Fiches méthode Bac de français 2021

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Réponses

  • Merci Léah :)
  • Pardon Johnny, je me permets de m'immiscer dans cette conversation et de réagir discrètement à tes derniers propos concernant le plan et surtout "le message".
    Avant tout, il n'y a pas de "message dans un texte, quel qu'il soit! (Paul Valéry insiste particulièrement sur ce point "Il n'y a pas de vrai sens d'un texte" dit-il)

    Si tu considères qu'il y a un "message", il s'agit alors du texte lui-même car on ne peut pas dissocier d'un telle manière fond et forme : la forme participe également au "message".

    Ma professeur de Français te gronderait sévèrement si elle t'entendait parler de "message" :mad:

    Il y alors un sens qui est l'objet d'exégèses. Si j'avais un conseil à te donner, c'est de considérer avant tout le texte comme une unité linguistique, un texte qui jaillit de "l'humus silencieux" de l'écrivain, dirait Barthes; puis de faire des considérations d'ordre stylistique, titrologique... affinant ta perception du texte, ainsi que ton analyse.

    Voilà, j'espère ne pas t'avoir ennuyé ni dérouté, et surtout ne pas avoir dit d'inepties logorrhéiques comme je fais à mon habitude.
  • Voila, le bac est passé, on verra bien la note que j'aurai.
    Je pense cependant n'avoir pas trop mal réussi et vous remercie tous pour votre précieuse aide.
    Mes premières impressions sont les suivantes : j'ai oublié quelques figures de style importantes, j'ai fait une erreur sur une figure de style, je n'ai pas réussi à bien préciser qu'il y avait d'une part beaucoup de 'il' et de l'autre beaucoup de négations. Le reste reste convenable.
  • Quel était ton sujet Johnny ? je suis bien contente de tes impressions, pas beaucoup de bourdes !
  • Il y a certainement d'autres grosses bourdes...
    Ma prof m'a dit "si tu as fais l'impasse sur les hyperboles et les négations c'est bien dommage". De plus, la confusion de pléonasme (au lieu de hyperbole) pourra être pénalisante.

    Le sujet était un texte de La Bruyère : Les comportements "de l'homme".

    Je pense avoir trouvé quelques perles qui me remontent "le moral" :
    J'ai dit que le Roi Soleil était critiqué à travers un apologue très étudié au niveau de la langue où j'ai relevé des images très interessantes :
    "suivi à la trace", "donnait le reste de ses repas à ces convives", "gardait la meilleure chambre" = allusion au vécu du roi soleil.
    Par ailleurs j'ai repéré deux jeux de mots interessants où deux sens sont valables :
    "Il ne se servait que de ses mains [lors du repas]"
    "La sauce dégouttait"

    J'ai également beaucoup commenté le personnage de Ghoton (= glouton). J'ai étudié son portrait physique et psychologique. J'ai insisté sur le comportement de Louis XIV.

    Par ailleurs, j'ai étudié les destinataires du message :
    1) Esprit des lumières : appele à la Révolution de 1789 (lecteur contemporain)
    2) Valeur universelle : encore aujourd'hui il y a des inégalités sociales.

    Voila en gros ce qui est, d'après moi, pas mal trouvé.
  • Oui ça me paraît de bon aloi
    PS ne croyez pas que j'ai laissé tomber Johnny malgré ma promesse, j'ai eu des problèmes persos dont je lui ai fais part par MP
  • Léah, vous êtes vraiment d'une gentillesse exemplaire.
  • Pléonasme pour hyperbole : si tu as reconnu sans erreurs les autres hyperboles du texte, on ne t'en voudra pas trop pour celle-ci

    Je copie le texte et te mets mes idées, en linéaire, sans plus regarder ce que tu as fait

    Jean de La Bruyère, Les Caractères, « De l’homme »

