Grammaire française Participe passé

Bonjour à tous,

J'ai quatre petites questions sur les liaisons / enchaînements qui me tourmentent. J'ai noté les endroits qui me posent problème avec ce symbole "_"

Elle connut_un homme. Liaison facultative ou enchaînement vocalique ?
Elle se met_à chanter. Liaison facultative ou enchaînement vocalique ?
Clémentine_est belle. Enchaînement consonantique ?
Elle est de plus en plus_intelligente. Liaison facultative ou obligatoire ?

Merci d'avance
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Réponses

  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Elle connut_un homme. Liaison facultative ou enchaînement vocalique ?
    Facultatif. Je ne la ferais qu'en poésie.
    Elle se met_à chanter. Liaison facultative ou enchaînement vocalique ?
    Facultatif. Je la ferai en poésie et peut-être dans un langage soutenu.
    Clémentine_est belle. Enchaînement consonantique ?
    Oui. Simple enchaînement naturel.
    Elle est de plus en plus_intelligente. Liaison facultative ou obligatoire ?
    Probablement facultative, mais très fréquente. Je pense la faire généralement.
  • lamaneur a écrit:
    Elle se met_à chanter. Liaison facultative ou enchaînement vocalique ?
    Facultatif. Je la ferai en poésie et peut-être dans un langage soutenu.
    Elle est de plus en plus_intelligente. Liaison facultative ou obligatoire ?
    Probablement facultative, mais très fréquente. Je pense la faire généralement.
    C'est amusant, il y a peut-être là une différence de perception.
    Dans les deux cas je fais la liaison alors que je n'ai pas un langage soutenu.
    Je veux dire par là que se met « t'à » chanter me paraît aussi naturel que plus « z'in » -telligente. :)
  • Bonsoir,

    Je m'entraîne aussi à repérer les liaisons (obligatoires, facultatives, interdites), et enchaînements consonantiques.
    Je me suis essayé à un repérage dans ce texte :
    Ce mot rendit toute son activité à l’âme de Julien. On a voulu me perdre auprès de la maréchale ; on lui a dit mon enthousiasme pour Napoléon. Ce fait l’a assez piquée pour qu’elle cède à la tentation de me le faire sentir. Cette découverte l’amusa toute la soirée et le rendit amusant. Comme il prenait congé de la maréchale sous le vestibule de l’Opéra : — Souvenez-vous, monsieur, lui dit-elle, qu’il ne faut pas aimer Bonaparte quand on m’aime ; on peut tout au plus l’accepter comme une nécessité imposée par la Providence. Du reste, cet homme n’avait pas l’âme assez flexible pour sentir les chefs-d’œuvre des arts.

    Quand on m’aime ! se répétait Julien ; cela ne veut rien dire, ou veut tout dire. Voilà des secrets de langage qui manquent à nos pauvres provinciaux. Et il songea beaucoup à Mme de Rênal, en copiant une lettre immense destinée à la maréchale.

    — Comment se fait-il, lui dit-elle le lendemain d’un air d’indifférence qu’il trouva mal joué, que vous me parliez de Londres et de Richemond dans une lettre que vous avez écrite hier soir, à ce qu’il semble, au sortir de l’Opéra ?
  • Très difficile de faire un cours sur les liaisons ! Voici deux références Internet à ce sujet :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liaison_en_fran%C3%A7ais
    http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?T1=liaison&T3.x=12&T3.y=9

    Bon courage ! ;)
  • Bonjour,

    Voici une question qui m'embête depuis déjà 24 heures.

    Pour la liaison, dans la phrase suivante :

    Je peux avoir .... Est-ce qu'il y a la liaison à faire ? On doit dire Je peux Zavoir , ou je peux avoir ?

    Merci.
  • On peut dire les deux, il me semble.
  • D'instinct, je dirais sans liaison mais ...

    EDIT :
    Décidément, je me fais toujours dépasser par Gabiana. ;)
  • Gabiana est rapide comme l'éclair. :)
  • limpersberg a écrit:
    Bonjour,

    Voici une question qui m'embête depuis déjà 24 heures.

    Pour la liaison, dans la phrase suivante :

    Je peux avoir .... Est-ce qu'il y a la liaison à faire ? On doit dire Je peux Zavoir , ou je peux avoir ?

    Merci.

    Un petit complément aux réponses de ricardo et gabiana.

    Ce cas fait partie des liaisons dites facultatives (si tu souhaites davantage d’informations sur ce sujet, je te laisse le soin de choisir dans la nombreuse littérature accessible sur internet sur les "liaisons obligatoires, interdites et facultatives"), tu as donc le choix de faire ou non la liaison.

    Cependant, dans ce cas précis la réalisation /z/ me parait d’une part un peu difficile (mais pas du tout impossible, hein ! ce que je veux dire, c'est que ça demande un petit effort articulatoire) et d’autre part elle peut facilement tendre vers /s/, ce qui pourrait porter à confusion :

    Je peux s-avoir / Je peux savoir

    Avec, par exemple la 3e personne du singulier, la réalisation n’est pas difficile (= ne demande pas d'effort articulatoire) et, à mon avis (c’est intuitif), il y aura plus de liaisons faites par les locuteurs dans ce cas qu’avec la 1re personne du singulier.

