Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour à tous,

Je suis en 1èreS et j'ai un commentaire de français au choix à faire, j'ai donc choisi le poème de Robert DESNOS, "Comme une main à l'instant de la mort in Corps et biens dans la section "A la mystérieuse" car je le trouve très spécial et qu'on en parle peu.

Cependant, après 2-3 heures de recherche d'un plan, je n'ai toujours rien trouvé. Je n'ai ni mes deux/trois axes ni mes deux/trois sous-parties chacun. Je bloque vraiment.

Je me tourne donc vers vous en espérant que vous soyez plus inspirés.

Merci d'avance et voilà donc le poème :

COMME UNE MAIN A L'INSTANT DE LA MORT

Comme une main à l’instant de la mort et du naufrage
se dresse comme les rayons du soleil couchant, ainsi
de toutes parts jaillissent tes regards.
Il n’est plus temps, il n’est plus temps peut-être de
me voir,
Mais la feuille qui tombe et la roue qui tourne te
diront que rien n’est perpétuel sur terre,
Sauf l’amour,
Et je veux m’en persuader.
Des bateaux de sauvetage peints de rougeâtres cou-
leurs,
Des orages qui s’enfuient,
Une valse surannée qu’emportent le temps et le
vent durant les longs espaces du ciel.
Paysages.
Moi, je n’en veux pas d’autres que l’étreinte à laquelle
j’aspire,
Et meure le chant du coq.
Comme une main, à l’instant de la mort, se crispe,
mon cœur se serre.
Je n’ai jamais pleuré depuis que je te connais.
J’aime trop mon amour pour pleurer.

Tu pleureras sur mon tombeau,
Ou moi sur le tien.
Il ne sera pas trop tard.
Je mentirai. Je dirai que tu fus ma maîtresse.
Et puis vraiment c’est tellement inutile,
Toi et moi, nous mourrons bientôt.

Réponses

  • Bonjour,
    Dans un premier temps, faites-nous part de ce que vous avez trouvé d'intéressant à dire sur ce poème, même si c'est partiel ou décousu.
  • Bonjour,

    Pardon j'ai complètement oublié de vous mettre ce que j'avais déjà cherché :


    Il y a beaucoup de mouvement : "vent", "roue qui tourne" ...

    L'expression du temps qui passe : "il n'est plus temps", "la feuille qui tombe" ... ///// "rien n'est perpétuel sur terre"

    Le thème de la mort : "mort", "naufrage" ...

    La présence de la nature : "paysages", "orages", "espaces du ciel" ...

    Le thème de l'amour : "maîtresse", "toi et moi", "mon amour pour pleurer" ...

    ~La présence de sens : "jaillissent tes regards" = vue // "main", "valse" (sensualité donc amour) : toucher // "chant du coq = ouïe.

    J'aurai une question également, dans quel registre littéraire rentre ce poème ? J'aurais penser au Baroque avec l'instabilité, la mort, la fuite du temps et le mouvement ...

    Merci d'avance pour votre aide.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Le baroque n'est pas un registre mais un courant.
    Le registre est celui du lyrisme élégiaque.
  • Oui pardon je voulais parler de courant et donc merci pour le registre quand même, par contre je ne sais pas si le courant littéraire est le baroque du coup. Que diriez-vous ?
  • Pourquoi le baroque ? Que mets-tu sous ce terme ?
    D'autre part, qu'est-ce qui a suscité ton intérêt pour ce poème ?
  • Comme je l'ai dit dans un message précédent, j'ai pensé au baroque car il y a la présence de la mort dans le poème mais aussi de la fuite du temps je pense et il y a du mouvement je trouve.
    J'ai choisi ce poème car il nous était proposé deux poèmes et que c'est lui qui m'inspirait le plus, les rythmes, les sonorités étaient plus percutantes que l'autre voilà tout.

    Auriez-vous une idée de plan ou si ce n'est des éléments à rajouter à ce que j'ai relevé, à savoir :

    Il y a beaucoup de mouvement : "vent", "roue qui tourne" ...
    L'expression du temps qui passe : "il n'est plus temps", "la feuille qui tombe" ... ///// "rien n'est perpétuel sur terre"
    Le thème de la mort : "mort", "naufrage" ...
    La présence de la nature : "paysages", "orages", "espaces du ciel" ...
    Le thème de l'amour : "maîtresse", "toi et moi", "mon amour pour pleurer" ...
    ~La présence de sens : "jaillissent tes regards" = vue // "main", "valse" (sensualité donc amour) : toucher // "chant du coq = ouïe.
  • Comme je l'ai dit dans un message précédent, j'ai pensé au baroque car il y a la présence de la mort dans le poème mais aussi de la fuite du temps je pense et il y a du mouvement je trouve.

