Grammaire française Participe passé

En référence à la discussion Espaces devant le point d’exclamation et le point d’interrogation
Anne345 a écrit:
Et c'est une espace quand on parle de la zone qui sépare deux mots.
C'est la mode aujourd'hui d'utiliser le féminin dans cet usage, même dans le grand public. Il semble que les choses ne soient pas si tranchées que cela pourtant, l'espace féminine (fine, forte) désignant d'abord en typographie la lamelle métallique séparant deux caractère de manière à obtenir, sur le papier, un espacement ou blanc, entre les deux caractères imprimés. Cet espacement ou blanc était traditionnellement appelé un espace par le grand public et je ne me sentirais pas le courage de reprendre sur ce point quelqu'un qui continue d'utiliser ce mot au masculin.
http://www.achyra.org/francais/viewtopic.php?p=79651
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Réponses

  • Effectivement, "espace" au masculin ne me choque pas. Je ne vois pas la nécessité de le mettre au féminin dans le jargon typographique. C'est une complication inutile, comme on en trouve malheureusement beaucoup dans l'orthographe française... :rolleyes:
  • Vu le nombre de fois où la remarque sur le genre du mot espace a été faite sur ce site, je ne pensais pas m'attirer une réflexion.

    Le « jargon » des typographes permet de distinguer s'il s'agit, au féminin, de l'intervalle entre deux lettres ou deux mots, d'une surface donnée, par exemple entre deux pavés de texte, au masculin.
    Quant à y relever une complication de l'orthographe, je cherche vainement ce que l'orthographe a y voir...
  • Je ne pense pas que deux genres sont nécessaires. Quand on dit par exemple qu'un texte comprend 50.000 signes, y compris les espaces, tout le monde comprend qu'il s'agit des espaces entre les mots. Vous remarquerez d'ailleurs que le genre n'est même pas indiqué. Idem quand on dit que les espaces entre les paragraphes sont de 1 centimètre. Quelle est l'utilité de distinguer le féminin et le masculin ?

    S'agissant de l'orthographe, cette distinction féminin/masculin implique deux graphies possibles pour un même syntagme : un espace / une espace. De même, il existe deux orthographes possibles pour certains mots : clé/clef... On peut difficilement y voir autre chose qu'une complication, et elle est inutile en l'occurrence ! :rolleyes:
  • Je préfère que l'imprimeur me parle de signes, d'interlignage, de points, etc. et ne me traite pas comme une béotienne.

    Il faudrait donc supprimer les langues des métiers et fusionner les mots qui existent aux deux genres : aigle, barbe, bulbe, cartouche, claque, cornette, critique, enseigne, espace, faune, garde, greffe, hymne, interligne, laque, lévite, livre, manche, manœuvre, mémoire, mode, moule, mousse, œuvre, ombre, page, paillasse, pendule, période, platine, poste, relâche, solde, somme, tour, vase, vapeur, voile, etc. ?
  • Il faut fusionner les mots pour lesquels il n'existe aucun risque de confusion selon le contexte, mais laisser les autres distincts.

    Remarquez par ailleurs que certains mots très fréquents s'écrivent de la même façon et ont aussi le même genre, bien qu'ils possèdent chacun deux sens bien distincts : "adresse", "bande", "grève", "vol"... Ce sont tous les homophones homographes.

    Les deux sens de "espace" sont par contre si proches qu'ils peuvent fusionner sans aucun problème. Dans ces conditions, il est complètement inutile de les distinguer par le genre. Autant s'en tenir au genre masculin, de loin le plus courant. ;)
  • C'est de l'humour spécial « journée de la femme » ?
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Anne345 a écrit:
    Il faudrait donc supprimer les langues des métiers et fusionner les mots qui existent aux deux genres : aigle, barbe, bulbe, cartouche, claque, cornette, critique, enseigne, espace, faune, garde, greffe, hymne, interligne, laque, lévite, livre, manche, manœuvre, mémoire, mode, moule, mousse, œuvre, ombre, page, paillasse, pendule, période, platine, poste, relâche, solde, somme, tour, vase, vapeur, voile, etc. ?
    Étrange argumentation, Anne. Dans ces mots, ou du moins la plupart, il y a une différence de sens très nette entre le mot masculin et le mot féminin et la distinction de genre peut être assez utile. Pour "espace", ce n'est pas le cas, l'espace entre deux mots est bien un espace au sens normal du mot. Seule l'espace (au féminin) avait un sens différent quand le mot désignait la lamelle de plomb placée dans le composteur. L'utiliser encore au féminin pour le blanc entre deux caractères imprimés est une figure de style admissible, elle fait certainement partie du jargon des typographes, mais son utilisation par le grand public est une complication inutile, et, avouons-le, une petite coquetterie pratiquée sur les forums depuis 10 ans pour distinguer le novice de l'initié, comme on aime aussi à rabrouer immédiatement celui qui écrit "autant pour moi" et non "au temps pour moi".
  • Spalding a écrit:
    Effectivement, "espace" au masculin ne me choque pas. Je ne vois pas la nécessité de le mettre au féminin dans le jargon typographique. C'est une complication inutile, comme on en trouve malheureusement beaucoup dans l'orthographe française... :rolleyes:
    Vous n'en voyez pas la nécessité parce que vous n'êtes pas typographe. Si ?
    Il s'agit d'une précision, non d'une complication. S'il fallait supprimer tout ce qui était compliqué, l'on supprimerait carrément la langue...

