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Capes lettres modernes

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Réponses

  • PoloPolo Membre
    Spartacus a écrit:
    Bah moi j'imaginais des sujets de dissert' comme "qu'est ce que la littérature médiévale?" par exemple.

    Ça n'aurait pas grand intérêt
    Les sujets de littérature générale en vue du CAPES sont faits à partir de plus ou moins longues citations. Au hasard, exemple de la session 2011 :
    Dans son article "Expérience du théâtre" (1948), Eugène Ionesco affirme :

    «...le théâtre a une façon propre d'utiliser la parole, c'est le dialogue, c'est la parole de combat, de conflit.
    Si elle n'est que discussion chez certains auteurs, c'est une grande faute de leur part. Il existe d'autres moyens
    de théâtraliser la parole : en la portant à son paroxysme, pour donner au théâtre sa vraie mesure, qui est dans la
    démesure ; le verbe lui-même doit être tendu jusqu'à ses limites ultimes, le langage doit presque exploser, ou se
    détruire, dans son impossibilité de contenir les significations."
  • En vous appuyant sur des exemples précis, commentez et discutez cette affirmation de Jean-Paul Sartre :
    « Les poètes sont des hommes qui refusent d’utiliser le langage. Or, comme c’est dans et par le langage conçu comme une espèce d’instrument que s’opère la recherche de la vérité, il ne faut pas s’imaginer qu’ils visent à discerner le vrai ni à l’exposer. Ils ne songent pas non plus à nommer le monde et, par le fait, ils ne nomment rien du tout, car la nomination implique un perpétuel sacrifice du nom à l’objet nommer ou pour parler comme Hegel, le nom s’y révèle l’inessentiel, en face de la chose qui est essentielle. Ils ne parlent pas ; ils ne se taisent pas non plus : c’est autre chose. […] En fait, le poète s’est retiré d’un seul coup du langage-instrument ; il a choisi une fois pour toutes l’attitude poétique qui considère les mots comme des choses et non comme des signes. »


    Moi je vais faire celle-ci et tu me donneras une note Polo, okay?
  • PoloPolo Membre
    Pourquoi pas, même si la lecture de Qu'est-ce que la littérature ? ne m'a pas particulièrement enchantée :D
  • marcbuymarcbuy Membre
    Spartacus a écrit:
    Bon,

    Cette fois l'heure est (presque) grave. :D


    Il se trouve que je suis en periode d'exam en ce moment.

    J'ai sciemment décidé de ne pas me rendre à la fac aujourd'hui car c'est le jour du partiel d'epistemo et de logique et que je sais qu'avec les meilleurs efforts du monde, je n'obtiendrais pas plus de 5/20 (et probablement moins).

    Je ne regrette pas mon choix une seconde tant j'ai donné pour réussir dans ces matières l'année dernière...finalement pour rien.

    J'ai passé des partiels lundi, mardi et hier : ils étaient très interessants à tel point que tous les soirs, chez moi, j'étais en train de refaire la dissert' ou l'explication de texte de façon améliorée et plus complète que ce j'avais rendu qui était tombée tant ça me passionnait!

    Cela vous montre à quel point je ne suis ni faineant, ni utilitariste. Il me semble que ce sont des qualités pour les études.

    D'ailleurs je vous mettrais peut être en ligne, une explication de texte faite par mes soins si ça interesse.

    Bref, tout cela pour vous dire que je n'ai pas envie d'arrêter les études, simplement, il semblerait que la philosophie soit un peu périlleuse pour moi du fait qu'elle demande tant d'exigence scientifique et moi je ne m'interesse pas du tout aux mathématiques, à l'épistemologie des sciences et à la logique, j'y arrive vraiment pas, c'est pas de ma faute et ce n'est pas non plus de la mauvaise volonté, ça veut pas rentrer dans mon petit crâne lyrique. Soit dit en passant Nietzsche souffrait exactement du même problème que moi par rapport aux maths.

    Jusqu'à maintenant toutes les personnes qui font lettres modernes m'ont dit que c'était une filière relativement chiante voire très chiante, je n'ai jamais rencontré un(e) etudiant(e) qui soit passionné(e) par sa filière, contrairement aux étudiants en philo et j'avoue que cela m'inquiète dans ma décision de ré-orientation imminente mais je ne me vois rien faire d'autre que ça et j'ai bien réfléchi pourtant.

    Mes trois passions étant la philosophie, la littérature et le cinéma, je ne vois pas vers quelles autres études je peux me tourner.