    Oui, mais évoquer ce courant et cette esthétique ne me paraît pas opportun. On va penser que tu fais un anachronisme, ou que tu prends le mot dans un sens trop large.

    J'ai choisi ce poème car il nous était proposé deux poèmes et que c'est lui qui m'inspirait le plus, les rythmes, les sonorités étaient plus percutantes que l'autre voilà tout.

    Ce qui correspond bien au lyrisme élégiaque signalé par Jean-Luc. Je ne sais pas si "percutantes" est un terme approprié. Mais il faut que tu saches que tu as choisi un poème difficile à analyser.

    Auriez-vous une idée de plan

    Beaucoup trop tôt, et je ne te donnerai pas de plan qui puisse préfigurer une interprétation trop stricte, même sdi lire, c'est déjà interpréter.

    ou si ce n'est des éléments à rajouter à ce que j'ai relevé, à savoir :
    Il y a beaucoup de mouvement : "vent", "roue qui tourne" ...

    Oui, du mouvement, mais aussi la fixité du tombeau à la fin.

    L'expression du temps qui passe : "il n'est plus temps", "la feuille qui tombe" ... ///// "rien n'est perpétuel sur terre"
    Le thème de la mort : "mort", "naufrage" ...

    Oui, le naufrage, en particulier, est un thème récurrent dans Corps et biens (cf le titre !)

    La présence de la nature : "paysages", "orages", "espaces du ciel" ...

    Certes, mais dans quel sens faut-il comprendre :
    "Paysages.
    Moi, je n'en veux pas d'autre..." ?


    Le thème de l'amour : "maîtresse", "toi et moi", "mon amour pour pleurer" ...

    Sans aucun doute.

    La présence de sens : "jaillissent tes regards" = vue // "main", "valse" (sensualité donc amour) : toucher // "chant du coq = ouïe.

    Il n'est pas évident qu'il faille rattacher l'évocation de la valse au thème de l'amour ; regarde dans quel ensemble se trouve le mot.

    Tu as fait un premier travail, mais à présent, il faut essayer de construire quelque chose en pensant bien qu'on n'a pas nécessairement toutes les clés qui permettrait d'expliciter parfaitement le sens.

    Observe la comparaison du début (attention, il y a en fait deux comparaisons imbriquées) : quel est le comparé ?
    Puis Observe la comparaison "Comme une main..." . Quel est le comparé ?
    Qu'en déduis-tu sur la situation du "je" et du "tu" ?


    Par ailleurs, tiens compte de la forme poétique : que peux-tu en dire ?
  • Oui, mais évoquer ce courant et cette esthétique ne me paraît pas opportun. On va penser que tu fais un anachronisme, ou que tu prends le mot dans un sens trop large.
    Oui je pense, merci de la remarque.
    Ce qui correspond bien au lyrisme élégiaque signalé par Jean-Luc. Je ne sais pas si "percutantes" est un terme approprié. Mais il faut que tu saches que tu as choisi un poème difficile à analyser.
    Je m'en rends bien compte mais après tout c'est en se confrontant aux choses que l'on apprend.
    Beaucoup trop tôt, et je ne te donnerai pas de plan qui puisse préfigurer une interprétation trop stricte, même si lire, c'est déjà interpréter.
    Je comprends tout à fait oui.
    Oui, du mouvement, mais aussi la fixité du tombeau à la fin.
    C'est vrai, merci beaucoup de me l'avoir fait remarqué, je n'y avais pas prêter grande attention.
    Oui, le naufrage, en particulier, est un thème récurrent dans Corps et biens (cf le titre !)
    C'est bon à savoir merci.
    Certes, mais dans quel sens faut-il comprendre :
    "Paysages.
    Moi, je n'en veux pas d'autre..." ?
    Je pense que dans ce cas, Robert DESNOS souligne le fait qu'il aurait en quelque sort envie de stopper le temps afin de pouvoir garder ces "paysages" éphémère tout comme son 'existence'. Qu'en pensez-vous ?
    Il n'est pas évident qu'il faille rattacher l'évocation de la valse au thème de l'amour ; regarde dans quel ensemble se trouve le mot.
    "valse" est accompagnée de l'adjectif qualificatif "surannée, elle a donc ici une dimension temporelle plutôt ?T
    Tu as fait un premier travail, mais à présent, il faut essayer de construire quelque chose en pensant bien qu'on n'a pas nécessairement toutes les clés qui permettrait d'expliciter parfaitement le sens.
    Oui c'est sûr.
    Observe la comparaison du début (attention, il y a en fait deux comparaisons imbriquées) : quel est le comparé ?
    C'est la main qui serait comparée aux "rayons du soleil couchant" ?
    Puis Observe la comparaison "Comme une main..." . Quel est le comparé ?
    Je dirais que c'est le cœur qui est le comparant, "comme une main à l'instant de la mort et du naufrage se [crispe]", son cœur se serre ?
    Qu'en déduis-tu sur la situation du "je" et du "tu" ?
    Qu'entendez-vous par "la situation" ?
    Par ailleurs, tiens compte de la forme poétique : que peux-tu en dire ?
    Je dirais que c'est un poème en vers libre, aucune forme de ponctuation et de structure stricte du poème ne sont apparentes.
    On pourrait peut-être même penser au résultat d'une écriture automatique.

