Grammaire française Participe passé

Bonsoir,

Une question en amenant d'autres, je décide d'ouvrir un poste afin de mettre un terme à mes doutes grammaticaux quant au mode suivant la formule "c'est que".

Dans la phrase suivante:
Cela me gêne que tu sois triste.
l''emploi du subjonctif est obligatoire, cela est bien clair pour moi (expression d'un mouvement de l'âme).
Les choses se compliquent avec les mises en apposition du type:
Ce qui me gêne, c'est que tu es/sois triste.

Le subjonctif est-il obligatoire du fait de la présence du verbe "gêner", ou l'indicatif est-il lui aussi tolérer? Je trouve en effet de multiples réponses contradictoires sur internet, et n'arrive pas à dégager de réponse claire, chose extrêmement frustrante!

Je vous remercie d'avance

Réponses

  • Il semble que le subjonctif soit préférable.
    Ce qui me gêne implique l'expression d'un sentiment, subjectif peut-être.
    Si le fait est avéré, pourquoi ne pas dire tout simplement : Ce qui me gêne, c'est ta tristesse.
    Mais dire Ce qui me gêne, c'est que tu es triste doit être toléré. Cela ne me paraît pas scandaleux.
  • En fait, il s'agit de savoir si la mise en relief se détache suffisamment du verbe "gêner" pour avoir sa propre autonomie, et son propre mode.
  • Oui, je crois.
    Si l'on dit : Ce qui me gêne, c'est que tu es si triste ! je ne vois pas d'erreur.
  • C'est une question épineuse, à laquelle mes différents manuels de grammaire apportent des réponses contradictoires :/ . Y a-t-il d'autres membres qui disposent d'informations supplémentaires?
  • J'ai tenté cette nuit une proposition, mais y ai renoncé.
    Je me demandais si :
    que tu es n'impliquait pas que tu es triste à l'instant T au moment ou l'on se voit.
    que tu sois n'impliquait pas que tu sois triste par nature.

    Même raisonnement avec votre phrase d'un autre fil l'important, c'est qu'il est/soit toujours en vie.
    Dans un cas : il est important qu'il soit en vie à l'instant T (pour la suite, on ne sait pas et on s'en fou)
    Dans l'autre cas : il est important qu'il soit en vie et ne risque pas de mourir.

    J'avoue que c'est tiré par les cheveux, mais on doit pouvoir énoncer ici au moins une connerie par jour sans se la voir reprocher toute sa vie. :)
  • Bonjour!

    Je pense que lorsque "c'est que" reprend un adjectif, on peut en effet employer le subjonctif ou l'indicatif selon que l'on souhaite ou non insister sur l'aspect certain de la chose.
    Là où la réponse est moins claire, c'est avec un "c'est que" qui reprend un verbe appelant le subjonctif (comme avec gêner). La notion de constat (certitude ou incertitude de l'information annoncée) est en effet assez étrangère à ce type de verbe. C'est précisément donc sur ce point que je bloque. Peut-être que d'autres avis éclairés vont nous venir en aide :|
  • Bonsoir,

    Ce qui me gêne, c'est que tu sois triste.

    Voir ci-dessous (extrait du "Grevisse", 15e éd., § 1126) :

    Les propositions sujets qui ne sont pas en tête de la phrase sont souvent au subjonctif quand le prédicat équivaut à un verbe de sentiment (cf. d ci-dessus) :

    Ma crainte était que […] Catherine se fût lassée (France, Rôtisserie de la Reine Péd., p. 150). — C’était un sujet de curiosité qu’il logeât dans un si petit corps tant d’ardeur militaire ( id., Crainquebille, p. 178). — Une chose qui me fait inquiéter beaucoup, c’est que personne ne vienne me voir dans ma prison ( A. Daudet, Port-Tar., III, 3). — Cela m’ennuie beaucoup que vous ayez attendu (Arland, Ordre, t. I, p. 115). — La chose à craindre était qu’elle ne sortît par-derrière la maison (Aymé, Gustalin, i). — Le malheur était que […] les photographes allemands ne fussent jamais bien loin (Ambrière, Grandes vacances, p. 161).
  • sont souvent au subjonctif. c'est bien là le problème. Quelle raison peut justifier la sortie du souvent ?
  • Comme trop souvent, le "Grevisse" se borne à la constatation du (bon) usage, sans prendre parti.