    Gnathon ne vit que pour soi, et tous les hommes ensemble sont à son égard comme s’ils n’étaient point.
    parfait égoïsme
    Non content de remplir à une table la première place, il occupe lui seul celle de deux autres ;
    hyperbole je suppose (exagération)
    il oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie ;
    'pour lui " et "pour tte la compagnie " : la Bruyère insiste sur "Gothon le premier, les autres n'xiste,t pas"
    il se rend maître du plat, et fait son propre1 de chaque service : il ne s’attache à aucun des mets, qu’il n’ait achevé d’essayer de tous ; il voudrait pouvoir les savourer tous tout à la fois.
    égoïste et gourmand
    Il ne se sert à table que de ses mains ; il manie les viandes2, les remanie, démembre, déchire, et en use de manière qu’il faut que les conviés, s’ils veulent manger, mangent ses restes.
    gradation : on passe du gourmand au glouton (que tu as noté dans son prénom) et au dégoûtant
    Il ne leur épargne aucune de ces malpropretés dégoûtantes, capables d’ôter l’appétit aux plus affamés ; le jus et les sauces lui dégouttent du menton et de la barbe ; s’il enlève un ragoût de dessus un plat, il le répand en chemin dans un autre plat et sur la nappe ; on le suit à la trace.
    bonjour le tableau ! mais si comme le roi, il n'y a rien de majestueux là-dedans
    Il mange haut3 et avec grand bruit ; il roule les yeux en mangeant ; la table est pour lui un râtelier4 ; il écure5 ses dents, et il continue à manger.
    gradation dans le dégoûtant, il devient comme un animal (râtelier, roule des yeux, il ne se contrôle plus)
    Il se fait quelque part où il se trouve, une manière d’établissement6, et ne souffre pas d’être plus pressé7 au sermon ou au théâtre que dans sa chambre.
    Il n’y a dans un carrosse que les places du fond qui lui conviennent ; dans toute autre, si on veut l’en croire, il pâlit et tombe en faiblesse. S’il fait un voyage avec plusieurs, il les prévient8 dans les hôtelleries, et il sait toujours se conserver dans la meilleure chambre le meilleur lit.
    généralisation de cette attitude du "tout pour moi" "pousse-toi de là que je m'y mette" ; et de plus un égoïste bien organisé ! avec préméditation si l'on peut dire. Son égoïsme est tellement au-devant que l'auteur nous fait grâce des détails par lesquels Gothon obtient tout cela (sauf pour l'hôtel)
    a contrario combien les autres sont généreux ! par ce procédé l Bruyère le met plus encore au milieu de la page, ses compagnons n'ont que très peu de réactions
    Il tourne tout à son usage ; ses valets, ceux d’autrui, courent dans le même temps pour son service. Tout ce qu’il trouve sous sa main lui est propre, hardes9, équipages10.
    son égoïsme fait tache d'huile autour de lui, il devient une espèce de vampire
    Il embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne, ne plaint personne, ne connaît de maux que les siens, que sa réplétion11 et sa bile, ne pleure point la mort des autres, n’appréhende que la sienne, qu’il rachèterait volontiers de l’extinction du genre humain.
    Confirmation de la non-existence d'autrui devant ce personnage

    Par l'exagération et l'accumulation de détails malpropres l'auteur veut nous faire prendre tout égoïsme en dégoût. Ce personnage est un archétype de l'égoïste

    Donc oui tu l'apparentes au Roi-Soleil qui disait "L'État c'est moi" qui s'enfle de sa propre royauté de sa domination de monarque absolu, qui ne voit sur son passage que têtes baissées et genoux pliés, et ne supporte pas la moindre contrariété même supposée (le fameux j'ai failli attendre)
    Cependant n'as-tu pas restreint la portée de cet apologue en te limitant à la seule critique du monarque ? je pense que la Bruyère a voulu donner une portée plus généralement moralisatrice en visant tous les excès d'égoïsme ; en faisant de Gothon l'égoïste par excellence
  • J'ai pas cité les hyperboles au privilège des autres figures de style par atténuation qui suggèrent avec élégance le plus (litote, euphémisme)...
    J'ai surtout parlé du roi soleil en précisant tout de même que ce texte avait donc une portée générale contre les inégalités sociales mais en mettant le point d'honneur sur Louis XIV.

    Comme vous l'aviez dit, on ne peut pas tout dire dans un commentaire donc mon plan était le suivant :

    I- Ghotan, le Roi Soleil
    1) Ce que représente le personnage de Ghotan (physique, psychisme), Importance du repas.
    2) Ghotan = Le Roi Soleil
    avec les "justifications" :
    "on le suit à la trace"
    "il se réserve la meilleure chambre et le meilleur lit"
    "il donne le reste de ses repas à ses convives"
    → critique du monarque et donc, d'une portée générale les inégalités sociales.

