Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour,
j'aimerais répondre correctement à cette questio "Etudiez le texte en expliquant comment le point de vue étranger facilite la critique et contribue à son efficacité"portant sur ce passage des LEttres persanes. Pourriez-vous m'apporter votre aide?
RICA A IBBEN
A Smyrne

Le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe. Il n'a point de mines d'or comme le roi d'Espagne son voisin; mais il a plus de richesses que lui, parce qu'il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisable que les mines. On lui a vu entreprendre ou soutenir de grandes guerres, n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur à vendre; et, par un prodige de l'orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées.
D'ailleurs ce roi est un grand magicien: il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets; il les fait penser comme il veut. S'il n'a qu'un million d'écus dans son trésor et qu'il en ait besoin de deux, il n'a qu'à leur persuader qu'un écu en vaut deux, et il le croient. S'il a une guerre difficile à soutenir, et qu'il n'ait point d'argent, il n'a qu'à leur mettre dans la tête qu'un morceau de papier est de l'argent, et ils en sont aussitôt convaincus. Il va même jusqu'à leur faire croire qu'il les guérit de toutes sortes de maux en les touchant, tant est grande la force et la puissance qu'il a sur les esprits.
Ce que je dis de ce prince ne doit pas t'étonner: il y a un autre magicien plus fort que lui, qui n'est pas moins maître de son esprit qu'il l'est lui-même de celui des autres. Ce magicien s'appelle le pape: tantôt il lui fait croire que trois ne sont qu'un; que le pain qu'on mange n'est pas du pain, ou que le vin qu'on boit n'est pas du vin, et mille autres choses de cette espèce.
Et, pour le tenir toujours en haleine et ne point lui laisser perdre l'habitude de croire, il lui donne de temps en temps, pour l'exercer, de certains articles de croyance. IL y a deux ans qu'il lui envoya un grand écrit qu'il appela constitution, et voulut obliger, sous de grandes peines, ce prince et ses sujets de croire tout ce qui y était contenu. Il réussit à l'égard du prince, qui se soumit aussitôt, et donna l'exemple à ses sujets; mais quelques-uns d'entre eux se révoltèrent, et dirent qu'ils ne voulaient rien croire de tout ce qui était dans cet écrit.

De Paris, le 4 de la lune de Rebiab 2, 1712
Mn plan:
I Lettre d'un étranger
A. Il s'agit bien d'une lettre
titre, je, tu, adv de lieu, date.
B. Regard Etranger
indices orientaux: date, noms, voc. "s'appelle" "ce roi" ignorance de la religion catho (eucharistie), "magicien" (tonalité poétique propre àl'orient)

II Critique du roi et du pape
A. Critique du roi
ds le 1er 2e§
puissance qui repose sur les vanités des sujets.
grd magicien→ ridicule, pas sérieux.
ridicule dans l'illogisme → "un écu en vaut 2"
critique de sa manipulation

B.Critique du pape
3e§
un +gd magicien
critique de ses dogmes désacralisés .
generalisation du ridicule avec "1000 autres choses".

C. Le roi et le pape
pvr= tour de magie. sorte de jeu "tenir en haleine"
mais à la fin les sujets réagissent.

Voilà. J'crois que c'est bien peu. Et je ne sais pas trop comment introduire l'idée de "facilité" "efficacité" du regard etranger. Je pensais seulement dire en transit° que le point de vue extérieur rend le regard plus objectif...(bof)

Merci!

Réponses

  • I/ Une première partie faussement divertissante

    A) Le rire du lecteur à travers l'étonnement de Rica
    *surpris par les moeurs parisiennes => renversement de point de vue
    *changement d'expressions (idiomatiques): "J'enrage comme un chrétien"
    "6 ou 7 maisons les unes sur les autres"
    =
    étages, immeubles
    *opposition antithétique Paris - Ispahan (vitesse / lenteur...)

