Apollinaire, La Chanson du Mal-Aimé, Nuit rhénane, Mai, La Loreley, Automne malade, Crépuscule

bonjour tout le monde ! voilà , je passe l'anticipé de français (oral), (L) et j'ai un problème : mon prof nous a donné comme objet d'étude pour les réécritures Alcools d'Apolinaire ( 6 poèmes à étudier au total ) , sauf qu'on n'a pas eu le temps de le faire en classe ...et alors je suis complètement perdu!! si qq un pouvait m'aider et me donner les commentaires ça serait gentil !

ps: je passe lundi

ah! les poèmes sont :
1. la chanson du mal aimé de vers 1 à 25
2. la nuit rhénane
3. mai
4. la loreley
5. automne malade
6. crépuscule

Réponses

  • Tu as de la chance, j'ai trouvé (mais je n'ai pas le temps de vérifier si c'est bien fait, je verrai ce soir)
    Nuit rhénane
  • MurielMuriel Membre
    Bonjour Moms,

    Pour "Nuit rhénane", vois la légende des ondines, ici, sur Wikipédia (en te précisant que certaines avaient les cheveux verts...).

    Muriel

    Édit : En complément de Léah, je t'ai trouvé quelquechose sur "Loreley", ici.

    Tu devrais faire une recherche sur les légendes rhénanes : ta liste de poèmes semble en être une réécriture...
  • momzmomz Membre
    merci pour tout ! pour "mai" je trouve le commentaire pas mal . pour les poèmes y a pas de problèmes ,je les ais tous et puis de mon coté j'ai fais des recherches et il me manque 3 : automne malade , la loreley et nuit rhénane .
    merci de votre aide !
  • J'ai étudié tous ces poèmes et ils ont été le début d'une grande passion pour la poésie !!!

    Voici ce dont je me souviens...

    Commencons par La chanson du mal aimé

    * Le voyou est l'incarnation onirique de la femme

    * Structure du poème : de l'illusion (il croit que c'est celle qu'il aime) à la désillusion (par rapport à la fausseté de l'amour)

    * L'hyperbole poussée jusqu'à l'invraissemblable (procédé du XVIème : on montre la distance entre le désir et la réalité en exprimant l'impossible) La référence est bien évidement la Bible : Les eaux se fendirent et les fils d'Israël pénétrèrent au milieu de la mer à pieds secs, les eaux formant une muraille à leur droite et leur gauche

    * La femme sortie saoule d'une taverne ne te fait-elle pas penser à l'absinthe ? (oeuvre peinte par Degas)

    * Note l'enjambement :
    Un voyou qui ressemblait à
    Mon amour vint à ma rencontre

    Le derniers vers montre l'illusion, si on le détache des autres, on croit comme lui que cette silhouette qu'il appercoit est son amour

    * Observe l'ambiance. A Londres, le frog (brouillard), la nuit, les lampadaires (les feux de ses facades) Tout celà crée une ambiance propre aux illusions... ambiance un peu glauque (Plaies du brouillard sanguinolent)

    * Si tu connais un peu Apollinaire, tu sait qu'il se considère toujours comme un mal aimé. D'abord avec Annie (d'où cette chanson) avec qui il a eu des relations mais elle l'a quitté. Elle rentrera en Angleterre et finira par aller en Amérique, car sans cesse poursuivie par Apollinaire ! (cf L'émigrant de Landor Road).

    *Autre référence (il en fait toujours, historiques, par rapport à des légendes...)
    il parle de la soeur épouse. Allusion à l'Egypte antique où les pharaons se mariaient entre personnes de la même famille : echec total de l'amour ?!

    Voilà ce qui me viens dans l'immédiat !
  • Continuons... Automne malade !

    Petite intro : l'automne, éternelle source d'inspiration des poètes (fait des recherches là dessus, n'oublie pas Verlaine Les sanglots longts / Des violons / De l'automne / Blessent mon coeur / D'une langeur / Monotone) (j'adore !).
    Apollinaire considère l'autome comme sa saison
    - Je suis soumis au chef du signe de l'Automne
    - Mon automne éternelle ô ma saison mentale


    Ce poème est une éloge à l'automne. On étudie les particularités du lyrisme d'Apollinaire sur un thème traditionnel.