    À noter pour finir que la réalisation ou non des liaisons facultatives est corrélée au milieu social et au niveau d’étude (plus le niveau est élevé, plus les liaisons sont réalisées).
  • JehanJehan Modérateur
    Avec la liaison, on pourrait parfois aussi confondre : Il peut avoir / Il peut t'avoir...
  • C’est tout à fait bien vu ! D’ailleurs, les liaisons sont de grandes pourvoyeuses de jeux de mots.

    Et que penses-tu de ma remarque sur la « difficulté » de réalisation ?
    Personnellement, je trouve que ça demande un petit effort d’articulation (rien d’insurmontable, bien sûr - je le répète afin de ne pas être mal comprise), ce qui n’est pas le cas pour « il peut tavoir » qui coule tout seul).
  • Jehan a écrit:
    Avec la liaison, on pourrait parfois aussi confondre : Il peut avoir / Il peut t'avoir...
    « Il peut avoir » prononcé i]tavoir[/i ou « Il pourrait y avoir » prononcé i]ty avoir[/i me semblent naturels. :)

    Maintenant que tu as signalé la confusion possible, j'ai l'impression que l'on peut facilement se faire « tavoir ». :D
  • JehanJehan Modérateur
    sofikat a écrit:
    Et que penses-tu de ma remarque sur la « difficulté » de réalisation ?
    Personnellement, je trouve que ça demande un petit effort d’articulation (rien d’insurmontable, bien sûr - je le répète afin de ne pas être mal comprise), ce qui n’est pas le cas pour « il peut tavoir » qui coule tout seul).
    C'est curieux, mais je trouve au contraire, pour ma part, qu'un zzzz
    coule et glisse plus facilement qu'un t...
    Un t nécessite un appui plus fort de la langue, me semble-t-il.
  • Je ne trouve pas non plus difficile " je peux z avoir" que "il peut t avoir", d'autant plus que la confusion dans le second cas nous pend t au nez...
  • OK, merci pour vos avis. :)

    Je précise que je ne parlais pas hors contexte, où effectivement, je te rejoins Jehan, le /z/ - consonne constrictive - est moins tendue que le /t/ - consonne occlusive - ce qui demande de ce fait plus d’énergie articulatoire. Je parlais dans le contexte phonologique particulier du « je veux avoir » / « il peut avoir ».
    Mais peut-être as-tu, comme gabiana, toujours le même sentiment que ce soit hors contexte ou dans ce contexte spécifique ?

    En ce qui me concerne, il me semble que je fais parfois la liaison avec « il peut avoir », alors que je pense la faire rarement avec « je peux avoir ». Je trouve que ça se bouscule un peu au portillon dans ce dernier cas.
    Pourtant, je ne crois pas avoir de problème particulier d’élocution – si ce n’est que je parle vite ; ceci explique peut-être cela.
    Ce n’est bien évidemment qu’un témoignage personnel, je n’en tire aucune généralité a priori.

    Sinon, moins subjectivement, je pense que mon impression peut s'expliquer phonologiquement par le "conflit" entre le "eu" antérieur et le "z" qui est un peu plus en arrière que l'on trouve dans le cas du "je peux avoir", alors que dans "il peut avoir", le "eu" et le "t" sont tous les deux très antérieurs, ce qui est de nature à faciliter les choses.
  • JehanJehan Modérateur
    Je pense pour ma part que ce ces détails articulatoires n'ont que peu d'incidence sur la fréquence respective des deux liaisons. En ce qui me concerne, j'aurais plutôt tendance à ne faire aucune des deux.

    Comme pas mal de gens, je crois, je ne la fais pas non plus dans "Il peut être", mais c'est surtout pour éviter l'homophonie avec "peut-être".
  • Ah oui, je ne partage pas ton avis, personnellement je pense que les contraintes articulatoires sont (très) importantes en général, et pourquoi pas en particulier dans ce cas des liaisons.

    Quant aux cas d’homophonies (et je ne perds pas de vue que c’est un élément que j’avais précédemment avancé pour justifier la peut-être moindre fréquence de la liaison de « je peux avoir » par rapport à « il peut avoir »), le contexte sémantique suffit généralement à lever l’ambiguïté. Pour le cas que tu cites, l’homophonie entre « peut être » et « peut-être » me semble être d’autant plus difficilement perturbante que des raisons syntaxiques s'ajoutent à l'éventuel éclairage contextuel : « peut-être » ne pourra jamais succéder directement à « il ».

    Sinon, comme je le disais précédemment, les études de sociolinguistiques ont montré que la réalisation des liaisons était essentiellement fonction du milieu social et du niveau d’étude (plus accessoirement d'autres facteurs entrent en compte, comme la génération et le sexe). J’imagine que ce n’est donc qu’à la marge qu’on les exclut pour éviter les homophonies.
  • JehanJehan Modérateur
    les études de sociolinguistiques ont montré que la réalisation des liaisons était essentiellement fonction du milieu social et du niveau d’étude
    C'est bien ce que je pense aussi...
    C'est pourquoi je mettrais les éventuelles contraintes articulatoires au second plan.
  • Pour ce qui est du phénomène général, on est tous les deux bien d’accord. :)

    Quant aux contraintes articulatoires, bien sûr que je les mets au second plan, là encore on est d'accord. Elles peuvent être invoquées localement, pour expliquer des cas particuliers (comme celui qui a suscité cet échange) et c'est dans ces cas-là qu'elles peuvent avoir un rôle (éventuellement important) à jouer. Mon intention n'était certainement pas de leur donner un rôle notable pour expliquer le phénomène de la liaison. Si c'est ce que mes propos ont laissé entendre, alors c'est que je me suis mal exprimée !
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