    B) La vraisemblance du récit
    *comparaison des villes => références à l'inconnu plausible
    "Le 4 de la lune de Rebiab"=> renforce la véracité
    *ce que le lecteur =/= (est différent) Ispahan => relativisme culturel

    II/ La réelle critique

    A) Le pouvoir du Roi
    *critique sévère et acerbe=> guerres plus coûteuses qu'utiles (faim et misère)
    (guerres d'Hollande et d'Augusbourg)
    * mot "honneur" galvaudé, entouré par l'argent et la fausseté
    *présent itératif (et habitude) et de vérité (loi de culture)
    *appellation "magicien" le discrédite=> pouvoir = manipulation
    *pouvoir sacré (guérison) = falsification

    B)Les sujets
    *vaniteux, orgueilleux et crédules
    * formule restrictive "ne... que" => crédulité des gens de la Cour

    C) Le pouvoir papal
    *le plus haut placé =/= "magicien"
    *rite de l'eucharistie = tour de passe-passe

    Conclusion (résumée) => comique de situation
    critique en triangle renversé
    texte gouverné par la pensée rationnelle du XVIIIe siècle
    caractère relatif de nos moeurs

    En espérant t'avoir aidé, je te souhaite bon courage et bonne chance pour ton oral !
  • Lupa24Lupa24 Membre
    Si Montesquieu critique autant la société et la religion c'est parce qu'il est protégé de la censure et de poursuites par le regard étranger et par le genre; je m'explique:

    Rica et usbek sont persans,donc ne connaissent rien à la société française, leur étonnements sont donc légitimes et m^me si leurs critiques sont violentes (notamment par la suite avec "le pape, c'est une vieille idole qu'on encense par habitude") elles sont acceptées car venant d'étrangers naifs . De plus il s'agit d'un roman épistolaire donc Montesquieu peut dire avoir trouvé ces échanges, les avoir regroupés et publiés: ainsi ce n'est pas lui qui se permet de telles critiques.

    tu pourrais peut être essayer de caser ça dans une sous partie pour montrer que le regard étranger, naif permet une attaque de la monarchie,...

    Bon oral!
  • ZertiZerti Membre
    Bonjour à toutes et tous,

    Je suis en première S et j'ai un commentaire de texte à rédiger sur la lettre persane XXIV de Montesquieu avec comme problématique : Analyser l'argumentation dans le texte.

    Voici le texte :
    RICA A IBBEN

    A Smyrne.


    Nous sommes à Paris depuis un mois, et nous avons toujours été dans un mouvement continuel. Il faut bien des affaires avant qu'on soit logé, qu'on ait trouvé les gens à qui on est adressé, et qu'on se soit pourvu des choses nécessaires, qui manquent toutes à la fois.
    Paris est aussi grand qu'Ispahan: les maisons y sont si hautes, qu'on jugerait qu'elles ne sont habitées que par des astrologues. Tu juges bien qu'une ville bâtie en l'air, qui a six ou sept maisons les unes sur les autres, est extrêmement peuplée; et que, quand tout le monde est descendu dans la rue, il s'y fait un bel embarras.
    Tu ne le croirais pas peut-être, depuis un mois que je suis ici, je n'y ai encore vu marcher personne. Il n'y a pas de gens au monde qui tirent mieux partie de leur machine que les Français; ils courent, ils volent: les voitures lentes d'Asie, le pas réglé de nos chameaux, les feraient tomber en syncope. Pour moi, qui ne suis point fait à ce train, et qui vais souvent à pied sans changer d'allure, j'enrage quelquefois comme un chrétien: car encore passe qu'on m'éclabousse depuis les pieds jusqu'à la tête; mais je ne puis pardonner les coups de coude que je reçois régulièrement et périodiquement. Un homme qui vient après moi et qui me passe me fait faire un demi-tour; et un autre qui me croise de l'autre côté me remet soudain où le premier m'avait pris; et je n'ai pas fait cent pas, que je suis plus brisé que si j'avais fait dix lieues.
    Ne crois pas que je puisse, quant à présent, te parler à fond des moeurs et des coutumes européennes: je n'en ai moi-même qu'une légère idée, et je n'ai eu à peine que le temps de m'étonner.
    Le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe. Il n'a point de mines d'or comme le roi d'Espagne son voisin; mais il a plus de richesses que lui, parce qu'il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisable que les mines. On lui a vu entreprendre ou soutenir de grandes guerres, n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur à vendre; et, par un prodige de l'orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées.
    D'ailleurs ce roi est un grand magicien: il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets; il les fait penser comme il veut. S'il n'a qu'un million d'écus dans son trésor et qu'il en ait besoin de deux, il n'a qu'à leur persuader qu'un écu en vaut deux, et il le croient. S'il a une guerre difficile à soutenir, et qu'il n'ait point d'argent, il n'a qu'à leur mettre dans la tête qu'un morceau de papier est de l'argent, et ils en sont aussitôt convaincus. Il va même jusqu'à leur faire croire qu'il les guérit de toutes sortes de maux en les touchant, tant est grande la force et la puissance qu'il a sur les esprits.[...]
    Donc j'ai fait un plan et j'aimerais savoir si ce plan conviendrais a cette problématique ou pas du tout. Je vous met aussi dans les axes quelques idées principale que je développerai.

