Le pacte autobiographique est-il obligatoire ?

Bonsoir,

C'est une simple question, comme ça...

J'ai lu:
Autobiographie: l'auteur, lui même narrateur de son récit, raconte sa propre vie a posteriori, en suivant l'ordre chronologique: il propose un pacte au lecteur, en lui promettant d'être sincère.
Donc, dans toutes les autobiographies il y a présence d'un pacte?

Parmis les seules que j'ai lu, ils étaient présents.

Merci.
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Réponses

  • En principe l'écrivain est sincère
    Mais comme personne ne peut vraiment vérifier, on est bien obligés de lui faire confiance
  • Ok merci.
    Bonne soirée.
  • Oui, je suis d'accord avec toi Léah. Mais, la question est tout autre... Furi0u5 aimerait savoir si dans toutes les autobiographies, l'auteur met en place ce pacte autobiographique ? Si c'est un peu comme une "règle" pour pouvoir écrire une autobiographie ?
    Par exemple, y avait il un pacte autobiographique dans Les Confessions de Saint Augustin ?
  • Ah oui bonne remarque Joachim, j'avais même pas remarqué moi même.
    En fait, les auteurs concoivent-ils toujours un pacte autobiographique, même si ils sont sincères? Est ce qu'il y a des auteurs qui sont sincères mais qui ne le précisent pas?
  • EdyEdy Membre
    Bonsoir !

    Je n'ai rien sur ce pacte exprès ou tacite.
    Mais voici quelques citations quand même :

    * Jamais je ne pourrai écrire mes mémoires, je mens trop. (MARCEL ACHARD)
    * L'autobiographie est encore le meilleur moyen qu'on ait trouvé pour dire toute la vérité à propos des autres. (PIERRE DANINOS)
    * Je suis très sincère sur moi-même dans ce livre. Je parle de ma première erreur à la page 850. (HENRY KISSINGER)
    * Il est si facile d’écrire ses souvenirs quand on a une mauvaise mémoire. (ARTHUR SCHNITZLER)
    * C’est dans ses mémoires qu’un écrivain met le moins de souvenirs. (GEORGES DUHAMEL)
    * Une autobiographie révèle généralement que tout va très bien chez son auteur, sauf la mémoire. (FRANKLIN JONES)
  • L'auteur écrit pour des lecteurs il sait qu'il va être juger la tentation est forte pour se peindre meilleur que l'on est. L'auteur ne peut pas tout raconter de sa vie donc il est obliger d'effectuer des choix. Il veut être sincère mais il peut déformé la réalité des délibérément ou a cause de la mémoire ...

    N'oubliez pas qu'il ya des obstacles dans l'autobiographie :
    problème de mémoire
    problème de choix
    problème de sincérité
    problème d'intérêt
  • la sincérité ou la vérité?
    c'est ça la vraie question...beaucoup d'auteur se disent sincére mais nous disent-ils toutes la vérité?
    Par exemple dans Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand aucun de ses souvenirs sont exactes!
    Alors le pacte de Lejeune sert à quoi concrétement?
  • Il fort probable que l'auteur dise la vérité...
    Mais on peut dire la vérité de manière de différente manière et c'est là que tout se joue !

    Devant un tribunal, lors qu'un procès, on fait un serment : "Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité". C'est un peu se que fait l'auteur avec le pacte autobiographique.
    Mais l'auteur peut dire la vérité de la manière dont il veut, je m'explique...



    Prenons deux exemples :

    * Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand (autobiographie).
    Les soirées d'automne et d'hiver étaient d'une autre nature. [...] si le silence nous avait opprimés, il nous le payait cher.
    Et Chateaubriand de Ghislain de Diesbach (biographie).
    Le portrait de Chateaubriand a laissé de son père est si connu [...] Comment n'y a-t-il pas pensé ?"
    Ces deux textes exposent la même réalité mais de deux manières différentes.
    Dans l'extrait de Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand décrit son père comme "un spectre", sans coeur (car il le terrorise ainsi que sa soeur).
    Or dans le passage de la biographie de Ghislain de Diesbach, cette même personne, c'est à dire le père, est décrite comme sentimentale, souffrante pour le bonheur de sa famille, bref comme un "coeur".

    Voila un exemple qui montre beaucoup de chose. D'une, le problème de mémoire (peut être que Chateaubriand a été marquer que par l'aspect péjoratif de son père). De deux, c'est peut être dans son intérêt de cacher une partie de la vérité ? Mais la déduction la plus importante est que l'auteur peut jurer de dire rien que la vérité, mais pas forcément toute la vérité.



