Peut-on dire qu'il existe "des esprits littéraires" ou bien des "esprits scientifiques" ?

Peut-on dire qu'il existe "des esprits littéraires" ou bien des "esprits scientifiques"?
Si oui, peut-on dissocier l'esprit artistique de l'esprit littéraire?
N'est-ce pas très réducteur?
Peut-on être excellent partout?
Merci :D
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Réponses

  • BTNBTN Membre
    En Occident (en particulier en France), le terme "scientifique" a pris un sens étonnant. Aujourd'hui, il renvoie -dans l'imaginaire collectif- aux sciences exactes ou pures (mathématiques, physiques, etc.). En Orient, il a gardé son sens premier ; la science renvoie au savoir lato sensu. Ainsi, un historien est un "scientifique", un "savant". En France, lorsque je traduis d'une langue sémitique (ou indo-européenne comme le persan) au français, je garde l’étymologie. Je ne trouve pas ce problème en anglais.

    Dites à un Français, qu'est-ce un "savant", un "chercheur" ? Il vous répondra : "un homme de science comme les mathématiciens, physiciens, etc."...
  • Je suis de plus en plus agacé par ce mur berlinois dressé constamment entre "scientifiques" et "littéraires" qui, dans un camp comme dans l'autre, est construit et maintenu par les filières générales du baccalauréat.

    Certes, la rivalité n'est pas nouvelle, mais cette catégorisation systématique m'agace. C'est oublier tout ce que doit la Science aux Arts et vice-versa.

    Etienne Klein en a très bien parlé dans une de ses chroniques de son Monde Selon, mais je ne retrouve plus le titre.
  • Peut-on être excellent partout?
    On le peut, mais c'est rare.
    Peut-on dire qu'il existe "des esprits littéraires" ou bien des "esprits scientifiques"?
    D'après ce que je peux observer sur ce forum, j'ai l'impression que oui, et il me semble qu'il est beaucoup plus facile à des scientifiques de s'intéresser à la littérature qu'à des littéraires de se mettre aux sciences (j'entends mathématiques, physique...)
    Le vice-versa de Korax ne me paraît pas si simple.
  • gabiana a écrit:
    il me semble qu'il est beaucoup plus facile à des scientifiques de s'intéresser à la littérature qu'à des littéraires de se mettre aux sciences (j'entends mathématiques, physique...)

    N'est-ce pas une fausse impression dûe au fait que les gens dits "bons partout" ont tendance à opter pour la filière scientifique au lycée afin de garder le plus de portes ouvertes pour leur orientation post-BAC ? Plusieurs de mes camarades de Terminale S avaient un profil littéraire plutôt que mathématique, et ils exercent aujourd'hui des métiers liés à l'art ou aux sciences humaines, voire aux langues, mais ils s'étaient entendu dire, à tort ou à raison, que la filière S valait mieux que les autres. Et c'était malheureusement vrai, à l'époque en tout cas.
  • BTNBTN Membre
    Vous avez raison hellsgate. Mes parents, étant des professeurs dans le domaine des sciences "pures", m'ont "obligé" à choisir la filière scientifique. Cela ne m'a pas déplu, mais en fin de compte je travaille maintenant dans le domaine des langues et du droit. J'ai juste perdu quelques années ; car il est difficile de s'affirmer et de contredire ses parents, même à l'âge adulte... :)

    L'esprit littéraire est indissociable de l'esprit scientifique. Je l'ai déjà expliqué.
  • N'est-ce pas une fausse impression
    Je ne crois pas, Hellsgate2007.
    Il me semble que tu as mal interprété mes propos, ou peut-être me suis-je mal exprimée.
    Bien sûr que tous les gens qui passent un bac S ne sont pas forcément des scientifiques dans l'âme.
    Mais il est facile à quelqu'un qui le fait de se tourner vers des études littéraires, alors que l'inverse est beaucoup plus rare.
    Je ne crois pas non plus BTN que tu aies perdu quelques années.
  • C'est vrai que les gens me regardent un peu comme un extraterrestre quand ils me voient lire du Feynman ou que j'essaye de leur parler de Schrödinger alors que j'ai passé un baccalauréat littéraire et une licence de lettres modernes. Comme si je franchissais une barrière infranchissable, celle d'un littéraire s'intéressant aux Sciences...

