Fiches méthode Bac de français 2020

une amie est passé à l'oral sur le poème Aube de rimbaud...la question était : comment ce texte reflèetet-il al modernité?

je n'ai pas encore passé le mien et je ne vois pas tp ce que j'aurai répondu

il y a les images employées, écriture onirique ( discontinuité?)

si vous pouviez m'indiquer quelques pistes...
Aube
J’ai embrassé l’aube d’été .
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq. À la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.
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Réponses

  • La forme : c'est un poème en prose
    L'érotisme avec la Nature (il en prend possession, il la dénude)
    L'absence des marqueurs logiques introduisant les images
    (une fleur qui me dit son nom)
  • merci bcp!!!!
  • Il faudrait aussi voir si ce poème est extrait d'une séquence qui évoque la modernité poétique avec des auteurs comme Baudelaire, Verlaine, Mallarmé ou les surréalistes qui se réclament de Rimbaud...

    Séb
  • Peux-tu stp préciser quels surréalistes se sont réclamés de Rimbaud ? je vois une allusion dans la "Préface" des yeux d'Elsa (mais Aragon n'est plus vraiment surréaliste dans ce recueil) ; Char, avec Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! (mais idem Char s'est assez vite démarqué des surréalistes)
    Je te demande ça, non dans une optique scolaire, mais pour mes connaissances persos
    Merci !
  • Oui, je pensais à Char... Il me semble par ailleurs que, dans le Manifeste du surréalisme, une ou deux phrases font assez explicitement au travail sur le langage poétique de Rimbaud. J'ai cherché l'extrait mais je ne le retrouve pas. Je suis quasi sûr que c'est au moins dans un manuel Bordas...

    Séb qui essaiera de trouver mieux s'il a le temps ;-) Ah oui et j'oubliais, si je ne me trompe, Char a préfacé les poèmes de Rimbaud édités par la NRF. A vérifier.

    Séb
  • laliielaliie Membre
    Cela serait bien si tu pouvait recopier le poème...

    Mais le titre même de celui-ci peut évoquer une ouverture au modernisme à l'époque de Rimbaud... l'<<aube>> du modernisme.
  • Aube

    J'ai embrassé l'aube d'été.

    Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

    La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

    Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

    Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. À la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

    En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

    Au réveil il était midi.
    Quelques réflexions jetées là

    Le poème s'ouvre et se ferme sur un octo
    Le début est immobile puis le mouvement s'accèlère en crescendo jusqu'à l'enlacement "l'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois"
    (les petits malins vous diraient que par ces sonorités sourdes en B le poète a voulu suggèrer cette chute, perso je me méfie des intentions prêtées au poète, qui la plupart ne fait pas "exprès" que son poème suggère ceci ou cela, mais y parvient parce qu'il vit dans l'intimité des mots et des sons parenthèse perso refermée :))
    Les quais de marbre, les palais, les dômes ; dans quelle ville sommes-nous ? est-elle réelle ? dans quel pays ? la grand-ville si proche d'une nature sauvage (bois de sapins, bois de lauriers, chute d'eau, plaine) Catwalk
    merci de tes précisions. Si j'ai le temps je regarderai dans le Manifeste Mais si tu as le Borda XXème (que je n'ai pas) tu iras plus vite que moi peut-être. Et est-ce dans le 1er Manifeste ou le second ?
  • Catwalk
    merci de tes précisions. Si j'ai le temps je regarderai dans le Manifeste Mais si tu as le Borda XXème (que je n'ai pas) tu iras plus vite que moi peut-être. Et est-ce dans le 1er Manifeste ou le second ?
    Je penche pour le Second et, pour le Bordas, je crois que c'est dans une ancienne édition... Il y a un manuel de troisième que je n'ai plus malheureusement (me suis débarrassé de dizaines de manuels pour cause de déménagement) proposait "Le bateau ivre" avec, en exergue, deux ou trois citations de Breton et de Char... Oui, en troisième, ça doit dater car c'est quand même du lourd...

    Séb
  • Ah oui, des Bordas je pensais au Lamiche seulement ! Suis pas sûre d'avoir encore le second Manifeste du surréalisme Je vais regarder dans le Télérama sur Rimbaud ou le "Cahier de l'Herne"
  • bonjour tlm!! je voudrais relancer cette discussion parce que je veux étudier ce texte (aube de Rimbaud: qu'est ce qui fait la modernité du poème) avec la même problématique pour mon oral
    qqun aurait un plan parce que celui que jai reflète en fait le parcours du poète mais pas la modernité (javais état de grâce puis la chute )
    merciii
  • Bonjour!
    J'ai fait un plan concernant la modernité dans ce poème. pouvez vous me dire s'il est bien?
    I) la tradition
    _ unité du texte et la chute
    _ reprise du thème aube
    _ unité de temps (il y a une progression)
    II) Modernité
    _ poème en prose
    _ érotisme avec la nature
    _ espace, les lieux