    I°/ Le genre du texte :
    - Un roman épistolaire
    - Le cadre orientale

    II°/ Une satire de la société et de la monarchie :

    Voilà, merci d'avance à ceux qui m'aideront :)
  • Bonsoir,
    C'est un peu tard mais j'éspère que mon plan sera utile à d'autres pour leurs oraux ;)

    Intro :
    Montequieu fût un grand magistrat et écrivain français qui a beaucoup voyagé. Pris de passion pour la réflexion sur les sciences et les moeurs de son temps, il est l'auteur de nombreux traités (De l'Esprit des Lois, 1748). Ce roman épistolaire est publié à Amsterdam, anonymement. Il évite donc la censure. Les deux personnages persans, Usbek & Rica voyagent à Paris où ils s'installent huit ans. La Lettre XXIV est une manière pour M de critiquer la société française : le mode de vie des parisiens, le pouvoir royal & papal sont jugés excessifs.

    I - Une écriture épistolaire

    1 - Une Lettre fictive
    * Typographie : exorde (l.1) et formule de clotûre (l.43)
    Un dénommé "Rica" de passage à Paris s'adresse à "Ibben"
    * Les dates, qui figurent d'une part à la fin du récit et d'autre part dans le paratexte, soulignent un double système d'énonciation ...
    La lettre fictive rédigée en 1712 appartient au roman publié en 1721.

    2 - Un énoncé ancré dans la situation d'énonciation
    * Rica n'est pas seul, son compagnon de voyage est Usbek.
    Consonnances étrangères (Rica, Ibben, Smyrne, Lune de Rebiah, Ispahan ...)
    * Present d'actualité (sorte de conte journalistique)
    * Pittoresque : Original, qui a du caractère, en particulier d'un point de vue visuel, puis, plus largement : étonnant, expressif, propre à faire de l'effet, surtout dans le domaine visuel. [ Wiktionnaire ]

    3 - Rhétorique de l'étonnement
    * Regard neuf des Persans, naïfs et étonnés :
    Promptitude des déplacements, Incessante agitation, Étranges pouvoirs du roi ...
    En cédant la parole à un étranger, M se livre à une efficace satire de la Société Française.

    II - Une satire de la vie parisienne

    1 - Les embarras de Paris (Nicolas Boileau)
    * Rica évoque ce que Boileau nommait dans Les Satires (1680) Donc Intertextualité.
    * Champs lexicaux de la rapidité, de l'agitation ...
    Mouvement continuel d'un royaume en pleine mutation économique grâce aux théories de Colbert.