    * Les Confessions (livres I à IV) de Jean-Jacques Rousseau.

    Dans ses Confessions, Jean-Jacques Rousseau met en place un pacte autobiographique. Ce qu'il faut noter dans Les Confessions, c'est que les aveux que fait Rousseau, se situe à la fin de chaque livre car en fait, il espère que le lecteur prêtera moins attention à ces "erreurs" de jeunesse. Mais le plus important, c'est que dès que Rousseau fait un aveu, il trouve toujours des circonstances atténuantes. [Par exemple, l'histoire du peigne (livre I), il va farouchement nier qu'il est le coupable alors que ca ne peut être que lui. Dans cette exemple là, il essaye de toucher le lecteur en lui disant qu'il est puni à tort !] Donc, la déduction qu'on peut avoir sur ce texte est que l'auteur peut jurer de dire toute la vérité, mais pas forcément rien que la vérité.



    Pour conclure, on peut dire que l'auteur sait qu'il va être juger par le lecteur et de ce fait, il veut montrer la "meilleur image de lui". Du coup, il tente de "mélanger" le vrai et le faux pour pourvoir en tirer la "meilleur image possible de lui" et de pourvoir marquer son nom dans le futur. mais la seul chose dont ils ne savaient pas (et qu'ils ne pouvaient pas prévoir), c'est que le lecteur moderne (avec le recul) est capable de discerner ce qui est faux (ou atténué).



    J'espère que mon petit topo vous a plu... :)
    Et en espère également avoir été plus ou moins clair dans mes explications et mes idées.
    En tout cas, je suis prenant pour toutes les remarques (quelles soient bonnes ou pas), pour pouvoir améliorer (ou corriger) mes connaissances !
  • Néanmoins, il me reste un point à éclaircir...
    jjoachim3 a écrit:
    Oui, je suis d'accord avec toi Léah. Mais, la question est tout autre... Furi0u5 aimerait savoir si dans toutes les autobiographies, l'auteur met en place ce pacte autobiographique ? Si c'est un peu comme une "règle" pour pouvoir écrire une autobiographie ?
    Par exemple, y avait il un pacte autobiographique dans Les Confessions de Saint Augustin ?
    Merci d'avance pour vos réponses... ;)
  • merci pour votre démonstration jjoachim3...
    cela m'aide bcp et c'est vrai que quand on jure au tribunal c'est un peu la même chose
    quoique le témoin est obligé de répondre au question sous une pression du tribunal si non vérité mais un auteur reste assez libre sur ses livres et ses engagements et lui seul décide de dire toute ses pensées ou dans dissimulées quelques unes...Mais outre cette suggestion la démonstration que vous avez faite est trés réaliste
  • araara Membre
    en principe, mais pas toujours, on peut se peindre sous un jour valorisant, la tentation est forte
  • « Pour qu'il y ait une autobiographie, il faut que l'auteur passe avec ses lecteurs un pacte, un contrat, qu'il lui raconte sa vie en détail, et rien que sa vie. »
    Ma question est la suivante, connaissez-vous une autobiographie où l'auteur ne passe pas un pacte avec son lecteur ?

    Personne ne peut m'aider alors ? :|
  • Tu veux dire une autobio où l'auteur déclare délibérement qu'il ment ?
    parce que sinon, on n'a aucun moyen de savoir s'il est sincère entièrement et partout
  • aaahh d'accord... J'avais pas bien compris cette histoire de pacte autobiographique ! En fait, l'auteur n'écrit pas explicitement "je dis la vérité sur mon mon enfance, croyez moi !". Il le fait sous entendre et espère obtenir la confiance du lecteur. C'est bien ca ? Je ne me trompe pas ?
  • opusopus Membre
    Bonsoir tout le monde,

    Pouvez-vous m'éclaircir la mémoire ?

    Pourriez-vous prendre un exemple précis comme l'incipit des Confessions de Rousseau :d :

    En quoi Rousseau dans ce passage fait-il son pacte autobiographique?

    Merci beaucoup ;)

    NB :
    Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi.
    Moi seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
    Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra ; je viendrai ce livre à la main me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire ; j'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus, méprisable et vil quand je l'ai été, bon, généreux, sublime, quand je l'ai été ; j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Etre éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables : qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cœur aux pieds de ton trône avec la même sincérité ; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : je fus meilleur que cet homme-là.
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