Exercice sur les pronoms relatifs

Bonjour à tous,
j’aimerais qu'on puisse éclaircir la différence entre où et préposition + lequel (laquelle...).
Par exemple :
Ne le jetez pas ! C’est le papier __________ il a inscrit son numéro de téléphone. (où ou sur lequel ?)
Les panneaux __________ les grévistes avaient collé leurs affiches étaient immenses. (où ou sur lesquels ?)
Le toit __________ je suis monté l’autre jour était en mauvais état. (où ou sur lequel ?)
La porte __________ sont entrés les cambrioleurs était mal fermée. (par où ou par laquelle ?)
( Ici, je pense que si c’est par où, on signifie que c’est par la porte que les cambrioleurs sont entrés, pas par un autre endroit ; si c’est par laquelle, on veux dire que c’est par cette porte-là que les cambrioleurs sont entrés, pas par une autre porte. De même pour les trois premières phrases. Je ne sais pas s'il existe cette différence.)

Le spectacle __________ vous vouliez aller a été annulé. (où ou auquel?)

Le milieu __________ il vit exerce sur l’enfant une grande influence. (où ou dans lequel?)



Dans la phrase suivante, c’est apporter ou emporter ?
Ce soir, je compte ______ une bonne bouteille chez Paul.

Merci

Réponses

  • Voici mes propositions
    Ne le jetez pas ! C’est le papier sur lequel il a inscrit son numéro de téléphone.
    Les panneaux sur lesquels les grévistes avaient collé leurs affiches étaient immenses.
    Le toit sur lequel je suis monté l’autre jour était en mauvais état.
    La porte par où sont entrés les cambrioleurs était mal fermée.
    Selon moi, le La article défini précise la porte quelque soit l'expression utilisée.

    Le spectacle auquel vous vouliez aller a été annulé.

    Le milieu dans lequel il vit exerce sur l’enfant une grande influence.

    Je réserverais le à l'indication d'un lieu géographique.
    C'est pourquoi je pense que le où peut convenir dans la phrase du cambriolage.

    Ce soir, je compte emporter une bonne bouteille chez Paul.
    il me semble que je réserverais apporter avec la préposition à Paul
  • Bonjour Paulang,
    Tout d'abord merci de votre réponse rapide.
    Mais pour la phrase :
    La porte par où sont entrés les cambrioleurs était mal fermée.
    Pourquoi pas "par laquelle", ou bien les deux vont ici?

    Le toit sur lequel je suis monté l'autre jour était en mauvais état.
    Il s'agit bien ici d'un endroit, alors pourquoi pas "où"?

    J'ai beaucoup aimé le pays où j'ai passé mes vacances.
    peut-on dire "le pays dans lequel"?

    Merci
  • Tout d'abord, je précise que le français est chez moi plus intuitif qu'intellectuel.

    Pour la phrase relative au
    - cambriolage : les deux sont acceptables, je pense. Il suffit de se rendre jusqu'à la porte.
    - toit : je ne mettrais en aucun cas . S'il s'agit, en effet, d'un lieu , il me semble cependant que l'action prévaut. Je suis monter sur le toit.
    - pays : je mettrais . Je ne dis pas que dans lequel est impossible, mais il me semble moins à propos.

    Attendez de voir comment des pros expliqueront les différents emplois.
  • Jinying a écrit:
    Dans la phrase suivante, c’est apporter ou emporter ?
    Ce soir, je compte ______ une bonne bouteille chez Paul.
    Merci
  • Et que proposez-vous Hippocampe ? Paul, c'est moi-même. :P
  • Je ne sais pas, je répète cette question qui m'intéresse.
  • où convient partout et il est utilisé plus fréquemment que préposition + lequel

    Sans contexte :
    Ce soir, je compte apporter une bonne bouteille chez Paul.
    Apporter : Porter avec soi quelque chose en venant dans un lieu : N'oubliez pas d'apporter vos disques.
    Porter ou transporter quelque chose jusqu'à un lieu, en particulier pour le remettre à quelqu'un qui s'y trouve : Un jeune homme a apporté ces fleurs.

