Fiches méthode Bac de français 2020

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Réponses

  • Que veux-tu dire par l'extinction de l'humanité et la tragédie?
    L'extinction de l'humanité : le jour, lointain, je l'espère, où l'espèce humaine sera une espèce disparue. Quand il n'y aura plus d'hommes sur terre, la tragédie... n'existera plus non plus ! Mais nous ne serons plus là pour le voir.
    La tragédie est un genre dramatique, on ne peut la séparer du théâtre !
  • Ce n'est pas une date, c'est un siècle. Le première tragédie couronnée est celle d'un certain Thespis, en 534 av. J.-C. Mais nous n'avons rien conservé de cet auteur.

    Délia voulait dire que la tragédie est un genre théâtral, et que cela ne changera jamais.
    Oui, mais il y a plusieurs périodes dans la tragédie romaine :
    - La période ancienne, avec Livius Andronicus et Pacuvius dont nous n'avons que quelques extraits.
    - La période impériale avec Sénèque, dont les tragédies sont plutôt destinées à la lecture.

    Les Romains préféraient la comédie, la tragédie grecque leur paraissant trop éloignée de leurs habitudes culturelles.

    On a déjà répondu en ce qui concerne le chœur. Disons qu'il est à la fois extérieur à l'action et concerné par celle-ci. Chez Eschyle, il est frappant de constater que certaines pièces ont un titre qui désigne les personnages qui composent le chœur : les Suppliantes, les Perses, les Choéphores, le Euménides. Dans les deux premiers cas, c'est le chœur le premier concerné par les malheurs : pas étonnant qu'il semble ne faire entendre que des plaintes. Chez Sophocle et chez Euripide, le chœur essaie souvent de faire entendre raison aux personnages (en pure perte), joue le rôle de "modérateur", subit aussi les conséquences de la colère des dieux (début d'Œdipe roi). Mais cela varie avec chaque pièce...

    Pardonnez-moi, Délia si j'ai répondu à votre place.
  • Et la tragédie grecque naît au VIème siècle avant J.-C.

    Désolé de te contredire , mais dans notre cours , c'est écrit textuellement que la tragédie grecque prend fin vers le milieu de IVème siècle et que la première pièce jouée en 472 av. J.-C. est celle "Les perses " écrite par Eschyle .

    Bref , je sais plus quoi en penser !
  • JehanJehan Modérateur
    Le première tragédie couronnée est celle d'un certain Thespis, en 534 av. J.-C. Mais nous n'avons rien conservé de cet auteur.
  • Donc c'est le 6ème siècle av.J.-C ?

    De toutes les façons , les historiens se disputent sur les dates , la naissance de la tragédie est assez vague en raison du manque de preuves écrites !
  • Non : on ne sait évidemment pas en quelle année est apparue la tragédie, et cela n'a que peu d'importance.
    Par contre, on sait qu'un certain Thespis a gagné un concours en -534 parce qu'il nous reste des listes de vainqueurs, comme pour les jeux olympiques ou les jeux isthmiques. Par contre, nous ne savons rien d'autre de ce Thespis. Quant à -472, c'est la date de la tragédie la plus ancienne que nous ayons conservée.
  • Florence Dupont propose une tout autre analyse de tout cela. Si vous en avez le loisir, n'hésitez pas à découvrir l'un de ses nombreux ouvrages, et notamment "L'insignifiance tragique", "Aristote, ou le Vampire du théâtre occidental", ou encore "Eschyle". On ne lit plus le théâtre grec de la même manière après; on relativise largement le rôle de l'intrigue, au profit du rituel, et de la musique en particulier. D'ailleurs F. Dupont, qui a souvent le sens de la formule, écrit explicitement que le théâtre grec n'est pas du théâtre, et n'appartient certainement pas à la "poésie dramatique", puisque l'action, le "drama" n'en est nullement le cœur: ce qui en est le cœur, c'est le "kommos", le chant de deuil inspiré du thrène. L'action n'est pas choisie par l'auteur de la partition musicale et des répliques (on ne parle pas de tragédien ni de dramaturge à l'époque d'Eschyle, de Sophocle ou d'Euripide, mais de maître de chœur: ces trois grands maîtres étaient avant tout compositeurs de musique) pour signifier quelque chose, mais pour introduire un kommos par exemple; pour que les personnages puissent se lamenter et se frapper la poitrine, il faut qu'ils éprouvent des douleurs; l'action doit donc être propre à les leur faire éprouver; et c'est le gage que les spectateurs pourront pleurer de concert avec (ou contre) les personnages (ou le chœur) au moment du chant le plus poignant. Les chants ne sont pas un ornement, mais ce en vue de quoi tout le reste est imaginé.
    À propos des trois grands "auteurs" athéniens, elle rappelle d'ailleurs très bien (et avec force justifications tirées des textes antiques) qu'ils ont été choisis (parmi une foule d'autres auteurs, qui parfois avaient remporté le premier prix des Dionysies contre eux, et n'étaient donc en rien moins doués!) au IVe siècle par Lycurgue, qui a décidé de fixer par écrit leurs œuvres, et d'imposer de les rejouer; si Lycurgue n'avait pas pris cette décision, nous n'aurions pas conservé leurs "textes", seules traces de spectacles rituels qui étaient loin de se réduire à ces textes, et dont nous avons perdu l'essentiel: la musique et le cadre rituel, si bien que nous n'y comprenons plus rien.
    La politique ne serait donc nullement l'essentiel des pièces, même si elle peut constituer un prétexte à pleurer (pour Jean-Pierre Vernant, l'instauration des tribunaux pour crime de sang à Athènes explique l'action de l'Orestie d'Eschyle; Florence Dupont en reprend l'idée, mais en la subordonnant au rite).
    Nul n'est contraint de penser qu'elle a raison en tout; mais ses ouvrages interrogent en tout cas nos représentations du "théâtre" et surtout la fâcheuse tendance à toujours vouloir trouver des "origines" (elle lutte par exemple de manière magistrale contre l'idée reçue qu'Eschyle serait le "père" de la tragédie grecque)! Ces ouvrages valent donc qu'on s'y arrête!
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