    Selon un grammairien, qui a effectué une étude approfondie de l'emploi du subjonctif et que déjà cité, doivent être suivis du subj. les verbes (ou les locutions verbales) qui expriment un mécontentement, une insatisfaction, un regret, le fait d'être désolé, la souffrance morale...

    Ex. : Nous sommes désolés que votre commande vous parvienne si tard.
    Je souffre de ce que vous n'ayez pas eu le temps de m'écrire.



    Le fait d'être gêné (que qqn soit triste) entre, à mon sens, dans le cadre de cette "règle".

    Source : J. Cellard, Le subjonctif. Comment l'écrire ? Quand l'employer ?, Duculot.
  • Bonjour!
    J'avais en effet vu cet extrait dans mon Grevisse, mais je l'avais trouvé assez obscur. Le paragraphe qui précède d'ailleurs le dit extrait donne aussi des exemples de phrases à l'indicatif!
    J'ai par ailleurs trouvé ceci sur internet:
    http://research.jyu.fi/grfle/662.html

    Il faut croire que personne n'est en mesure d'énoncer une règle claire pour ce problème!
  • D'énoncer une règle claire.
    Tout est dans la pensée.
    Quand il s'agit de sentiments, de choses voulues ou simplement pensées, il se peut que les règles paraissent floues.
  • Vous avez raison, mais ici je ne sais pas s'il est possible de prendre en compte cette fameuse "nuance de la pensée", ou si un mode s'impose indiscutablement comme cela peut être le cas avec d'autres constructions verbales (comme gêner que+subjonctif pour reprendre l'exemple précédemment cité)
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Roméo31 a écrit:
    Le fait d'être gêné (que qqn soit triste) entre, à mon sens, dans le cadre de cette "règle".
    Cette règle est énoncée pour une construction de subordination, ce qui n'est pas le cas ici.
    Je rappelle la phrase étudiée :
    Ce qui me gêne, c'est que tu es/sois triste.
    Bayard n'a eu aucune peine à se prononcer pour le subjonctif quand il a utilisé une construction de subordination :
    Cela me gêne que tu sois triste.

    Ne dirait-on pas aussi facilement avec le subjonctif :
    Ce qui me plaît, c'est que tu sois si souriante.
    Pourtant, "plaire" n'exprime pas un mécontentement, une insatisfaction, un regret, le fait d'être désolé, la souffrance morale !

    Nous sommes là dans un cas un peu similaire au choix du mode après "le fait que". Le fait que la terre est ronde n'est pas douteux. Le fait que tu sois incrédule n'y change rien.
  • Indépendamment du verbe :

    Cela me gêne que tu sois triste. : la construction cela + verbe + complétive exige le subjonctif dans la complétive.

    Que tu sois triste me gêne : une complétive sujet est toujours au subjonctif.

    Que tu sois triste, c'est ce(la) qui me gêne. : une complétive rejetée en début de phrase est au subjonctif.

    Ce qui me gêne, c'est que tu es/sois triste : une complétive rejetée en fin de phrase est au subjonctif, ou à l'indicatif si son sens le permet.
  • Quels sont justement les indicateurs révélateurs du sens ? Dans mon message 6, j'ai tenté de manière brouillonne et confuse une approche quant au sens, mais je ressens bien qu'elle n'est pas satisfaisante.
  • Le sens de la proposition introductrice.
    Tu n'en es pas sûr, que ce soit un escroc ?
    J'en suis sûr à présent, que c'est un espion.
    (Riegel)
  • Nous sommes d'accord, mais là c'est la négation qui appelle le subjonctif, me semble-t-il. Rien de tel avec ce qui me gêne, ... renvoyé en début de phrase. Je crains qu'il ne faille renoncer à une explication du sens.
  • Si on met tu doutes au lieu de tu n'es pas sûr, il n'y a plus de négation, et pourtant cela ne change pas.
    Si on met tu ne doutes plus au lieu de tu es sûr, il y a une négation, et pourtant cela ne change pas.
    C'est le sens qui est important, pas la construction. Avec gêner, on ne peut rien dire, sauf si on a beaucoup d'imagination.
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