Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour,

J'aimerais bien savoir si le plan que j'ai créé en entrainement qui porte sur le sujet du bac de français de 2005 est "bien".
Le texte était Les Contemplations, Livre premier, VII (1856) "Réponse à un acte d'accusation" de Victor Hugo :
Texte B - Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856) « Réponse à un acte d'accusation »

Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes;
Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
Les Méropes1, ayant le décorum pour loi,
Et montant à Versaille2 aux carrosses du roi;
Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires3,
Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
Sans perruque ; créés pour la prose et la farce;
Populace du style au fond de l'ombre éparse;
Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas4 leur chef
Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F;
N'exprimant que la vie abjecte et familière,
Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
Racine regardait ces marauds de travers;
Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
Il le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille;
Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
Alors, brigand, je vins; je m'écriai : Pourquoi
Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
Et sur l'Académie, aïeule et douairière5,
Cachant sous ses jupons les tropes8 effarés,
Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
Je fis souffler un vent révolutionnaire.
Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
Je fis une tempête au fond de l'encrier,
Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées;
Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
Discours affreux ! – Syllepse, hypallage, litote6,
Frémirent ; je montai sur la borne Aristote7,
Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces8,
N'étaient que des toutous auprès de mes audaces;
Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
Je nommai le cochon par son nom; pourquoi pas ? 1. Personnages de tragédies.
2. L'absence de la lettre "s" est volontaire.
3. Inquiétants.
4. Vaugelas : auteur des Remarques sur la langue française (1647). Il y codifie la langue selon l'usage de l'élite.
5. L'Académie Française, garante des règles; "Douairière" : vieille femme..
6. Figures de style.
7. Aristote, philosophe grec, avait codifié les genres et les styles.
8. Peuples considérés ici comme barbares.


INRO : En 1856, Hugo écrit Les Contemplations. Ce texte engagé met en avant une Révolution stylistique dont Hugo sera un actant. Comment Hugo dénonce-t-il les normes classiques dans son texte ?
Nous étudierons l'engagement de cette poésie puis la réflexion de l'écriture du manifeste de Hugo.

Voici mon plan :

I) Une poésie engagée
1) Message contre la hiérarchie des mots
-arguments mis en place par Hugo : ouverture sur les classes sociales.

2) La personnification des mots
-Classes sociales (vers 1→ 5 mots sénateurs et vers 5→ 20 mots roturiers). Place bien plus impotante pour la bourgeoisie que pour le peuple qui est même désigné en second plan ("Les autres").
-"sans perruque"... Nombreux effets stylistiques à relever et commenter.

3) Argumentation appuyée sur les poètes et auteurs (Racine, Voltaire...), reprises antiques (Aristote).

II) Une Révolution cependant stylisée
1) Une écriture poétique structurée
-rimes suivies, 40 alexandrins, césures et hémistiches. Rien à voir avec le style plus moderne qui se sépare complétement des contraintes stylistiques.
La révolution survient au 20e vers et sépare le poème en deux parties (temps du passé et temps du présent). "Alors, brigand, je vins ; je m'écriai : Pourquoi".

2) Registre Epique et Parodique, Style visuel
La révolution est baignée d'héroïsme, anaphore du pronom personnel "je". Le parodique donne un aspect léger au texte : contradiction entre ces deux genres.
Reprises des formes géométriques ("compas", "alexandrins carrés") : caractérisation des poèmes anciens. De plus opposition entre le noir et le blanc.

Conclusion :
Né 13 ans après la Révolution Française, "ce siècle avait deux ans", Hugo a su participer à la Révolution des normes classiques à une époque ou la littérature se transforamait. Son oeuvre engagée reste un manifeste exemplaire aux changements stylistiques oppérés à cette époque. La poésie en prose apparaitra quelques années, aux alentours de 1910, avec l'apparition de la Modernité.



