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Capes lettres modernes

Bonsoir à toutes et à tous,
je suis actuellement en L3 lettres modernes et le moment de faire un choix s'approche à grands pas !
Je sais que je veux travailler dans l'enseignement depuis longtemps mais je ne suis toujours pas décidée pour de nombreux détails.

Premièrement pour le métier de prof de français avec le CAPES, j'ai très peur d'être envoyé en ZEP, je suis très sensible et j'ai très peur de ne pas savoir gérer une classe avec des élèves difficiles dans des quartiers difficiles. De plus j'ai aussi peur des mutations qui peuvent m'envoyer très loin (région parisienne). J'aime tellement le français, la lecture, l'art mais comment faire si l'on ne peut pas l'enseigner à des jeunes aussi pationnés que nous... Je recherche donc dans un premier temps qqn susceptible de me renseigner sur son expérience concernant ces deux points.

Ensuite pour le métier de professeur des écoles tout le monde me dit qu'il y a également des problèmes de disciplines et quand il y en a un, on est seul de 8h à 16h tout les jours face à ce problème... Le concours est également plus difficile à obtenir mais la notion de mutation au sein de l'académie me rassure qq peu... J'ai également l'appréhension de ne pas apprecier le fait de ne pas enseigner que du français. Je trouve ça tellement merveilleux d'apprendre à un enfant qui n'est qu'une page blanche à qui l'on doit tout enseigner mais est ce que je serai capable d'enseigner avec la même passion les maths comme le français ?...

Bref... Je suis complètement perdue si qqn peut m'éclairer sur son parcours, si qqn a également hésité dites moi comment vous avez fait votre choix! J'ai vraiment cette volonté d'enseigner, tout ces doutes sont vraiment dues à des détails j'en ai bien conscience mais des détails qui m'empêchent de me décider.

Réponses

  • Premièrement pour le métier de prof de français avec le CAPES, j'ai très peur d'être envoyé en ZEP, je suis très sensible et j'ai très peur de ne pas savoir gérer une classe avec des élèves difficiles dans des quartiers difficiles.
    Le métier de professeur est un métier difficile même dans des quartiers qui ne sont pas réputés difficiles, et s'adresser à des enfants ou des adolescents, même si ce ne sont pas d'affreux jojos, n'est de toute façon jamais évident. Qu'on se le dise !
    Je relève dans cette phrase deux j'ai très peur et un je suis très sensible.
    Plus loin, je lis que tu as également peur de quitter ta région. Et encore plus loin, je retrouve le terme appréhension.
    Cela fait beaucoup de craintes.
    Es-tu sûre que tu veux enseigner ?
    Un enfant n'est pas une page blanche, comme tu sembles le penser. Un enfant est un enfant. Il a une vie en dehors de l'école, un vécu une personnalité.
    Aimer le français n'est pas suffisant.
    tout ces doutes ne sont pas vraiment dues à des détails, me semble-t-il.
    Une bonne santé, beaucoup d'énergie, une bonne voix, sont nécessaires à côté d'une bonne culture.
    Il est naturel de craindre ce qu'on ne connaît pas, ou du moins ce qu'on n'a jamais fait, mais il faut que tu saches si tu es capable de dépasser ces craintes au moment où tu te trouveras dans la classe.
    Une certaine anxiété avant de faire un cours dont on se demande s'il va marcher ou non, oui, mais au moment où on le fait l'anxiété doit avoir disparu, un peu comme le trac chez les comédiens.
    Le professeur joue un personnage. Il transmet des connaissances avec respect mais aussi autorité.
  • Merci de ta réponse. Oui je suis absolument certaine de vouloir enseigner, mais en effet je ne peux m'empêcher d'être anxieuse! Quand je vois comment la situation évolue dans les classes je me demande si je serai capable de tout gérer et forcément cela donne lieu à des doutes .
    Bien joué pour les fautes je n'avais pas vu excuse moi.

    Es tu professeur ? Peux tu me raconter ton parcours ?
  • Bonsoir

    quand on est professeur des écoles, il n'y a pas que les maths en plus mais : les sciences, l'EPS, l'anglais, l'histoire, la géo, etc. pas toujours facile et parfois culpabilisant de ne pas avoir l'impression d'"assurer" dans tous les domaines.