    II- L'apologue au service de la dénonciation
    1) Les fonctions de l'apologue :
    -Etude des nombreux jeux de mots
    -Contournement de la censure
    -Marquer par des images
    2) L'énonciation (le lecteur contemporain et posthume)





    Par ailleurs :
    "Non content de remplir à une table la première place, il occupe lui seul celle de deux autres ;
    hyperbole je suppose (exagération)"
    J'ai supposé que c'était un euphémisme ou une litote, c'est une façon élégante de dire qu'il est gros comme trois chameaux. Une hyperbole aurait été : "Il est plus gros que le plus gros des éléphants" (image marquante).

    "a contrario combien les autres sont généreux ! par ce procédé l Bruyère le met plus encore au milieu de la page, ses compagnons n'ont que très peu de réactions"
    J'ai justifié le fait qu'elle ne soit pas mis à part dans la société par le fait que ces compagnons ont certainement des intérêts politiques à être "l'ami" de cet horrible individu.

    J'ai homis le côter "animal" ne sachant où le placer.



    Qu'en pensez-vous ? Vous me faites peur avec ces hyperboles manqués et le message "contourné"...!?
  • "des" hyperboles manquées ? tant que ça ?
    Non je n'ai pas dit que tu avais contourné le message "subliminal" j'ai dit que tu l'avais sans doute restreint en le centrant sur le roi ; mais si tu as élargi aux inéglités sociales OK
  • J'ai bien montré que ce texte est une sorte de caricature et j'ai étudié aussi bien que possible les figures de style mais je n'ai pas cité une seule hyperbole. J'ai montré tous les aspects caricaturés de cet individu.

    Par exemple,
    "Non content de remplir à une table la première place, il occupe lui seul celle de deux autres"
    J'ai considéré que c'est un euphémisme ou une litote mais en employant ces figures de style l'auteur dit "le moins" pour suggérer LE PLUS.
    Ainsi, "il occupe lui seul celle de deux autres" présente son tour de taille avec adresse et "tact".
    Je me suis appuié sur des figures de style qui sont plus au moins similaires mais jamais d'hyperboles.

    Vous me faites très peur en me disant :
    ""des" hyperboles manquées ? tant que ça ?"

    C'est une très grave erreur de ne les avoir jamais cités malgré ma justification ?
  • Je ne suis pas une championne des figures de style, moi j'appelle "bêtement" exagération pour hyperbole
    je crois que j'avais mis "emphase" dans ma première foulée et j'ai rectifié en hyperbole
    Une litote, non ce n'est pas ça
    Le mieux va voir sur l'accueil du site à la fiche "figures de style"
    je ne peux te dire pour l'erreur, ej en suis aps prof correcteur au bac, et de plus une copie forme un tout (même si fait de petits détails)
  • Donc la très bonne note n'est pas perdue pour ces notions ambigues d'hyperboles et autres figures de style ?
  • Les profs ont un barème, je ne le connais pas ; je sais pas sur combien est noté le fait d'avoir bien identifié les figures de style et d'en avoir trouvé le bon compte. Désolée de ne pouvoir t'en dire plus
  • je ne savais pas qu'il y avait un barème, c'est étrange !
    Vous même aviez dit qu'une copie se corrige sur son intégralité et non sur des détails...
    Si l'idée des jeux de mots est hors barème, cette étude réfléchie pourrait me rapporter 0 point ?
    Je n'ai plus qu'à pleurer alors.
  • Ne te tracasse pas Johnny, je ne suis pas dans les petits papiers des correcteurs
    Ils font une évaluation globale de la copie également
    Mais certains détails rapportent des points. Cependant, je ne sais pas combien. L'hyperbole c'est peut-être un demi point. Tout ne peut pas être prévu dans le barème, sinon ils seraient bien malins de prévoir toutes les idées, bonnes ou mauvaises, des candidats ! Si tu es le seul à avoir vu des jeux de mots, le correcteur en tiendra compte, même si ce n'est pas prévu dans sa grille.
  • Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes;
    Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
    Les Méropes, ayant le décorum pour loi,
    Et montant à Versaille aux carrosses du roi;
    Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires,
    Habitant les patois; quelques-uns aux galères
    Dans l'argot; dévoués à tous le genres bas,
    Déchirés en haillons dans les halles; sans bas,
    Sans perruque; créés pour la prose et la farce;
    Populace du style au fond de l'ombre éparse;
    Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas leur chef
    Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F;
    N'exprimant que la vie abjecte et familière,
    Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
    Racine regardait ces marauds de travers;
    Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
    Il le gardait, trop grand pour dire: Qu'il s'en aille;
    Et Voltaire criait: Corneille s'encanaille
    Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
    Alors, brigand, je vins; je m'écriai: Pourquoi
    Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière?
    Et sur l'Académie, aïeule et douairière,
    Cachant sous ses jupons les tropes effarés,
    Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
    Je fis souffler un vent révolutionnaire.
    Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
    Plus de mot sénateur! plus de mot roturier!
    Je fis une tempête au fond de l'encrier,
    Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
    Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées;
    Et je dis: Pas de mot où l'idée au vol pur
    Ne puisse se poser, tout humide d'azur!
    Discours affreux! - Syllepse, hypallage, litote,
    Frémirent; je montai sur la borne Aristote,
    Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
    Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
    Tous ces tigres, le Huns, les Scythes et les Daces,
    N'étaient que des toutous auprès de mes audaces;
    Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
    Je nommai le cochon par son nom; pourquoi pas?
    Bonjour, voici mon commentaire composé sur Les Contemplations de Victor Hugo, que je posterais au cour de sa réalisation afin de profiter de vos conseils avisés.