Que penser de ce plan ? J'ai l'impression que le fond et la forme sont trop séparés même si la forme est un élément de commentaire essentiel.
Peut-on réellement parler de manifeste ?
En vous remerciant d'avance,
Jonny66 (qui s'entraîne pour son Bac)
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Réponses

  • J'ai lu en diagonale les éléments que tu donnes, Johnny. Mais il y a un truc qui me laisse perplèxe : la modernité est-elle vraiment apparue aux alentours de 1910 ?
  • La poésie en prose est apparue bien avant 1910 ! au XIXème siècle, avec Aloysius Bertrand et Charles Baudelaire
    Ou alors, tu confonds "poésie non rimée" et "poésie en prose"
    Il est vrai qu'après les surréalistes la frontière deviendra de plsu en plus floue entre prose et poésie

    Son oeuvre engagée reste un manifeste exemplaire aux changements stylistiques oppérés à cette époque.
    reformuler :
    Son oeuvre engagée reste un manifeste exemplaire DES changements stylistiques (trouver un autre terme que "opérés") ..... à cette époque.
    "peut-on réellement parler de manifeste" ? tu peux te servir de cette question dans ton argumentation

    Ton plan est bien détaillé, tu as des idées, des exemples et des arguments.
  • Merci.
    Pour ce qui est de la modernité apparue aux alentours de 1910, j'ai entendu ça ce matin lors d'un oral blanc.
    Quel expression utilisée pour "poésie en prose moderne" (sans la confondre evidemment avec la prose de Baudelaire par exemple !!)


    J'ai toujours l'impression que mes conclusions et introductions sont incomplètes ou maladroitement exprimées. De plus, le plan est-il vraiment valable et ne sépare-t-il pas trop le fond de la forme ?
  • Qu'entends-tu par "poésie en prose moderne " ? des exemples, sinon je ne pourrai pas te répondre
    La modernité POÉTIQUE apparaît avec Baudelaire, les autres je ne sais pas mais 1910 ? pourquoi ? Il ne faut pas se fier à un truc que tu as entendu par hasard !
    Tu devrais faire des recherches sur les mouvements littéraires
    Regarde sur la page "retour au site" soit tu le trouveras sur les pages du site, soit sur les liens
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Cette notion de modernité est ambiguë.

    Elle désigne d'abord la conception moderne de la poésie qui fut inaugurée à la moitié du siècle par Baudelaire, avec la publication des Fleurs du mal (1857). Il s'agit d'explorer avec la poésie l'au-delà de la réalité sensible tout en expérimentant de nouvelles voies du langage.

    Elle désigne ensuite une attitude à l'égard du monde urbain et industriel, un mélange et un nivellement des genres, une esthétique de la nouveauté dont Alcools, dès sa parution en 1913, devient le manifeste.
    Il faudrait toutefois noter que Laforgue, Larbaud, Cendrars avaient commencé avant Apollinaire à s'intéresser à l'électricité, l'acier, la grande ville, au train...

    La date de 1910 n'est donc pas fausse à condition de préciser de quelle modernité l'on parle.
  • Oui, j'associais ce 1910 à la parution d'Alcools.
  • Là d'accord avec toi, mais comme te dit Jean-Luc il faut bien préciser de quelle modernité tu parles
    Alfred de Vigny lui-même a évoqué le chemin de fer dans La maison du berger ; mais il ne l'a évidemment pas du tout traité comme a pu le faire Cendrars dans la Prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France Prose, ce titre est tout un poème ;)

    On trouve aussi dans La chanson du mal-aimé de magnifiques strophes sur la ville
    Soirs de Paris ivres du gin
    Flambant de l'électricité
    Les tramways feux verts sur l'échine
    Musiquent au long des portées
    De rails leur folie de machines
  • Aujourd'hui c'était au tour du commentaire d'un extrait de Rhinocéros de Ionesco qui est passé au bac y'a quelques années (2004), je crois.
    Très difficile à cerner, que penser de mon travail créé avec beaucoup de sueur ?

    Introduction :

    Rhinocéros, de Ionesco, parut en 1959, 14 ans après la fin de la seconde guerre mondiale qui fut une guerre du totalitarisme contre la démocratie. Ionesco, ayant vécu cette guerre, dénonce à travers son oeuvre en employant l'asburde, l'illégitimité des sociétés totalitaires et plus particulièrement le nazisme. Comment Ionesco dénonce-t-il ces totalitarismes ? Ionesco utilise subtilement l'absurde au service de la dénonciation mais cette pièce engagée laisse cependant place à l'interprétation de son oevure.

