Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour, je dois faire un commentaire sur Ruy Blas sur l'acte 3 scéne 3 pour lundi mais j'ai du mal sur une des sous partie qui est A) Un amour impossible. J'ai juste trouvé la comparaison avec un aveugle... Merci d'avance pour votre aide


voici l'extrait en question :
La Reine.
Il allait à la chasse.
Mais vous ! J'entends encor votre accent qui menace.
Comme vous les traitiez d'une haute façon,
1200 - Et comme vous aviez superbement raison !
Je soulevais le bord de la tapisserie,
Je vous voyais. Votre oeil, irrité, sans furie,
Les foudroyait d'éclairs, et vous leur disiez tout.
Vous me sembliez seul être resté debout !
Mais où donc avez-vous appris toutes ces choses ?
D'où vient que vous savez les effets et les causes ?
Vous n'ignorez donc rien ? D'où vient que votre voix
Parlait comme devrait parler celle des rois ?
Pourquoi donc étiez-vous, comme eût été Dieu même,
1210 - Si terrible et si grand ?
Ruy Blas.
Parce que je vous aime !
Parce que je sens bien, moi qu'ils haïssent tous,
Que ce qu'ils font crouler s'écroulera sur vous !
Parce que rien n'effraie une ardeur si profonde,
Et que pour vous sauver je sauverais le monde !
Je suis un malheureux qui vous aime d'amour.
Hélas ! Je pense à vous comme l'aveugle au jour.
Madame, écoutez-moi. J'ai des rêves sans nombre.
Je vous aime de loin, d'en bas, du fond de l'ombre ;
Je n'oserais toucher le bout de votre doigt,
1220 - Et vous m'éblouissez comme un ange qu'on voit !
– Vraiment, j'ai bien souffert. Si vous saviez, madame !
Je vous parle à présent. Six mois, cachant ma flamme,
J'ai fui. Je vous fuyais et je souffrais beaucoup.
Je ne m'occupe pas de ces hommes du tout,
Je vous aime. – ô mon Dieu, j'ose le dire en face
À votre majesté. Que faut-il que je fasse ?
Si vous me disiez : meurs ! Je mourrais. J'ai l'effroi
Dans le coeur. Pardonnez !
La Reine.
Oh ! Parle ! Ravis-moi !
Jamais on ne m'a dit ces choses-là. J'écoute !
1230 - Ton âme en me parlant me bouleverse toute.
J'ai besoin de tes yeux, j'ai besoin de ta voix.
Oh ! C'est moi qui souffrais ! Si tu savais ! Cent fois,
Cent fois, depuis six mois que ton regard m'évite...
– Mais non, je ne dois pas dire cela si vite.
Je suis bien malheureuse. Oh ! Je me tais. J'ai peur !
Ruy Blas, qui l'écoute avec ravissement.
Oh ! Madame, achevez ! Vous m'emplissez le coeur !
La Reine.
Eh bien, écoute donc !
Levant les yeux au ciel.
Oui, je vais tout lui dire.
Est-ce un crime ? Tant pis ! Quand le coeur se déchire,
Il faut bien laisser voir tout ce qu'on y cachait. –
1240 - Tu fuis la reine ? Eh bien, la reine te cherchait.
Tous les jours je viens là, – là, dans cette retraite, –
T'écoutant, recueillant ce que tu dis, muette,
Contemplant ton esprit qui veut, juge et résout,
Et prise par ta voix qui m'intéresse à tout.
Va, tu me sembles bien le vrai roi, le vrai maître.
C'est moi, depuis six mois, tu t'en doutes peut-être,
Qui t'ai fait, par degrés, monter jusqu'au sommet.
Où Dieu t'aurait dû mettre une femme te met.
Oui, tout ce qui te touche a mes soins. Je t'admire.
1250 - Autrefois une fleur, à présent un empire !
D'abord je t'ai vu bon, et puis je te vois grand.
Mon Dieu ! C'est à cela qu'une femme se prend !
Mon Dieu ! Si je fais mal, pourquoi, dans cette tombe,
M'enfermer, comme on met en cage une colombe,
Sans espoir, sans amour, sans un rayon doré ?
– Un jour que nous aurons le temps, je te dirai
Tout ce que j'ai souffert. – toujours seule, oubliée ! –
Et puis, à chaque instant, je suis humiliée.
Tiens, juge, hier encor... – ma chambre me déplaît.
1260 - – Tu dois savoir cela, toi qui sais tout, il est
Des chambres où l'on est plus triste que dans d'autres ; –
J'en ai voulu changer. Vois quels fers sont les nôtres,
On ne l'a pas voulu. Je suis esclave ainsi ! –
Duc, il faut, – dans ce but le ciel t'envoie ici, –
Sauver l'état qui tremble, et retirer du gouffre
Le peuple qui travaille, et m'aimer, moi qui souffre.
Je te dis tout cela sans suite, à ma façon,
Mais tu dois cependant voir que j'ai bien raison.
Ruy Blas, tombant à genoux.
Madame...
La Reine, gravement.
Don César, je vous donne mon âme.
1270 - Reine pour tous, pour vous je ne suis qu'une femme.
Par l'amour, par le coeur, duc, je vous appartien.
J'ai foi dans votre honneur pour respecter le mien.
Quand vous m'appellerez, je viendrai. Je suis prête.
– Ô César ! Un esprit sublime est dans ta tête.
Sois fier, car le génie est ta couronne, à toi !
Elle baise Ruy Blas au front.
Adieu.
Elle soulève la tapisserie et disparaît.
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Réponses