    2 - Ségrégation sociale : société en crise
    * Difficultés de se loger car forte crise immobilière dûe à la spéculation générée par la politique économique de Law qui s'effondre en 1920. Le peuple manque de "choses nécessaires" (l.4)

    3 - Vanité des comportements
    * Rica relève la bizzarerie "des moeurs et des coutumes européennes" (l.19) ... Ironie
    * Il souligne la facilité usurpatrice du souverain.

    III - Une critique du pouvoir

    1 - Allusion ironique au pouvoir monarchique européen
    * Dénonciation du mercantilisme colonial (Roi d'Espagne => Pérou)
    * Critique des guerres incessantes qui ruinent.
    * Référence à la vente des "titres d'honneur" (l.28)
    * Le roi est un mauvais gestionnaire : Dévaluations

    2 - Le roi, habile manipulateur
    * Pouvoirs thaumaturgiques : soin des écrouelles.
    * Attaque aux fondements de la monarchie de droit divin.

    3 - Un texte annonciateur ?
    M déprécie l'image du souverain.
    M laisse imaginer "le bel embarras" que pourrait occasioner le peuple "descendu dans la rue" (l.8-9)
    Comment ne pas voir, là dedans, une vision de ce que serait La Révolution ?

    Conclusion :

    La lettre XXIV est bien representative des Lettres Persanes car on retrouve :

    * L'étonnement : perception des choses autrement.
    * La Fiction Orientale : moyen d'éviter la censure.
    * La Critique de la société européenne et de la monarchie.

    Bonne Chance à tous ! :)
  • ZertiZerti Membre
    Je vous remercie :)
    J'ai passé mon oral jeudi mais c'est sur ca peut servir aux autres :)
    Je vous souhaite bonne chance, bonne révision et aussi bonne vacance :)
  • Bonjour à tous !!!

    J'ai a faire pour Mardi un "oral" en classe.Je dois répondre à la question suivante sur le texte de Montesquieu: Lettres Persanes , Chapitre 24 :
    En quoi ce texte est-il une satire?

    J'ai déjà fait mon intro et mon plan, et j'aimerai une petite correction de ces derniers, pour savoir si je vais dans le bon sens et si je ne fais pas de hors sujet.

    Introduction:

    Montesquieu,magistrat et écrivain Français du XVIII ème siècle,est l'auteur de nombreux romans et mémoires,parmi lesquels "Lettre Persanes".Cette œuvre est un roman épistolaire écrit en 1721.Les deux personnages principaux sont persans:Rica et Uzbek.Ils ont quitté la Perse pour se rendre à Paris d'où ils écrivent a leurs amis.Dans cet extrait,les deux Persans découvrent la France et sont très étonné.Nous verrons comment à travers cet étonnement et les nombreuses références a l'Orient ,Montesquieu fait une satire de la société Française.

    Plan:

    I. Expression de l'étonnement
    1) Sentiment dominant
    2) Ce qui les étonne

    II. Les références à l'Orient
    1)Références
    2)But de Montesquieu dans l'utilisation des Persans

    III. La critique de la société Française
    1)Critique des Français
    2)Critique du Roi
    3)Critique du Pape

    Je voudrais savoir si ce plan correspond bien a la question demandé,et si je ne suis pas parti en hors sujet.

    Merci d'avance pour vos réponses,cordialement. Merci d'avoir déplacer mon sujet,je n'avais pas pris connaissant de celui-ci.

    La question n'est pas tout a fait la même.
  • Pour cet extrait, je voudrais simplement vous demander une chose :

    Auriez vous d'éventuelles questions d'oral à me proposer ? J'en ai quelques unes seulement... :

    - En quoi ce texte est-il représentatif des Lumières ?
    - Comment le regard étranger est-il utilisé dans cet extrait ?
    - Quelle vision de Paris est faite par Rica à travers cette 24ème lettre ?

    ... je n'ai pour le moment pas d'autres =/ si vous pouviez m'éclairer... et me dire si ces questions sont pertinentes.