    En plus, la linguistique dont on m'avait dit tant de mal, m'a heureusement surpris : j'ai ouvert un gros bouquin de linguistique l'autre jour à la médiathèque et je suis resté dessus un bon moment, j'adore cette idée d'apprendre à parler de la langue elle-même et j'ai commencé à penser que les étudiants en lettres que j'ai rencontré avaient été simplement mal orientés, après la linguistique en cours c'est peut être pas pareil.

    Je souhaiterais donc que les étudiants en lettres répondent à mes questions sur cette filière et je les remercie infiniment d'avance :

    1) Les dissertations laissent-elle place à l'analyse, à la reflexion personnelle, à l'interpretation ? (voire même à l'interpretation philosophique ; possibilité de faire des liens avec la philosophie afin que je puisse revaloriser mes capacités et mes aspirations à la philosophie de l'existence).

    2) Les langues vivantes sont-elles à un très haut niveau?
    Pour les langues anciennes j'ai déjà la réponse : le latin que je pratiquais en L2 de philosophie était à plus haut niveau que le latin pratiqué par des amies en L3 de lettres modernes.

    3) Diriez vous que vous étudiez davantage le fond ou la forme d'une oeuvre en cours?

    4) Est ce que vous faites de "l'histoire de la littérature"? C'est à dire étudier dans quel contexte a été écrite une oeuvre.

    5) En master est-il possible de travailler sur un auteur contemporain? (Exemple : Marguerite Duras).

    6) Pouvez vous me dire les matières principales de L1 et en quoi elles consistent?

    7) Pensez vous qu'avoir fait une L1 et une L2 de philosophie (serieusement avec passion et implication) avant de commencer une licence de lettres est quelque chose de précieux?

    8) Autre question d'odre méthodologique : la méthodologie de dissertatione t d'explication de texte est-elle la même en lettres modernes qu'en philosophie? C'est à dire plan en 3 parties, 3 sous parties et qui rend compte des articulations du texte avec une intro qui annonce ce plan et inscrit l'objet du texte ou de la dissert dans une problematique plus générale.

    En gros ais-je une chance de réussir et d'abord pour cela de me plaire dans ma nouvelle filière? :D

    Je met quand même mes moyennes semestrielles afin que vous puissiez mieux juger :

    Semestre 1 : 9,72
    Semestre 2: 9,35
    Semestre 3: 10,35
    Semestre 4: (en cours : avec déjà un 12, un 13,5 et deux zeros qui correspondent à mes deux absences de cet aprem)

    ...

    Ah et j'ai eu un bac L, sans mention mais avec un 17 en littérature. (Ma meilleure note, qui a d'ailleurs fait dire beaucoup de gens que j'aurais dû me diriger vers les lettres, mais bon, je ne pense pas qu'il faille tout faire en fonction des notes).

    Je n'ai pas d'autres questions qui me viennent pour le moment mais vous pouvez me préciser d'autres choses si vous jugez ça important.

    Tu as eu combien au bac de philo et de français ?
  • 76man76man Membre
    Polo a écrit:
    Ça dépend, il y a parfois des cours de littérature générale ou de méthodologie selon les options et les années.
    Oui, comme je le disais, je n'ai fait que parler de ce que j'ai connu à Rouen ;) Tout autre témoignage est donc le bienvenu.

    Spartacus, c'est pas bien de prendre un sujet philosophique comme avec Sartre :D
    Idem que Polo, ça ne m'a pas vraiment convaincu :P
  • C'est vrai que c'est bien philosophique, il parle du nominalisme et tout en disant que le nom ne peut pas désigner l'objet, mais je crois que c'est une reflexion commune à la littérature et la philo justement ces spéculations sur le langage. J'aime beaucoup ce thème d'ailleurs.

    Mais justement Guillaume, c'est encourageant, ça veut dire que je vais pouvoir revaloriser mes capacités acquises en philosophie si je tombe sur de pareils sujets, même carrément!

    En plus il y a même une référence à Hegel dans le sujet!
  • PaigePaige Membre
    Les langues vivantes sont-elles à un très haut niveau?
    Pour les langues anciennes j'ai déjà la réponse : le latin que je pratiquais en L2 de philosophie était à plus haut niveau que le latin pratiqué par des amies en L3 de lettres modernes.

    Je précise que ceci est valable pour la faculté de Dijon :
    - Chacun choisit le niveau qu'il veut suivre en latin : débutant - surtout avec de la civilisation et assez peu de pratique de la langue ; débutant avec pratique latin et avancé qu'il est possible de suivre avec les lettres classiques. C'est vraiment chacun qui choisit son niveau.
    - De même pour les langues vivantes, il est possible de suivre les langues à différents niveaux : il y en a trois également. Souvent regroupé par niveau.