    Je ne suis pas vraiment d'accord avec vous dans le sens que je trouve que les deux camps sont absolument figés l'un contre l'autre. Combien de fois ai-je entendu un littéraire crier son abhorration pour les mathématiques ou un scientifique juger les Arts réservés aux rêveurs ou aux hippies. A cela s'ajoute la quasi non-rentabilité économique de la littérature dans notre société capitaliste, là où les Sciences ont pourtant la part belle.

    Je trouve que c'est regrettable et j'insiste : la Science a beaucoup enrichit les Arts et vice-versa.
  • Je trouve que c'est regrettable
    Sur ce point, je suis bien d'accord avec toi.
    On est loin alors de l'idéal rabelaisien.
  • BTN a écrit:
    En Orient, il a gardé son sens premier ; la science renvoie au savoir lato sensu. Ainsi, un historien est un "scientifique", un "savant".

    BTN, faites-vous du chinois ? Belle connaissance de l'Orient en tout cas !
  • En latin aussi. Scientia.
    En grec. σοφια.
  • C'est vrai, mais on le déduit plus facilement quand on connaît la mentalité des humanistes :D
  • gabiana a écrit:
    Il me semble que tu as mal interprété mes propos, ou peut-être me suis-je mal exprimée.
    Bien sûr que tous les gens qui passent un bac S ne sont pas forcément des scientifiques dans l'âme.
    Mais il est facile à quelqu'un qui le fait de se tourner vers des études littéraires, alors que l'inverse est beaucoup plus rare.

    Il me semble que nous disons donc la même chose.

    La filière S, étant surévaluée par rapport aux autres, attire donc une majorité de bons élèves, qu'ils soient des "littéraires" ou des "scientifiques". Donc quand vous dites qu'il est plus facile pour un élève de filière S de faire des études littéraires par la suite, vous parlez peut-être tout simplement d'un littéraire dans l'âme qui a opté pour la filière S afin de maintenir ses options ouvertes pour le futur.

    On ne peut pas vraiment généraliser et dire que les élèves de filière S sont plus doués pour tout. Parce que des matheux analphabètes qui traînent des pieds pour aller en cours de LV1 et ne comprennent rien à l'étude de textes, j'en ai connu, et à la pelle. Et ils sont bien plus nombreux que ceux qui lisent du Camus pour s'endormir.
  • Certes, il serait stupide de généraliser, tu as tout à fait raison.
    À mon époque, les S n'étaient tout de même pas analphabètes.
    Aujourd'hui, je connais beaucoup de lycéens qui obtiennent le bac L sans avoir la moyenne en français.
    Cherchez l'erreur !
    Tous n'ont pas choisi cette série par goût, mais par défaut.
    Ce n'est évidemment pas le cas, je suppose, des gens qui fréquentent ce site. :)
  • Je me permets de répondre , étant moi même actuellement en première scientifique je peux vous confirmer encore aujourd'hui ce contraste S/L . J'éprouve quand même un grand regret en voyant le peu d’intérêt que les élèves de ma classe portent a notre jolie langue . J'avais une certaine attirance pour la série littéraire mais face à mes parents , au manque cruel de matière scientifique en série L (logique me diriez vous mais problématique d'après moi ) et surtout aux débouchés limités face aux autres série je me suis vite résolu pour une S .
    Je me réfère donc à ma signature qui porte son intérêt dans ce cas .
  • JehanJehan Modérateur
    Mais Rabelais ne mettait pas de S à la fin de "Science"...
    C'était le savoir au sens large.
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