Fiches méthode Bac de français 2020

Bonsoir,

Je suis en train de plancher sur le sujet suivant "En quoi le roman Madame Bovary peut-il s’apparenter à une comédie classique ?" et je souhaite avoir un petit peu d'aide. J'ai organisé mon plan de la façon suivante :
I. L'organisation du roman (les actes qui ressemblent les parties, les moments clés etc je n'ai pas trop d'arguments :/)
II. Les personnages (la comédie classique qui met en scène des personnages de la vie ordinaire, les scènes drôles comme le dialogue entre le curé et Emma qui ressemble au quiproquo, les comices agricoles avec Rodolphe, le ridicule du personnage de Charles...)
III. Les règles de la comédie retrouvés (le mélange de registres, le réalisme, la comédie de moeurs..)

Je ne sais pas si mon plan tient la route et mes parties sont malheureusement assez mal réparties sachant qu'il y a beaucoup plus à dire au sujet des personnages. Toute aide est la bienvenue merci !
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Réponses

  • Attention pour le III dans la comédie classique pas de mélange de registres. Pense plutôt à la satire
  • D'accord, merci ! Donc une troisième partie sur la satire à travers la critique du comportement des bourgeois ?
  • Le registre comique n'est pas le seul qui se rencontre dans la Comedie classique!...il peut se trouver du polémique, du didactique et parfois du pathétique ....et si on associe le roman de Flaubert à une Comedie classique, que dire des interminables rêveries lyriques d'Emma ? ses visions de voyages et de paysages ensoleillés ?
  • C'est vrai ! dans ce cas il faut formuler les choses autrement. Le "mélange des registres" est une expression que l'on emploie pour caractériser par exemple le drame romantique, justement par opposition à l'époque classique, d'où ma réaction. Mais effectivement la comédie classique peut faire appel ponctuellement à d'autres registres.
  • Est-ce que ce roman - excellent au demeurant - n'est pas en train de devenir totalement obsessionnel dans l'enseignement, tant on le trouve trituré à toutes les sauces, dans toutes les sections et à presque tous les niveaux d'études ? :D
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Il ne faudrait pas oublier que le principal ressort de la comédie est la tromperie.
    Il conviendrait également de relever les aspects de farce : les noces paysannes, les comices, le jargon pseudo-scientifique d'Homais...
  • I. L'organisation du roman (les actes qui ressemblent les parties, les moments clés etc je n'ai pas trop d'arguments :/)

    Vous n'avez pas d'arguments, et vous n'en aurez pas car il n'existe aucune parenté d'organisation entre le roman de Flaubert et une comédie classique.
    Une comédie (une tragédie aussi) repose sur un problème à résoudre. L'action se déroule en une seule journée et s'achève quand le problème est résolu.
    Cette structure ne se retrouve pas dans le roman de Flaubert. Outre que l'action se déroule sur plusieurs années, elle ne se résume pas à un problème unique. Nous avons le schéma dégradation continue :
    une jeune fille se marie : elle découvre les souillures du mariage (c'est le mot de Flaubert) : dégradation ;
    pour améliorer sa situation, elle prend un amant : elle passe du statut d'honnête femme comme on disait à l'époque à celui de femme adultère, puis de femme abandonnée ;
    elle multiplie les achats compulsifs comme nous disons et tombe dans la spirale du surendettement ce qui l'accule au suicide.


    Ce schéma de mélodrame est traité par Flaubert sur le mode satirique : tous les personnages, je dis bien tous, y compris Emma sont grotesques. En cela, le roman est comique, mais ce n'est pas une comédie classique.
  • Il manque à votre analyse un aspect plus existentiel, le coup de grâce donné au Romantisme : la constatation de la pourriture instantanée de toute chose en ce bas monde..
  • Jean-Luc a écrit:
    Il ne faudrait pas oublier que le principal ressort de la comédie est la tromperie.
    Il conviendrait également de relever les aspects de farce [...]

    Est-ce que la tromperie ne serait pas plutôt spécifique de la farce, alors que la comédie offrirait une palette plus large ? :)
  • freddy.lombard a écrit:
    Est-ce que ce roman - excellent au demeurant - n'est pas en train de devenir totalement obsessionnel dans l'enseignement, tant on le trouve trituré à toutes les sauces, dans toutes les sections et à presque tous les niveaux d'études ? :D

    En fait il est au programme de TL pour la seconde (et dernière) année...
  • Oui, il est au programme certes, mais parfois les profs ne savent plus quels sujets trouver pour être "originaux". Waouh, moi je vois finalement Madame Bovary comme une comédie classique, voire même une tragédie racinienne. Mais en y cherchant bien, finalement Emma est face à de véritables dilemmes cornéliens ! Ah oui, trop bien. D'ailleurs, je trouve que Le Misanthrope est une sorte de roman social, version Zola, en prose poétique...

    Je suis ravie qu'on étudie encore bien les classiques... Mais je ne suis pas certaine que ce genre de sujet permette d'aller au fond de l'oeuvre.

    Mais le pire pour moi, sans entrer dans la polémique, ce sont les profs qui ramènent tout à la théorie du genre.

    Bref.
  • freddy.lombard a écrit:
    Est-ce que ce roman - excellent au demeurant - n'est pas en train de devenir totalement obsessionnel dans l'enseignement, tant on le trouve trituré à toutes les sauces, dans toutes les sections et à presque tous les niveaux d'études ? :D

    Sors de ce corps, Ernest Pinard ! Oui, ce roman est mis désormais dans les mains des lycéens, et ce que tu dois juger pire encore, des lycéennes !

    Ou, freddy.lombard, il existe des modes en matières de programme : il me souvient de l'épidémie d'Allumettes suédoises, de celle des Fourmis , que sais-je...
  • Il me semble à moi, avec mon petit bon sens, que la littérature étrangère n'a pas sa place au cours de littérature française. Comment étudier le tempo des phrases, dégager la connotation sous la dénotation, à partir d'une traduction ?

    Cela précisé, choix des œuvres répond à différents critères : l'effet de mode en est un, la nécessité d'illustrer les fameux objets d'étude, un autre, les goûts personnels de l'enseignant jouent aussi et surtout les attentes du public les élèves ne liront pas un texte qui ne les attire pas, ils se contenteront de la bouillie pour les chats du net...), enfin l'opinion des familles promptes à censurer ce qui brave à leurs yeux l'honnêteté.
    Réjouissez-vous plutôt que Madame Bovary ait pu triompher de toutes ces épreuves !... et souriez avec moi de ce qu'elle ait accédé en moins de cent ans au statut de classique.
  • @ Delia : tu as raison ! Réjouissons-nous d'avoir les meilleurs écrivains ! Je suis à peine chauvine en pensant que nous avons, à travers les siècles, la meilleure littérature du monde :)
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