    PLAN :

    I L'absurde au service de la dénonciation

    1)La relation absurde/incompréhensible de Jean et Berenger
    -Jean critique Béranger tout le long du texte : sa tenue, ses épaules...
    Des éléments qui sont annodins et ne valent pas la dernière réplique de Jean : « J'ai honte d'être votre ami. ».
    -Jean parle avec exclamations : « lamentable ! », il est agressif envers son « ami ».
    Béranger lui, parle avec hésitation qui se traduit par une présence de nombreux points de suspension à la fin de ses répliques. Les deux se vouvoient.
    Dans cette relation absurde, Jean domine Berenger, il y a relation de dominant/dominé : Berenger accepte le sort que lui réserve Jean, toute ces critiques.

    2)Une satire dérangeante
    -Incompréhension pour le lecteur/spectateur.
    Cette incompréhension traduit l'illégitimité du jugement de Jean sur Berenger.
    -Registre « humouristique » : presque parodique.

    3)La marginalité de Berenger
    -Berenger boit pour oublier son décalage sur cette société : « J'ai un petit peu la gueule de bois, c'est vrai ! ».
    Son « décalage » reste tout de même surprenant, ce que critique Jean reste dérisoire et cette marginalité tient à peu de choses mais cependant, Berenger est le seul qui ne transforme ps en Rhinocéros. => ce sont les autres qui se marginalisent vis à vis de leur humanité perdue.

    II)Une pièce de théatre engagée qui laisse cependant place à l'interprétation.

    1) Dénonciation des sociétés totalitaires et de la société nazi
    Jean domine Berenger et lui donne des ordres (absence de libertés pour Berenger) :
    « tournez-vous »... Nombreux impératifs, agressivité.
    Les phrases exclamatives rappellent l'intonation de la langue allemande.
    L'absurde détourne la logique : illégitimé des agissements des sociétés totalitaires.


    2) Nombreux symboles de l'art nazi
    -images « celage gonflerait les poches » et « vos souliers ne sont pas cirés » rappellent l'art nazi de propagande contre les Juifs (« portrait » du Juif).

    3)Libre place à l'interprétation de l'oeuvre de Ionesco
    -costumes et apparences de Jean et Berenger
    -subjectivité et détournement de l'esprit
    -le spectateur/le lecteur doit comprendre et interpréter le message, les nombreux points de suspension achevant les répliques laissent un mystère sur le message transmis par Ionesco.
    -Relativité de Berenger : il peut être vu comme ceci par Jean tout en étant représenté comme un homme parfaitement normal sur scène. //Le sort des Juifs sous le régime nazi.

    Conclusion :

    L'oeuvre déroutante de Ionesco reste une dénonciation controversée des totalitarismes.
    Le dialogue de Berenger et Jean laisse place à une interprétation qui peut modifier le message transmis par Ionesco. Dans les années 1940, Chostakovitch écrivit la symphonie 7 : Leningrad dans le but de dénoncer les procès de Moscou. Son oeuvre fut réutilisée par la propagande du régime Stalinien afin d'illustrer l'invasion Allemande.
  • Si tu traites tous les sujets aussi bien que celui-là tu n'as aucun souci à te faire :)
  • Je n'ai que 12.5 de moyenne en Français et j'espère avoir bien plus au bac...
    J'ai l'impression que mes plans ne plaisent pas aux correcteurs...
  • Parce qu'ils sont "formatés" par les grilles de notations
    Donc ce qui sort de là les défrise hélas
    Mais rassure-toi, les profs sont moins exigeants au bac que tout au long de la scolarité (je dirais volontiers "hélas" mais c'est un autre débat
    Je ne vois pas ce qui peut leur déplaire, tu montres que tu connais ton sujet, tu développes un plan cohérent, argumenté...
    Relis, peut-être, les fiches de méthode de ce site pour être vraiment calé sur les plans
  • Tiens je vais te le commenter

    Introduction :

    Rhinocéros, de Ionesco, parut (est-ce la date de parution ou de 1ère représentation ?) en 1959, 14 ans après la fin de la seconde guerre mondiale qui fut une guerre du totalitarisme contre la démocratie. Ionesco, ayant vécu cette guerre, dénonce à travers son oeuvre en employant l'asburde, l'illégitimité des sociétés totalitaires et plus particulièrement le nazisme. Comment Ionesco dénonce-t-il ces totalitarismes ? Ionesco utilise subtilement l'absurde au service de la dénonciation mais cette pièce engagée laisse cependant place à l'interprétation de son œuvre.

