Réécrire l'incipit d'Aurélien (de Louis Aragon) en style romantique

Bonjour,
pour faire extrêmement court, je rencontre un sérieux problème face à un devoir noté de français.
Je dois réécrire un incipit entier en utilisant toutes les caractéristiques du style romantique appartenant à Victor Hugo.
Après de nombreuses recherches, je n'arrive toujours pas à visionner les axes principaux du style romantique tels que les temps de conjugaison les plus présents ou bien le discours rapporté qui convient.
Merci d'avance pour votre aide :)

Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Quels textes as-tu récemment étudiés ?
    As-tu étudié un incipit de Victor Hugo ?
    Je trouve le sujet assez vague... As-tu donné toutes les consignes ?
  • Bonsoir,
    l'un des derniers textes que j'ai récemment étudié est Don Juan (il n'y a pas de rapport face à mon sujet).
    L'incipit en question est celui d'Aurélien de Louis Aragon.
    Voici la consigne :
    "Vous réécrirez l'incipit d'Aurélien d'Aragon en utilisant des procédures plus traditionnelles, celles, par exemple dans les romans de Balzac, Zola ou Hugo. Vous aurez soin d'utiliser avec pertinence les formes du discours rapportés."
    J'ai donc choisi le style de Victor Hugo donc celui du naturalisme.
  • JehanJehan Modérateur
    Merci. C'est déjà plus précis. Je vais modifier le titre de ta discussion.
    J'ai donc choisi le style de Victor Hugo donc celui du naturalisme.
    Tu ne veux pas dire plutôt "romantisme" ?

    J'affiche l'incipit en question :
    La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu'il n'aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'Orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût. Ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus. Les cheveux coupés, ça demande des soins constants. Aurélien n'aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune. Il l'avait mal regardée. Il lui en demeurait une impression vague, générale, d'ennui et d'irritation. Il se demanda même pourquoi. C'était disproportionné. Plutôt petite, pâle, je crois… Qu'elle se fût appelée Jeanne ou Marie, il n'y aurait pas repensé, après coup. Mais Bérénice. Drôle de superstition. Voilà bien ce qui l'irritait.
    Il y avait un vers de Racine que ça lui remettait dans la tête, un vers qui l'avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard démobilisé. Un vers qu'il ne trouvait même pas un beau vers, ou enfin dont la beauté lui semblait douteuse, inexplicable, mais qui l'avait obsédé, qui l'obsédait encore :

