Voici une phrase de cette ouvrage-là:
Quae se occiderunt, ne quidquam hujusmodi paterentur, quis humanus affectus eis nolit ignosci?

Voici maintenant ma traduction:
«À celles qui se sont tuées pour qu'ainsi ne souffrent rien, quelle affection humaine ne voudrait pas leur pardonner?»

Mon seul problème, c'est que le verbe «ignosci» est au passif et je l'ai rendu par une tournure active...

Réponses

  • Je comprends (en mot à mot) : "A celles qui se sont tuées afin de ne pas subir quoi que ce soit de cette sorte, quel cœur humain ne voudrait pas qu'il fût pardonné ?"
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Il faudrait compléter pour ne pas oublier eis
    "A celles qui se sont tuées afin de ne pas subir quoi que ce soit de cette sorte, quel cœur humain ne voudrait pas qu'il leur fût pardonné ?"
    Voilà la traduction trouvée ici http://www.abbaye-champagne.com/themes/textes/augustin/patrologie/41/cite.htm
    M. Saisset a écrit:
    S’il est quelques-unes de ces vierges qu’un tel scrupule ait portées à se donner la mort, quel homme ayant un coeur leur refuserait le pardon?
  • J'en ai tenu compte au début : eis quae = "à celles qui".
    Ou alors, il faut dire "Celles qui se sont tuées... quel cœur humain ne voudrait pas qu'il leur fût pardonné", sans quoi c'est incorrect !
  • En effet, c'est comme si le sujet de "ignosci" était un petit "id"... D'ailleurs, est-ce commun de faire suivre directement une proposition infinitive à "nolo"? On m'a toujours appris qu'une telle construction exigeait un sujet exprimé...
  • Il s'agit d'un passif impersonnel.
  • Voici une phrase de la déclaration de renonciation du Pape Benoit XVI :
    Bene conscius sum hoc munus secundum suam essentiam spiritualem non solum agendo et loquendo exsequi debere, sed non minus patiendo et orando.

    Sur ce site http://chiesaepostconcilio.blogspot.pt/2013/02/clamorosi-errori-di-latino-nella.html, notamment dans les commentaires des lecteurs, on peut lire qu'il y a des personnes qui pensent que le pape s'est confondu à propos du verbe déponent exsequor, -eris, -i, -secutus sum. Par conséquent, ils proposent la correction suivante :

    Bene conscius sum me hoc munus secundum ejus essentiam spiritualem non solum agendo et loquendo exsequi debere, sed non minus patiendo et orando.

    En revanche, quand quelqu'un propose la phrase suivante, on dit que c'est incorrecte :

    Bene conscius sum hoc munus secundum ejus essentiam spiritualem non solum agendo et loquendo exsequi deberi, sed non minus patiendo et orando.

    Quant à moi, cependant, je trouve cette correction tout à fait plausible. D'ailleurs, en voici la traduction (avec un passif impersonnel) :

    Je suis bien conscient qu'on doit exécuter ce poste, selon son essence spirituelle, non seulement par le moyen d'actions et de mots...

    Est-ce que j'ai raison ?
  • Selon moi la phrase originelle “Bene conscius sum hoc munus secundum suam essentiam spiritualem non solum agendo et loquendo exsequi debere, sed non minus patiendo et orando.” est correcte, il n'y a pas lieu de la corriger ni d'une manière ni d'une autre:

    1) Lorsque le sujet de l’infinitive est le même que celui de la proposition dont l’infinitive dépend, il n’est pas absolument obligatoire d'en exprimer le sujet. Autrement dit l'absence de sujet exprimé ici entraîne que le sujet de " debere" est le même que le sujet de " sum"
    2) L’ emploi de “ suam” est juste car il ya une certaine souplesse en latin qui fait que "suus,a,um" peut être utilisé plutôt que “ eius”, par exemple pour marquer une insistance: “ sa PROPRE essence”.
    3) “ Hoc munus” est l’accusatif complément direct de exsequi.

    La traduction sera alors: “Je suis bien conscient de devoir remplir cette fonction selon sa propre essence spirituelle non seulement....”


    cordialement
  • poenulus, j'ai bien compris votre point de vue, qui m'a tout particulièrement intéressé quant à cet usage emphatique de suus, -a, -um. Néanmoins, les deux corrections que j'avais citées étaient-elles plausibles ? Par exemple, pour le passif impersonnel, c'est l'auxiliaire qui prend le passif ou, par contre, le verbe principal ? "debet amari" ou alors "debetur amare" ?
  • Debet amari est la forme correcte.
  • Je demandais cela, parce que le portugais admet les deux formes, soit "deve amar-se", soit "deve-se amar"... Peut-être que la première à apparaitre ait été celle avec le -se joint au verbe principal, et que, par extension, la mobilité de la particule ait devenu admissible...
    Le Grand Dictionnaire françois et latin, de Pierre Danet (ici http://books.google.pt/books?id=PsVFAAAAcAAJ&pg=PA417&lpg=PA417&dq=latin+debet+amari&source=bl&ots=oX_YIvqLTJ&sig=a4ZkqKdf6SdM4LvUzNukUOmR8IE&hl=pt-PT&sa=X&ei=0M58VPa0Lef-sATvuoLgDw&ved=0CFwQ6AEwCQ#v=onepage&q&f=false) précise que la phrase française On doit aimer Dieu peut être rendue soit par Deus debet amari, soit par Deus est amandus. Il y en donne un autre exemple :
    Vous devez songez à votre conservation.
    Debes invigilare saluti tuae.
    Tibi saluti tuae invigilandum est (ou plutôt, à mon avis, Tibi salus tua invigilanda est).

    Quelle tournure était la plus fréquente ? La périphrastique passive ou ce debeo + infinitif ?
  • Bonsoir, j'avoue mon incompétence: je ne fais pas de statistiques sur les occurrences de telle ou telle tournure... :)

    cordialement
  • Je ne tiens pas non plus de statistiques mais je penche pour amandus est.
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