    En vous remerciant beaucoup d'avance, au plaisir.
  • Car0lineCar0line Membre

    Bonjour,

    J'espère que vous allez bien. Je viens vers vous après de longues heures d'entraînement sur le commentaire. Comme peut le montrer le titre, j'ai travaillé en particulier sur Les lettres persannes pour améliorer mon écrit (devoir facultatif distribué) .J'ai en effet envoyé à mon prof de français pour qu'il me donne des conseils sur la rédaction car ma dernière note de commentaire remonte à 11 et je crois ne jamais avoir dépassé 13. Je ne me décourage pas évidemment car il y a une amélioration à tout et je compte persévérer dans mon écrit mais je ne comprends absolument pas ce qu'il faut que je change dans ma manière d'entreprendre la forme et le fond. J'ai demandé ce qui n'allait pas à mon prof et il me dit que c'est "mes mot bafoués" . or je n'arrive pas à saisir le sens propre du terme. Cela veut dire que je bavarde trop dans mes copies et que je n'emploie pas le bon vocabulaire ? Ça me vexe un peu pour être honnête mais bon je vais dédramatiser la chose parce qu'il faut que je prenne ça en compte. J'essaie pourtant de trouver un vocabulaire adéquat mais rien ne va j'ai l'impression ? aurait-il des possibilités de me donner une précision sur ce qu'il veut me dire par là en prenant en compte le devoir que j'ai écrit auquel j'ai eu 11 ?

    En m'excusant d'avance pour ce message un peu long et j'espère que ma demande rentre dans la charte du forum . (n'hésitez pas à le dire si je n'ai pas le droit de poster ce genre de message)


    Si le siècle des Lumières se reflètent par la culture, la littérature et la philosophie, beaucoup d’auteurs s ‘en sont emparés par la suite. C’est la cas notamment avec Montesquieu, qui écrit dans son roman épistolaire publié en 1721, Les Lettres persanes ,161 lettres . Il évoque particulièrement dans ses échanges épistolaires fictives la société française dans laquelle il vit. Dressant précisément le comportement des français, le contact avec l’autre culture est dévoilé et c’est pourquoi nous nous demanderons comment la découverte du nouveau monde peut esquisser un regard critique sur le comportement des individus. Après avoir vu l’expression de l’étonnement de Rica dans cette lettre, nous analyserons les références à l’Orient. Enfin, nous étudierons que Montesquieu a un regard critique sur cette société.



    L’étonnement de Rica ne se passe pas inaperçu. Seulement un mois qu’elle gambade dans Paris, ses découvertes sont surprenantes et la différence de comportements, de manière d’agir ou de penser la laisse sans voix. Son regard persien et tout juste étranger laisse place à la nouveauté, traduit ici par une expression peu étonnante quand à la découverte. Tout d’abord, les adverbes d’intensité « extrêmement » (l6) ou « si...que » (l 4) et les verbes d’étonnement très souvent répétés « Tu ne le croirais pas peut-être » , «j e te dis de ce prince ne doit pas t’étonner » laissent penser que cette jeune persienne est tout aussi surprise que son destinataire. De nombreuses hyperboles dans le premier paragraphe soulignent éventuellement la différence d’habitation méconnue sans sa culture « les maisons y sont si hautes » « depuis un mois que je suis ici, je n’y ai encore vu marcher personne. » « le pas réglé de nos chameaux, les feraient tomber en syncope. » « ville bâtie en l’air, qui a six ou sept maisons les unes sur les autres ». Elle est impressionnée par cette ville, les négations présentent donnent l’impression que l’allure est trop rapide « Il n’y a point de gens au monde qui tirent mieux parti de leur machine que les Français » et l’énumération « ils courent, ils volent » accentue le fait que le mouvement parisien est sans interruption. L’ennui n’existe pas vraiment. Rica est étonnée par le mode de gouvernement français, elle va même jusqu’à l’encenser pour que son destinataire adhère à sa vision « il y a un autre magicien plus fort que lui » « Ce magicien s’appelle le pape : tantôt il lui fait croire que trois ne sont qu’un ».

