Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour à tous,

J'ai un devoir à rendre sur un passage de Voyage au bout de la nuit de Céline, il s'agit d'un commentaire guidé.
Il y a une question qui me pose problème... Je dois analyser les thèmes du passage en les liant entre eux et en m’appuyant sur une étude stylistique précise (en tenant compte des sonorités, des rythmes, des images, de la syntaxe et du lexique).

Je n'ai jamais fait ce type d'exercice encore, et j'ai du mal à comprendre comment je dois m'y prendre exactement pour analyser des thèmes.

Quelqu'un pourrait m'éclaircir un peu les idées ? :)

Réponses

  • Et quel est donc cet extrait ?
  • C'est le passage où Bardamu est en Amérique et qu'il se rend au cinéma car il n'arrive pas à dormir. Il remarque les femmes sur les affiches et les trouve parfaites. Il entre ensuite dans le cinéma pour voir son film et une actrice chante une chanson qui parle de solitude, ce qui lui suffit pour retourner à l'hôtel où il réussit enfin à s'endormir en pensant à elle.



    J'ai mis que le sujet principal est le moyen que Bardamu a trouvé pour soulager ses états d'âme et ses insomnies, c'est-à-dire le cinéma.
    Et comme thèmes, j'ai trouvé : le cinéma, les femmes, la beauté, le film, l'actrice, la vie intérieure et les difficultés de la vie...
  • Est-ce cet extrait ?
    Moi aussi j’ai été me traîner vers les lumières, un cinéma, et puis un autre à côté, et puis encore un autre et tout au long de la rue comme ça. Nous perdions de gros morceaux de foule devant chacun d’eux. J’en ai choisi un moi de cinéma où il y avait des femmes sur les photos en combinaison et quelles cuisses ! Messieurs ! Lourdes ! Amples ! Précises ! Et puis des mignonnes têtes par là-dessus, comme dessinées par contraste, délicates, fragiles, au crayon, sans retouche à faire, parfaites, pas une négligence, pas une bavure, parfaites je vous le dis, mignonnes mais fermes et concises en même temps. Tout ce que la vie peut épanouir de plus périlleux, de véritables imprudences de beauté, ces indiscrétions sur les divines et profondes harmonies possibles.

    Il faisait dans ce cinéma, bon, doux et chaud. De volumineuses orgues tout à fait tendres comme dans une basilique, mais alors qui serait chauffée, des orgues comme des cuisses. Pas un moment de perdu. On plonge en plein dans le pardon tiède. On aurait eu qu’à se laisser aller pour penser que le monde peut-être, venait enfin de se convertir à indulgence. On y était soi presque déjà.

    Alors les rêves montent dans la nuit pour aller s’embraser au mirage de la lumière qui bouge. Ce n’est pas tout à fait vivant ce qui se passe sur les écrans, il reste dedans une grande place trouble, pour les pauvres, pour les rêves et pour les morts. Il faut se dépêcher de s’en gaver de rêves pour traverser la vie qui vous attend dehors, sorti du cinéma, durer quelques jours de plus à travers cette atrocité des choses et des hommes. On choisit parmi les rêves ceux qui vous réchauffent le mieux l’âme. Pour moi, c’était, je l’avoue, les cochons. Faut pas être fier, on emporte d’un miracle ce qu’on peut en retenir. Une blonde qui possédait des nichons et une nuque inoubliables a cru bon de venir rompre le silence de l’écran par une chanson où il était question de sa solitude. On en aurait pleuré avec elle.

    C’est ça qui est bon ! Quel entrain ça vous donne ! J’en avais ensuite, je le sentais déjà, pour au moins deux journées de plein courage dans la viande. Je n’attendis même point qu’on ait rallumé dans la salle. J’étais prêt à toutes les résolutions du sommeil maintenant que j’avais absorbé un peu de cet admirable délire d’âme.

    Finalement, je ne crois pas que ce soit l'extrait qui te concerne.
    Ce n'est peut-être pas à nous de chercher ... :(
  • JehanJehan Modérateur
    Lunna, si tu nous donnais au moins la première phrase et la dernière phrase du passage ?
  • Bien sûr ce n'est pas à vous de chercher, je ne pensais pas que vous vouliez le texte entier.

    Mais oui c'est bien ce passage, par contre il manque la dernière partie donc c'est :
    Moi aussi j’ai été me traîner vers les lumières, un cinéma, et puis un autre à côté, et puis encore un autre et tout au long de la rue comme ça. Nous perdions de gros morceaux de foule devant chacun d’eux. J’en ai choisi un moi de cinéma où il y avait des femmes sur les photos en combinaison et quelles cuisses ! Messieurs ! Lourdes ! Amples ! Précises ! Et puis des mignonnes têtes par là-dessus, comme dessinées par contraste, délicates, fragiles, au crayon, sans retouche à faire, parfaites, pas une négligence, pas une bavure, parfaites je vous le dis, mignonnes mais fermes et concises en même temps. Tout ce que la vie peut épanouir de plus périlleux, de véritables imprudences de beauté, ces indiscrétions sur les divines et profondes harmonies possibles.
    Il faisait dans ce cinéma, bon, doux et chaud. De volumineuses orgues tout à fait tendres comme dans une basilique, mais alors qui serait chauffée, des orgues comme des cuisses. Pas un moment de perdu. On plonge en plein dans le pardon tiède. On aurait eu qu’à se laisser aller pour penser que le monde peut-être, venait enfin de se convertir à indulgence. On y était soi presque déjà.