    Pour ce qui est des élèves passionnés ou non, capables ou non .... on peut toujours éprouver de la satisfaction même si ce que l'on enseigne n'a rien à voir avec le niveau que l'on a personnellement. J'ai par exemple éprouvé beaucoup de satisfaction à faire découvrir (et apprécier !) l'Odyssée à des élèves de CLIS (élèves avec, je cite, des "troubles des fonctions cognitives" à l'école élémentaire), même si les textes étaient forcément adaptés.
  • Tu peux avoir des classes difficiles également dans le primaire. Les enfants de 7 ans sont loin d'être des anges (je parle en tant que prof ET en tant que parent). Si ta passion est le français, il est plus conseillé de tenter le CAPES. On peut être envoyé dans les quartiers sensibles en maternelle aussi (car ces ados ont été des bébés avant...) et même à 4 ans une terreur est une terreur. ça paraît moins impressionnant mais c'est tout aussi épuisant. Quant à l'espoir de te trouver devant des élèves spontanément passionnés par les lettres... comment dire ? Éventuellement quelques élèves en première ou terminale L le jour où tu seras en lycée. Ceci dit il est passionnant de chercher tous les jours des moyens de leur faire partager ta passion et de créer avec eux un lien qui leur apporte quelque chose pour le reste de leur vie. Si on accepte de passer par des moments un peu difficiles !
  • Tu pourras trouver assez facilement en cherchant sur un moteur de recherche bien connu un forum dédié aux professeurs qui te donnera une idée beaucoup plus précise de la réalité de terrain.
  • Bonjour à toi,

    Je suis professeur de lettres depuis 15 ans et ton message m'a interpellée. Si tu es passionnée de littérature à ce point, n'hésite pas. Enseignant au lycée et au collège, je ne m'ennuie jamais. Après il faut que tu aimes travailler avec des adolescents. Personnellement, je me sens plus à l'aise avec cette tranche d'âge qu'avec des petits. Le fait d'avoir plusieurs classes permet aussi de souffler un peu et de ne pas s'ennuyer.

    Concernant l'affectation, j'ai fait le choix de l'enseignement dans le privé sous contrat. Tu n'as pas la garantie de l'emploi, tu cotises beaucoup plus pour ta retraite, tu n'as pas le statut de fonctionnaire, ton concours ne te permets pas d'enseigner dans le public mais tu n'es pas affectée en ZEP. En effet tu passes le concours du CAFEP ( même concours que le CAPES) puis tu démarches auprès d'un certain nombre d'établissement où il y a des postes vacants. Tu poses un CV, tu es reçue pour un entretien d'embauche. Ce n'est donc pas un ordinateur qui décide pour toi de ta vie. C'est un choix réciproque entre toi et un chef d'établissement. Maintenant, on a des classes très chargées, une très grosse pression au niveau des résultats, beaucoup de rendez-vous et de réunions les samedis et mercredis par exemple. Mais c'est la contrepartie.
    A ce jour l'envie est toujours là, les élèves sont intéressés et reconnaissants. On peut faire du bon boulot dans de bonnes conditions.
    Voilà, cette solution peut être une alternative pour toi. Renseigne-toi!
    Je te souhaite une très bonne rentrée!
  • Merci à toutes pour vos réponses cela m'a permis de beaucoup réfléchir. L'alternative de Flipote me semble assez bonne malgré l'insécurité de l'emploi je te remercie beaucoup d'avoir partagé ton expérience je vais plus me renseigner.
  • Chère future Professeur émérite es-lettres,

    La peur des ZEP (dont et donc les ZAC, les ZUP et que sais-je) peut en effet Te saisir la gorge comme, d'ailleurs, à tout Etre quelque peu sensible.

    Toutefois, je Te ferais part bien volontier de mon expérience d'enseignement de piano classique dans une ZAC dite "en difficulté", si j'use du langage sociologique et urbanistique, ou tout simplement "une cité mal famée", en vulgate.

    Je Te rassure que parmi "ces gens" Tu trouveras également des personnalités, qui seraient non seulement sensibles mais aussi et surtout friandes d'apprendre et de s'approprier toutes sortes de finesses exquises et élégantes admises jadis auprès des cours (loin d'être basses!) de mécènes classiques, baroques et autres Renaissances, sans pour autant attribuer ces premières aux "p... sans couilles" (c) bannis des cités. La douceur des passages des concerti de Mozart-père a pu trouver ainsi, aussi bizarre que cela puisse paraître, sa place dans une salle de muscu au beau milieu du quartier en question.

    A mon sens, tout dépend de la volonté et de la passion profonde de l'Enseignant qui a pour vocation, essentielle de surcroit, d'allumer une flamme chez l'Autre.

    Bien cordialement
  • Ah ! Qu'en termes galants ces choses-là sont mises !
    ... :)
  • Elégamment et bizarrement, mais elles ont le mérite d'être dites.

    A mon sens lorsqu'on a la vocation d'être professeur, on ne rejette pas une partie de la population, comme indigne d'être éduquée.
    Je suis pour ma part attachée viscéralement à l'éducation publique et laïque.