    * Au début, on a une tempète (ouragan) puis un apaisement

    * Ce poème est très sensitif : visuel et auditif (les cerfs ont brame)

    * L'automne est bien sur personnifié

    * Il est ambïgue : neige et fruits murs, blancheur et richesse

    * L'éternelle femme cruelle : les nixes nicettes qui n'ont jamais aimé.

    * Un peu la représentation de l'état d'esprit d'Apollinaire : il a le blues ! Eternellement malheureux, pensif, rèveur...

    * Le paysage exprime un état d'âme

    * A la fin, le poème s'éteint peu à peu. L'alexandrin est coupé en plusieurs vers.

    * Bien sur, thème de la fuite du temps
  • Nuit rhénane est de loin mon préféré !

    Comme toujours, étudie l'ambiance

    On se situe tout d'abord au bord du Rhin (poème issus du cycle des rhénanes oblige !) Le batelier chante l'histoire de sept femmes (chiffre connoté) sous la lune (astre maléfique). Elles ont des cheveux verts une couleur symbolique(sorcières, fées, ondines ?)

    Le premiers vers, très intéressant pour l'ambiance : Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme. Visuel... Note les couleurs : couleur du vin, des flammes. L'ivresse, le regard troublé.

    Perturbé, le personnage veut retourner dans le monde réel ! Un bar ou un cabaret ? D'un ton sec, il ordonne "que je n'entende plus le chant du batelier ". Il réclame des filles blondes (allemandes typiques) au regard immobile (donc s'opposent aux femmes dangereusement séductrices!) et aux nattes repliées (les cheveux détachés symbolisent justement la dangereuse séduction). Le chant du cabaret doit couvrir le chant du batelier. Mais...

    Il est irrésistiblement attiré par le batelier et se retrouve de nouveau devant le rhin. Le mot incante désigne le pouvoir maléfique de ces sorcières. Etudie ensore les couleurs : l'or des étoiles, de nouveau le tremblement. Les vignes, toujours l'alcool etc...
    La voix chante toujours à en râle mourir. Ce terme un peu étrange, semble moyennageux !

    Et enfin, le dernier :

    Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire.

    Retour à la réalité, on peut faire de nombreuses interprétations
    - impose retour à la réalité en brisant son verre
    - jeu de mot avec le vers, car jusqu'ici on avait des quintils et ce vers est seul, il est brisé !
    - vert comme les cheveux des fées
    - iveresse (rire)
    - éclat de rire et le verre s'est brisé en éclats

    Donc en conclusion : étudie l'ambiance, les couleurs, le rythme du poème (premier quintil très lent, second rapide haché des verbes à l'impératif...), l'ivresse du au vin, au rhin, à la séduction de ces femmes...
  • Bravo Marine
    Si Jean-Luc ou notre webmestre passent par là, je suggère l'ajout de tes études aux fiches du site
    Emportée par ton élan, tu as écris "ivresse du" au lieu de "ivresse due" Je n'ai pas tout de suite saisi le sens :)

    Les femmes aux cheveux verts : ce sont les Loreleï, dont tu connais celle de Heine (ou Gœthe ? j'ai un doute là !) certainement. Ces légendes sont très répandues sur le Rhin. Nixes, ou sirènes, ou ondines, elles charment les hommes de leur chant et les entraînent au fond de l'eau
    Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire
    Le poète lui-même s'est laissé prendre par l'incantation de son poème, il y plonge comme un ivrogne dans son verre de vin. Et il regrette de voir le sortilège poétique se briser et en même il aspire à s'en libérer. C'est la poésie qui devient sa Loreleï. Est-ce lui qui iironise en riant ? Est-ce la poésie qui se moque de lui ?
  • La Lorelei

    Je te conseille de te renseigner sur les différentes versons de ce poèmes (Brentano par example).

    C'est un mythe allemand qui a séduit Apollinaire. Ici, la femme est comme toujours dangereuse car immensément belle mais cette fois elle est la propre victime de son charme...

    * Comme je l'ai dit, la Lorelei est immensément belle, et semble cruelle avec l'expression "laissait mourir d'amour". Même un homme d'Eglise ne peut résister à son charme.

    * L'absolvit ! Pas français il me semble... Ambiance un peu moyennageuse ?

    * Le jeu de regard est très important. Les hommes y voient des pierreries et elle des flammes (de l'enfer, et aussi à mettre en rapport avec les flammes du bucher où elle veut être brulée)

    * Les rôles sont inversés, c'est elle qui demande au prètre d'être plus sage(Priez plutôt pour moi la Vierge) , il est ensorcellé !

