- Ce jeudi 16 avril, se déroulait une des épreuves les plus redoutées du prestigieux concours de l’Ecole Normale Supérieure: philosophie, six heures. Six heures pour disserter sur un sujet imposé, à partir du thème étudié pendant l’année, en l’occurrence la science. Réputé pour sa difficulté, le concours de l’ENS aura cette fois dépassé toutes les espérances. En réalité, comme le révèle le site BuzzFeed, l’épreuve se résumait en un mot:

“Expliquer.”
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Réponses

  • Sans vouloir troll, ça se rapproche plus à de la m*********** intellectuelle qu'à un véritable sujet, du moins, pour ma part... ;)

    Je n'en capte pas l'intérêt.
  • Je dois avouer que je ne comprends absolument pas pourquoi ce sujet suscite tant de réactions (enfin, n'exagérons rien...), et je me demande bien ce qui se cache derrière le désespoir surjoué des candidats ou les moqueries des autres.

    Certes, il peut être déstabilisant de devoir disserter sur une notion sèche ou un verbe seul, mais la plupart des khâgneux ont déjà eu l'occasion de le faire au cours de leur préparation.

    Même en dépassant cette question méthodologique, ce sujet difficile a pu à bon droit effrayer certains étudiants au premier abord - ce qui s'est traduit par une vague de petits rires nerveux au début de l'épreuve - ; mais passé ce moment de trouble, il me semble non seulement qu'il était traitable, étant donné le thème étudié cette année, mais encore qu'il ouvrait bien plus de perspectives qu'un intitulé plat tel que "l'explication scientifique", qui en aurait été une version au rabais.

    En tant que candidate, j'ai aussi ri nerveusement en lisant l'intitulé et je n'ai pas eu l'impression de briller, mais je n'ai pas non plus le sentiment qu'on se soit moqué de moi en me soumettant ce sujet, et je n'y ai pas vu une incitation à de la "masturbation intellectuelle" pour reprendre le mot de Slifer (en entier !). Au contraire, j'y ai trouvé une occasion de réfléchir sérieusement mais librement, ce qui n'est pas désagréable et prouve qu'on nous prend pour un peu plus que des "bêtes à concours".
    Je n'aime pas cette expression un peu lyrique, mais j'ai trouvé qu'à cet égard c'était un "beau" sujet - et pour bien jouer à la khâgneuse pseudo philosophe jusqu'au bout, je rejoindrai Spinoza pour dire que tout ce qui est beau est difficile.
  • D'autant que juste en dessous du sujet était écrit en encre blanche "Science." Il fallait donc naturellement traiter le sujet "Expliquer" sous l'angle du programme.
    Sans doute en fait-on tout un plat pour épater le vulgum pecus.
  • encre blanche ?
  • latucancita a écrit:
    Au contraire, j'y ai trouvé une occasion de réfléchir sérieusement mais librement, ce qui n'est pas désagréable et prouve qu'on nous prend pour un peu plus que des "bêtes à concours".
    Je n'aime pas cette expression un peu lyrique, mais j'ai trouvé qu'à cet égard c'était un "beau" sujet - et pour bien jouer à la khâgneuse pseudo philosophe jusqu'au bout, je rejoindrai Spinoza pour dire que tout ce qui est beau est difficile.

    J'apprécie cette réaction.
  • J'apprécie cette réaction.

    De même.

    C'est facile de rigoler quand on ne connaît pas... Les Khâgnes ont eu deux ans de préparation avant de passer cette épreuve, et ils sont habitués aux sujets de ce type. En tout cas, c'est infiniment plus intéressant que "les buts de la guerre" de l'X-Ens Scientifique ...

    Pour plus de détails et pour se convaincre que ce type de sujet est pertinent dans un concours d'entrée à la meilleure formation littéraire de France, cf le rapport de philo Ulm 2010 où le sujet était "L'imitation." C'est pas parce qu'on ne comprend pas un sujet que c'est n'importe quoi.
  • "les buts de la guerre" de l'X-Ens Scientifique

    De quoi s'agit-il ?
  • "les buts de la guerre" de l'X-Ens Scientifique
    De quoi s'agit-il ?

    Sujet X-Ens de Français-Philo des sections scientifiques (MP, PC, PSI) 2015 :
    La philosophe Simone Weil (1909-1943) écrit dans L'Iliade ou le poème de la force (1940) :
    "La guerre efface toute idée de but, même l'idée des buts de la guerre. Elle efface la pensée même de mettre fin à la guerre."

    Vous confronterez ce point de vue à votre lecture des œuvres au programme : Les Perses d'Eschyle, Le Feu d'Henri Barbusse et De la guerre de Carl von Clausewitz.
  • Merci Ytreza.
  • Ouais bon la didactique et tout.... Le schème :)
    Ou expliquer comme prendre position, expliquer comme représentation...
    Une impression de choix de sauce devant le comptoir d'une friterie.
  • Je me permets une digression.

    Dans cet intéressant article, je lis
    "Plus de 20 % de la population française ne possède qu’une maîtrise limitée de la langue réduite dans ses ambitions et dans ses moyens : 600 à 800 mots, quand il nous en faudrait en moyenne 5 000 à 6 000 pour accepter et tenter de comprendre nos différences."

    Combien une personne vocabulairement utilise-t-elle de mots ? Combien en comprend-elle ? Qu'en est-il des gens les moins ou les plus cultivés ? Et d'ailleurs le nombre de mots qu'elle connaît est-il corrélé au niveau de culture d'une personne ? Vous me direz que je n'ai qu'à dire ce que j'entends par culture !
  • Sur le "buzz" autour du sujet "Expliquer", je crois que :

    -ça fait du bien à plein de gens d'exotiser les khâgneux/ses et les normalien-ne-s. En surjouant l'étonnement, voire le mépris, vis-à-vis de ce sujet, on alimente ses propres fantasmes sur l'ENS et la khâgne, comme endroits peuplés de gens qui n'ont rien à voir avec le commun des mortels et qui planchent 6h sur un sujet débile ;
    -ça reflète aussi une conception naïve et populaire de la philosophie, selon laquelle aucune compétence ne serait nécessaire pour en faire et pour en parler : dès lors, tout sujet un peu complexe est nécessairement un sujet tordu, bizarre, etc., puisque le quidam ne sait pas par quel bout le prendre. Qu'on songe à la complaisance avec laquelle les hommes et femmes politiques bavardent sur les sujets de philo à chaque session du bac...
  • Pour moi, ce sujet n'a rien d'exotique, ni non plus de bien nouveau.
    On peut aussi bien (ou mal) disserter sur "Expliquer " que sur "Le concept".
    A une époque déjà lointaine, j'étais aussi tombée à l'oral de philosophie de l'ENS sur un sujet-mot : "sauvage".
    On n'en faisait pas tout un plat.
  • Je suis bien d'accord.
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