  • Mais quelle serait la problématique ?
  • En faite ma problématique est : En quoi cette scène est tragique ?

    I) Un duo amoureux
    A) Un amour réciproque
    B)L'exaltation des sentiments

    II) 2 amoureux
    A) Une reine admiré
    B) Ruy Blas admiré

    III) Le tragique
    A) Des êtres différents
    B) Un amour impossible

    Et c'est Un amour impossible qui me pose problème
  • Il me semble que la problématique est à revoir à moins que cette question soit imposée ...

    Les axes du plan vont t'amener à des redites.

    Que met en évidence cette scène d'amour : le lyrisme ? le héros romantique ou le piège imminent qui se referme ?
  • Oui c'est une question imposé par notre professeur ...
  • Une scène d'amour à double face :
    Lyrisme et amour déclaré
    Menace et piège imminent
  • je suis désolé je ne comprends pas votre dernière question
  • La question du message 4 venait AVANT ta précision sur le sujet posé et c'était une proposition de problématique.

    Visiblement, on ne se comprend pas. Je te suggérais(dans le message 6) une problématique et une structure mais si tu ne le vois pas ... je laisse ...
  • si je l'ai vu mais j'ai envoyé un autre message entre vos deux messages... C'est notre professeur qui nous a donné le plan et la problématique donc je peux pas les changer ...
  • Je suis surprise que tu n'arrives pas à adapter et le sujet posé et une structure qui intègre les composante de la tragédie : amour impossible.

    Sauf qu' ici, c'est un drame romantique, cela se complique un peu ...
  • Un drame romantique allie "sublime" et "grotesque ", tragédie/comique ... Sauf que sur l'extrait étudié, seul le tragique est présent. C'est un aveu romantique mais avec des éléments tragiques dont leur amour impossible. J'ai trouvé deux élements pour le prouver : la comparaison avec un aveugle et la gradation descendante " j'ai des rêves sans nombre (...) du fond de l'ombre". Mais je pense qu'il faut peut-être plus d’éléments a l'appui, c'est la troisième lecture analytique que nous fessons et je ne suis qu'en seconde...
  • A titre de comparaison : voici comment chez les classiques se dialoguent une reine et un sujet épris l'un de l'autre :

