Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour,
j'ai un corpus de poème
- " La pipe", Baudelaire publie (Les Fleurs du mal)
- " Fable " (Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien) Alfred Jarry
- " L'Appareil du téléphone " (Pièces) Francis Ponge
La question est "Pourquoi les a-t-on rassemblé dans un même corpus ?"
Parce-qu'ils donnent une vision différente/paradoxale du réel/du quotidien bien qu'ils n'aient pas tous la même forme. "La pipe" est un sonnet classique alors que les autres sont beaucoup plus libres. Tous personnifient/humanise leurs éléments-héros/un objet du quotidien (la pipe, le homard, le corned-beef et le téléphone). Ponge va même jusqu'à en faire la célébration ("prodige", ...). Baudelaire aussi ? En présentant la pipe comme une mère, une guérisseuse... ?
Le problème, c'est que ce que j'ai compris ne permet pas de faire un plan en 2 axes et 3 sous-parties :'(

Pouvez-vous m'aider stp ?
La Pipe

Je suis la pipe d'un auteur;
On voit, à contempler ma mine
D'Abyssinienne (1) ou de Cafrine (2),
Que mon maître est un grand fumeur.

Quand il est comblé de douleur,
Je fume comme la chaumine
Où se prépare la cuisine
Pour le retour du laboureur.

J'enlace et je berce son âme
Dans le réseau mobile et bleu
Qui monte de ma bouche en feu,

Et je roule un puissant dictame (3)
Qui charme son cœur et guérit
De ses fatigues son esprit.

1. Habitante d'Abyssinie (actuelle Ethiopie)
2. Terme créole désignant une descendante d'esclaves.
3. Substance analgésique. Par métaphore ici, baume qui adoucit et apaise la souffrance morale.
Le homard et la boîte de corned-beef

Le homard et la boîte de corned-beef que portait le docteur Faustroll en sautoir
Fable
Une boîte de corned-beef, enchaînée comme une lorgnette,
Vit passer un homard qui lui ressemblait fraternellement.
Il se cuirassait d'une carapace dure
Sur laquelle était écrit à l'intérieur, comme elle, il était sans arêtes, (Boneless and economical) ;
Et sous sa queue repliée
Il cachait vraisemblablement une clé destinée à l'ouvrir.
Frappé d'amour, le corned-beef sédentaire
Déclara à la petite boîte automobile de conserves vivante
Que si elle consentait à s'acclimater,
Près de lui, aux devantures terrestres,
Elle serait décorée de plusieurs médailles d'or.
L'appareil du téléphone

Lorsqu'un petit rocher, lourd et noir, portant son homard en anicroche, s'établit dans une maison, celle-ci doit subir l'invasion d'un rire aux accès argentins, impérieux et mornes. Sans doute est-ce celui de la mignonne sirène dont les deux seins sont en même temps apparus dans un coin sombre du corridor, et qui produit son appel par la vibration entre les deux d'une petite cerise de nickel, y pendante.
Aussitôt, le homard frémit sur son socle. Il faut qu'on le décroche : il a quelque chose à dire, on veut être rassuré par votre voix.
D'autres fois, la provocation vient de vous-même. Quand vous y tente le contraste sensuellement agréable entre la légèreté du combiné et la lourdeur du socle. Quel charme alors d'entendre, aussitôt la crustace détachée, le bourdonnement gai qui vous annonce prêtes au quelconque caprice de votre oreille les innombrables nervures électriques de toutes les villes du monde !
Il faut agir le cadran mobile, puis attendre, après avoir pris acte de la sonnerie impérieuse qui perfore votre patient, le fameux déclic qui vous délivre sa plainte, transformée aussitôt en cordiales ou cérémonieuses politesses... Mais ici finit le prodige et commence une banale comédie.
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Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir,

    Pourquoi deux axes et trois sous-parties ?
    Ce que tu as trouvé est très pertinent.