    Je n'ai pas encore de sous parties vraiment distinctes, ce sont juste des idées en vrac!
    Merci
  • La modernité me semble résider essentiellement dans le langage utilisé. Rimbaud veut raconter une expérience fulgurante, intense, un bonheur immense, unique. Tant de textes ont déjà été écrits sur l’aube : il fallait trouver un nouveau langage, redonner du pouvoir aux mots. « Une fleur qui me dit son nom » est un miracle, mais on peut l’interpréter simplement comme le moment où la lumière de l’aube éclairant la fleur, le poète la reconnaît. Rimbaud choisit de le dire autrement pour auréoler de magie et de féerie cet instant, car c’est ainsi qu’il l’a vécu… Le monde décrit est un monde de sensations, un monde neuf et mystérieux. La réalité n’a plus d’importance, c’est pourquoi le poète ne nous dit pas ce que sont ces ailes, ces pierreries, seule compte la sensation, ce que l’on perçoit : « les haleines vives et tièdes », « les pierreries », « les ailes ».
    Pour Rimbaud, la poésie est d’abord et avant tout un mode de vie :
    un regard neuf sur un monde neuf parce qu’il est regardé comme jamais on ne l’a regardé. Ce regard permet la rencontre inouïe, et le bonheur absolu, immense.
    « Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. » (Lettre à Paul Demeny, dite Lettre du Voyant.)
    Pour dire l’expérience nouvelle et unique, il faut « Trouver une langue ». « Cette langue sera de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée. »
    On court-circuite les explications, la raison…
    Pour moi, c'est là essentiellement que réside la modernité et c'est sans doute ce qui a fait que les Surréalistes ont trouvé en Rimbaud un précurseur.
  • Pour moi, ce poème est une réecriture moderne du thème de "La belle matineuse" (cf. Ronsard et Du Bellay). Il est vrai que Rimbaud privilégie les sensations et donne ainsi un air de modernité à son poème, mais peut-on dire que les poème dits "classiques" écrits sur le thème de l'Aube en sont dépourvus?
    Pour les "pierreries" qui "regardèrent", nous pouvons faire un rapprochement avec le poème de Du Bellay : les pierreries seraient ainsi des perlettes de rosée, qui ressemblent à des yeux et regardent donc le poète passer.
    Pour "une fleur qui me dit son nom", ne peut-on pas rapprocher de ce que disait Baudelaire dans Les fleurs du Mal:
    "La nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles. L'Homme y passe à travers des fôrets de symboles qui l'observent avec un regard familier".
    Le poète serait alors un déchiffreur de la nature, il en décrypterait les symboles.
    On peut dire aussi que le poète donne un autre sens à la nature, et en cela aussi réside une certaine modernité.
    Voilou
  • merci ! je me souviens en effet de cette idée que le poète a pour but de déchiffrer les symboles de nature et jaime beaucoup l'idée que le poète est moderne car il donne un autre sens à la nature
    merci hairball et june mallory!
  • De rien et bonne chance pour ton oral !
  • Bonjour à tous,
    dans mon hémisphère (je vis en Calédonie), le bac de français oral est pour très très bientôt, et j'aurais voulu savoir s'il vous plait quelles questions d'oral peuvent être posées sur "Aube" d'Arthur Rimbaud ?

    Merci d'avance ! :)
  • (Oral de Français Blanc)
    Sur Aube de Rimbaud, si on me pose :
    En quoi ce poème est une aventure poétique ?
    J'ai quelques idées pour les arguments, mais je ne suis pas sûres qu'ils soient bons, et j'en cherche d'autres.
    Mon plan serait:

    I Une aventure :
    Au début, il n'y a rien, la nature est morte ("rien ne bougeait", "eau... était morte", "camps d'ombre")
    Puis l'enfant devient acteur :"j'ai marché réveillant..." <=début action
    En effet nature se réveille ("réveillant haleines vives et tièdes", ailes se levèrent")+ choses habituellement impossibles se passent ("pierreries regardèrent", "une fleur qui me dit son nom"...)

    II Art poétique :
    Octosyllabe avec césure qui encadre le poème
    Vocabulaire de la préciosité et recherché : "haleines", "cime", "wasserfall"...
    Tournure poétique : "J'ai embrassé l'aube d'été" => J'ai enlacé...
    Intonation : Rime intéreur : "J'ai embrassé l'aube d'été"
    Alitération en è : "réveillant, tièdes, regardèrent, ailes, levèrent"

    Voilà, alors ?
    Merci d'avance !
  • Ce poème est extrêmement moderne dans le sens où il est aussi allégorie de la création poétique!
    Tout d'abord il y'a ce rêve, ce monde à la limite de l'utopie, toujours décousu, les actions étranges, les sonorités agréables..etc Rimbaud dérègle ses sens, le rêve n'est pas non plus un topos littéraire surtout en poésie!
    Il y'a l'aspect lyrique aussi, qui n'est pas nouveau lui.Ce qui est nouveau c'est qu'ici Rimbaud nous présente son don de voyance à travers la quête de la déeesse.En effet dans sa quête aveugle, il étend les pouvoirs de la poésie à l'inconnu! C'est aussi la frustration qui est symbolique! Dans cette aube il y'a la notion de renaissance, le cycle n'est pas nouveau chez les poètes, mais la modernité est ici dans la prose et l'utilisation de la poésie.
    Renouvellement du regard sur notre monde? si c'est le cas la modernité est bien présente non?

    Voilà voilà
  • Bonjour,

    Je suis a la recherche d'une ouverture pour le poème aube de rimbaud
    J'ai comparé Baudelaire et rimbaud puis verlaine et rimbaud mais je voudrais ouvrir sur une autre oeuvre...
    merci infiniment de votre aide !
    Aube
    1. J'ai embrassé l'aube d'été.
    2. Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les
    3. camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant
    4. les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se
    5. levèrent sans bruit.
    6. La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et
    7. blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
    8. Je ris au wasserfall qui s'échevela à travers les sapins : à la cime
    9. argentée je reconnus la déesse.
    10. Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la
    11. plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les
    12. clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de
    13. marbre, je la chassais.
    14. En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec
    15. ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et
    16. l'enfant tombèrent au bas du bois.
    17. Au réveil il était midi.

    Arthur Rimbaud
  • Moi je renverrais à Nerval, El desdichado.
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