Bonjour à tous!
Me préparant pour mes études de Lettres Modernes, j'aimerais savoir quels Romans du cycle des Rougon-Macquart conseillez vous de lire en priorité bien que je souhaite un jour les avoir tous lu (mais bon, actuellement j'essaie de lire de tous les genres, toutes les époques ...)... Faut-il les lire dans l'ordre ?
Merci d'avance et bonne fin de journée! :)

Marine

Réponses

  • Non l'ordre n'est pas très important. Il est tout de même recommandé de commencer par la Fortune des Rougon, qui fait figure de Genèse dans cet immense ensemble. Vous pouvez aborder ensuite les classiques : Germinal, l'Assommoir, la Bête humaine, Au Bonheur des dames... ou frayer des chemins moins connus : l'Œuvre, la Faute de l'abbé Mouret, la Curée, la Débâcle, une Page d'amour, sans oublier le Rêve, la perle rare du cycle.
    Mes préférés sont ceux de la seconde série, plus l'Assommoir, que je considère comme le chef-d'œuvre absolu du Naturalisme.
  • Merci beaucoup !
  • Mes préférés sont ceux de la seconde série, plus l'Assommoir, que je considère comme le chef-d'œuvre absolu du Naturalisme.

    L'Assommoir pour moi aussi. Et comme la littérature, c'est la vie, quand j'avais des soucis, je relisais l'ouvrage en me disant que bon, je n'en étais pas encore là.

    J'ai lu Zola trop jeune, commençant par Pot-Bouille (je devais avoir dix ans...), intéressée par le côté obscur des amours je suppose. Ne pas lire trop jeune. Longtemps, j'en suis restée à cette vision relativement perverse de l'amour et à un Zola "sale". Mon opinion a évidemment changé.
  • Un sujet qui m'intéresserait serait d'étudier les aspects naturalistes du Rêve... Intéressant, non ?
    Malheureusement, je n'ai pas de problématique. :(
  • Je pense que Germinal est un grand classique de Zola à lire absolument !
  • DeliaDelia Membre
    Une problématique ?
    Le jour où je rapportais le Rêve emprunté à la bibliothèque du lycée, mon père me dit :
    « Ce n'est pas du vrai Zola. »

    Le Rêve, du Zénaïde Fleuriot pimenté de naturalisme, ou du naturalisme atténué par du Zénaïde Fleuriot ?
  • En parlant de problématique, je plaisantais évidemment.
    Oui Delia, on peut voir les choses ainsi. ;)
  • Vous avez l'air de beaucoup apprécier le Rêve .. J'ai également lu Zola trop jeune (dur à 12 ans de lire Germinal ) mais j'ai repris goût avec Thérèse Raquin :)
  • Oui, le Rêve, une fleur entre deux abîmes...
    Quoique.
  • J'apprécie Germinal, c'est le tout!!!!!!!!!! :D
  • Dur à lire je trouve :)
  • fandixhuit a écrit:

    J'ai lu Zola trop jeune, commençant par Pot-Bouille (je devais avoir dix ans...), intéressée par le côté obscur des amours je suppose. Ne pas lire trop jeune. Longtemps, j'en suis restée à cette vision relativement perverse de l'amour et à un Zola "sale". Mon opinion a évidemment changé.

    Eh oui, à douze ans, on ne perçoit pas que dans Pot-Bouille, ce n'est pas Zola qui est "pervers", mais la société qu'il décrit, en particulier cette espèce de prostitution à peine déguisée des "filles à marier". Par ailleurs, j'aime bien les amours "à la hussarde" d'Octave. Que l'humanité est étrange ! C'est ce qui me plaît chez Zola.
    Mon préféré est peut-être l'Œuvre : jamais on était allé aussi loin dans la peinture de l'échec...
  • Oui, le Rêve, une fleur entre deux abîmes...
    Quoique.