    Pour la faculté de Metz - assez petite vu que tout le monde va sur Nancy :
    - Le latin est intensif uniquement avec les lettres classiques.
    - Les langues vivantes sont avec deux niveaux de difficultés.
  • PoloPolo Membre
    Spartacus a écrit:
    C'est vrai que c'est bien philosophique, il parle du nominalisme et tout en disant que le nom ne peut pas désigner l'objet, mais je crois que c'est une reflexion commune à la littérature et la philo justement ces spéculations sur le langage. J'aime beaucoup ce thème d'ailleurs.

    Mais justement Guillaume, c'est encourageant, ça veut dire que je vais pouvoir revaloriser mes capacités acquises en philosophie si je tombe sur de pareils sujets, même carrément!

    En plus il y a même une référence à Hegel dans le sujet!

    Oui mais bon, tu traites pas ce sujet en faisant dialoguer les philosophes. Il faut surtout avoir lu beaucoup de... poésie !
  • Marc, le bac de philo n'est pas significatif, je connais même quelqu'un qui a eu 20/20 alors que c'était sa première dissert' (et il est loin d'être fou de philo) à l'inverse je connais des gens très bons qui se sont rétamés.

    Une fille qui est aujourd'hui majeure de Khâgne a ainsi eu 4 au bac de français, personne n'a jamais su pourquoi, elle qui n'avait que des 18 et elle-même a renoncé à demander sa copie à cause des démarches mais n'a jamais compris où elle s'était planté : pareil pour moi qui a obtenu 9 au bac de français...pas compris pourquoi.
    A l'inverse un pote qui peinait à fond a eu 14 :o on s'est demandé s'ils avaient pas tout mélangés, mais sincèrement! C'était bizarre les notes dans ma classe, l'année du bac de français, ça illustrait vraiment bien la phrase biblique "les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers." :lol:

    J'ai eu un petit 13 en philo mais j'étais dans de très mauvaise conditions : malade comme un chien, passé la nuit à gerber et à trembler, arrivé en retard après que le sujet aie été distribué...bref. (Tiens d'ailleurs c'était justement un sujet sur le langage.)

    Ah et une dissert de bac ou de terminale n'a absolument rien à voir avec les disserts de philo de la fac et la manière dont elles sont notés. Au niveau universitaire il faut faire des liens et être très rigoureux sur la méthode.

    J'ai ri à gorge déployée l'autre jour en relisant une dissert que j'avais faite en terminale (ma deuxième) à laquelle le prof m'avait mis 12 : honnêtement c'était une pure merde bourrée de formulation hasardeuses et sans aucune rigueur méthodologique.

    "Ais-je un corps ou suis-je mon corps?"

    Phrase d'accroche "nous avons tous un corps qui constitue notre apparence physique et notre existence materielle" ...ouais super! :D
    Polo a écrit:
    Spartacus a écrit:
    C'est vrai que c'est bien philosophique, il parle du nominalisme et tout en disant que le nom ne peut pas désigner l'objet, mais je crois que c'est une reflexion commune à la littérature et la philo justement ces spéculations sur le langage. J'aime beaucoup ce thème d'ailleurs.

    Mais justement Guillaume, c'est encourageant, ça veut dire que je vais pouvoir revaloriser mes capacités acquises en philosophie si je tombe sur de pareils sujets, même carrément!

    En plus il y a même une référence à Hegel dans le sujet!

    Oui mais bon, tu traites pas ce sujet en faisant dialoguer les philosophes. Il faut surtout avoir lu beaucoup de... poésie !

    N'empêche c'est ultra philosophique et forcément moi je le vois avec mes connaissances philosophiques et du coup je me demande si je pourrais m'adapter aux lettres, en fait c'est ça ma vraie question.
  • Tu me fais beaucoup penser à moi lors de ma première année à la fac Spartacus. J'étais en double licence lettres modernes / philosophie et il m'était difficile en L1 d'avoir deux manières de disserter totalement différentes. Le problème avec la formation philosophique c'est qu'on a tendance à utiliser les philosophes à outrance, chose qui n'est pas primordiale en Lettres. Pour te donner un exemple j'ai dû utiliser La Naissance de la tragédie de Nietzsche dans toutes mes dissertations sur le théâtre,mais les Lettres attendent un travail précis sur la forme et c'est cela qu'il va falloir accentuer. Etre capable de montrer une référence à Schopenhauer dans un texte de Maupassant c'est bien mais ce n'est pas ce qu'on te demande en licence. Après tu auras sûrement des facilités dans les matières de théories littéraires qui demandent une certaine compréhension des concepts ( dans une moindre mesure qu'en philosophie bien entendu) mais je t'avais déjà dit dans une autre discussion il me semble que la nouveauté sera l'apprentissage des matières techniques comme l'ancien français ou la grammaire. Après sur l'apprentissage des langues je ne peux pas te dire, j'ai un ami qui est en L3 philo et qui passe le même examen en Latin que les L1 Lettres modernes mais je pense que c'est plus une exception qu'autre chose. Dans tous les cas, il faut bien que tu te mettes dans le crâne que l'année prochaine tu vas devoir aborder les textes avec une approche différente. Maintenant lire de la philosophie n'est pas proscrit, au contraire, cela peut t'aider à cerner davantage une époque, un mouvement ou tout simplement à te faire gamberger :)
  • Mais le fait que tu fasses des références philosophiques, ce n'était pas mal vu quand même?

