Bonsoir,
Mon manuel de grec me propose une leçon sur les accusatifs singuliers particuliers des noms de la 3° déclinaison se déclinant sur ἐλπίς et χάρις .

Y est indiqué que si l'accent tombe sur l'iota ou l'upsilon, l'accusatif a pour terminaison - α. Sinon, terminaison -ν

Dans l'exercice d'application qui suit, je trouve cette phrase :

Οἱ ϑηρεῦται ῎Αρτεμιν ἐϑεράπευσαν στεφάνοις και εὐχαῖς ὡς προστάτιδα τῶν καϑαρῶν ϑυμῶν.

Que je traduis : Les chasseurs honorèrent Artémis de leurs couronnes et de leurs prières, en tant que protectrice des coeurs purs.

Je m'étonne que le mot προστάτιδα soit terminé par alpha alors que l'accent est situé en amont. Y a-t-il quelque chose que j'ai raté ?

D'autre part, la leçon propose en modèles les déclinaisons des noms ἐλπίς et χάρις , mais ignore le datif singulier et les cas pluriels. J'essaie de compléter :

Datif singulier : ἐλπίδι et χάριδι
Nominatif, vocatif pluriels : ἐλπίδες et χάριδες
Accusatif pluriel : ἐλπίδας et χάριδας
Génitif pluriel : ἐλπίδων et χάριδων
Datif pluriel : ἐλπίδοσι(ν) et χάριδοσι(ν)

C'est tout bon (j'ai des doutes pour les accents) ?
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Réponses

  • Je ne comprends pas ton étonnement pour προστάτιδα. Il est vrai que le règle citée ne me dit rien. Pourquoi parler de υ pour des déclinaisons en -ις ?


    Datif singulier : χάριτι
    Nominatif, vocatif pluriels : χάριτες
    Accusatif pluriel : χάρτας
    Génitif pluriel : χαρίτων
    Datif pluriel : ἐλπίδεσι(ν) et χάρτεσι(ν)
  • L’accusatif singulier de προστάτις est προστάτιν (signalé dans le Bailly)
    χάρις et ἐλπίς se déclinent ainsi au pluriel :

    χάριτες - ἐλπίδες
    χάριτας - ἐλπίδας
    χαρίτων - ἐλπίδων
    χάρισι(ν) - ἐλπίσι(ν)
  • Merci à tous deux.

    Je parlais de υ parce que la leçon parle des nominatifs en - ις et en - υς (Toutefois, la leçon ne propose pas de modèles en - υς ).

    Je vois que j'ai bien fait de vous demander si ma déclinaison était bonne : j'avais de gros doutes !

    Quant à l'accusatif de προστάτις dans la version d'application, il me semblait bien qu'il y avait quelque chose qui clochait. προστάτις se décline donc bien sur χάρις et non sur ἐλπίς

    Merci encore.
  • Je m'étonne que le mot προστάτιδα soit terminé par alpha alors que l'accent est situé en amont. Y a-t-il quelque chose que j'ai raté ?
    Sur le Bailly, il est indiqué un accusatif en -ιν.
    Et si mes souvenirs sont bons, les datifs pluriels que tu donnes sont fautif=>χάρισι et ἐλπίσι.
    .....
    Bon, j'arrive après la bagarre. Comme nom en us, tu as le poisson. (ἰχθῦς)
  • Comme nom en us, tu as le poisson

    La règle étudiée concerne les noms en - ις dont le génitif est en -ιδος -τος -ιϑος, et les noms en - υς dont le génitif est en -υδος -υτος -υϑος .

    Je vois que la conjugaison ἰχϑῦς (génitif -ος) sera présentée un peu plus loin dans le manuel.
  • Les noms en -υς forment habituellement leur génitif en -εως
    Ex : πέλεκυς, πελέκεως (dont vous noterez l'anomalie d'accentuation apparente, comme dans πόλεως).
    Ex : βασιλεύς, βασιλέως

    Quelques autres mots signalés dans les grammaires sont "anomaux" :
    γραῦς, βοῦς et ἰχθύς.

    Et enfin, οὖς fait ὠτός, πούς fait ποδός au génitif.

    Un conseil : procurez-vous une bonne grammaire grecque !
  • J'utilisais la grammaire de Ragon...
  • De Ragondin, tu veux dire ?
  • Ne "confusionnons" pas Marie. De Ragon, revue par Dain. :P
  • Un conseil : procurez-vous une bonne grammaire grecque !

    J'utilise la grammaire de Georgin. Elle ne doit pas être si mauvaise que ça, elle m'a tout de même permise de découvrir une erreur dans l'exercice ! :D

    Ragon est trop fournie pour moi : Je pense qu'elle me sera très utile quand je sortirai la tête de l'eau ! Avant de poser ma question sur le forum, je l'ai parcourue pour trouver une réponse. Et je n'ai rien trouvé dans Ragon à ce sujet ! Peut-être que je n'ai pas su chercher...

    L'intérêt de la grammaire Georgin, c'est qu'elle est adaptée à mon manuel (renvois aux numéros des leçons), mêmes modèles de conjugaison et de déclinaison dans les deux livres, etc.

    Voici deux mots en -υς qui appliquent la règle :

    χλαμύς--> accent sur upsilon --> accusatif en -α --> χλαμύδα

    κόρυς--> pas d'accent sur upsilon --> accusatif en -ν --> κόρυν
  • Je crois que quand j'étais petite, nous avions toute une série de livrets d'exercices de grec de Georgin. Hellas I, Hellas II,...
    Au début je croyais que cela voulait dire hélas !