    * Bien qu'elle séduise tous les hommes, c'est une femme qui aime. Mais son amant est parti et elle est immensément malheuseuse. Son immense beauté ne lui apporte que du malheure (Si je me regardais il faudrait que j'en meure). On note les différents temps pour le verbe faire :
    Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
    Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla

    * Ambiance du moyen-âge : les chevaliers avec leurs lances

    * Lore aux yeux tremblants (flammes ou larmes ?)

    * La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres
    Astres, connotation négative, et les yeux : encore le jeu de regard. On sait d'avance que les chevlaiers vont céder.

    * Maitresse de l'espace : Mon beau chateau ...

    * On se retrouve directement en haut. Les chevaux déroulés (encore et toujours dangereuse séduction...)

    * Les chevaliers criaient Lorelei, Lorelei (selon la légende, la Lorelei attirait les marins à leur perte et seul l'écho répondait à leurs appels au secours)

    * La fin : une mort très douce. On passe d'un récit au passé à à récit au présent, ce qui dramatise la situation

    Voilà, j'espère avoir pu t'aider un peu... Je rentre chez moi ce soir, si ça t'intéresse je pourrais te donner mes cours qui seront bien plus complets que mes vagues souvenirs ! Met un message si tu veux des précisions sur ces textes!

    Bonne chance
  • Merci Léah ! Ce que tu me dis me fait espérer que je tomberais sur ces textes à l'oral !!! Je pense que c'est largement sur les poèmes que je suis le plus prète... En même temps, on a toujours plus de plaisir à étudier quelque chose qui passionne... Apollinaire, Baudelaire et Verlaine... Ils me font rêver et me transportent dans un autre monde !!
  • L'automne : toujours au féminin chez Apollinaire. Ce n'est pas un choix de vouloir à tout prix féminiser cette saison, le mot était encore indifférement féminin ou masculin.
  • Sur les Loreleï, des liens en bas de cette page
  • Désolé, mais ayant fait nuit rhénane en cours. Je peux dire que certaines choses ne sont pas totalement vraie mais surtout il faut compléter ce commentaire.

    Tout d'abord, les néologismes qu'il crée comme "râle-mourir" (râle étant le dernier souffle avant la mort), ce qui n'est pa du tout moyennageux, et "incantent" montre bien le pouvoir envoutant des ondines. Appuyé aussi par la rupture syntaxique du vers 10, comme si que les étoiles("tout l'or des nuits") étaient aussi envoutées et ensuite qu'elles tombées pour se tuer.

    Ensuite, le chiffre 7 fait partie des éléments de la mythologie nordique avec les ondines, le Rhin ou encore la lune.

    Je pourrais compléter que pour le retour à la réalité avec le dernier vers, peut être déjà perçu par le premier vers avec "vin trembleur".

    Et enfin, le jeu de mots que l'on pourrait faire serait plûtot
    "il fait des vers avec son verre" en rapport avec "Alcools" qui peut soigner les blessures ou lui permettre de s'enivrer. (D'aprés mon prof)
  • Et pour "Automne Malade", pas grand chose à rajouter.

    A part, qu'on parle de l'automne Apolinnarien. Et que cette saison pourrait être sa préférée car il est né en aôut du signe Vierge qui est le 1er signe de l'automne.

    Et il y a aussi une ambiguëté avec l'arrivée de l'hiver, saison "morte" avec le vers"neige et de fruits mûrs" ou encore dés le 1er vers avec "Atomne malade et adoré".

    Je pourrais rajouter que les 6 derniers vers pouvant former un alexandrin caractérise la chute des feuilles a l'arrivée de l'automne, avec une assonance nasale avec les [on], [ou] et [ain] traduisant une hamonie imitative.
  • Et enfin, le jeu de mots que l'on pourrait faire serait plûtot
    "il fait des vers avec son verre" en rapport avec "Alcools" qui peut soigner les blessures ou lui permettre de s'enivrer. (D'aprés mon prof)
    Je pense qu'il faut nuancer, chaque lecteur a sa propre interprétation ! Je pense qu'Apollinaire a fait plusieurs jeux de mots et laisse au lecteur le soin d'imaginer ce que bon lui semble. :)
  • Que celui qui a déjà entendu le bruit de la chute d'une feuille se lève :lol: :lol: :lol:
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