    Anne345, l'espace (au féminin), ce n'est pas la zone qui sépare les mots mais la pièce de métal, prenant de fait de l'espace (au masculin), de l'étendue. Spalding et Lamaneur, il y a donc une différence de sens très nette puisqu'il s'agit de deux mots.

    L'Académie française a tranché en faveur d'Anne : https://www.cnrtl.fr/definition/academie9/espace. De ce fait, si l'on ne se donne pas la peine de faire la distinction à l'écrit ou à l'oral, Lamaneur, l'on fait une faute de langue...
  • Que voulez-vous, j'ai trop bien retenu la remarque qui m'avait été faite en son temps !
    Mais je ne me souviens pas que quelqu'un soit intervenu.. Deux poids, deux mesures ?
  • Autant pour moi ! Merci, Lamaneur... :)

    S'agissant de cette "pièce de métal" que désignerait "espace", je n'en vois aucune trace ici : https://www.cnrtl.fr/definition/espace - Pas davantage non plus dans mon "Encyclopédie de la chose imprimée", par Combier et Pesez, éditions Retz, 2004. Maintenant, si les typographes veulent absolument mettre "espace" au féminin, aucune objection ! Mais nous ne sommes pas obligés de les suivre.

    Je ne dis pas sinon qu'il faut supprimer toutes les complications, mais celles inutiles oui ! Comment expliquer que les sens très distincts de mots aussi fréquents que "adresse", "bande", "grève" et "vol" ne sont pas distingués par l'orthographe ni le genre ? Mais qu'il faut par contre absolument distinguer par le genre les espaces inter-mots (féminin), les espaces inter-lignes (masculin), inter-paragraphes (masculin aussi) ? Cela devient absurde !

    Je ne peux sinon que me répéter :
    Spalding a écrit:
    Je ne pense pas que deux genres sont nécessaires. Quand on dit par exemple qu'un texte comprend 50.000 signes, y compris les espaces, tout le monde comprend qu'il s'agit des espaces entre les mots. Vous remarquerez d'ailleurs que le genre n'est même pas indiqué. Idem quand on dit que les espaces entre les paragraphes sont de 1 centimètre. Quelle est l'utilité de distinguer le féminin et le masculin ?
  • Même mon Petit Robert (2002) donne les deux sens au féminin.
    Et le Grand :
    Typogr. Petite tige de plomb moins épaisse que les caractères, qui sert à espacer les mots d'une ligne. | Mettre une espace fine, une forte espace entre deux mots. — Par ext. La place que prend cette tige.
    Alors que pour interligne, il ne donne au féminin que la tige de métal.
  • Très bien ! Mais si mon dictionnaire Larousse n'indique pas ce sens avec une tige de plomb, pas davantage mon "Encyclopédie de la chose imprimée", ni le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (site indiqué), c'est qu'il est manifestement hyper-spécialisé.

    Comme je l'ai dit, les typographes ont le droit de mettre "espace" (inter-mots) au féminin si cela leur plait ou s'ils en voient l'utilité. Mais nous ne sommes pas du tout obligés de les suivre pour les raisons déjà indiquées ! :rolleyes:
  • Pour rebondir rapidement sur cette histoire d'espace. J'ai bien compris que le genre féminin du mot désigne la lamelle de métal usitée par les typographes pour marquer la séparation graphique de deux mots, en ce sens je conçois aisément qu'une espace désigne cette petite pièce.
    En revanche, je ne comprends pas en quoi il est pertinent d'attribuer ce même féminin au caractère que nous utilisons sur nos traitements de texte informatiques, puisqu'il s'agit précisément de marquer un espace, un caractère marquant le blanc, et non d'insérer une pièce matérielle.

    Quant à cette histoire d'espaces insécables devant les signes de ponctuation forte, ça ne me choque pas, bien au contraire : mon œil lit plus difficilement lorsque ces signes sont accolés au mot qui les précède, il s'y accroche encore au lieu de courir librement au signe de ponctuation. L'espace insécable permet de fluidifier la disposition des caractères et me procure un meilleur confort de lecture.
    De plus, contrairement au point ou à la virgule, ces signes sont plutôt grands. Même le point-virgule fait la taille d'une lettre ! Du fait de leur grande taille, ils ont tendance à faire suffoquer les mots auxquels ils sont apposés.