    Je demeurai longtemps errant dans Césarée…

    En général, les vers, lui… Mais celui-ci lui revenait et revenait. Pourquoi ? c'est ce qu'il ne s'expliquait pas. Tout à fait indépendamment de l'histoire de Bérénice…l'autre, la vraie… D'ailleurs il ne se rappelait que dans ses grandes lignes cette romance, cette scie. Brune alors, la Bérénice de la tragédie. Césarée, c'est du côté d'Antioche, de Beyrouth. Territoire sous mandat. Assez moricaude, même, des bracelets en veux-tu en voilà, et des tas de chichis, de voiles. Césarée… un beau nom pour une ville. Ou pour une femme. Un beau nom en tout cas. Césarée… Je demeurai longtemps … je deviens gâteux. Impossible de se souvenir : comment s'appelait-il, le type qui disait ça, une espèce de grand bougre ravagé, mélancolique, flemmard, avec des yeux de charbon, la malaria… qui avait attendu pour se déclarer que Bérénice fût sur le point de se mettre en ménage, à Rome, avec un bellâtre potelé, ayant l'air d'un marchand de tissus qui fait l'article, à la manière dont il portait la toge. Tite. Sans rire. Tite.
  • Merci beaucoup, oui pardonnez moi (je me mélange un peu les pinceaux), l'extrait de l'incipit s'arrête à "Tite. Sans rire. Tite."
  • S'il te faut réécrire Aragon à la façon de Victor Hugo (!), relis la description de Cosette dans les Misérables. Cela t'inspirera peut-être.
    C'était par une sereine matinée d'été, Marius était joyeux comme on l'est quand il fait beau. Il lui semblait qu'il avait dans le cœur tous les chants d'oiseaux qu'il entendait et tous les morceaux de ciel bleu qu'il voyait à travers les feuilles des arbres.
    Il alla droit à « son allée », et, quand il fut au bout, il aperçut, toujours sur le même banc, ce couple connu. Seulement, quand il approcha, c'était bien le même homme ; mais il lui parut que ce n'était plus la même fille. La personne qu'il voyait maintenant était une grande et belle créature ayant toutes les formes les plus charmantes de la femme à ce moment précis où elles se combinent encore avec toutes les grâces les plus naïves de l'enfant ; moment fugitif et pur que peuvent seuls traduire ces deux mots : quinze ans. C'étaient d'admirables cheveux châtains nuancés de veines dorées, un front qui semblait fait de marbre, des joues qui semblaient faites d'une feuille de rose, un incarnat pâle, une blancheur émue, une bouche exquise d'où le sourire sortait comme une clarté et la parole comme une musique, une tête que Raphaël eût donné à Marie posée sur un cou que Jean Goujon eût donné à Vénus. Et, afin que rien ne manquât à cette ravissante figure, le nez n'était pas beau, il était joli ; ni droit ni courbé, ni italien ni grec ; c'était le nez parisien ; c'est-à-dire quelque chose de spirituel, de fin, d'irrégulier et de pur, qui désespère les peintres et qui charme les poètes.
    Quand Marius passa près d'elle, il ne put voir ses yeux qui étaient constamment baissés. Il ne vit que ses longs cils châtains pénétrés d'ombre et de pudeur.
    Cela n'empêchait pas la belle enfant de sourire tout en écoutant l'homme à cheveux blancs qui lui parlait, et rien n'était ravissant comme ce frais sourire avec des yeux baissés.
    Dans le premier moment, Marius pensa que c'était une autre fille du même homme, une sœur sans doute de la première. Mais, quand l'invariable habitude de la promenade le ramena pour la seconde fois près du banc, et qu'il l'eut examinée avec attention, il reconnut que c'était la même. En six mois, la petite fille était devenue jeune fille ; voilà tout. Rien n'est plus fréquent que ce phénomène. Il y a un instant où les filles s'épanouissent en un clin d'œil et deviennent des roses tout à coup. Hier on les a laissées enfants, aujourd'hui on les retrouve inquiétantes.
    Celle-ci n'avait pas seulement grandi, elle s'était idéalisée. Comme trois jours en avril suffisent à de certains arbres pour se couvrir de fleurs, six mois lui avaient suffi pour se vêtir de beauté. Son avril à elle était venu.
    On voit quelquefois des gens qui, pauvres et mesquins, semblent se réveiller, passent subitement de l'indigence au faste, font des dépenses de toutes sortes, et deviennent tout à coup éclatants, prodigues et magnifiques. Cela tient à une rente empochée ; il y a eu une échéance hier. La jeune fille avait touché son semestre.
    Et puis ce n'était plus la pensionnaire avec son chapeau de peluche, sa robe de mérinos, ses souliers d'écolier et ses mains rouges ; le goût lui était venu avec la beauté ; c'était une personne bien mise avec une sorte d'élégance simple et riche et sans manière. Elle avait une robe de damas noir, un camail de même étoffe et un chapeau de crêpe blanc. Ses gants blancs montraient la finesse de sa main qui jouait avec le manche d'une ombrelle en ivoire chinois, et son brodequin de soie dessinait la petitesse de son pied. Quand on passait près d'elle, toute sa toilette exhalait un parfum jeune et pénétrant.
  • D'accord merci beaucoup

    Merci beaucoup de votre aide, voici le texte, si vous vouliez bien donner vos critiques, avis, ou conseilles, je vous en pris.