    En même temps, pour les deux mots en -υς que tu cites, je n'ai pas les mêmes informations que toi.
    Le Bailly relève l'emploi des deux accusatifs selon les textes (κόρυθα ou κόρυν , et χλάμυν pour ce dernier mot accentué au nominatif sur la dernière syllabe)
  • De toute façon, il faut toujours contrôler dans le Bailly quand on fait un thème.
    J'ai oublié de signaler la série de mots en -τύς, -τύος.
  • gabiana a écrit:
    Je crois que quand j'étais petite, nous avions toute une série de livrets d'exercices de grec de Georgin. Hellas I, Hellas II,...
    Ce sont bien ces manuels-là que j'utilise. Si tout va bien, je terminerai Hellas I fin décembre.
    gabiana a écrit:
    En même temps, pour les deux mots en -υς que tu cites, je n'ai pas les mêmes informations que toi.
    Le Bailly relève l'emploi des deux accusatifs selon les textes (κόρυθα ou κόρυν , et χλάμυν pour ce dernier mot accentué au nominatif sur la dernière syllabe)
    Si Georgin et Bailly ne sont pas d'accord, on n'est pas sortis de l'auberge ! :D
    De toute façon, il faut toujours contrôler dans le Bailly quand on fait un thème.
    Je ne fais pas les thèmes car je n'ai pas l'intention de bavarder en grec ancien et je n'ai pas le projet de préparer des examens à l'avenir. J'étudie le grec juste pour pouvoir lire des auteurs (même but en latin d'ailleurs).
  • Ce sont bien ces manuels-là que j'utilise.
    Eh bien, ils ne datent pas d'hier... ;)
  • Marie Hervé a écrit:
    J'étudie le grec juste pour pouvoir lire des auteurs (même but en latin d'ailleurs).

    Génial ! J'aimerais entendre cela plus souvent.
    Vous verrez, vous y arriverez. Mais dans votre initiation, ne mettez pas l'accessoire sur le même plan que l'essentiel. Comme vous le constatez, la morphologie grecque est beaucoup plus complexe que la morphologie latine, et encore n'avez-vous pas abordé les dialectes autres que l'attique ou la langue poétique ! Allez-y progressivement, et avec des outils modernes. Comme en langues vivantes, imprégnez-vous des formes nouvelles dans des phrases, de petits textes, etc... Pensez aussi au vocabulaire de base, aux expressions courantes.
    Et comptez sur notre aide. :)
  • gabiana a écrit:
    Eh bien, ils ne datent pas d'hier... ;)
    J'ai regardé des manuels récents, mais je les trouve fouillis, très orientés vers la civilisation, plus que vers la langue (du moins c'est ce que je crois voir). Les manuels anciens sont très grammaire, très analytiques. Ce n'est peut-être pas mieux (Jacques dira que c'est certain !) mais ça correspond mieux à mon esprit cartésien.
    Comme vous le constatez, la morphologie grecque est beaucoup plus complexe que la morphologie latine, et encore n'avez-vous pas abordé les dialectes autres que l'attique ou la langue poétique ! ...
    Et comptez sur notre aide.
    C'est vrai qu'en grec il y a moins de déclinaisons et de conjugaisons qu'en latin. Mais le nombre de modèles de la 3° déclinaison et le nombre de temps, de modes et de voix valent leur pesant de cacahuètes ! Par contre, heureuse de trouver un article en grec : pour discerner les cas de mêmes terminaisons, c'est le top !
    Je crois que l'attique me suffira dans un premier temps :D
    Quant à pouvoir compter sur votre aide et celle des forts-en-thème de ce forum, la preuve est faite depuis longtemps... Ca me redonne l'occasion de remercier toutes les personnes qui prennent du temps pour partager gracieusement leur savoir.
  • C'est vrai qu'en grec il y a moins de déclinaisons et de conjugaisons qu'en latin.

    Je ne voudrais pas vous saper le moral, mais...
    —pour les déclinaisons, grec et latin sont but à but : trois partout. Les cinq déclinaisons du latin sont une légende urbaine.
    —pour les conjugaisons, le grec l'emporte haut la main : neuf conjugaisons (je les ai recomptées sur mes doigts), une poignée d'anomaux, huit personnes au lieu de six, des temps de plus, un mode de de plus... et les célèbres verbes irréguliers !

    En ce qui concerne la pure morphologie, ma préférence va au latin.
  • Vous ne me sapez pas le moral, je m'étais aperçu de la complexité (pour les pessimistes) ou de la richesse (pour les optimistes) de la morphologie grecque. C'est ce que je voulais dire lorsque j'ai écrit "Mais le nombre de modèles de la 3° déclinaison et le nombre de temps, de modes et de voix valent leur pesant de cacahuètes ".
  • Il n' y a pas de quoi perdre le moral en effet.
    Le grec est plus irrégulier que le latin, c'est sûr. Beaucoup de cas particuliers
    En latin, on peut très facilement apprendre et retenir les déclinaisons et les conjugaisons pour la vie. C'est carré, c'est logique, enfin, en général.
    Il me semble que le grec fait plus appel à notre intuition. Et surtout, il faut le pratiquer régulièrement, sinon, gare à l'oubli (je parle pour moi)
  • Comment passe-t-on du grec προστάτις au français prostate ?
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