    Voici, l'introduction :

    En 1856, Victor Hugo publia son recueil de 158 poèmes rassemblés en 6 livres : Les Contemplation. La plupart de ces poèmes furent écrits entre 1846 et 1855. Mais, les poèmes les plus anciens de ce recueil datent de 1834. Les 11.000 vers des Contemplations comptent parmi les plus beaux poèmes de la poésie française. Victor Hugo est alors à l'apogée de son art poétique.
    Ce texte présente, l'intérêt d'une argumentation au travers un poème. Il vise à minimiser l'importance accordée aux normes classiques omniprésentes en littérature. En quoi, ce poème, peut-il influer sur les pensées des institutions garantes de l'authenticité de la langue et surtout sur les pensées des auteurs modelés par les normes ?
    Dans un premier temps, Hugo fait l'apologie des disparités littéraires notamment de tous les registres de langues même les plus archaïques et populaires. Pour ensuite, camoufler sous cette apologie, une satire implicite de la société exhortant la population à prendre les armes. Que pensez vous aussi d'un 3ème axe traitant de l'implication personnelle de Victor Hugo qui plébiscite sa cause avec véhémence ?
    Je doit avoir finit çà pour après demain, s'il vous plaît votre aide me sera plus que précieuse.
    Merci, d'avance
  • bonjour !!
    je dois faire un commentaire sur le texte, " réponse à un acte d'accusation" de Victor Hugo, issu des Contemplation.
    j'ai plusieurs idées, mais je ne sais pas vraiment comment les organiser.
    je pensais faire comme plan :
    I Victor Hugo, un revolutionnaire
    - utilise le symbole du bonnet phrygien
    - rejette les formes classique ( par exemple, " et j'ai sur Dangeau, égorgé Richelet " )
    - propose une revolution poétique

    II une défense de son action
    - le titre, qui donne deja le ton de son engagement
    - revendique sa pensée alors qu 'il est accusé de bouleverser les régles classique

    ceci n'est qu'un bref plan, mais si vous avez quelques conseils à me donner, je vous en remercie d'avance ;)


    voici le texte :
    Je fis souffler un vent révolutionnaire.
    Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
    Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
    Je fis une tempête au fond de l'encrier (...)
    Oui, je suis ce Danton ! je suis ce Robespierre !
    J'ai, contre le mot noble à la longue rapière,
    Insurgé le vocable ignoble, son valet,
    Et j'ai, sur Dangeau mort, égorgé Richelet.
    Oui, c'est vrai, ce sont là quelques-uns de mes crimes.
    J'ai pris et démoli la bastille des rimes.
    J'ai fait plus : j'ai brisé tous les carcans de fer
    Qui liaient le mot peuple, et tiré de l'enfer
    Tous les vieux mots damnés, légions sépulcrales ;
    J'ai de la périphrase écrasé les spirales,
    Et mêlé, confondu, nivelé sous le ciel
    L'alphabet, sombre tour qui naquit de Babel ;
    Et je n'ignorais pas que la main courroucée
    Qui délivre le mot, délivre la pensée.
  • Bonsoir,