    Corneille, Don Sanche d'Aragon, acte II, scène 2 :
    'CARLOS'
    Madame, arrêtez là votre juste colère ;
    Je suis assez coupable, et n'ai que trop osé,
    Sans choisir pour me perdre un crime supposé.
    Je ne me défends point des sentiments d'estime
    Que vos moindres sujets auraient pour vous sans crime.
    Lorsque je vois en vous les célestes accords
    Des grâces de l'esprit et des beautés du corps,
    Je puis, de tant d'attraits l'âme toute ravie,
    Sur l'heur de votre époux jeter un œil d'envie ;
    Je puis contre le ciel en secret murmurer
    De n'être pas né roi pour pouvoir espérer ;
    Et les yeux éblouis de cet éclat suprême,
    Baisser soudain la vue, et rentrer en moi-même ;
    Mais que je laisse aller d'ambitieux soupirs,
    Un ridicule espoir, de criminels désirs ! ...
    Je vous aime, madame, et vous estime en reine ;
    Et quand j'aurais des feux dignes de votre haine,
    Si votre âme, sensible à ces indignes feux,
    Se pouvait oublier jusqu'à souffrir mes vœux ;
    Si par quelque malheur que je ne puis comprendre,
    Du trône jusqu'à moi je la voyais descendre,
    Commençant aussitôt à vous moins estimer,
    Je cesserais sans doute aussi de vous aimer.
    L'amour que j'ai pour vous est tout à votre gloire :
    Je ne vous prétends point pour fruit de ma victoire ;
    Je combats vos amants, sans dessein d'acquérir
    Que l'heur d'en faire voir le plus digne, et mourir ;
    Et tiendrais mon destin assez digne d'envie,
    S'il le faisait connaître aux dépens de ma vie.
    Serait-ce à vos faveurs répondre pleinement
    Que hasarder ce choix à mon seul jugement ?
    Il vous doit un époux, à la Castille un maître :
    Je puis en mal juger, je puis les mal connaître.
    Je sais qu'ainsi que moi le démon des combats
    Peut donner au moins digne et vous et vos états ;
    Mais du moins, si le sort des armes journalières
    En laisse par ma mort de mauvaises lumières,
    Elle m'en ôtera la honte et le regret ;
    Et même si votre âme en aime un en secret,
    Et que ce triste choix rencontre mal le vôtre,
    Je ne vous verrai point, entre les bras d'un autre,
    Reprocher à Carlos par de muets soupirs
    Qu'il est l'unique auteur de tous vos déplaisirs.


    'DONA ISABELLE'
    Ne cherchez point d'excuse à douter de ma flamme,
    Marquis ; je puis aimer, puisqu'enfin je suis femme ;
    Mais, si j'aime, c'est mal me faire votre cour
    Qu'exposer au trépas l'objet de mon amour ;
    Et toute votre ardeur se serait modérée
    À m'avoir dans ce doute assez considérée :
    Je le veux éclaircir, et vous mieux éclairer,
    Afin de vous apprendre à me considérer.
    Je ne le cèle point ; j'aime, Carlos, oui, j'aime ;
    Mais l'amour de l'état, plus fort que de moi-même,
    Cherche, au lieu de l'objet le plus doux à mes yeux,
    Le plus digne héros de régner en ces lieux ;
    Et craignant que mes feux osassent me séduire,
    J'ai voulu m'en remettre à vous pour m'en instruire.
    Mais je crois qu'il suffit que cet objet d'amour
    Perde le trône et moi sans perdre encore le jour ;
    Et mon cœur qu'on lui vole en souffre assez d'alarmes,
    Sans que sa mort pour moi me demande des larmes.

    Le plus romantique n'est pas celui que l'on pense : chez Corneille, l'homme du peuple est aimé de deux reines. IL n'aura d'ailleurs pas à choisir : on découvre qu'il est roi d'Aragon (il ne le savait pas...), iil est don le frère de l'une des deux reines, et il épouse l'autre.
  • Bonjour,

    J'ai un commentaire littéraire à faire pour le lundi 21 mars sur l'Acte III, scène 3 de Ruy Blas de Victor Hugo et je souhaiterais savoir si mon plan correspond à ma problématique.

    Voici un lien où vous pourrez retrouver la scène:
    http://lettres.ac-rouen.fr/francais/romantik/ruy-blas/acte3.html

    La problématique que j'ai choisi est:
    "En quoi cette scène montre une scène d'amour à double face?"

    Voici mon plan:
    I. Un duo amoureux
    a. Un amour réciproque
    b. L'exaltation des sentiments

    II. Une scène tragique
    a. Des êtres différents
    b. Un amour impossible

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