    Vous avez raison de dire quoique... Lors d'une inspection (sur Le Bonheur des Dames, rencontre d'Octave et machine - mince, j'ai oublié le nom - au parc, j'ai cru bon de faire une ouverture sur Le Rêve : Zola n'est pas si pessimiste que ça (relation avec Le Bonheur, plutôt gai). Monsieur l'Inspecteur m'a reprise. Non, Le Rêve n'est pas si gai que ça...
  • Je n'ai pas dit que le Rêve était gai !
  • Mais non, c'est moi. Toutefois, dans votre remarque que j'ai commentée "Une fleur entre deux abîmes. Quoique", on peut supposer dans l'emploi de fleur / abîmes une tendance à considérer l'ouvrage d'un manière moins sombre que les autres de Zola. Avec, justement, une restriction que j'ai lue dans le "quoique".
  • Ah oui, beaucoup moins sombre, puisque les miracles de la Légende Dorée semblent se réaliser et que la mort est une apothéose. La première fois que j'ai lu le roman (j'étais jeune moi aussi), je m'attendais à une horrible désillusion, que semblait du reste laisser présager le refus persistant de l'évêque.
  • Bonjour à tous
    je suis nouveau sur ce site et je viens d'être attiré par votre conversation
    moi aussi j'aime beaucoup Zola et si je puis me permettre de faire lien à votre message, Winter69, où vous dites avoir lu Thérèse Raquin, je pense que ce livre fut une introduction de cette gigantesque collection que sont les Rougon-Macquart, de cette manière que je trouve qu'elle préannonce parfaitement le genie de Zola à étudier l'esprit humain et sa société. La tragédie mise en scène dans ce roman, le tourment qui prend les deux personnages principaux, Thérèse et son amant désormais son mari, fait, à mon humble avis de passionné romanesque, office de préface à L'Assommoir dans lequel le mariage ne résout pas les problèmes du couple Gervaise-Coupeau.
    Fandixhuit j'admire votre état d'esprit dont je partage l'opinion quant à votre phrase :"la littérature, c'est la vie". Si je puis me permettre d'encourager quelques littéraires réticents à la lecture de quelque oeuvre, je dirais que depuis bientôt 10 mois que je suis en 1ere Littéraire, la littérature égaye mes jours et me donne de plus en plus envie de continuer des études de Lettres, car j'ai compris l'immensité de l'étude que nous donne les romans, les pièces de théâtre et les recueils de poésie où l'on découvre parfois plus que la pensée d'un auteur, où l'on peut decouvrir aussi son siècle et sa société.
    Enfin, toujours en relation avec votre réponse, Fandixhuit, vous dites avoir été probablement attirée par le côté sensuel d'un roman de Zola;il est vrai que je fus moi - même surpris de cela en lisant La faute de l'abbé Mouret, mais je pense qu'avec un peu de recul, on peut se rendre compte que l'auteur fait preuve d'une certaine retenue qu'on peut ne pas remarquer, et je crois que la beauté de l'expression du naturaliste peut excuser le reste.
  • Bonsoir.
    Je me permets de poursuivre une discussion commencée il y a quatre ans. J'espère que vous ne m'en voudrez pas.

    Mon roman préféré de Zola, c'est "La Fortune des Rougon". L'histoire d'amour entre Sylvère et Miette est magnifique. Leurs promenades nocturnes dans l'aire Saint-Mittre, leurs rencontres au puits, leur jeunesse et leur idéalisme m'ont fait rêver quand j'avais dix-sept ans. J'ai toujours relu ce roman avec le même plaisir.

    Actuellement je suis en train de lire "Pot-Bouille". Je n'aime pas du tout. il n'y a que du sexe à toutes les pages. Quel chaud-lapin , cet Octave Mouret. Il trousse tout ce qui porte jupon: Marie, Valérie, Mme Hédouin, les soubrettes et même la petite Angèle, âgée de treize ans s'il le pouvait. Et les femmes se laissent faire sans rien dire, comme si c'était dans l'ordre des choses.

    Il manque quand même une explication de l'auteur à cette lubricité masculine incessante. On ne peut tout de même pas décrire la réalité sordide sans en donner quelques clés pour la comprendre. L'hérédité seule n'explique pas tout. Il y a aussi des raisons liées à l'éducation, à la culture dans laquelle on vit, à la personnalité, au caractère. Zola aurait pu se pencher un peu plus sur les relations entre les hommes et les femmes à son époque.

    Ce n'est tout de même pas parce qu'Adélaïde Fouque, l'ancêtre de toute la famille, était folle que tous les descendants seront forcément des tarés, des alcooliques et des violeurs.
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