussi" (bien que celle-ci frappe davantage l'oreille). "On ne sait où" prononcé "on ne sézou" est assez révélateur : cela peut provenir de l'analogie avec l'expression "je ne sais où" qui sert ici de modèle.
    N'oublions pas également que l'orthographe moderne est plutôt récente, faite de multiples transformations qui ont pu parfois affecter des consonnes. En disparaissant, elles laissent des traces : les liaisons à l'oral.
  • Merci pour ces exemples très rigolos et surtout très fréquents. Je n'y avais pas pensé.
  • EdyEdy Membre
    Bonjour !

    ENTRE QUATRE YEUX.
    Lu, en substance, dans Grevisse (n°41) :

    1 L’Académie accepte la liaison PHONÉTIQUE en Z par plaisanterie.

    2 L’ÉCRITURE NORMALE est « entre quatre yeux ».
    Mais certains auteurs reproduisent le Z dans la graphie :
    - entre quatre-z-yeux (en italiques) (Sainte-Beuve)
    - entre quatre z’yeux (Hervé Bazin)
    - entre quat’ zyeux (entre guillemets) (Vercors)

    Le Petit Robert des difficultés qualifie cette locution de familière, avec ou sans liaison ; il donne la même graphie que Sainte-Beuve.

    Attendons, pour en faire autant, d’être des écrivains confirmés…
  • retiré: mes préférences n'ont aucune valeur
  • Un ami m'a proposée une solution - entre deux paires d'yeux - pour éviter le piège...Mais sa prononciation était: "entre deux paires de z'yeux"... le même piège!! :D :D
  • Edy a écrit:
    ENTRE QUATRE YEUX.
    Lu, en substance, dans Grevisse (n°41) :
    1 L’Académie accepte la liaison PHONÉTIQUE en Z par plaisanterie.
    Edy a tout dit, ou presque : outre le chantera-t-elle / dira-t-il ? dejà cités, n'oublions pas vas-y / donnes-en alors que l'impératif va / donne ne comporte pas de S.
    Il s'agit, en l'occurrence mais pas à l'évidence, d'un usage plaisant (tout comme quat' z'arts) reflété par l'utilisation du Z, alors que l'usage de l'S euphonique est accepté par les grammairiens, quand (et seulement quand) il s'agit d'un verbe.

    Enfin, il existe le terme de quatr'oeils / quatr'oeillé, désignant les chiens ou races de chiens qui possèdent, au-dessus de chaque oeil une tache claire ou une ocelle (du latin oculus = oeil) ; ce terme est usité dans le milieu de l'élevage.
  • Merci pour vos réponses érudites...
  • Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi faire une liaison "Z" avec un mot en "Y"...

    des z'yoyos? des z'yacks? des z'yéménites?


    L'oeil est une exception... et nous aimons tellement cette liaison qu'elle a été ajouter à zyeuter!

    Je n'ai qu'une petite hypothèse, jadis cela devait se dire des oeils.
  • Mais que penser de "cent-z-euros", également très fréquent?

    S'explique certainement par deux cents euros...etc (Pardon pour le trait d'union éventuellement nécessaire).
  • JehanJehan Modérateur
    Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi faire une liaison "Z" avec un mot en "Y"...
    La plupart des mots commençant par Y sont d'origine non latine...
    Pour la grande majorité de ceux-là, pas de liaison, ni d'élision de l'article.
    Mais les rares mots issus directement du latin n'empêchent ni la liaison ni l'élision :
    les yeux, l'yeuse...
    Après tout, le y, comme le i, est une voyelle ou une semi-voyelle.
    La liaison n'a donc rien d'étrange.

    Le pluriel ieux, yeux (de l'accusatif latin oculos) est en usage au moins depuis au moins le XVe siècle, et sans doute bien avant.
    Le pluriel œils n'est conservé que dans les mots composés à sens figuré : des œils-de-bœuf...
  • Bonjour,
    Juste pour que ce soit bien clair pour moi : la bonne prononciation est bien

    "vin - ta - mi"

    pour "vingt amis" ?

    Ou bien suis-je obligée de prononcer

    "vin - za - mi" ?
  • JehanJehan Modérateur
    On ne dit pas "*vingt z'ans", "*vingt z'hommes", ou "*vingt z'amis".
    Le t final de vingt se prononce en liaison avant voyelle ou h muet.
    Vintan, vintome, vintami... ;)
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Et aussi, théoriquement, "vingT euros" et "cenT euros", mais l'usage semble se répandre de plus en plus de ne pas lier : "vinH euros", "cenH euros", quand ce n'est pas "vinZ euros" et "cenZ euros".
  • Merci pour votre aide précieuse.
  • Bonjour à tous !

    En ce qui concerne "quatre-z-yeux, peut-être est-ce à cause de la semi-voyelle "y" qui, phonétiquement, donne quelque chose de fricatif...
  • Deux remarques sur ce fil ! D'abord le h d'hiatus n'est pas aspiré. On doit donc dire l'hiatus, non le hiatus.
    Ensuite l'expression en question est figée, toujours familière et plaisante. Il faut suivre l'avis de l'Académie, ici comme ailleurs, et dire, comme tout le monde, entre quat'zyeux. On ne peut jamais employer cette expression dans un discours soutenu,cela n'aurait aucun (bon) sens.
  • JehanJehan Modérateur
    ponthieu a écrit:
    D'abord le h d'hiatus n'est pas aspiré. On doit donc dire l'hiatus, non le hiatus.
    Les deux prononciations sont admises. Le Robert signale les deux. Dans la 9e édition de son Dictionnaire, l'Académie elle-même (dont il faut toujours suivre l'avis, selon tes dires ;) ) semble pencher pour le h aspiré :
    Ce hiatus blesse l'oreille. Le hiatus d'un mot à un autre a été proscrit de notre poésie par Malherbe.
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