    Le sentiment communiqué par cette dernière est donc source d’une culture méconnue, étrangère. Les parisiens sont pris par le temps, il y un paradoxe à son mode de vie.


    L’étonnement laisse par ailleurs place à l’évocation des références à l’Orient. Ancrée sans son monde, Rica n’hésite pas à exprimer son point de vue en faisant de multiples références propre à sa culture. Elle compare sa ville à son exploration « Paris est aussi grand qu’Ispahan » et va même jusqu’à mettre en lumière la vitesse des transports « les voitures lentes d’Asie » « le pas réglé de nos chameaux ». Elle évoque sa religion en faisant une comparaison « j’enrage quelquefois comme un chrétien » pour probablement représenter la colère qui règne fréquemment dans l’Orient. Il y a une brutalité dans la manière d’agir qu’il n’y a pas dans son pays. Les verbes de brutalité énumérés « éclabousse » « brisé » « pardonner » « croise » amplifient la vie qu’il n’y a pas en Orient. 

    Ces rapprochements de culture s’apparentent totalement inouïs aux yeux de Rica, qui ne se lassent pourtant pas d’observer et de traduire ses impressions par la parole.


    Bien malgré la différence et la méconnaissance , Rica reste critique et observatrice. Elle dépeint ce monde méconnu « Ne crois pas que je puisse...te parler à fond des mœurs et des coutumes européennes : je n’en ai moi-même qu’une légère idée ». En outre de ses expériences, sa curiosité envers le peuple français marque une critique visible. La présence du champ lexical de la discontinuité des mouvements « embarras » « coups de coude » « demi-tour » « ce train »… met en évidence une société dépourvu de sérénité et de calme. Il y a une impolitesse, un flagrant manque de politesse chez les occidentaux « encore passe qu’on m’éclabousse depuis les pieds jusqu’à la tête » et cela est antithétique au mode de vie orientale ». Il y a même beaucoup trop de monde et cela devient pesant et lourds pour pouvoir se déplacer en toute simplicité et sérénité . Les adverbes d’abondance « régulièrement et périodiquement » le soulignent d’avantage et le début de ce texte indique la difficulté à se faire une place dans cette société « Il faut bien des affaires avant qu’on soit logé, qu’on ait trouvé les gens à qui on est adressé, et qu’on se soit pourvu des choses nécessaires, qui manquent toutes à la fois. ». Il est malheureusement très délicat pour s’ancrer dans ce monde qui est dépourvu d’artifice , il faut de l’argent pour pouvoir se loger ou monter en grade dans la société.

    Ce manque d’intérêt pour la vie exprime une société trop exploitée chez les parisiens et reste en revanche peu chaleureuse et intéressante au détriment de la vie de Rica qui doit vivre dans une société plus courtoise et riche de vie.


    Ces dénonciations permettent en creux de dessiner la société parisienne du 20 ème siècle selon Montesquieu. Il s’agit en effet d’une société où la circulation et le mode de vie sont peu flatteuses. La vision de Rica reste tout de même juste. Le manque de courtoisie y est présent et même malgré son étonnement « agréable » t envers le gouvernement , la critique de la société se montre plus négative qu’autre chose. C’est une vision d’un monde dichotomique entre l’Orient et l’Occident et péjoratif de LA FRANce deS Lumières. Dans cette société toute récente, l’auteur est par conséquent capable de faire des satires pour dénoncer les failles et faire prendre le recul l’auditoire. Cette lettre est aussi le fruit de progrès scientifiques, connus déjà chez les humanistes, qui se calaient au 15 ème siècle sur la découverte du nouveau Monde. Montesquieu reprend donc dans sa compilation de lettres le principe du regard éloigné pour mieux critiquer la société française. Ce texte plonge le lecteur dans un univers chaotique de la société parisienne mais ne s’y restreint pas , l’ouverture sur la société de Rica questionne sur les différentes sociétés existantes. Il ne faut pas s’y tromper, derrière l’Orient, c’est l’occident que ce dernier critique en dénonçant les excès de la vie publique et quotidienne des Parisiens. encore aujourd’hui cette société perdure et c’est pourquoi l’écrivain s’est étendu dans la diversité des cultures pour que nous portons un regard tout neuf . De même dans la réflexion de Montaigne « essais », qui soulignent la découverte et l’étrangeté ; l’altérité.