    Par contre, si Hippocampe prononce la phrase chez lui, on peut avoir
    Ce soir, je compte emporter une bonne bouteille chez Paul.
    Emporter : Prendre quelque chose avec soi en quittant un lieu : Il est sorti sans emporter ses clés.
    Prendre quelque chose avec soi en allant quelque part, l'y transporter : Emporte tout ça dans ta chambre. Les cambrioleurs ont emporté tous les bijoux.
  • Jinying, vous privilégierez la réponse d'Anne.

    A titre personnel, je pense que le est dans bien des cas, employé abusivement. Je le considère comme une facilité de langage.
    Dans les phrases proposées, il en est pour lesquelles je ne l'utiliserais en aucun cas, sauf jours de grande paresse.
  • Merci, Anne, je ne savais pas.
    En somme c'est comme émigrer et immigrer : on dit souvent (certaines personnes du moins) l'un pour l'autre car l'un va avec l'autre mais l'un n'est pas l'autre.
  • Merci, c'est beaucoup plus clair maintenant!Bonjour,
    voilà une question concernant le pronom relatif.

    Pour la phrase suivante:

    de quoi ou dont ?

    Il voit pleurer l'enfant, _______ il s'émeut.

    on peut remplir le trou par " de quoi, c'est ce dont, c'est ce de quoi ou ce de quoi"?

    Il a été renvoyé, _______ il n'avait jamais pensé.
    " ce à quoi, c'est ce à quoi"
    S'il tous les deux vont bien ici?
  • 1- Excepté de quoi tout me semble possible. Vous pouvez même rajouter ce dont et c'est de cela qu'.
    Il serait quand même moins vicieux d'écrire : Il voit pleurer l'enfant et s'en émeut. :)

    Remarque : en présence de c'est je verrais mieux voir. il s"émeut de voir pleurer l'enfant.
    De plus, si l'on garde il voit, je me demande si un point ou un deux-points ne serait pas plus approprié qu'une virgule.

    2- On doit pouvoir mettre les deux avec les mêmes remarques que pour 1-

    Attendre l'avis des pros.
  • Il voit pleurer l'enfant, ce dont il s'émeut.
    Il a été renvoyé, ce à quoi il n'avait jamais pensé.
  • paulang a écrit:

    Il serait quand même moins vicieux d'écrire : Il voit pleurer l'enfant et s'en émeut. :)

    Disons beaucoup moins lourd et bien plus fluide. Mais la grammaire pure et dure n'a pas pour vocation d'alléger la langue. Dommage.
  • pour ces deux tournures, je comprends bien:
    Il voit pleurer l'enfant, c'est ce dont il s'émeut / c'est de cela qu'il s'émeut.

    mais les constructions des deux phrases suivantes sont pareilles:

    Il a été renvoyé, ce à quoi il n'avait jamais pensé.

    Il voit pleurer l'enfant, ce de quoi il s'émeut.

    Est-il obligatoire de remplacer "de quoi" par "dont"?
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Il a été renvoyé, ce à quoi il n'avait jamais pensé.
    Il voit pleurer l'enfant, ce de quoi il s'émeut.


    1) Les constructions ne sont pas tout à fait semblables. Dans la première, "ce" renvoie clairement à "il a été renvoyé".
    Dans la seconde, "ce" renvoie-t-il à toute la proposition principale "il voit pleurer l'enfant" (comme dans la première phrase) ou seulement au fait que l'enfant pleure, ce qui justifie son émotion ? La personne s'émeut-elle de ce qu'elle voit l'enfant pleurer ou de ce que l'enfant pleure ? La nuance est subtile.

    2) La première construction est classique : ce à quoi, ce en quoi, ce par quoi, ce sur quoi, ce sans quoi, ce pourquoi, etc.
    En théorie, ce de quoi est tout à fait acceptable et est parfois utilisé, mais en pratique, il est souvent remplacé par ce dont. Un tel remplacement n'est pas possible pour les autres exemples.