    Intro impecc, qui présente l'auteur et l'œuvre dans le contexte historique, la particularité de son théâtre (absurde pour dénoncer) et pose la problématique : quels sont les procédés de l'auteur ?
    Mais il manque l'annonce de ton plan

    "mais cette pièce engagée laisse cependant place à l'interprétation de son œuvre."
    phrase quelque peu emberlificotée


    PLAN :

    I L'absurde au service de la dénonciation

    1)La relation absurde/incompréhensible de Jean et Berenger
    -Jean critique Béranger tout le long du texte : sa tenue, ses épaules...
    Des éléments qui sont annodins : anodins et ne valent pas la dernière réplique de Jean : « J'ai honte d'être votre ami. ».
    -Jean parle avec exclamations : « lamentable ! », il est agressif envers son « ami ».
    Béranger lui, parle avec UNE hésitation qui se traduit par LA présence de nombreux points de suspension à la fin de ses répliques. Les deux se vouvoient.
    Dans cette relation absurde, Jean domine Berenger, il y a relation de dominant/dominé : Berenger accepte le sort que lui réserve Jean, touteS ces critiques.

    Peut-être au début préciser "bien qu'ils soient amis"
    et aussi : quel est ce "sort" que lui réserve Jean ? je suppose que tu as voulu dire "il accepte le traitement que lui réserve Jean"

    2)Une satire dérangeante
    -Incompréhension pour le lecteur/spectateur.
    Cette incompréhension traduit l'illégitimité du jugement de Jean sur Berenger.
    -Registre « humouristique » : presque parodique.

    3)La marginalité de Berenger
    -Berenger boit pour oublier son décalage sur cette société : « J'ai un petit peu la gueule de bois, c'est vrai ! ».
    Son « décalage » reste tout de même surprenant, ce que critique Jean reste dérisoire et cette marginalité tient à peu de choses mais cependant, Berenger est le seul qui ne transforme ps en Rhinocéros. => ce sont les autres qui se marginalisent vis à vis de leur humanité perdue.

    II)Une pièce de théatre engagée qui laisse cependant place à l'interprétation.

    1) Dénonciation des sociétés totalitaires et de la société nazi
    Jean domine Berenger et lui donne des ordres (absence de libertés pour Berenger) :
    « tournez-vous »... Nombreux impératifs, agressivité.
    Les phrases exclamatives rappellent l'intonation de la langue allemande.
    L'absurde détourne la logique : illégitimé des agissements des sociétés totalitaires.


    2) Nombreux symboles de l'art nazi
    -images « celage gonflerait les poches » et « vos souliers ne sont pas cirés » rappellent l'art nazi de propagande contre les Juifs (« portrait » du Juif).

    3)Libre place à l'interprétation de l'oeuvre de Ionesco
    -costumes et apparences de Jean et Berenger
    -subjectivité et détournement de l'esprit
    -le spectateur/le lecteur doit comprendre et interpréter le message, les nombreux points de suspension achevant les répliques laissent un mystère sur le message transmis par Ionesco.
    -Relativité de Berenger : il peut être vu comme ceci par Jean tout en étant représenté comme un homme parfaitement normal sur scène. //Le sort des Juifs sous le régime nazi.

    Conclusion :

    L'oeuvre déroutante de Ionesco reste une dénonciation controversée des totalitarismes.
    Le dialogue de Berenger et Jean laisse place à une interprétation qui peut modifier le message transmis par Ionesco. Dans les années 1940, Chostakovitch écrivit la symphonie 7 : Leningrad dans le but de dénoncer les procès de Moscou. Son oeuvre fut réutilisée par la propagande du régime Stalinien afin d'illustrer l'invasion Allemande.

    Conclusion un peu hâtive, je dirais presque expédiée ; en principe tu devrais montrer comment tu as répondu à ta problématique ; donc résumer ton développement : comment a-t-il dénoncé les totalitarismes ? En fait tu essaies de répondre à ta remarque "interprétation de l'œuvre" comme ce n'était pas très clair ta réponse n'est pas au point. Attention je crois que la conclusion ne doit pas poser un nouveau problème, or "une dénonciation controversée " c'en est un ! Par contre, utilise ce genre d'idées interessante dans le corps de ton sujet.