    voilà, merci pour les personnes qui prendront le temps de lire et de me dire le message que mon prof a voulu me faire passer par "bafoué". j'avoue que je suis assez perplexe , peut-être que c'est ma mauvaise interprétation concernant le relevé des procédés ?


    bien à vous,

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    Bonjour,

    Quand on voit le niveau d'expression de certains élèves ici, votre devoir n'est pas mal du tout. Mais il est exact qu'il y a beaucoup de mots ou d'expressions étranges dans le devoir, plus certaines bizarreries. Je n'ai pas le temps de détailler ce soir mais une chose m'a frappé. Rica est un homme, pas une femme comme vous l'écrivez à plusieurs reprises, surtout en la qualifiant de persienne (voilà un exemple de confusion de mots ) !

  • AmmyAmmy Membre

    En effet des mots, des accords, des expressions sont incorrects, ce sont de petits détails qui gênent la lecture.

    Quelques exemples au début :

    Le siècle des Lumières se reflètent --> ne se dit pas et de toute façon ce serait sans le "ent" (le siècle...se reflète)

    ses échanges épistolaires fictives --> fictifs, ce sont les échanges

    ne se passe pas inaperçu --> on dit "ne passe pas inaperçu", et ce n'est pas une très bonne expression pour parler d'un élément dans un texte littéraire

    persien/persienne désignent des volets, et non pas des habitants de la Perse !

    les négations présentent donnent --> tu mets 2 verbes conjugués, il faut choisir. Je pense que c'est "présentes" puis "montrent"


    Ou encore cette transition dont je ne comprends pas le sens : "Ce manque d’intérêt pour la vie exprime une société trop exploitée chez les parisiens et reste en revanche peu chaleureuse et intéressante au détriment de la vie de Rica qui doit vivre dans une société plus courtoise et riche de vie"

    Que veut dire "une société trop exploitée" ? pourquoi "en revanche" alors que ça ne s'oppose pas ? "au détriment" je pense que tu te trompes d'expression (ou alors je ne comprends pas le sens de la fin de la phrase...) "riche de vie", que signifie cela ? Surtout que la société parisienne est très agitée, animée, rythmée, donc elle manque de calme et courtoisie certes mais pas de "vie".


    Et ainsi de suite.

    Sinon tu relèves des procédés, tu structures, il y a des éléments positifs dans la méthode et l'analyse du texte (je n'ai pas lu jusqu'au bout).

    Je te conseille d'essayer de t'exprimer simplement et sobrement. Tu essaie d'employer des expressions et tournures plus recherchées et originales mais tu ne les maitrises pas donc tu obtiens l'effet inverse. Puisque tu as compris la méthode, essaie de te concentrer sur le contenu que tu veux transmettre et simplifie la façon de le dire pour être plus clair.

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    Prenons juste ton premier paragraphe :

    Si le siècle des Lumières se reflètent reflète par la culture, la littérature et la philosophie, beaucoup d’auteurs s ‘en sont emparés par la suite. Ils se sont emparés de quoi exactement ? Du siècle, de la culture. Qu'est-ce que ça veut dire au juste ?