  • Certes, mais dans quel sens faut-il comprendre :
    "Paysages.
    Moi, je n'en veux pas d'autre..." ?


    Je pense que dans ce cas, Robert DESNOS souligne le fait qu'il aurait en quelque sort envie de stopper le temps afin de pouvoir garder ces "paysages" éphémère tout comme son 'existence'. Qu'en pensez-vous ?

    Le vers : "Moi, je n'en veux pas d'autres que l'étreinte à laquelle j'aspire" montre que les "paysages" évoqués, y compris la "valse surannée" sont mis à l'arrière-plan, délaissés comme des "planches de salut" inefficaces, en quelque sorte. On peut d'ailleurs rapprocher ce passage d'un autre issu du poème "Non, l'amour n'est pas mort", qui appartient au même sous-ensemble A la mystérieuse :
    Ecoutez, j'en ai assez du pittoresque et des couleurs et du charme.
    J'aime l'amour, sa tendresse et sa cruauté
    .


    Il n'est pas évident qu'il faille rattacher l'évocation de la valse au thème de l'amour ; regarde dans quel ensemble se trouve le mot.


    "valse" est accompagnée de l'adjectif qualificatif "surannée, elle a donc ici une dimension temporel plutôt ?

    Vu le sens de l'adjectif, oui.

    Observe la comparaison du début (attention, il y a en fait deux comparaisons imbriquées) : quel est le comparé ?

    C'est la main qui serait comparé aux "rayons du soleil couchant" ?

    Non, le comparé de la comparaison principale, c'est tes regards

    Puis Observe la comparaison "Comme une main..." . Quel est le comparé ?

    Je dirais que c'est le cœur qui est le comparant, "comme une main à l'instant de la mort et du naufrage se [crispe]", son cœur se serre ?

    Oui.


    Qu'en déduis-tu sur la situation du "je" et du "tu" ?

    Qu'entendez-vous par "la situation" ?

    La situation dans laquelle ils sont vus par le poète (C'est une situation symétrique : les deux sont tout proches de la mort)

    Par ailleurs, tiens compte de la forme poétique : que peux-tu en dire ?

    Je dirais que c'est un poème en vers libre, aucune forme de ponctuation et de structure stricte du poème ne sont apparentes.
    On pourrait peut-être même penser au résultat d'une écriture automatique.

    Si, il y a quelques signes de ponctuation. On est devant un intermédiaire entre le vers libre et la prose, en fait. Le poète dispose ses "vers" par unités très souples de sens ou de rythme. Ce n'est pas exactement de l'écriture automatique, l'auteur ne laisse pas sa plume divaguer avec autant de liberté que dans la véritable écriture automatique, mais c'est pratiquement du "premier jet". Tu peux associer le rythme variable des "vers" à l'expression de la fluctuation, de l'instabilité des choses (cf l'image de la mer, du ciel, de la feuille qui tombe...). Seuls l'amour et la mort (liaison classique) illustrent une certaine stabilité l'un dans la vie, l'autre après.
  • Le vers : "Moi, je n'en veux pas d'autres que l'étreinte à laquelle j'aspire" montre que les "paysages" évoqués, y compris la "valse surannée" sont mis à l'arrière-plan, délaissés comme des "planches de salut" inefficaces, en quelque sorte. On peut d'ailleurs rapprocher ce passage d'un autre issu du poème "Non, l'amour n'est pas mort", qui appartient au même sous-ensemble A la mystérieuse :
    Ecoutez, j'en ai assez du pittoresque et des couleurs et du charme.
    J'aime l'amour, sa tendresse et sa cruauté.

    D'accord merci beaucoup, je n'avais pas pensé à faire ce rapprochement.
    Non, le comparé de la comparaison principale, c'est tes regards

    Oui en effet merci, je n'avais pas compris le sens du vers.
    La situation dans laquelle ils sont vus par le poète (C'est une situation symétrique : les deux sont tout proches de la mort)

    Très bien d'accord, excusez-moi je n'avais pas compris le sens de votre question mais c'est beaucoup plus clair à présent merci.
    Si, il y a quelques signes de ponctuation. On est devant un intermédiaire entre le vers libre et la prose, en fait. Le poète dispose ses "vers" par unités très souples de sens ou de rythme. Ce n'est pas exactement de l'écriture automatique, l'auteur ne laisse pas sa plume divaguer avec autant de liberté que dans la véritable écriture automatique, mais c'est pratiquement du "premier jet". Tu peux associer le rythme variable des "vers" à l'expression de la fluctuation, de l'instabilité des choses (cf l'image de la mer, du ciel, de la feuille qui tombe...). Seuls l'amour et la mort (liaison classique) illustrent une certaine stabilité l'un dans la vie, l'autre après.

