Fiches méthode Bac de français 2021

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Réponses

  • Elle devient mimésis avec l'intention délibérée d'en faire un spectacle édifiant et pourvu d'une signification au sein des valeurs de la cité.

    Là , @Jacques vous parlez du rituel ou bien de la tragédie ??

    De l'apparition de la tragédie, évidemment.

    En cours , on n'a juste parlé de la mimesis signifiant l'action de reproduire et d'imaginer les choses et que ce terme désigne les arts de l'imitation , ce sont les différentes formes poétiques et la représentation du réel par la littérature .

    Donc , si j'ai bien saisi la nature est le symbole de perfection que l'homme doit atteindre (bon l'homme ne pourra jamais atteindre le statut divin ) . N'est-ce pas ??

    Mais non, la tragédie ne poursuit pas un but aussi étroitement moral ; son action est cathartique d'après Aristote, mais il est un peu difficile d'expliquer cela en deux mots (et simplement). Quand je parlais de la nature, c'est au sens le plus général du terme.

    Mais quel est le rôle du chœur à part de chanter et se lamenter ??

    La fonction du chœur a varié avec les auteurs, mais les parties chorales situées entre les épisodes d'une tragédie sont appelées stasima : ce mot se rattache à la famille d'un verbe qui signifie "s'arrêter". Les chœurs interrompent la tension - parfois extrême - qui caractérise les épisodes. Ces stasima ne sont pas que des lamentations ; chez Sophocle, le chœur est souvent chargé de représenter la sagesse populaire face à des événements exceptionnels qui font perdre leur sérénité aux protagonistes. Parfois, cette sagesse confine à un "juste milieu" assez frileux. Mais souvent aussi, le chœur gémit... Selon moi, les parties chorales sont sont aussi une manière d'objectiviser les sentiments des protagonistes ; en changeant de point de vue, en adoptant une énonciation différente, et avec le secours de la musique, le spectateur est mieux à même de distancier, donc de s'approprier autrement les sentiments qui l'assaillent. On est toujours trop proches des personnages...
    Le chœur peut aussi remettre en mémoire des éléments "historiques", comme au début de l'Agamemnon d'Eschyle, par exemple.

    Bon, le coryphée parle directement aux personnages et c'est lui qui dicte la morale de la fin (dans l'exodos ? ) !

    Non, il ne "dicte" rien.
  • D'accord !
    En fait , je veux dire que le coryphée , c'est lui qui dit la morale de la fin par exemple dans Antigone et comme dans la plupart des tragédies grecques antiques , non ?

    En cours , on n'a parlé des règles des trois unités mais cela n'existait pas à l'époque de Sophocle , n'est-ce pas ?? Ou bien est-ce Aristote ? (d'ailleurs Aristote a clairement parlé de la mimesis)

    Car dans Antigone , il y'a la mention dans des tirades , de l'espace , du temps ....et en dehors même des didascalies bien entendu !
  • Oui, chez Sophocle, on peut parler d'une morale, généralement peu originale.
    Mais ni chez Eschyle ni chez Euripide (sauf exception).

    Aristote n'a parlé que de l'unité d'action. Selon lui, c'est en cela que la tragédie diffère le plus de l'épopée.
    Je comprends mal ce que vous dites à la fin de votre message. Mais attention : les "didascalies" sont ajoutées dans les traductions modernes ; les manuscrits n'en comportent aucune ; on ne sait même pas toujours à quel personnage attribuer telle ou telle réplique...
  • D'accord !

    Mais qu'est-ce que je dois retenir comme mots-clés pour les circonstances de l'apparition de la tragédie ? :|
    D'ailleurs , peut t-on vraiment dater la tragédie ?

    Finalement , nous n'aurons pas d'examen portant sur une dissertation mais un examen d'une heure portant sur des questions courtes concernant l'apparition de la tragédie !

    Déjà , y'a combien d'épisodes dans Antigone ??

    Je sais qu'il y'a tout d'abord le prologue , puis le parados , après épisodes , ponctués de stasimon !