    C’est la le cas notamment avec Montesquieu, qui écrit dans son roman épistolaire publié en 1721, Les Lettres persanes ,161 lettres . Il évoque particulièrement dans ses échanges épistolaires fictives fictifs la société française dans laquelle il vit. Dressant précisément le comportement des français Français. Dresser le comportement n'a pas de sens. Soit on dresse le portrait de qqun, soit, ici, on dépeint, on décrit le comportement. Il fallait donc écrire "Dépeignant le comportement..."

    le contact avec l’autre culture est dévoilé Mauvais choix de mots. L'autre culture est peut-être dévoilée grâce au contact mais ce n'est pas le contact qui est dévoilé.

    et c’est pourquoi nous nous demanderons comment la découverte du nouveau monde peut esquisser un regard critique sur le comportement des individus. Là encore, le choix des mots est mauvais. La découverte du nouveau monde ne peut pas esquisser un regard critique ; elle peut le faire naître, le provoquer, le permettre

    Après avoir vu l’expression de l’étonnement de Rica dans cette lettre, nous analyserons les références à l’Orient. Enfin, nous étudierons que Montesquieu a un regard critique sur cette société. "Étudier que" ne convient pas. Nous montrerons que, nous démontrerons que, nous prouverons que ou alors, moins affirmatif, nous étudierons si, nous tenterons de voir si...

    ****************************************

    Bref, on a un peu l'impression que tu ne maîtrises pas entièrement le vocabulaire que tu emploies. Juste une question pour ma gouverne (tu peux répondre en privé éventuellement, ou ne pas répondre !) ; es-tu francophone de naissance ou le français est-il une langue acquise plus récemment ?

  • Car0lineCar0line Membre

    Bonjour,

    Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me montrer quelques exemples de fautes. Je vais essayer de m'exprimer "simplement" la prochaine fois : je pense que c'est là mon problème, ne pas trouver les mots adéquats au contexte... ou peut-être tout simplement mon expression .

  • Car0lineCar0line Membre

    Merci beaucoup ! Vous m'avez dit que "étudierons" et "analyserons" sont incorrects : sûrement puisque vous me le dites mais je ne comprends pas puisque ma prof de littérature et de français me disent tout le temps que "montrerons" et "démontrerons" sont des mots aussi "incorrects" et qu'il fallait que je privilégie le "étudier" et "analyser" .. cette langue française est bien difficile dis donc :D

    Pas de soucis pour la dernière question : La langue française est bien ma langue maternelle ... j'avoue que c'est une belle langue, j'aimerais en faire mon métier mais wahou qu'elle est si complexe...

    bonne journée à vous,

  • Bonjour CarOline,

    Lamaneur a raison pour étudier dans le contexte de ta phrase. => On n’étudie pas que. On étudie un auteur, un ouvrage (complément d'objet direct). Même remarque pour analyser.

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    Fandixhuit a répondu à a première question. C'est la construction qui était incorrecte

    Pas de soucis pour la dernière question : La langue française est bien ma langue maternelle ... j'avoue que c'est une belle langue, j'aimerais en faire mon métier mais wahou qu'elle est si complexe...

    Je sens chez toi sur certaine gourmandise de la langue et un amour des mots qui vont bien t'aider. Alors oui, il va falloir encore travailler pour acquérir le vocabulaire et l'utiliser de manière rigoureuse, mais cela viendra. Et puis, pareillement, il faudra faire quelques efforts pour la syntaxe. Dernier exemple : mais wahou qu'elle est si complexe... Là, tu mélanges deux constructions différentes. Tu pouvais dire :

    mais wahou qu'elle est complexe

    ou

    mais wahou elle est si complexe

    mais pas le mélange des deux !

    Bon courage. Tu es sur la bonne voie.

  • Car0lineCar0line Membre

    Votre message me fait rire mais m'encourage. Merci d'avoir pris le temps de répondre : j'espère que je vais réussir à m'améliorer "rapidement" parce que c'est pas gagné en vue de mes notes en ce moment ( je devrais aussi me remettre en question parce que je travaille moins). C'est un message d'encouragement que vous m'envoyez, je vais donc tt donner pour cette année en francais et LHP.

    Bonne continuation également ;)

  • Car0lineCar0line Membre

    Effectivement ! Je pensais que Rica était une femme ! je n'ai jamais étudié les lettres persanes mais ok je note ça!

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