    À mon avis, il est -- ou plutôt "était" -- tout à fait correct d'écrire :
    Il voit pleurer l'enfant, ce de quoi il s'émeut.
    et même :
    Il voit pleurer l'enfant, de quoi il s'émeut.
    Mais ces tournures, autrefois courantes dans la langue des XVIe et XVIIe siècles, paraissent aujourd'hui désuètes, et semblent même incorrectes à certains qui ne les ont pas "dans l'oreille", faute de les entendre.
    Voir aussi le fil :
    https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic30348-ce-a-quoi-et-ce-de-quoi.html
    et cette page :
    http://research.jyu.fi/grfle/607.html
  • Bonjour Lamaneur,
    Merci de votre réponse,
    donc, l'expression "de quoi" est utilisé principalement après voici, voilà avec l'élipse de "ce".
    Dans les autres cas, on prépère "ce dont".

    mais quand même on peut faire le choix entre les trois tournures, c'est bien ça?
    Il voit pleurer l'enfant, ce dont il s'émeut.
    Il voit pleurer l'enfant, ce de quoi il s'émeut.
    Il voit pleurer l'enfant, de quoi il s'émeut.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    donc, l'expression "de quoi" est utilisé principalement après voici, voilà avec l'ellipse de "ce".
    Voilà de quoi il s'agit peut quand même se dire voilà ce dont il s'agit.
    "De quoi" s'utilise aussi dans de nombreux autres contextes :
    Je n'ai pas de quoi payer. De quoi s'agit-il ? Je ne sais pas de quoi demain sera fait.Etc.

    mais quand même on peut faire le choix entre les trois tournures, c'est bien ça?
    Il voit pleurer l'enfant, ce dont il s'émeut.
    Il voit pleurer l'enfant, ce de quoi il s'émeut.
    Il voit pleurer l'enfant, de quoi il s'émeut.
    En théorie, oui, mais seule la première est usuelle, les autres paraissent, comme je l'ai expliqué, archaïques, désuètes.
    En revanche, il y a aussi d'autres possibilités, avec d'autres constructions :
    Il voit pleurer l'enfant, ce qui l'émeut.
  • Merci de votre réponse et de votre patience!
  • lamaneur a écrit:
    Dans la seconde, "ce" renvoie-t-il à toute la proposition principale "il voit pleurer l'enfant" (comme dans la première phrase) ou seulement au fait que l'enfant pleure, ce qui justifie son émotion ? La personne s'émeut-elle de ce qu'elle voit l'enfant pleurer ou de ce que l'enfant pleure ? La nuance est subtile.

    Nuance subtile : Peut-on s'émouvoir de ce qu'on ignore ? L’émotion résulte, me semble t-il, que de ce que l'on sait et peu importe le moyen de cette connaissance. "ce" renvoie bien à toute la proposition principale.
  • Bonjour,
    j'ai lu des phrases comme ça:

    Ce sont des choses à quoi vous ne prenez pas garde.
    Ce sont des choses auxquelles nous sommes confrontés quotidiennement.

    donc, si l'antécédent est "chose", "quoi" et le pronom composé "lequel" conviennent tous les deux?

    Merci
  • Je ne sais s'ils conviennent tous les deux, mais il est certain que à quoi est dans la première phrase une horreur. Il donne l'impression de rechercher un complément d'objet qui en plus n'est pas là. Et comble de l'horreur, ça n'a aucun genre. :(

    Ce sont des choses auxquelles vous ne prenez pas garde.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Ce qui constitue une horreur pour Paulang est, pour d'autres, un tour soutenu et littéraire. C'est d'ailleurs une phrase qui vient directement du dictionnaire de l'Académie !
    http://www.cnrtl.fr/definition/academie8/quoi
    La 9e édition n'a pas encore dit son mot. Il est possible, voire probable, que les exemples seront modifiés, car le tour a un peu vieilli.
    Je ne vois pas bien en quoi [sic] le fait que "ça n'ait aucun genre" peut ajouter à l'horreur. Pour ma part, j'y trouve de la légèreté, de la concision et de l'élégance ! Mais des goûts et des couleurs...
    Donc oui, "quoi" peut convenir, mais dans un contexte recherché.
    Jinying, voici une petite collection d'avis sur la question, colligée par Dupré. Voyez par exemple l'avis de Le Gal qui trouve correcte la phrase "Voilà de bien belles choses à quoi je vais rêver".

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  • Un grand merci à Paulang et à Lamaneur,
    Maintenant, les emplois de "quoi" sont beaucoup plus clairs que jamais.
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