    Je n'arrive pas toujours à saisir les figures de style parfois présentes dans Antigone , comme l'antithèse ex : "moi je suis pour le bien de la cité , toi non ! ""
    Car je confonds aussi avec le paradoxe et l'oxymore , ex : ""le soleil noir de colère ""??
  • puis le parados
    Ne pas confondre le parados, terrassement protégeant les défenseurs d’un rempart ou d’une tranchée contre les attaques de revers et le parodos, premier chant entonné par le chœur dans la tragédie grecque
    Je n'arrive pas toujours à saisir les figures de style parfois présentes dans Antigone , comme l'antithèse ex : "moi je suis pour le bien de la cité , toi non ! ""

    Laissez tranquilles les figures de style, en traduction, elles n'ont aucune pertinence. Les tyle de la traduction, c'est le style du traducteur, pas celui de l'auteur.
  • je confonds aussi avec le paradoxe et l'oxymore
    Le paradoxe est une idée peu commune, qui ne correspond pas à la norme.
    L'oxymore consiste à utiliser deux mots des sens opposés dans un même groupe (cette obscure clarté)
  • Delia a écrit:
    puis le parados
    Ne pas confondre le parados, terrassement protégeant les défenseurs d’un rempart ou d’une tranchée contre les attaques de revers et le parodos, premier chant entonné par le chœur dans la tragédie grecque
    Je n'arrive pas toujours à saisir les figures de style parfois présentes dans Antigone , comme l'antithèse ex : "moi je suis pour le bien de la cité , toi non ! ""

    Laissez tranquilles les figures de style, en traduction, elles n'ont aucune pertinence. Les tyle de la traduction, c'est le style du traducteur, pas celui de l'auteur.

    Merci pour cette précision ! Il y'a beaucoup de termes qui se ressemblent ...


    Pouvez-vous me donner un exemple simple de paradoxe à retenir ??

    Malheureusement , notre professeur nous a dit que l'on doit au minimum arriver à repérer ces figures de style dans Antigone , et tout ce qui est marque de répétition , par exemple du moi (insistance , implication) , l'emploi des stichomythies pour montrer l'opposition entre les protagonistes !


    D'ailleurs , connaissez-vous un lien pour repérer certains indicateurs pour faire l'analyse d'une pièce tragique ??


    Comment peut t-on dire que la tragédie s'est séparée du théâtre en quelques lignes ?? :/


    PS : Il ne faut surtout pas confondre la tragédie grecque antique et romaine avec la tragédie classique .... Je n'arrive toujours pas situer la naissance de la tragédie , serait-ce au 5ème siècle ou bien Av.JC ?
  • Comment peut t-on dire que la tragédie s'est séparée du théâtre en quelques lignes ??

    On ne peut pas le dire : la tragédie est liée au théâtre, dès l'origine et jusqu'à extinction de l'humanité.
  • Et la tragédie grecque naît au VIème siècle avant J.-C.
  • Delia a écrit:
    Comment peut t-on dire que la tragédie s'est séparée du théâtre en quelques lignes ??

    On ne peut pas le dire : la tragédie est liée au théâtre, dès l'origine et jusqu'à extinction de l'humanité.

    Que veux-tu dire par l'extinction de l'humanité et la tragédie? *.*


    OK @jacquesvaisssier je vais retenir cette date , j'aimerais vraiment pas m'embourber avec les dates ...

    En gros , la tragédie romaine antique n'avait plus une visée politique mais plutôt de divertissement , contrairement à la tragédie grecque antique !

    Pourquoi cette régression avec la tragédie romaine antique??


    Est-ce qu'on peut dire que le rôle du chœur était de guider le héros , de se lamenter sur le sort du destin , de parler des dieux et de la nature ??
  • Que veux-tu dire par l'extinction de l'humanité et la tragédie?
    L'extinction de l'humanité : le jour, lointain, je l'espère, où l'espèce humaine sera une espèce disparue. Quand il n'y aura plus d'hommes sur terre, la tragédie... n'existera plus non plus ! Mais nous ne serons plus là pour le voir.
    La tragédie est un genre dramatique, on ne peut la séparer du théâtre !
  • Ce n'est pas une date, c'est un siècle. Le première tragédie couronnée est celle d'un certain Thespis, en 534 av. J.-C. Mais nous n'avons rien conservé de cet auteur.

    Délia voulait dire que la tragédie est un genre théâtral, et que cela ne changera jamais.
    Oui, mais il y a plusieurs périodes dans la tragédie romaine :
    - La période ancienne, avec Livius Andronicus et Pacuvius dont nous n'avons que quelques extraits.
    - La période impériale avec Sénèque, dont les tragédies sont plutôt destinées à la lecture.

    Les Romains préféraient la comédie, la tragédie grecque leur paraissant trop éloignée de leurs habitudes culturelles.

    On a déjà répondu en ce qui concerne le chœur. Disons qu'il est à la fois extérieur à l'action et concerné par celle-ci. Chez Eschyle, il est frappant de constater que certaines pièces ont un titre qui désigne les personnages qui composent le chœur : les Suppliantes, les Perses, les Choéphores, le Euménides. Dans les deux premiers cas, c'est le chœur le premier concerné par les malheurs : pas étonnant qu'il semble ne faire entendre que des plaintes. Chez Sophocle et chez Euripide, le chœur essaie souvent de faire entendre raison aux personnages (en pure perte), joue le rôle de "modérateur", subit aussi les conséquences de la colère des dieux (début d'Œdipe roi). Mais cela varie avec chaque pièce...