    "Le dialogue de Berenger et Jean laisse place à une interprétation qui peut modifier le message transmis par Ionesco."
    tu veux dire par là (et je crois avec ce qui précède) que l'intention de l'auteur peut être dévoyée et "récupérée" et tu donnes l'exemple de la Symphonie 7. OK, mais tu vois j'ai du relire pour comprendre ton intention. Pense que le prof correcteur en sera à sa Xième copie ; certes il sera heureux de lire enfin un devoir construit, avec des phrases syntaxiquement et rothographiquement correctes, avec des idées et une connaissance de l'œuvre. Mais sois clair jusqu'à la fin, pense que ce malheureux prof est épuisé, qu'il en est à son Xième café ou clope, et explicite bien tes idées. Finalement cette conclusion est très bonne car elle ouvre le débat sur une dérive possible des œuvres. Mais ce petit joyau est mal serti !
  • Excuse-moi ; en fait tu annonces ta conclusion dans ta partie "une pièce engagée qui laisse place à l'interpréation" mais dans ta conclusion il faut aussi reprendre ta permière partie, elle est trop axée sur la deuxième
    Par contre "une dénonciation controversée" ne pose pas une nouvelle problématique, OK, c'est bien un résumé de II

    En intro tu n'as donc pas une seule problématique, mais deux
    - comment Ionesco s'y prend-il
    - mais l'absurde n'est-il pas une arme qui se retourne contre son intention ? et cette intention est-elle si claire ?
    Et dans cette optique revoir la formulation de la phrase d'intro que j'ai trouvée "emberlificotée"

    Enfin, après relecture plus attentive, je ne peux que te féliciter pour la tenue générale !
  • Je vous/te remercie.
    Pour l'annonce du plan, je ne sais pas vraiment comment l'annoncer subtilement sans faire de "nous étudierons, puis".
    C'est pour cela que j'ai essayé d'introduire mon plan à travers cette phrase ambigüe :
    "Ionesco utilise subtilement l'absurde au service de la dénonciation mais cette pièce engagée laisse cependant place à l'interprétation de son œuvre."
    J'ai également pensé que l'interprétation de son oeuvre fait partie de la réponse à la problématique : c'est un deuxième élément de réponse.
  • Oui oui ; c'est mieux qu'une annonce plate ; mais en effet
    " cette pièce engagée laisse cependant place à l'interprétation de son œuvre."
    c'est mal formulé. Je crois que le problème est là, ce n'est pas facile de tout rassembler en une seule phrase
    Essayons
    malgré tout, cette pièce engagée peut donner lieu à des interprétations bien éloignées de ce que l'auteur semble avoir voulu nous dire
  • En effet. Il faut être un réel architecte pour construire de si grandes phrases !!
  • Aujourd'hui j'ai traité La servante au grand coeur... de Baudelaire issu de Les Fleurs du Mal.

    Voici le plan du jour :

    I) Une poésie autobiographique
    1) Une poésie structurée
    2) Un lyrisme omni-présent
    3) La poésie "amortit" le message

    II) Un message caché
    1) Interpellation de la mère
    2) Hommage posthume à la servante
    3) Nostalgie de Baudelaire, peur de la mort

    Que penser de ce plan ?
    Je pense avoir des difficultés de méthodologie car j'ai mis longtemps à composer ce plan, tournant autour du pot sans réussir à cerner chaque parti.
    J'ai d'abord eu une ébauche très bizarre utilisant le II) comme 2) du I).
    Comment construire méthodologiquement son plan ?
  • Trouver l'essence sous l'apparence, ce n'est pas si mal
    Pour structurer ton plan, je te renvoie à tes cours, ton manuel, et aux Fiches de ce site
    Je pense que noter tes idées, puisque je vois que tu n'en manques pas ; puis les structurer par colonnes (ou toute autre méthode) serait une possibilité
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Jonny,

    Comme tu es un stakhanoviste du commentaire, je t'encourage en te fournissant quelques pistes de mon cru :
    La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse,
    Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
    Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
    Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
    Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
    Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
    Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
    A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
    Tandis que, dévorés de noires songeries,
    Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
    Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
    Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
    Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
    Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

    Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
    Calme, dans le fauteuil je la voyais s'asseoir,
    Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
    Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
    Grave, et venant du fond de son lit éternel
    Couver l'enfant grandi de son œil maternel,
    Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse,
    Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?
    Ce poème est tiré de la section "tableaux parisiens".