    Ce que tu pourrais développer est bien sûr un regard nouveau sur la réalité :
    - un refus utilitariste,
    - une fantaisie qui frise parfois l'absurde,
    - un enchantement de la réalité, l'accès au registre merveilleux,
    - l'aspect onirique prononcé,
    - l'étrangeté,
    - la volonté de casser les codes, les assurances rationnelles,
    - le recours systématique à des procédés métaphoriques qui produisent des glissements de sens,
    - pour les 2e et 3e textes, une forme revisitée, fable et mode d'emploi, pour produire une transgression esthétique (mélange des genres)

    A partir de ces constatations, essaie deux regroupements qui répondront à la question posée.
  • AmmyAmmy Membre
    Il s'agit d'une question sur corpus, qui est notée sur 4 points au bac : il n'est pas demandé de faire un plan de dissertation. Tu développes et illustres tes idées par quelques citations, tu t'organises en paragraphes (2, 3 ou 4, sans sous-parties), le tout en 1 page et demie environ.

    A nouveau, il ne s'agit pas d'une dissertation, tu n'as pas à faire un I et un II avec 3 sous-parties chacun ! Tu confonds question sur corpus et dissertation (ou commentaire).
  • Bonjour, merci pour votre rapidité

    J'ai pensé à ce plan :

    I- Des poèmes différents en apparence...

    1. Un sonnet classique, appliqué
    2. Des formes plus libres
    3. ?

    II- ...avec au cœur, le quotidien.


    1. Les objets sont personnifiés...
    2. ...et vantés.
    3. Le refus utilitariste chez Jarry

    Il me manque une sous-partie mais je peux éventuellement enlever le "refus utilitariste chez Jarry". Quand pensez-vous ?

    Je sais que mes arguments sont simples et concis alors je préfère avoir des petits trois pour rallonger.
    "1. Les objets sont personnifiés..." sera surement ma plus grosse partie, pour être équilibré et/ou enlever les petits trois, je devrais en dire plus dans le I.

    Pouvez-vous m'aider ?

    - Je sais que le sonnet de Baudelaire est versifié en octosyllabe, les rimes sont embrassés puis suivies. Pourquoi ? Uniquement pour respecter la forme du sonnet ? Et pourquoi un sonnet d'ailleurs ?

    - Les vers de Jarry ne comportent pas un nombre fixe ou invariable de syllabes. La seule contrainte du poème est le retour à la ligne. Enfin, Ponge écrit en prose. Pourquoi ? Pour d'emblée prévenir les lecteurs "Mon poème n'est pas conventionnel, il est même plutôt original, regardez." ?

    Merci beaucoup
  • AmmyAmmy Membre
    Je répète mon message : tu confonds avec la dissertation ou le commentaire. Tu n'as pas à faire un I et un II avec 3 sous-parties chacun en question sur corpus. Il me semble par ailleurs risqué de faire toute une partie sur leurs différences. Tu peux mentionner les différences mais la question porte uniquement sur ce qui les rapproche au delà justement des différences.

    Pour répondre simplement à ta question sur les vers : ils n'écrivent pas tous à la même époque. Au XXème le poème en vers libres et en prose se développe, il est normal que les formes s'éloignent de plus en plus des conventions et des formes fixes du passé. De plus les poèmes de Ponge se veulent proches du quotidien qu'ils dévoilent sous un autre aspect, la prose se rapproche du langage naturel et simple, tout en gardant sa part de poésie.
    Je ne comprends pas ta question sur les vers de Baudelaire. Pourquoi pas un sonnet ?
  • Baudelaire a écrit Petits poèmes en prose et Les Fleurs du mal où il y a pas mal de sonnets. Donc, il maîtrisait les 2 techniques, la prose et les vers. Pourquoi choisir les vers, le sonnet pour La pipe?

    C'est vrai que parler des différences quand la question est à l'opposé, c'est ... risqué. Que proposez-vous ? Je peux me permettre de ne faire que le II ? Les sous-parties seraient alors des parties, ce serait plus général et moins cadré sur le commentaire... C'est ça ?
  • AmmyAmmy Membre
    Ton II ne contient pas assez d'éléments pour être l'unique réponse. Tu devrais reprendre les pistes de Jean-Luc et les regrouper en 2 ou 3 paragraphes. Par exemple la mise en valeur des objets me paraît le paragraphe principal (dans lequel tu pourras parler de la personnification éventuelle, etc.) puis tout ce qui porte sur la fantaisie, l'humour, l'originalité peut être regroupé. Tu peux commencer le paragraphe ainsi : "Par ailleurs, les trois poètes cherchent à surprendre leur lecteur en renouvelant les codes et thèmes habituels de la poésie. Ils apportent de la fantaisie...". Là tu pourras préciser que Baudelaire choisit une forme traditionnelle contrairement aux deux autres. On peut souligner des nuances, des différences, mais pas faire toute une partie dessus si ce n'est pas la question.
    Il est peut-être possible de faire un troisième paragraphe sur l'aspect onirique, envoûtant, merveilleux, c'est à toi de voir si tu as assez de choses à dire sur ce point.
  • I - Le quotidien (ou le banal ?) est à l'honneur

