Grammaire française Participe passé

Bonsoir,

Un sujet me gêne : j'hésite souvent entre la prononciation douce et la prononciation dure de gn (gnieu ou gueuneu) (les mots douce et dure sont de moi).
Je viens de regarder les pages
https://fr.wikipedia.org/wiki/Prononciation_du_fran%C3%A7ais
http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?f=2&t=47696
http://www.francaisfacile.com/exercices/exercice-francais-2/exercice-francais-99679.php
http://forum.wordreference.com/showthread.php?t=1455668&langid=6
http://www.languefrancaise.net/forum/viewtopic.php?id=4209

d'où il ressort... pas mal de choses... dont peu de méthodes pour faire son choix quand on n'est pas fixé sur la prononciation d'un gn donné. Sauf dans les cas où l'étymologie influe, à condition d'avoir compris l'influence de cette étymologie et de connaître cette étymologie (comme pour s'y retrouver entre les deux prononciations du ch). Ne reste plus qu'à apprendre le dico par cœur pour chaque mot qui nous inspire un doute.

J'avais vaguement l'impression que le sens des mots pouvait avoir de l'influence sur le choix entre le gn mou et le gn dur. Exemple : les mots pugnace et pugnacité ont un sens dur et devaient inciter (selon moi...) à utiliser le gn dur. Mais il semblerait que la prononciation molle de pugnace soit correcte. De plus, le mot gnon est pour le moins cognant or on ne dit jamais "je vais te filer un de ces gueunons que tu n'oublieras pas".

Mon idée de répercussion de la dureté du sens du mot en gn sur la prononciation du gn n'était donc qu'un gentil délire de ma part ?

Réponses

  • Selon mon Larousse, la prononciation de GN est dure dans "pugnace" et "pugnacité". Elle est par contre molle dans "régner" et "ognon", ce dernier mot sans I depuis la réformette de 1990.

    Sinon, je ne vois pas d'autres solutions que le par-cœur. Nous sommes malheureusement ici dans le cas d'un graphème auquel peuvent correspondre deux phonèmes ou plus. Il y en a d'autres, par exemple le digramme CH de "chéri" et "chaos", EN dans "lycéen" et "couvent", TI dans "potions" et "partions", le H dans "les hommes" et "les héros", etc. Attendons patiemment la prochaine réforme ! :rolleyes:
  • Merci Spalding.

    Je trouve l'ognon plus mignon avec son i !
  • Oh oui, s'il te plaît, Spalding, une petite entorse à la réformette ! Revenons à nos oignons ! :)
    L'autre est si laid que mes doigts me font trop souffrir pour réussir à l'écrire, même au clavier. :(
  • Remarquez que si l'on écrit "pognon", pourquoi pas "ognon" ? Mais sinon rassurez-vous, cette réformette de 1990 est facultative : renouvo.org - Personne ne vous collera d'amende si vous écrivez "oignon". Idem d'ailleurs si vous revenez à l'orthographe du 16e siècle ou du Moyen Âge ! :P
  • JehanJehan Modérateur
    Justement, la graphie pour ce son au XVIe siècle était ign en trois lettres...
    Et Montaigne se prononçait "montagne".

    Quant à pognon, qui s'écrivait encore poignon en 1840, c'est un dérivé populaire de poigne (ou familièrement pogne). Le pognon, c'est ce qu'on empoigne...
  • Poignez vilain, il vous oindra ; oignez vilain, il vous poindra.

    Édition
    À l'époque lointaine de ce proverbe, on prononçait "ognez vilain" ? "pognez vilain" ?
  • JehanJehan Modérateur
    À l'époque lointaine de ce proverbe, on prononçait "ognez vilain" ? "pognez vilain" ?
    Oui, sans doute.

    Quant à Paul Fort, au XXe siècle, il utilise ici pour la rime la prononciation populaire de "empoigner" :
    Mais l'odeur de l'eau de Cologne mêlée au tabac à priser, quand je l'aspire, elle m'empoigne :
    je vois Napoléon Ier.


    Voir ce lien intéressant sur l'évolution de la prononciation de ign :
    http://www.sophiepiron.org/tag/evolution-prononciation/
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Jehan a écrit:
    Justement, la graphie pour ce son au XVIe siècle était ign en trois lettres...
    Quelquefois, plusieurs graphies gn/ign coexistent dans la même page, comme dans ce livre de 1586 :
    455720Capture.png
    https://books.google.fr/books?id=cwAcjyO3XnYC&pg=PT642&lpg=PT642&dq=agneau+aigneau&source=bl&ots=cK4E9vaPI6&sig=ManCiSJy9SyiS2iqjO-8drOYGCI&hl=fr&sa=X&ei=VfS9VMB-kO9oiqyA-As&ved=0CEMQ6AEwBg#v=onepage&q=agneau%20aigneau&f=false
  • Bien vu, Jehan & Lamaneur.

    Lamaneur, comment fais-tu pour mettre en évidence dans ton image et agneau et aigneau ?

    Trouve-t-on beaucoup de vieux textes imprimés où un mot donné est écrit de deux (ou plus ?) façons différentes ?

    J'en suis resté à mes instits qui nous disaient que si on faisait ça on était sûr de se planter quelque part. Mais aucune maison d'édition ne nous éditait.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    L'image est une copie d'écran et la mise en évidence en jaune est faite ici automatiquement lors de la recherche sur Google des deux mots agneau et aigneau.
    La constance dans l'orthographe est une préoccupation relativement moderne, particulièrement à partir du XIXe siècle. Donc oui, on trouve beaucoup de variantes orthographiques dans les livres imprimés anciens, mais pas toujours rassemblées en aussi peu de lignes que dans l'exemple ci-dessus.
    Autre exemple, campagne/campaigne :
    https://books.google.fr/books?id=R_daAAAAQAAJ&pg=RA1-PA188&dq=campagne+campaigne&hl=fr&sa=X&ei=xga-VJK7N8f4UP-7gegE&ved=0CC8Q6AEwAzha#v=onepage&q=campagne%20campaigne&f=false
  • Les variantes orthographiques ne sont pas tombées en désuétude : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=4659

    Rajoutez-y d'innombrables incohérences : "alourdir" (un L), mais "alléger" (deux L) / "abri" sans T pour "abriter", mais "débit" avec T pour "débiter" / "landaus" (pluriel S), mais "joyaux" (pluriel X) / "bateau" (sans accent), mais "château" (accent circonflexe) / les querelles des linguistes sur les accords du participe passé / etc, etc.

    Les orthographes de l'espagnol et de l'italien suivent ce principe : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Nous par contre, nous avons adopté le principe inverse : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Comme quoi nous sommes bien sûr beaucoup plus intelligents que nos cousins latins ! :P
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Spalding a écrit:
    Les variantes orthographiques ne sont pas tombées en désuétude
    Mais elles sont rarement utilisées indifféremment à l'intérieur d'un seul et même ouvrage, à la différence de ce qui se passait jadis.
  • C'est en effet un petit progrès. Continuons dans cette voie...
    Il reste encore du chemin à faire ! :rolleyes:
  • Cf la notion de transparence orthographique d'une langue :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Transparence_orthographique

    Extrait :
    "Enfin l’anglais est considéré comme très peu transparent ou orthographiquement opaque car la correspondance entre phonèmes et graphèmes est très variable (ainsi la suite de lettres ough peut se prononcer d’une dizaine de façon différentes."
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