Grammaire française Participe passé

Bonjour,

Je viens de lire qu'il existe des pronoms personnels (formes disjointes)
- non réfléchis : moi, toi, lui, elle, nous, vous, eux, elles
- réfléchis : moi, toi, soi, nous, vous, soi

Je ne comprends pas du tout la différence :| SOS

Pour moi, soi était plutôt une forme non réfléchie

Merci

Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Les pronoms personnels disjoints non réfléchis ne désignent pas le sujet de la phrase.
    Je travaille avec toi.
    toi ne désigne pas le sujet "je"
    Nous pensons à eux.
    eux ne désigne pas le sujet "nous".

    Les pronoms personnels disjoints réfléchis désignent le sujet de la phrase :
    Tu travailles pour toi.
    toi désigne le sujet "tu."
    Ils ne pensent qu'à eux.
    eux désigne le sujet "ils".

    On voit que moi, toi, lui, elle, nous, vous, eux peuvent être tantôt réfléchis, tantôt non réfléchis selon le sens de la phrase.

    Le pronom personnel disjoint soi, lui, est toujours réfléchi.
    Il ne peut désigner que le sujet de la phrase, qui est souvent un pronom indéfini ou un nom à valeur générale :
    On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
    soi désigne le sujet "on".
    Chacun travaille pour soi.
    soi désigne le sujet "chacun".
    L'égoïste ne pense qu'à soi.
  • Alors là, j'ai TOUT compris. Un immense merci à toi Jehan ;)
  • Dans quelques textes soit de Jean de La Fontaine, soit du traducteur du journal d'Anne Frank, on trouve le pronom soi utilisé pour rappeler le sujet de la proposition, qui est soit il, soit elle, ce qui étend l'usage de ce pronom réfléchi hors du domaine des indéfinis.
    D'autre part un auteur très célèbre a écrit :
    «Ce qu'on sait n'est pas à soi», où l'on peut constater que le sujet de la proposition (ce que ) n'est pas identique à ce que soi sous-entend. Cela nous donne un exemple (que je considère comme fautif) d'un usage irréfléchi du pronom soi.
  • Vous êtes sûr que le sujet est ce que ? J'aurais opté pour on
    On sait cela qui n'est pas à soi.

    Par ailleurs, vous êtes certain qu'il est si célèbre cet auteur, car ce qu'on sait n'est pas très heureux, sans compter que qui sait ne l'est pas. ;)
  • JehanJehan Modérateur
    Le sujet n'est pas "on", ce n'est pas "on" qui "n'est pas à soi".
    Le sujet de "n'est pas à soi" est en fait la relative périphrastique "Ce qu'on sait".

    L'auteur est Marcel Proust.
  • Si le sujet n'est ni on, ni ce que mais la relative périphrastique, l'aspect fautif, selon l'intervenant, est-il toujours vrai ? (Le pronom personnel disjoint soi, lui, est toujours réfléchi.)
  • Bonjour !
    Ma remarque est :
    Étant donné que soi renvoie au sujet et que ce sujet est censé être «ce qu'on sait», alors que l'auteur veut renvoyer à on, il me semble qu'il y a un fourvoiement dans l'usage de soi.
    Cela explique mon observation d'un usage «irréfléchi» de soi.
  • JehanJehan Modérateur
    Un fourvoiement, c'est beaucoup dire.
    Le lecteur n'est pas vraiment égaré, il fait spontanément un lien avec le "on", et la phrase se comprend très bien ainsi.


    http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=3481
  • Les lecteurs sont plus ou moins conditionnés à ne faire le lien du pronom soi qu'avec un indéfini, quand bien même il ne serait pas le sujet de la proposition.
    Examinez la phrase ci-dessous et dites-moi si le lien est du même type :
    «On les a priés de bien vouloir rester chez soi.» (en suivant l'exemple de Jean de La Fontaine).
  • JehanJehan Modérateur
    Les lecteurs sont plus ou moins conditionnés à ne faire le lien du pronom soi qu'avec un indéfini, quand bien même il ne serait pas le sujet de la proposition.
    Eh bien, c'est un peu ce que j'ai dit. C'est justement le cas dans la phrase de Proust.
    Mais le principal, c'est que la phrase de Proust soit malgré tout compréhensible.
    Ce qu'on sait n'est pas à soi.
    Comment la reformulerais-tu, pour ta part ?

    Dans la phrase que tu dis être de La Fontaine (On les a priés de rester chez soi) le "chez soi" semble bien faire référence au domicile des personnes désignées par le pronom COD "les" , et non au domicile de la personne désignée par le pronom sujet indéfini "On". Ce qui n'empêche pas, là non plus, la phrase d'être comprise. Il est cependant sûr que "chez eux" serait plus orthodoxe.
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