    Pardonnez-moi, Délia si j'ai répondu à votre place.
  • Et la tragédie grecque naît au VIème siècle avant J.-C.

    Désolé de te contredire , mais dans notre cours , c'est écrit textuellement que la tragédie grecque prend fin vers le milieu de IVème siècle et que la première pièce jouée en 472 av. J.-C. est celle "Les perses " écrite par Eschyle .

    Bref , je sais plus quoi en penser !
  • JehanJehan Modérateur
    Le première tragédie couronnée est celle d'un certain Thespis, en 534 av. J.-C. Mais nous n'avons rien conservé de cet auteur.
  • Donc c'est le 6ème siècle av.J.-C ?

    De toutes les façons , les historiens se disputent sur les dates , la naissance de la tragédie est assez vague en raison du manque de preuves écrites !
  • Non : on ne sait évidemment pas en quelle année est apparue la tragédie, et cela n'a que peu d'importance.
    Par contre, on sait qu'un certain Thespis a gagné un concours en -534 parce qu'il nous reste des listes de vainqueurs, comme pour les jeux olympiques ou les jeux isthmiques. Par contre, nous ne savons rien d'autre de ce Thespis. Quant à -472, c'est la date de la tragédie la plus ancienne que nous ayons conservée.
  • Florence Dupont propose une tout autre analyse de tout cela. Si vous en avez le loisir, n'hésitez pas à découvrir l'un de ses nombreux ouvrages, et notamment "L'insignifiance tragique", "Aristote, ou le Vampire du théâtre occidental", ou encore "Eschyle". On ne lit plus le théâtre grec de la même manière après; on relativise largement le rôle de l'intrigue, au profit du rituel, et de la musique en particulier. D'ailleurs F. Dupont, qui a souvent le sens de la formule, écrit explicitement que le théâtre grec n'est pas du théâtre, et n'appartient certainement pas à la "poésie dramatique", puisque l'action, le "drama" n'en est nullement le cœur: ce qui en est le cœur, c'est le "kommos", le chant de deuil inspiré du thrène. L'action n'est pas choisie par l'auteur de la partition musicale et des répliques (on ne parle pas de tragédien ni de dramaturge à l'époque d'Eschyle, de Sophocle ou d'Euripide, mais de maître de chœur: ces trois grands maîtres étaient avant tout compositeurs de musique) pour signifier quelque chose, mais pour introduire un kommos par exemple; pour que les personnages puissent se lamenter et se frapper la poitrine, il faut qu'ils éprouvent des douleurs; l'action doit donc être propre à les leur faire éprouver; et c'est le gage que les spectateurs pourront pleurer de concert avec (ou contre) les personnages (ou le chœur) au moment du chant le plus poignant. Les chants ne sont pas un ornement, mais ce en vue de quoi tout le reste est imaginé.
    À propos des trois grands "auteurs" athéniens, elle rappelle d'ailleurs très bien (et avec force justifications tirées des textes antiques) qu'ils ont été choisis (parmi une foule d'autres auteurs, qui parfois avaient remporté le premier prix des Dionysies contre eux, et n'étaient donc en rien moins doués!) au IVe siècle par Lycurgue, qui a décidé de fixer par écrit leurs œuvres, et d'imposer de les rejouer; si Lycurgue n'avait pas pris cette décision, nous n'aurions pas conservé leurs "textes", seules traces de spectacles rituels qui étaient loin de se réduire à ces textes, et dont nous avons perdu l'essentiel: la musique et le cadre rituel, si bien que nous n'y comprenons plus rien.
    La politique ne serait donc nullement l'essentiel des pièces, même si elle peut constituer un prétexte à pleurer (pour Jean-Pierre Vernant, l'instauration des tribunaux pour crime de sang à Athènes explique l'action de l'Orestie d'Eschyle; Florence Dupont en reprend l'idée, mais en la subordonnant au rite).
    Nul n'est contraint de penser qu'elle a raison en tout; mais ses ouvrages interrogent en tout cas nos représentations du "théâtre" et surtout la fâcheuse tendance à toujours vouloir trouver des "origines" (elle lutte par exemple de manière magistrale contre l'idée reçue qu'Eschyle serait le "père" de la tragédie grecque)! Ces ouvrages valent donc qu'on s'y arrête!
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