    L'incipit d'Aurélien de Louis Aragon transcription dans le style de Victor Hugo

    La première fois qu'Aurélien vu Bérénice, il la trouvait franchement laide. Elle le répugnait, enfin. Il n'aimait pas ses habits. Le tissu était grossier, usé et laid. Il connaissait les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Il trouvait ridicule qu'elle porte le nom de princesse d'Orient et qu'elle soit sans goût. Ses cheveux étaient en batailles, sans couleurs. Les cheveux coupés, ça demande des soins constants. Aurélien ne reconnaissait pas si elle était blonde, brune. La crasse qui recouvrée ses cheveux l’empêcher dans discerner la couleur. Il l'avait peut être mal regardée. Il n'en restait qu'une image vague, générale, sans importance, d'irritation, de méprit. Il ne comprenait même pas pourquoi. C'était surfait . Plutôt petite, pâle, je crois...Qu'elle portait le prénom de Jeanne ou Marie, il n'y aurait pas repensé après coup. Mais Bérénice. Drôle de credo. Voilà ce qui l'agacer .
    Il y avait un vers de Racine que ça lui remettait en tête, un vers qui l'avait hanté pendant la guerre, dans l'horreur de tranchées, dans le sang, les dépouilles et l'odeur de la poudre ; et plus tard démobilisé. Un vers qu'il ne trouvait pas beau, ou enfin dans la beauté lui semblait douteuse, inexplicable, mais qui l'avait obsédé, que l'obsédait encore : Je demeurai longtemps errant dans Césarée...
    En général, les vers, lui... Mais celui-ci revenait et revenait. Pourquoi ? C'est ce qu'il ne s'expliquait pas. Tout à fait indépendamment de l'histoire de Bérénice... l'autre, la vraie... D'ailleurs il ne se rappelait que dans ses grandes lignes cette romance, cette rengaine démodée. Brune alors, la Bérénice de la tragédie. Césarée, c'est du côté d'Antioche, de Beyrouth. Territoire sous mandat. Assez moricaude même, des bracelets en veux-tu en voilà, et des tas de chichis, des voiles. Césarée... un beau nom pour une ville. Ou pour une femme. Un beau nom en tout cas. Césarée... Je me demeurai longtemps... je deviens gâteux. Impossible de se souvenir : comment s'appelait-il, le type qui disait ça, une espèce de grand bougre ravagé, mélancolique, flemmard, avec des yeux de charbon, la malaria... qui avait attendu pour se déclarer que Bérénice fût sur le point de se mettre en ménage, à Rome, avec un bellâtre potelé, ayant l'air d'un marchant de tissus qui fait l'article, à la manière dont il portait la toge. Tite. Sans rire. Tite.
    Je demeurai longtemps errant dans Césarée...
  • Pour moi,tu restes beaucoup trop proche du texte de départ. En version romantique on imaginerait plutôt un coup de foudre amoureux. Dans tous les cas les changements que tu apportes sont beaucoup trop discrets.
  • Merci, mais le problème est que l'auteur veut que cet incipit soit un "anti-coup de foudre" donc si je change ce point, je vis changer la portée de l'incipit
  • JehanJehan Modérateur
    Mais la notion d' "anti-coup de foudre" semble a priori peu compatible avec les effusions romantiques.
    Peut-être des pistes à chercher du côté de l'amour impossible à trouver...
  • Mais justement, l'auteur ne voulait pas que cette rencontre soit romantique. Si on la transforme en style romantique, on ne respecte pas la volonté d'Aragon. Donc à partir de là, plus la peine de se demander ce qui lui aurait fait plaisir...
  • Bonsoir,
    voici le texte avec quelques modifications, mais je ne trouve pas d'idées pour mettre le style romantique dans la seconde partie de l'incipit :/
    La première fois qu'Aurélien vu Bérénice, il la trouvait franchement belle. Elle le sublimée, enfin. Il aimait ses habits. Même si le tissu était grossier, usé et laid. Il connaissait les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Il trouvait magnifique qu'elle porte le nom de princesse d'Orient et qu'elle est du goût. Ses cheveux étaient en batailles, sans couleurs. Les cheveux coupés, ça demande des soins constants. Aurélien ne reconnaissait pas si elle était blonde, brune. La crasse qui recouvrée ses cheveux l’empêcher dans discerner la couleur. Il l'avait peut être mal regardée. Il n'en restait qu'une image vague, générale, sans importance, d'irritation, de méprit. Il ne comprenait même pas pourquoi. C'était surfait . Plutôt petite, pâle, je crois...Qu'elle portait le prénom de Jeanne ou Marie, il n'y aurait pas repensé après coup. Mais Bérénice. Drôle de credo. Voilà ce qui l'agacer .
    Il y avait un vers de Racine que ça lui remettait en tête, un vers qui l'avait hanté pendant la guerre, dans l'horreur de tranchées, dans le sang, les dépouilles et l'odeur de la poudre ; et plus tard démobilisé. Un vers qu'il ne trouvait pas beau, ou enfin dans la beauté lui semblait douteuse, inexplicable, mais qui l'avait obsédé, que l'obsédait encore : Je demeurai longtemps errant dans Césarée...
    En général, les vers, lui... Mais celui-ci revenait et revenait. Pourquoi ? C'est ce qu'il ne s'expliquait pas. Tout à fait indépendamment de l'histoire de Bérénice... l'autre, la vraie... D'ailleurs il ne se rappelait que dans ses grandes lignes cette romance, cette rengaine démodée. Brune alors, la Bérénice de la tragédie. Césarée, c'est du côté d'Antioche, de Beyrouth. Territoire sous mandat. Assez moricaude même, des bracelets en veux-tu en voilà, et des tas de chichis, des voiles. Césarée... un beau nom pour une ville. Ou pour une femme. Un beau nom en tout cas. Césarée... Je me demeurai longtemps... je deviens gâteux. Impossible de se souvenir : comment s'appelait-il, le type qui disait ça, une espèce de grand bougre ravagé, mélancolique, flemmard, avec des yeux de charbon, la malaria... qui avait attendu pour se déclarer que Bérénice fût sur le point de se mettre en ménage, à Rome, avec un bellâtre potelé, ayant l'air d'un marchant de tissus qui fait l'article, à la manière dont il portait la toge. Tite. Sans rire. Tite.
    Je demeurai longtemps errant dans Césarée...
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