    ClemNancy, tu me demandais plus haut si j'étais professeur et quel était mon parcours. et j'hésitais à te répondre, car il est un peu délicat d'étaler sa vie sur un forum.
    A la première question, toutefois, je peux répondre, oui, je suis professeur de lettres classiques, ou plutôt, je l'étais.
    Quant à mon parcours, le connaître ne t'aidera pas.
    Il y a quelques années, je discutais avec une ancienne camarade de classe et nous constations que malgré des diplômes équivalents, nous n'avions pas exercé le même métier.
    La carrière, elle dépend beaucoup de ce qu'on en fait, mais aussi des circonstances et des aléas de la vie.

    Lorsque tu évoques la peur de quitter ta région, je peux quand même te dire qu'à vingt trois ans, pour ma première affectation, j'ai été nommée à 1100 kilomètres de chez moi dans un collège (ZEP, disait-on à l'époque ?) d'une petite ville peu demandée même par les gens du département.
    Je n'avais pas imaginé cela, mais j'ai fait mes paquets et j'y suis allée. De toute façon, je n'avais pas le choix.
    Les élèves étaient des élèves comme ceux que j'ai rencontrés par la suite : Le « moyen », le « bon », le « passable » (M. Fombeure). J'y ai enseigné le latin et le grec à des élèves de troisième dont je savais que certains, même très bons, se retrouveraient employés l'année suivante au supermarché du coin.
    Je ne dirai pas que tout a toujours été facile, mais le fait d'enseigner m'a été d'un grand secours.

    Après avoir occupé un autre poste, dans une région plus clémente, (pour les élèves, toujours les mêmes, bien que toujours différents) j'ai fini par obtenir au bout de dix ans une nomination dans la ville que je convoitais, mais, ô désespoir, dans un collège situé en zone sensible, dans ces cités réputées difficiles et qui font peur, et j'ai eu peur.
    Bon, on fait de son mieux, et assurément, il faut avoir un tempérament solide. Mais ce n'est pas toujours horrible.
    On ne m'a jamais crevé les pneus, mais c'est arrivé à d'autres.
    Au bout de cinq ans, j'ai demandé ma mutation pour un grand lycée du centre ville, et, le croiras-tu, je n'y ai pas été plus heureuse.
    J'ai préféré plus tard redemander un collège.
    Je n'entrerai pas dans les détails.
    Nous sommes tous différents. Une collègue, normalienne et agrégée, a choisi d'aller enseigner à de jeunes délinquants en milieu pénitentiaire par exemple...

    Mais il faut peut-être relativiser cette peur que tu as en toi, et qui est mauvaise conseillère.
    Je suis consciente que la situation s'est considérablement dégradée dans certains endroits. Les médias ne lassent pas de nous le faire savoir. Mais on n'est plus, maintenant, nommé à titre définitif.
    Et même dans un établissement privé, tu peux avoir des surprises (je le tiens d'une collègue vacataire qui avait fait un remplacement dans le privé, et n'avait pas trouvé de meilleurs élèves que dans le public, car là encore, il y a privé et privé; ;))
    Je te le répète : être enseignant n'est pas facile. Et il ne faut surtout pas se diriger vers ce métier par défaut.
    L'idéal, c'est d'avoir une vraie vocation.
  • Bonsoir,

    Je suis professeur des écoles depuis septembre et j'ai beaucoup hésité (et hésite encore!) avec le secondaire. J'ai été admissible au CRPE et au CAPLP, les deux concours que j'ai passés. Je n'ai passé que l'oral du CRPE (admise) n'ayant pas eu le temps de réviser l'autre!
    Je vais essayer de t'éclairer sachant que "les conseilleurs ne sont pas les payeurs" donc toi seule peux décider de ton avenir.

    - En primaire, oui, tu as aussi des problèmes de discipline dans certains endroits. J'en fais moi-même les frais en ce début d'année. Une classe "simple" et une classe "compliquée" dans laquelle le niveau est faible et où tu dois faire constamment la police. Je ne pensais pas que des gamins, d'à peine 9 ans, pouvaient être aussi lourds à gérer et ce, toute la journée, récréations comprises!
    - En tant que PE, tu dois effectivement enseigner plein de matières que parfois tu ne maitrises pas vraiment ou qui ne t'intéressent pas plus que ça.
    - Il faut envisager d'enseigner en maternelles (chose qui ne me dit rien du tout, par exemple) car tu ne peux pas toujours choisir. Aimes-tu les enfants en bas âge ?
    - Le concours est très exigeant et demande un bon niveau de maths si tu souhaites l'avoir mais aussi être bien classée. Pour l'oral, tu devras ingurgiter tout un blabla sur l'EPS donc si tu es uniquement passionnée par la littérature et le français ça risque de te demander de gros efforts. Il faut être prête à les faire !
    - Pour la mutation, en tant que PE tu restes effectivement dans ton académie mais tu n'auras pas forcément le département demandé (c'est suivant ton classement et tes vœux). Il faut le savoir aussi.

