Grammaire du français

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Réponses

  • ricardoricardo Membre
    19 mars modifié

    Oui, @ Jean-Luc mais j'avais regardé le TLFi à "parallèle" et les exemples à peu près semblables, étaient donnés au pluriel.

    J'ai donc suivi ton lien "trace" et j'ai lu ça :

    4. ALPIN., SKI., gén. au plur. Marque(s) creusée(s) dans la neige par les pas, les skis. Tout évoquait les sports d'hiver (...) grandes photographies de téléphériques, de champs de neige éblouissants rayés de traces (Butor, Modif., 1957, p. 53).


    @ Jehan :

    Mais ils sont rarement multiples comme le suggère ton quelques.

    1/ ce n'était pas "mon" quelques, mais la copie de la question de Yvestteruan:

    l'on ne distinguait plus très vite du tracé de la route qu'une sorte de plan horizontal, vaguement délimité par quelque talus.

    Je pense que dans cette phrase, "quelque" est employé adjectivement et non adverbialement. "Plan horizontal délimité..." : difficile de délimiter qq chose avec une seule donnée...

    2/ Chez moi, en Dordogne, les petites routes de campagne sont, elles aussi souvent bordées de talus (un de chaque côté), comme l'écrit aussi Jean-Luc, d'ailleurs, et quand tu dis que ces derniers sont rarement multiples...je m'étonne. À moins que tu considères 2 comme un chiffre premier 😜. Je pense que tu ne vois dans le terme talus que les résidus pierreux dus à l'érosion aux pieds des montagnes et collines. Moi, dans la phrase proposée, je n'y vois que les petits talus formés par les remblais des fossés qui bordent les petites routes.

  • JehanJehan Modérateur

    Oui, finalement, tu as sans doute raison. Au temps pour moi ! 😉

    Une remarque grammaticale toutefois :

    Je pense que dans cette phrase, "quelque" est employé adjectivement et non adverbialement.

    Dans quelque talus (une espèce de talus, un vague talus), c'est bien un adjectif indéfini, tout comme dans quelques talus (plusieurs talus).

    C'est dans quelque vingt euros (environ vingt euros) qu'il s'agit d'un adverbe invariable.

  • ricardoricardo Membre

    Merci pour la précision, Jehan.

    Une question subsidiaire :

    J'ai écrit dans la réponse : Je pense que tu ne vois dans le terme talus que les résidus pierreux

    Aurais-je dû mettre au subjonctif (voies), car dans mon esprit, c'était presque une interrogation de politesse ? Je sais qu'avec le verbe penser, c'est toujours délicat.

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    Ricardo, écrirais-tu par politesse :

    Je pense que tu ne viennes que demain ?

  • ricardoricardo Membre
    19 mars modifié

    Bien sûr que non, en effet.

    Merci.

  • CarhelCarhel Membre
    20 mars modifié

    Bonjour.

    «Ah ! à l’exprès et propre usage du rêveur se clôture, au noir d’arbres, en spacieux retirement, la Propriété, comme veut le vulgaire : il faut que je l’aie manquée, avec obstination, durant mes jours – omettant le moyen d’acquisition – pour satisfaire quelque singulier instinct de ne rien posséder et de seulement passer, au risque d’une résidence comme maintenant ouverte à l’aventure qui n’est pas, tout à fait, le hasard, puisqu’il me rapproche, selon que je me fis, de prolétaires.»

    Quelqu'un ait une idée de ce que signifie « selon que je me fis »?

    Dans Conflit, de Mallarmé.

    Merci.

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonsoir,

    Se faire s'emploie pour désigner un homme ou une femme qui arriverait à faire évoluer sa situation.

    Ici, ironiquement, Mallarmé avoue qu'il s'est promu prolétaire.

  • JehanJehan Modérateur
    21 mars modifié

    Bonsoir.

    III. −Loc. conj. Selon que A. −Vieilli ou littér.[Avec une idée de conformité]Comme, de la manière que.

    SE FAIRE A.−Se transformer, changer d'état. Anton. se défaire.1.Emploi abs. à valeur subjective a) [En parlant d'une pers.] Se transformer naturellement ou volontairement dans le sens de l'accomplissement de son être (au physique ou au moral).


    Peut-être "de la manière que je me fis", "comme je me fis" "conformément à la façon dont je me transformai"...

    Mais ce n'est pas beaucoup plus clair... C'est du Mallarmé ! 😉

  • CarhelCarhel Membre

    Merci beaucoup :)

  • Mallarmé : "Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef"

  • Bonjour,

    Dans L'Art de lire, d'Emile Faguet : 

    "Il y a une manie des philologues qui est un peu divertissante, mais qui part du meilleur sentiment du monde et dont nous devons avoir et conserver comme le principe, comme la racine. Ils se demandent toujours : « Est-ce bien le texte ? N’y a-t-il pas ergo au lieu de ego, et ex templo au lieu de extemplo. Cela ferait une différence. »"

    " Il est à supposer qu’il croit à deux choses : c’est à savoir à l’empire des choses sur nous et au pouvoir de nous sur les choses." ;

    pouvez-vous m'expliquer ces constructions, s'il vous plaît ?