    J'ai peur d'avoir du mal à travailler sur la forme pur d'un texte, savoir la repérer ect...c'est vrai qu'en philo on nous demande juste de rendre compte des articulations du texte.

    En fait, je ne veux pas refaire la même "erreur" qu'il y a deux ans, en me lançant dans une licence sans en connaître les difficultés et matières.
  • Non ce n'était pas mal vu mais on m'avait reproché d'avoir privilégié l'analyse du fond au détriment de la forme. Maintenant, les références philosophiques sont un bon moyen pour créer une ouverture à la fin d'une conclusion, mais il ne faut pas fonder tous ses propos à partir des philosophes. Je dis ça mais tu peux utiliser des citations pour appuyer un argument littéraire, des philosophes comme Cioran ou Bachelard ont analysé finement la Littérature,mais parler d'Auguste Comte pour analyser Jules Verne, cela ne me parait pas nécessaire.
  • Je pensais surtout aux existentialistes pour analyser les personnages de roman : exemple : Heidegger et Kierkegaard pour parler du phénomène de l'angoisse.
  • On peut, mais il ne faut pas trop en faire. Tout est question de mesure. Il ne faut pas oublier qu'étudier la littérature, c'est aussi (et surtout) analyser les modes d'écriture: comment ce qui est dit est dit, et pourquoi est-ce fait ainsi?
    Tu comprends donc bien que si tu t'attaches uniquement à expliquer le phénomène de l'angoisse représenté par les textes en faisant appel à toutes tes connaissances philosophiques, on risque de te reprocher d'oublier que tu travailles un texte littéraire, qui ne peut se réduire aux idées qu'il transmet.
    En revanche, en master, tu peux choisir de croiser un philosophe et un auteur, et dans ce cas tu es beaucoup plus libre de mettre à profit ta culture philosophique. Il y en a par exemple qui travaille sur Nietzsche et Stendhal, d'autres sur l'influence de Schopenhauer sur la théorie de la rédemption de Wagner, et il y a encore beaucoup d'autres sujets qui manifestent un réel croisement des disciplines.
  • C'est exactement ce que j'ai fait cette année pour mon mini-mémoire de licence 2 de philo! :D

    J'ai fait se rencontrer Nietzsche et Bernardin de Saint-Pierre, mon prof de philo morale qui a haussé les sourcils en entendant mon sujet m'a dit lors de ma présentation que je l'avais finalement convaincu de la pertinence du rapprochement, il m'a juste reproché le fait qu'on sentait que c'était encore un peu "en chantier" dans ma tête.

    En fait j'ai voulu prendre un auteur littéraire, justement en vue de cette éventuelle ré-orientation et je pense que je ferais ça aussi quand je serais en master (car j'y arriverais un jour ou l'autre! :) ).Tant que j'y pense : apparemment les intros demandées ne sont pas du tout de la même "carrure" que celles qu'on nous demande en philo : en philo l'intro est cruciale et doit être developpée autant que possible (+ d'une page de préférence avec annonce du plan obligatoire et inscription dans une problematique plus générale en soulevant ensuite toutes les implications et enjeux et en dégageant déjà les différents moments du texte si c'est un texte ou en justifiant déjà sa démarche si c'est une dissertation) d'après mes discussions avec des étudiants en lettres, celle de la dissertation ou de l'explication de texte littéraire doit au contraire être brêve.
    Est ce bien cela?

    Edit : Oh my god! :o J'ai été voir sur le site et ils disent 10 à 15 lignes pour 5-6 pages de devoir!
    Déjà que l'autre jour, en partiel, j'ai fait une intro de 45 lignes et je me suis dit "punaise elle est trop courte, il va pas du tout aimer"
    C'est vraiment différent alors, nous l'intro c'est un quart de la note et les profs disent qu'au niveau L2 si elle fait moins d'une page (l'idéal étant une page et demi) c'est déjà mauvais signe.
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