    Les poètes font des objets du quotidien de véritables personnages.

    Personnification dans les 3 textes + le téléphone vu comme un "prodige"

    II- Le quotidien devient sous leur plume merveilleux
    III- Le quotidien devient drôle

    Je ne sais pas quoi mettre dans le II, et III.
    A l'aide :/Bonjour,
    j'ai un corpus de poème
    - " La pipe", Baudelaire publie (Les Fleurs du mal)
    - " Fable " (Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien) Alfred Jarry
    - " L'Appareil du téléphone " (Pièces) Francis Ponge

    La question est "Pourquoi les a-t-on rassemblé dans un même corpus ?"

    Parce-qu'ils donnent une vision différente/paradoxale du réel/du quotidien bien qu'ils n'aient pas tous la même forme. "La pipe" est un sonnet classique alors que les autres sont beaucoup plus libres. Tous personnifient/humanise leurs éléments-héros/un objet du quotidien (la pipe, le homard, le corned-beef et le téléphone). Ponge va même jusqu'à en faire la célébration ("prodige", ...).
    Baudelaire aussi ? En présentant la pipe comme une mère, une guérisseuse... ?

    Ce que ce que j'ai compris ne permet pas de faire un plan. Pouvez-vous m'aider stp ?

    J'ai pensé à

    I- Des poèmes différents en apparence...
    (Sonnet/poème libre/prose)
    II- ...avec au cœur, le quotidien.
    (Les objets sont personnifiés et vantés...)
    Mais parler des différences est peut-être HS si la question est "Pourquoi les a-t-on rapproché ?", non ?


    OU

    I - Le quotidien est à l'honneur
    (Les objets sont personnifiés et vantés...)
    II- Le quotidien devient sous leur plume merveilleux
    III- Le quotidien devient drôle
    Seulement je n'arrive pas à montrer que c'est merveilleux et drôle sans répéter mon I.

    Bonjour !

    J'ai un corpus de poème " La pipe", Baudelaire publie (Les Fleurs du mal), " Fable " (Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien) Alfred Jarry et " L'Appareil du téléphone " (Pièces) Francis Ponge. La question est "Pourquoi les a-t-on rassemblé dans un même corpus ?"

    J'ai pensé 2 plans que je n'arrive pas à compléter.
    I- Des poèmes différents en apparence...
    (Sonnet/poème libre/prose)
    II- ...avec au cœur, le quotidien.
    (Les objets sont personnifiés, ... Ponge va même jusqu'à en faire la célébration ("prodige") Baudelaire aussi ? En présentant la pipe comme une mère, une guérisseuse... ?)

    Comment étoffer mon I ?

    OU

    I - Le quotidien est à l'honneur
    (Les objets sont personnifiés et valorisés...)
    II- Le quotidien devient sous leur plume merveilleux
    III- Le quotidien devient drôle
    Seulement, je n'arrive pas à montrer que c'est merveilleux et drôle sans répéter mon I.
    Qu'est ce que je peux mettre dans II et III ?

    MERCI
  • Le regroupement peut se justifier (s'il était nécessaire ...)
    par
    - Un parti pris des choses. Des objets sortis du quotidien.
    - Une place donnée au fantasque et à l'imprévu.
    - L'esthétique classique mise à mal par une inventivité formelle libérée.
  • Un parti pris des choses. Des objets sortis du quotidien.

    Ce n'est plus le "maître" qui fume mais la pipe, vers 6.
    Le homard et la boîte de corned-beef ne sont pas dans la cuisine du dorteur Faustroll, il préfère "les porter en sautoir".
    Le téléphone perd son intérêt lorsqu'il fonctionne, "ici finit le prodige" vers 15.