    Baudelaire y traite deux thèmes étroitement unis dans le registre lyrique élégiaque :
    · La célébration de cette "servante au grand cœur",
    · Une méditation sur la mort et l'oubli.

    La fin du poème fait allusion à la nostalgie d'une enfance perdue : sans doute le reproche implicite au remariage de sa mère (le "vous étiez jalouse" du début) avec le général Aupick et le besoin d'affection mal comblé reporté sur la servante Mariette promue au rang de grand-mère de substitution. D'une certaine manière, nous y retrouvons la dualité entre spleen et idéal qui déchire l'âme du poète : le désespoir de la condition humaine vouée à disparaître sans laisser de trace et la nostalgie d'une enfance heureuse et choyée, proche d'un paradis originel.
    « Relu les pages de Baudelaire sur Poe et sur Wagner. Celles qu’il consacre à Maria Clemm sont graves, émouvantes, pieuses, comme le poème qu’il a écrit sur la servante au grand cœur: il y a chez Baudelaire (je pense aussi aux Petites Vieilles) une ouverture de cœur élective - qu’on ne retrouve presque nulle part ailleurs que chez lui, et qui est une de ses grandeurs les plus cachées - pour ces sœurs de charité, servantes ou aïeules, à la maternité vicariante et anonyme: béguines sans âge, au visage de cire blanchi dans l’ombre de la coiffe, aux mains ouvrières et guérisseuses, qui semblent fondues tout entières dans le creuset de la bonté. Peut-être, à cause du drame que fut pour lui le remariage Aupick, a-t-il instinctivement placé auprès d’une mère très aimée, mais avec déchirement, une intercession plus haute : il est le seul écrivain (avec Proust) à nous faire souvenir que l’enfant en nous a parfois rêvé d’être le fils de son aïeule : maternité spiritualisée égale, tranquille, inépuisable, et toute épurée déjà par la mort, qui est à la maternité charnelle ce que la lumière est à la chaleur. »

    Notes de Julien Gracq
    Baudelaire exprime son angoisse de la mort.
    Le seul refuge contre cette peur viscérale est le souvenir de la protection offerte par l'amour maternel et par l'affection substitutive de cette nourrice.
    La tradition populaire affirme qu'à l'heure de la mort la dernière pensée du vivant va à sa mère.
    Voilà le climat dans lequel baigne Baudelaire.
    Il faudrait ajouter le remords de n'avoir pas suffisamment apprécié l'amour gratuit de cette servante.
    Quant aux euphémismes, Baudelaire se rattache à une tradition qui depuis les origines du christianisme voit dans la mort un grand sommeil (voir aussi la fameuse tirade d'Hamlet, to be or not to be) puisque les morts seront appelés à se réveiller, à ressusciter au jour du jugement dernier. Pour le reste, la mort est évoquée plutôt dans la tradition crue des conceptions médiévales.
    Le fantôme de la servante se rattache à cette double évocation de la peur de la mort, du monde des absents et des revenants qui viennent demander des comptes aux vivants (voir par ex. Hamlet lancé dans la vengeance par l'apparition du spectre de son père sur les remparts d'Elseneur).
    Ce poème peut se comprendre aussi comme un reproche implicite adressé à une mère défaillante. Baudelaire serait un grand enfant mal-aimé.
    Avec ces premières explications tu devrais avoir de quoi bâtir ton commentaire.

    Par ex.
    1. Une évocation funèbre
    2. Un désir de sécurité
    3. Le remords et le reproche

    Conclusion :
    La dualité entre spleen et idéal qui déchire l'âme du poète : le désespoir de la condition humaine vouée à disparaître sans laisser de trace et la nostalgie d'une enfance heureuse et choyée, proche d'un paradis originel.
  • Je comprends votre/ton plan qui est bien différent du mien, mais le mien est-il valable ou à changer ?
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