    Si les lettres modernes sont ta passion, je te conseille de passer le capes qui sera plus enrichissant "intellectuellement" parlant. La première année, tu es en formation la moitié du temps dans ton académie d'inscription au concours. Ce n'est que l'année suivante que tu peux être envoyée dans toute la France, (et notamment en région parisienne) dans des coins difficiles donc ça te laisse un an pour gagner en maturité et savoir t'affirmer.

    Sache que tu n'auras pas que des élèves désireux d'apprendre (et surtout le français!). Je dirais même qu'il faut te préparer à en avoir la majorité pour qui aller en cours de français est une perte de temps.
    D'avoir le goût de la matière est une chose mais c'est le goût de transmettre et d'enseigner qu'il faut avoir avant tout! Garder patience fasse à ceux pour qui lire un livre ou écrire une phrase représente soit une montagne infranchissable, soit le bagne. Ou alors il faut être agrégé et atteindre les bons lycées ! Ce sera à toi de trouver des stratégies pour les intéresser et les faire entrer dans ta matière.
    Rassure-toi cela est tout à fait possible et tu peux avoir de bonnes surprises, même dans les ZEP.

    Enseigner aujourd'hui demande d'avoir les reins solides et d'être bien entouré car les débuts ne sont pas simples même si ça reste un métier très intéressant. L'école actuelle traite de problématiques diverses et variées qui ne rendent pas l'enseignement toujours très aisé.
    Enfin, cela dépend énormément des lieux dans lesquels tu tombes (ambiance générale, l'équipe éducative, les élèves, les classes que tu as etc etc...).

    Pour ma part, je n'exclus pas de passer d'autres concours du secondaire car de ne pas pouvoir approfondir le français ou l'histoire-geo me frustre un peu !
    Tu es en L3, tu pourrais faire des stages d'observation en école primaire et collège afin de te faire une idée de ce qui te conviendrait le mieux. Ce sont des métiers très très différents !



    PS: attention aux fautes qui ne passeront pas pour un capes de lettres : "d'être envoyé", "pationnés", "de disciplines", "tout les jour", "tout ces doutes", "sont vraiment dues" !
  • Oui, chacha, il faut garder patience face à.... :D
    Ou alors il faut être agrégé et atteindre les bons lycées ! Ce n'est pas toujours une garantie.
  • oups désolée, oui face à.... de voir des fautes des élèves finit par déteindre sur soi :D
  • Bonjour ClemNancy,


    J'apporte moi aussi mon expérience et ma contribution à cette discussion .

    Malgré ma faible expérience de l'enseignement ( prof contractuel de Lettres Modernes l'an dernier et prof stagiaire cette année avec le capes en poche) , je m'y connais un peu plus en pédagogie et j'ai surtout une bonne connaissance du public ciblé grâce à une expérience de 4 ans en tant que surveillant dans différents collèges ( notamment un collège de ZEP et un collège au contraire très très favorisé).

    Et bien je peux t'assurer que même en ZEP tu peux t'épanouir. L'approche didactique est évidemment différente , il faut bien plus de dialogue , bien plus de pédagogie mais il est tout à fait possible d'enseigner dans de bonnes conditions.

    Je n'ai pas l'expérience de l'école primaire mais il me semble logique que si ton premier amour est le français et la littérature , l'école est à bannir. Personnellement , moi qui n'ai fais que des études littéraires , je me voix très mal enseigner les mathématiques , l'EPS , l'histoire-géographie ou encore la musique (encore que je suis musicien dans l'âme) à des élèves de primaire.

    Je peux également te dire que si tu choisis d'enseigner dans le second degré , tu ne seras absolument pas envoyé en Seine Saint Denis si tu ne choisis pas Paris , Créteil ou Versailles dans tes voeux d'affectation. Certes les Rectorats élargissent en fonction des postes disponibles , mais si tu choisis une Académie (sauf celles très demandées) tu as de fortes chances d'y rester. Tu seras peut être au fin fond de L'Eure et Loir à la limite de l'Eure si tu choisis l'Académie d'Orléans-Tours alors que tu voulais le Loiret mais tu restes tout de même dans cette académie choisie.

    Il n'y a donc pas trop de craintes à avoir à ce niveau là , il faut juste faire ses voeux intelligemment en prenant en compte tous les paramètres.

    Maintenant si tu es très sensible et anxieuse , crois moi ces choses là évoluent au fil du temps et si tu es une bonne prof , tes peurs seront vites vaincues par un véritable engouement pour le métier.

    Alors si j'étais toi je foncerai dans la direction du Capes , je ne pense pas que passer le CRPE soit une bonne idée pour toi par rapport à ce que tu recherches.

    Bonne journée :)
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