    j'ai un commentaire composé à faire sur ce poème
    Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes;
    Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
    Les Méropes, ayant le décorum pour loi,
    Et montant à Versaille aux carrosses du roi;
    Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires,
    Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
    Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
    Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
    Sans perruque ; créés pour la prose et la farce;
    Populace du style au fond de l'ombre éparse;
    Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas leur chef
    Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F;
    N'exprimant que la vie abjecte et familière,
    Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
    Racine regardait ces marauds de travers;
    Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
    Il le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille;
    Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
    Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
    Alors, brigand, je vins; je m'écriai : Pourquoi
    Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
    Et sur l'Académie, aïeule et douairière,
    Cachant sous ses jupons les tropes8 effarés,
    Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
    Je fis souffler un vent révolutionnaire.
    Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
    Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
    Je fis une tempête au fond de l'encrier,
    Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
    Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées;
    Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
    Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
    Discours affreux ! – Syllepse, hypallage, litote,
    Frémirent ; je montai sur la borne Aristote,
    Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
    Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
    Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces,
    N'étaient que des toutous auprès de mes audaces;
    Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
    Je nommai le cochon par son nom; pourquoi pas ?
    Voici mon plan :

    1) La structure du poème
    A/ Un poème rigoureux avec une mise en place progressive
    B/ Un style original

    2) La stratégie persuasive de Victor Hugo
    A/ Le rôle du «je »
    B/ Hugo joue avec l'humour

    3) ?
    A/ Un art poétique nouveau
    B/ L'engagement


    En fait j'aurais besoin d'aide pour le titre de ma troisième partie et pour le contenu du 3) A parce que j'ai que une idée il m'en faudrait plusieurs. Pouvez-vous m'aider ?
  • Bonjour,

    J'aurai besoin d'un peu d'aide concernant les révisions de l'oral de français ... =)

    Mes questions concernent le poème de victor hugo reponse à un acte d'accusation

    Le voilà pour ceux qui ne conaissent pas :
    Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes;
    Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
    Les Méropes1, ayant le décorum pour loi,
    Et montant à Versaille2 aux carrosses du roi;
    Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires3,
    Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
    Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
    Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
    Sans perruque ; créés pour la prose et la farce;
    Populace du style au fond de l'ombre éparse;
    Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas4 leur chef
    Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F;
    N'exprimant que la vie abjecte et familière,
    Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
    Racine regardait ces marauds de travers;
    Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
    Il le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille;
    Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
    Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
    Alors, brigand, je vins; je m'écriai : Pourquoi
    Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
    Et sur l'Académie, aïeule et douairière5,
    Cachant sous ses jupons les tropes8 effarés,
    Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
    Je fis souffler un vent révolutionnaire.
    Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
    Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
    Je fis une tempête au fond de l'encrier,
    Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
    Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées;
    Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
    Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
    Discours affreux ! – Syllepse, hypallage, litote6,
    Frémirent ; je montai sur la borne Aristote7,
    Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
    Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
    Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces8,
    N'étaient que des toutous auprès de mes audaces;
    Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
    Je nommai le cochon par son nom; pourquoi pas ?

    1. Personnages de tragédies.
    2. L'absence de la lettre "s" est volontaire.
    3. Inquiétants.
    4. Vaugelas : auteur des Remarques sur la langue française (1647). Il y codifie la langue selon l'usage de l'élite.
    5. L'Académie Française, garante des règles; "Douairière" : vieille femme..
    6. Figures de style.
    7. Aristote, philosophe grec, avait codifié les genres et les styles.
    8. Peuples considérés ici comme barbares.
    Mes questions sont :

    - en quoi peut-on dire qu'il y a un peu de registre lyrique dans ce poème ?

    - pouvez-vous me trouver des rejets ou contre-rejets et des enjambements ?


    Voilà c'est tout =D
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