    Merci beaucoup cela m'aide énormément.

    Pensez-vous qu'il y ait autres chose d'important à relever dans le poème ou devrais-je commencer à organiser mon plan ?
  • A la fin du poème apparaît le thème fondamental du groupement titré A la mystérieuse :
    Je mentirai. Je dirai que tu fus ma maîtresse
    L'amour n'est pas partagé...
    Finalement, on n'est pas si éloigné de certains sonnets de Ronsard, cf :
    Il n'est plus temps, il n'est plus temps peut-être de me voir,
    Mais l'esprit est différent. L'intention aussi.

    Autrement, en vrac :

    Attention à Et meure le chant du coq (meure est un subjonctif, le sens est "Et que le chant du coq meure"). Difficile d'expliciter l'image ; dans ce type de poèmes, tout ne s'explique pas, il n'y a pas forcément de "clé", mais tu peux risquer une interprétation personnelle en cohérence avec ton propos.

    Desnos écrit : j'aime trop mon amour pour pleurer : l'amour source suprême du bonheur.

    La chute du poème est évidemment à prendre en compte.

    Oui, tu peux songer à une "problématique", comme on dit, qui te mènera à un plan.

    Commente bien le rythme en fonction des images exprimées ou suggérées : observe la différence entre les six vers de la fin, où l'idée de mort du "moi" et du "toi" domine, et la mouvance qui précède. L'ampleur est très grande au début, puis le mouvement se resserre peu à peu, jusqu'à la fixité finale.

    Attention à comparé/comparant : dans les deux comparaisons cités plus haut, c'est main qui est le comparant, regards, puis cœur les comparés. Tu as dit comparant au lieu de comparé dans une de tes réponses précédentes.
    La comparaison enchâssée a main comme comparé et rayons comme comparant... Cet enchaînement d'images, qui "allonge" singulièrement la phrase est à commenter.
  • Merci beaucoup pour ta grande aide. Je te sollicite une toute dernière fois car je ne sais pas comment agencer les idées afin de monter mon plan et je ne trouve pas de problématique assez simple et clair qui puisse prendre en compte tous les aspects du développement (qui comportera donc tous les points sur lesquels nous avons discutés).

    Merci d'avance.
  • C'est délicat. Prenons peut-être d'autres avis...
  • Ce serait une bonne chose mais il n'y a pas grand monde d'actif ce soir je pense.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir,

    Il me semble évident que le fil conducteur de ce poème est la mort, le terme commence et finit le poème, l’enchâsse.
    A l’opposé, le poète affirme «rien n’est perpétuel sur terre / Sauf l’amour, / Et je veux m’en persuader».
    Ce sont donc des variations sur l’éternité et sans doute l’aveu que l’amour ne peut s’accomplir que dans la mort. Peut-être parce que le grand ennemi de l’amour est le temps.
    Pour revenir au baroque, il faut reconnaître à ce poème un usage de thèmes éminemment baroques : transformation, illusion, mouvement, et bien sûr la mort, et l’inanité du temps.
    Un autre aspect des liens entre amour et mort, celui de l’ étreinte, qualifiée souvent de «petite mort», associée sans doute à la nuit, domaine de la mort, raison pour laquelle il y a cet appel à ne pas entendre le chant du coq qui signe le retour du jour et de la réalité blessante...
    Voilà quelques impressions personnelles.
    Pour finir vers une problématique : j’examinerais l’aspect paradoxal d’un amour qui veut survivre (ou ne plus souffrir) dans la mort
  • Oui, ou la suprême volonté de faire exister ce qui n'a jamais existé dans la "réalité". Il serait bon que tu te documentes sur Yvonne George. D'ordinaire, je n'aime pas qu'on mêle la vie du poète et son œuvre, mais ici, il est nécessaire d'avoir quelques repères biographiques. Le recueil Corps et biens est, dans une certaine mesure, un "tombeau" (au sens poétique et musical d'un hommage à un disparu).
    Quoi qu'il en soit, il ne faut pas dire "Robert Desnos" et encore moins "Yvonne George" tant que tu commentes le texte. Et il ne faut pas confondre non plus le sentiment du poète (quel est-il ?) et son expression.
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