    Cordialement,

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    Il (le philologue) croit à deux choses : à l'empire des choses sur nous (au pouvoir des choses sur nous) et au pouvoir de nous sur les choses.

    à savoir :

    À savoir (suivi ou non de deux points), loc. conj. ou adv. de coord. de phrase.[Sert à introduire une explication, un développement] Synon. c'est-à-dire. Quant aux Bains de mer du Sud de la Loire, à savoir: Pornic, les Sables-d'Olonne, La Rochelle, Royan, Arcachon, Saint-Jean-de-Luz, Biarritz, etc. (Mallarmé, Dern. mode, 1874, p. 725).À partir de 1886, considérant la question de la cryoscopie suffisamment élucidée, Raoult s'attaque à ce qui (...) avait été le point de départ de ses recherches sur les solutions, à savoir l'étude de leurs tensions de vapeur (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 289).

    https://cnrtl.fr/definition/savoir

  • JehanJehan Modérateur
    25 mars modifié

    Il y a une manie des philologues qui est un peu divertissante, mais qui part du meilleur sentiment du monde et dont nous devons avoir et conserver comme le principe, comme la racine.

    Ici, comme équivaut à peu près à "en quelque sorte".

    Nous devons avoir et conserver, en quelque sorte, le principe et la racine de cette manie des philologues.

  • Je vous remercie, tout s'éclaire.

  • balteobalteo Membre

    Bonjour,

    Je m'interroge sur le sens du verbe "prendre" dans ce poème de Musset. Cf les passages en gras :

    Enfin, s’arrêtant court : « Portia, vous êtes lasse,

    Dit-il, car vous dormez tout debout. — Moi, de grâce ?

    Prit-elle en rougissant ; oui, j’ai beaucoup dansé.

    Je me sens défaillir malgré moi. — Je ne sais,

    Reprit Onorio, quel était ce jeune homme

    En manteau noir ; il est depuis deux jours à Rome.

    Vous a-t-il adressé la parole ? — De qui

    Parlez-vous, mon ami, dit Portia. — De celui

    Qui se tenait debout à souper, ce me semble,

    Derrière vous ; j’ai cru vous voir parler ensemble.

    Vous a-t-on dit quel est son nom ? — Je n’en sais rien

    Plus que vous, dit Portia ; — Je l’ai trouvé très-bien,

    Dit Luigi, n’est-ce pas ? Et gageons qu’à cette heure

    Il n’est pas comme vous défaillant, que je meure !

    Joyeux plutôt. — Joyeux ! sans doute ; et d’où vous vient,

    S’il vous plaît, ce dessein d’en parler qui vous tient ?

    — Et, prit Onorio, d’où ce dessein contraire,

    Lorsque j’en viens parler, de vous en vouloir taire ?

    Le propos en est-il étrange ? Assurément

    Plus d’un méchant parieur le tient en ce moment.

    Rien n’est plus curieux ni plus gai, sur mon âme,

    Qu’un manteau noir au bal. — Mon ami, dit la dame,

    Le soleil va venir tout à l’heure : pourquoi

    Demeurez-vous ainsi ? Venez auprès de moi.

    Ici "prendre" semble être utilisé pour "dire". Je n'ai pas réussi à trouver l'entrée correspondante sur CNRTL.

    Quelqu'un peut-il m'aider en me donnant la signification du mot et en m'indiquant l'entrée correspondante dans un dictionnaire en ligne svp ?

    Merci par avance,

    Julien.

    P.S.

    Voici l'intégralité du poème : https://fr.wikisource.org/wiki/Premi%C3%A8res_Po%C3%A9sies_(Musset,_%C3%A9d._1863)/Portia

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    Effectivement, le sens n'est pas répertorié dans le TLF ni, semble-t-il, dans Littré. C'est simplement une coquetterie de Musset qui écrit "prit" pour "reprit", plus classique mais plus lourd.

    Prit - elle pour reprit - elle . Licence un peu forte et dont Musset a usé ...


  • balteobalteo Membre

    @lamaneur Merci pour votre réponse ainsi que les références ! C'est très intéressant. Une licence poétique assez forte effectivement. 😁

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonsoir,

    Je pencherai pour le sens 47


  • JehanJehan Modérateur

    Dans ce sens 47, il s'agit d'interpréter quelque chose d'une certaine manière, et dans les exemples cités, on a toujours un complément de manière (mal, bien, en des sens très opposés) ce qui n'est pas le cas chez Musset pour prit Onorio. Je suis plus convaincu par l'hypothèse de Lamaneur.

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    La piste de Lamaneur est très pertinente. Néanmoins Musset nuance le sens de prendre et ne se contente pas d'une simple relance du dialogue.

    Le premier peut être remplacé par "expliqua-t-elle", le second par "considéra Onorio".

    L'échange entre les époux est caustique.

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