Voltaire, Candide, chapitre 28 - Il est vrai, dit Pangloss, que vous m’avez vu pendre...

Bonjour, voilà je dois faire un commentaire littéraire sur un extrait du chapitre 28 de Candide de « Il est vrai, dit Pangloss, » à la fin.
Je bloque, je n'arrive pas à trouver une bonne problématique pour pouvoir faire mes parties et mes sous parties. Si vous pouviez m'aider, ce serait vraiment génial.

Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Affichons déjà le texte ici :
    — Il est vrai, dit Pangloss, que vous m’avez vu pendre ; je devais naturellement être brûlé ; mais vous vous souvenez qu’il plut à verse lorsqu’on allait me cuire : l’orage fut si violent qu’on désespéra d’allumer le feu ; je fus pendu, parce qu’on ne put mieux faire : un chirurgien acheta mon corps, m’emporta chez lui, et me disséqua. Il me fit d’abord une incision cruciale depuis le nombril jusqu’à la clavicule. On ne pouvait pas avoir été plus mal pendu que je l’avais été. L’exécuteur des hautes œuvres de la sainte Inquisition, lequel était sous-diacre, brûlait à la vérité les gens à merveille, mais il n’était pas accoutumé à pendre : la corde était mouillée et glissa mal, elle fut mal nouée ; enfin je respirais encore : l’incision cruciale me fit jeter un si grand cri que mon chirurgien tomba à la renverse ; et, croyant qu’il disséquait le diable, il s’enfuit en mourant de peur, et tomba encore sur l’escalier en fuyant. Sa femme accourut au bruit, d’un cabinet voisin : elle me vit sur la table étendu avec mon incision cruciale ; elle eut encore plus de peur que son mari, s’enfuit, et tomba sur lui. Quand ils furent un peu revenus à eux, j’entendis la chirurgienne qui disait au chirurgien : « Mon bon, de quoi vous avisez-vous aussi de disséquer un hérétique ? Ne savez-vous pas que le diable est toujours dans le corps de ces gens-là ? Je vais vite chercher un prêtre pour l’exorciser. » Je frémis à ce propos, et je ramassai le peu de forces qui me restaient pour crier : « Ayez pitié de moi ! » Enfin le barbier portugais s’enhardit : il recousit ma peau ; sa femme même eut soin de moi ; je fus sur pied au bout de quinze jours. Le barbier me trouva une condition, et me fit laquais d’un chevalier de Malte qui allait à Venise ; mais mon maître n’ayant pas de quoi me payer, je me mis au service d’un marchand vénitien, et je le suivis à Constantinople.

    « Un jour il me prit fantaisie d’entrer dans une mosquée ; il n’y avait qu’un vieux iman et une jeune dévote très-jolie qui disait ses patenôtres ; sa gorge était toute découverte : elle avait entre ses deux tétons un beau bouquet de tulipes, de roses, d’anémones, de renoncules, d’hyacinthes, et d’oreilles d’ours ; elle laissa tomber son bouquet ; je le ramassai, et je le lui remis avec un empressement très-respectueux. Je fus si longtemps à le lui remettre que l’iman se mit en colère, et voyant que j’étais chrétien, il cria à l’aide. On me mena chez le cadi, qui me fit donner cent coups de latte sous la plante des pieds, et m’envoya aux galères. Je fus enchaîné précisément dans la même galère et au même banc que monsieur le baron. Il y avait dans cette galère quatre jeunes gens de Marseille, cinq prêtres napolitains, et deux moines de Corfou, qui nous dirent que de pareilles aventures arrivaient tous les jours. Monsieur le baron prétendait qu’il avait essuyé une plus grande injustice que moi ; je prétendais, moi, qu’il était beaucoup plus permis de remettre un bouquet sur la gorge d’une femme que d’être tout nu avec un icoglan. Nous disputions sans cesse, et nous recevions vingt coups de nerf de bœuf par jour, lorsque l’enchaînement des évènements de cet univers vous a conduit dans notre galère, et que vous nous avez rachetés.

    — Eh bien ! mon cher Pangloss, lui dit Candide, quand vous avez été pendu, disséqué, roué de coups, et que vous avez ramé aux galères, avez-vous toujours pensé que tout allait le mieux du monde ?

    — Je suis toujours de mon premier sentiment, répondit Pangloss ; car enfin je suis philosophe : il ne me convient pas de me dédire, Leibnitz ne pouvant pas avoir tort, et l’harmonie préétablie étant d’ailleurs la plus belle chose du monde, aussi bien que le plein et la matière subtile. »
  • — Eh bien ! mon cher Pangloss, lui dit Candide, quand vous avez été pendu, disséqué, roué de coups, et que vous avez ramé aux galères, avez-vous toujours pensé que tout allait le mieux du monde ?

    — Je suis toujours de mon premier sentiment, répondit Pangloss ; car enfin je suis philosophe : il ne me convient pas de me dédire, Leibnitz ne pouvant pas avoir tort, et l’harmonie préétablie étant d’ailleurs la plus belle chose du monde, aussi bien que le plein et la matière subtile. »


    Cet échange éclaire le récit de Pangloss et l'enjeu du passage.

    La théorie optimiste a la vie dure. La position de Pangloss : naïveté ou entêtement coupable ?

    I. Un enchaînement de catastrophes

    II. Un discours contestable. Des raisonnements sans la raison
    qui nous dirent que de pareilles aventures arrivaient tous les jours.
    Monsieur le baron prétendait qu'
    je prétendais moi

    III. Une satire cinglante de l'optimisme
    le lexique
    l'hyperbole
    "je suis philosophe ..."
  • Je te remercie floreale de m'avoir aider, il est vrai que je me concentrai plus sur la religion qu'autre chose. Mais j'ai une question, que veux-tu dire par entêtement coupable ?
    Et merci d'avoir mis le texte Jehan :)
  • Je bloque, j'ai commencé l'introduction mais j'ai un peu de mal pour les sous parties.
  • JehanJehan Modérateur
    Au brouillon, l'introduction est ce qui se rédige en dernier, une fois qu'on a fait le plan.
    Les indications de Floreale peuvent t'aider pour les parties.
  • "Entêtement coupable".
    Pangloss a construit sa vie sur une théorie, celle de l'optimisme selon laquelle "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles". Mais il l'a enseignée, a fait des émules et cette théorie fausse le jugement et empêche l'esprit critique et le scepticisme. Candide en a fait les frais en se promenant partout avec une grande naïveté (candeur).
  • Merci, par contre pour a troisième partie, je n'ai pas trouvé d'hyperbole :/
  • Tout dans ce passage est exagération.
    Il me fit d’abord une incision cruciale depuis le nombril jusqu’à la clavicule
  • Encore merci, je pensais que c'était normal une incision crucial d'une telle longueur. Je n'ai pas par contre développer la partie sur le lexique, je ne sais pas si c'est nécessaire ou pas.
  • Dans la catégorie des hyperboles :
    me disséqua
    le chirurgien tomba à la renverse
    il s'enfuit en mourant de peur
  • Je n'ai pas par contre développer la partie sur le lexique, je ne sais pas si c'est nécessaire ou pas.
  • C'est à toi de voir : il y a des champs lexicaux intéressants, des tournures subjectives qui montrent la présence de l'auteur ...
    C'est une analyse fine du texte, crayon en main qui donne des réponses.
  • D'accord, merci de ton aide :) Mais les champs lexicaux je ne trouve pas, de la violence peut-être ?
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