    Alors les rêves montent dans la nuit pour aller s’embraser au mirage de la lumière qui bouge. Ce n’est pas tout à fait vivant ce qui se passe sur les écrans, il reste dedans une grande place trouble, pour les pauvres, pour les rêves et pour les morts. Il faut se dépêcher de s’en gaver de rêves pour traverser la vie qui vous attend dehors, sorti du cinéma, durer quelques jours de plus à travers cette atrocité des choses et des hommes. On choisit parmi les rêves ceux qui vous réchauffent le mieux l’âme. Pour moi, c’était, je l’avoue, les cochons. Faut pas être fier, on emporte d’un miracle ce qu’on peut en retenir. Une blonde qui possédait des nichons et une nuque inoubliables a cru bon de venir rompre le silence de l’écran par une chanson où il était question de sa solitude. On en aurait pleuré avec elle.

    C’est ça qui est bon ! Quel entrain ça vous donne ! J’en avais ensuite, je le sentais déjà, pour au moins deux journées de plein courage dans la viande. Je n’attendis même point qu’on ait rallumé dans la salle. J’étais prêt à toutes les résolutions du sommeil maintenant que j’avais absorbé un peu de cet admirable délire d’âme.[

    De retour au Laugh Calvin, malgré que je l'eusse salué, le portier négligea de me souhaiter le bonsoir, comme ceux de chez nous, mais je me foutais à présent de son mépris au portier. Une forte vie intérieure se suffit à elle-même et ferait fondre vingt années de banquise. C'est ainsi.
    Dans ma chambre, à peine avais-je fermé les yeux que la blonde du cinéma venait me rechanter encore et tout de suite pour moi seul alors toute sa mélodie de sa détresse. Je l'aidais pour ainsi dire à m'endormir et j'y parvins assez bien... Je n'étais plus tout à fait seul... Il est impossible de dormir seul...
  • Parmi les thèmes : les rêves , la beauté clinquante sur l'écran, les lumières qui attirent le papillon.
    Sorte de métaphore filée du voyage au bout de la nuit. Le cinéma comme la consolation du pauvre.
    L'ailleurs : quête vaine et nécessaire.
  • Merci beaucoup.
    Par contre pourriez vous m'expliquer la procédure pour analyser des thèmes ? Parce que je n'ai aucune idée vraiment de par où commencer et comment présenter la réponse etc... :(

    Désolé je suis vraiment dans le flou, ne me donnez pas les réponses mais juste la façon de s'y prendre parce que je ne voit vraiment pas et c'est bien le problème :/
  • Tu peux commencer, crayon en mai, par repérer toutes les occurrences du mot "rêve(s)". Voir si c'est localisé dans une partie du texte ou si le concept innerve tout l'extrait. Tu cherches ensuite à quoi il est associé : rêve de quoi ? de qui ? Quel lexique ? Quelle syntaxe ?
  • D'accord je pense que c'est plus clair pour moi maintenant !
    Merci beaucoup :)
  • Alors, bon travail ...
  • Merci ! Je vais essayer mais je ne suis pas sûre de moi du tout !
  • Bonjour,
    j'ai le meme devoir a rendre et tandis que j'ai acheve mon developpement ,je ne peux pas ecrire ma conclusion.C'est mon premier commentaire compose et je me sens un peu perdue.Est-ce que vous pouvez m'aider s'il vous plait?
  • Pour conclure le commentaire composé, il faut :
    rappeler la problématique de départ, synthétiser les réponses apportées dans les axes choisis et si on peut, proposer une ouverture pertinente.(sur l'œuvre ou sur une autre )

    Mais sans savoir quel a été ton développement, c'est bien difficile de t'aider.
  • Dans le corps du commentaire j'ai developpe les themes suivants:
    I. LE CINEMA
    1.Une machine a illusions
    2.Les lumieres du cinema contre l'obscurite de l'ame

    II.LA FEMME
    1.La beaute feminine vient remplir le vide provoque de la solitude
    2.La satisfaction sexuelle ,un moyen de rester a la vie.

    III.LES REVES
    1.La necessite de la presence des reves
    2.Les reves,un traitement contre la maladie de la solitude

    Tous les axes sont bases sur la problematique suivante:
    Comment le heros reussit-il se fuir de sa situation miserable provoquee par la solitude?

    Est-ce que vous pouvez me donner maintenant quelques consignes sur la conclusion?

    Merci beaucoup!!!!
  • Si le cinéma est un refuge pour l'errance et une formidable machine à rêves, il ne permet qu'un instant de couper, Bardamu de la réalité qui le rattrape. Le langage en témoigne. Bien sûr, il reste des images de femmes fantasmées, l'illusion pour parcourir ce voyage au bout de la nuit. Il est curieux de constater que le thème du cinéma, si cher à Céline puisqu'il a souhaité assez vite voir son roman adapté à l'écran, ait fait l'objet de tant de tentatives avortées. Comme si la langue de Céline résistait à l'image ...
  • Merci beaucoup!!!!Bonne journee!!!!!
  • Il est curieux de constater que le thème du cinéma, si cher à Céline puisqu'il a souhaité assez vite voir son roman adapté à l'écran, ait fait l'objet de tant de tentatives avortées.

    Je remarque à la relecture que ma phrase est bancale ... Sois mon correcteur ... :)
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