    Bien sûr, cela n'engage que moi, mais je préfère de loin laisser les mots respirer :)

    EDIT : Spalding : Honnêtement, la graphie "au temps pour moi" m'a toujours parue vide de sens, indépendamment des argumentations que l'on trouve çà et là. En tout cas, l'usage que je fais de cette expression me semble davantage s'accorder avec "autant pour moi", au sens de "vous pouvez m'en redire autant" après avoir aussi commis une bourde :P
  • Autant pour moi, Tertium ! :)

    Cela me donne l'occasion de signaler un site discutant l'alternative entre "autant" et "au temps" : http://www.langue-fr.net/Au-temps-ou-autant-pour-moi
    Mais c'est un autre sujet ! ;)
  • Allons, ne nous battons pas à coup de dictionnaires.
    Spalding, regardez mieux les onglets.
    Spatium étant neutre, je ne vois pas pourquoi espace serait exclusivement masculin.
  • webmestrewebmestre Administrateur
    Bonjour,

    J’ai reçu aujourd’hui un courrier électronique de Thérèse au sujet du genre du mot espace dans le domaine de la typographie.

    Il est en effet écrit sur la page « Rappels généraux sur les règles de ponctuation » :
    Il y a une espace entre les mots d’une phrase et entre les phrases.

    Et Thérèse m’écrit qu’on doit dire « un » espace et non « une » espace.

    Je ne défends particulièrement ni le masculin ni le féminin pour ce mot, mais j’ai promis à ma correspondante d’ajouter quelques références dans cette discussion, créée pour l’occasion (cf. message no 1).

    D’abord, Jean Girodet, dans son livre Pièges et difficultés de la langue française (Bordas), écrit :
    Espace, masculin, sauf comme terme de typographie, quand le mot veut dire « pièce de métal qui sépare deux caractères et qui se traduit par un blanc à l’impression [...] ».

    Ensuite, Jean-Paul Colin, dans son Dictionnaire des difficultés du français (Le Robert), écrit :
    Espace, genre masculin sauf quand il s’agit du signe typographique qui sert à marquer les blancs dans un texte : on dit alors une espace.

    Adolphe V. Tomas, dans son Dictionnaire des difficultés de la langue française (Larousse), écrit :
    espace est du masculin, sauf en termes de typographie, où il est féminin : Une espace fine. Mettre une espace entre deux mots (Acad.).

    Le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale emploie le mot « espace » au féminin à l’article « Ponctuation » (pages 148-149).
    Tout comme cet autre ouvrage technique qu’est le Traité de la ponctuation française de Jacques Drillon :
    [Exemple pris au hasard à l’article « Le point d’interrogation »]
    Espace ? Il est d’usage de faire précéder le point d’interrogation d’« une » espace « fine » (sauf quand il est placé entre parenthèses). [Autre exemple, à la fin de l’article « Point-virgule »]
    Espace ? Une règle est constante : le point-virgule est suivi par « une » espace. [Les guillemets sont mis par l’auteur.]

    Le Bon Usage (14e édition, § 118, remarque 2) : « Espace est féminin comme terme de typographie. »

    Bénédicte Gaillard et Jean-Pierre Colignon emploient le mot au féminin dans leur ouvrage Toute l’orthographe (Albin Michel / Magnard) :
    Ponctuation et espaces (page 28)
    [...] On fait précéder et suivre d’une espace le point d’interrogation, le point d’exclamation, le point-virgule et le deux-points.

    Du côté des dictionnaires, j’ai trouvé dans Le Petit Robert de la langue française (2014, version électronique), à l’article « espace » (2e entrée) :
    espace nom féminin
    1. Typographie. Petite tige métallique, moins épaisse que les caractères, qui sert à espacer les mots, les lettres à l’intérieur d’une ligne. [...]
    2. Blanc placé entre les mots ou les lettres. [...]

    Le Grand Robert de la langue française écrit dans le même article :
    2. espace n. f.
    Typographie. Petite tige de plomb moins épaisse que les caractères, qui sert à espacer les mots d'une ligne. [...] — Par extension. La place que prend cette tige.

    Enfin, on trouve ce qui suit dans le Dictionnaire historique de la langue française (Le Robert) :
    Espace, indifféremment masculin ou féminin en ancien et en moyen français, s’est introduit avec une valeur temporelle, la plus fréquente avant le XVIe siècle. [...] Espace reprend ensuite le sens de « surface déterminée, étendue » puis [...] celui de « distance, intervalle » [...] et des emplois spéciaux en imprimerie (1680), où le féminin s’est conservé (une espace) [...].

    Sur Internet :
    Cela étant dit, je me demande si je ne vais pas dire dorénavant « espacement » au lieu d’« espace » ! :cool:
  • C'est parfaitement clair : le genre de l'espace est bien le (!) féminin en typographie.
    Merci pour toutes ces références indiscutables.
  • Bonjour et bon vendredi,

    Je corrige un texte écrit par un autre où il y a plein d'erreurs d'espaces.
    D'où ma question : pourquoi dit-on "une" espace quand il s'agit de typographie ?
  • Te pose pas trop de questions : cela va te casser la tête ! Si tu écris "un espace" pour la typographie, ce n'est pas faux non plus. Et tout le monde comprendra ! Par contre, "une espace" va surprendre plus d'un, et on croira justement à une erreur typographique ! :rolleyes:
  • Le terme typographique a conservé le genre féminin par archaïsme, le mot étant assez souvent féminin dans l'ancienne langue (espacie).
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