    Une place donnée au fantasque et à l'imprévu.

    La pipe est vivante (verbes d'action).
    La homard et la boîte aussi. Le poème raconte leur rencontre/coup de foudre. On en oublie le docteur et la cuisine.
    Le téléphone est d'emblée associé à l'univers marin (métaphore filée du 1er paragraphe). Etonnant. Finalement, la technologie devient pour Ponge plus importante que les hommes identiques et ennuyeux. Ils rejouent inlassablement "une banale comédie" de "cordiales ou cérémonieuses politesses...".

    L'esthétique classique mise à mal par une inventivité formelle libérée.

    Baudelaire montre que le sonnet pourtant classique et rigoureux, peut sortir de l'ordinaire et amener de rêve.
    Jarry choisit une forme libre avec pour seul contrainte le retour à la ligne.
    Ponge sort de la versification. Il écrit en prose comme nous et prouve que la poésie pour infiltrer le quotidien à tout les degrés.

    Vous pouvez m'aider à étoffer ?
    Je fais toujours trop court. :/

    Merci :)
  • Tu as déjà bien structuré et étoffé, du moins je trouve. Il faudra justifier toutes tes assertions par des extraits, des exemples, des citations. Il faut rédiger, enchaîner, fluidifier ton développement mais "si tu as une plume", c'est parti ... :)
  • D'accord, merci :) mais pour le dernière axe, je vois pas ce que je peux mettre de plus... :/ Une idée ? Je ne peux même pas parler des rimes, il n'y en a que chez Baudelaire et je veux dire plus haut. "Tel mot est appuyé par tel rime"...
    Merci !
  • C'est que tu n'as pas poussé bien loin l'analyse formelle.
    Chez Jarry : vers libres, vers blancs, les sonorités (allitérations) ...
    Chez Ponge : la prose poétique, la métaphore filée, les paragraphes qui correspondent aux trois parties de l'objet ...
  • Merci pour votre rapidité :)

    Pour Ponge : Certains disent qu'on ne peut pas parler de prose poétique.
    "Il se distingue de la prose poétique, un autre genre littéraire, caractérisé par l'absence d'ordre ou de rythme (par opposition au vers syllabique, rimé, scandé par les coupes et les césures).
    Le poème en prose est habituellement libéré des contraintes métriques, du principe syllabique, des lexiques poétisés. Mais cette prose n'est pas un ensemble désordonné, bien au contraire (saturation phonique du poème par les assonances et allitérations, saturation sémantique, et équilibres rythmiques)."

    http://bmirgain.skyrock.com/3168800538-La-question-du-corpus-au-bac-Objet-d-etude-la-poesie.html

    Je ne sais pas repérer les allitérations. Je peux encore vous demander un coup de pouce ?

    Pour Jarry, les vers libres et blancs, je retiens. Merci :) Mais là encore j'ai du mal à repérer les allitérations.

    Quand vous dites "L'esthétique classique mise à mal par une inventivité formelle libérée." Formelle/libérée ce n'est pas contradictoire ?
  • Le homard et la boîte de corned-beef que portait le docteur Faustroll en sautoir
    Fable
    Une boîte de corned-beef, enchaînée comme une lorgnette,
    Vit passer un homard qui lui ressemblait fraternellement.
    Il se cuirassait d'une carapace dure
    Sur laquelle était écrit à l'intérieur, comme elle, il était sans arêtes, (Boneless and economical) ;
    Et sous sa queue repliée
    Il cachait vraisemblablement une clé destinée à l'ouvrir.
    Frappé d'amour, le corned-beef sédentaire
    Déclara à la petite boîte automobile de conserves vivante
    Que si elle consentait à s'acclimater,
    Près de lui, aux devantures terrestres,
    Elle serait décorée de plusieurs médailles d'or.

    Repère déjà l'allitération en C et essaie de définir l'effet produit.
  • Il se cuirassait d'une carapace dure
    Sur laquelle était écrit à l'intérieur, comme elle, il était sans arêtes,
    ??

    Il y a quelque chose avec les r ?

    Je vois pas l'effet :(
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