Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

2»

Réponses

  • Bonjour à tous,

    La réorientation paraît en effet être la réponse la plus logique aux problèmes de Somelikeithot, mais cette réponse est incomplète : réorientation vers quoi ? Quand on a choisi la filière littéraire, n'est-on pas malheureusement pieds et poings liés dans l'enseignement ? Si tel n'était pas le cas, pourquoi les professeurs dépressifs, qui ne sont pas majoritaires, Dieu merci, mais dont la plupart d'entre nous a eu l'occasion de croiser au moins un specimen au cours de sa scolarité, s'entêteraient-ils dans une carrière qui n'est manifestement pas faite pour eux ? Préparant moi-même le CAPES cette année, je suis frappée par le nombre d'étudiants qui juraient naguère de ne jamais tenter ce concours mais qui ont fini par s'y résoudre faute de mieux...
  • Quand on a choisi la filière littéraire, n'est-on pas malheureusement pieds et poings liés dans l'enseignement ?
    Pas si l'on n'a passé ni CAPES, ni agrégation.
    Il existe des concours ouvrant la porte d'autres ministères que celui de l'éducation, même à des littéraires.
  • Quels concours par exemple ?
  • Des concours administratifs (poste, finance).
    Je cite ceux-là, car je connais des enfants d'amis professeurs qui n'ont pas voulu s'orienter comme leurs parents et ont passé ce type de concours. (après une maîtrise d'histoire pour la jeune fille, me semble-t-il.)
    Ce n'étaient pas des scientifiques en tout cas.
    Pour le détail des concours, je ne saurais répondre.
  • C'est tout de même rageant de devoir envisager de se réorienter lorsqu'on a longuement étudié le français, qu'on a envie de transmettre ses connaissances et qu'on s'est échiné à préparer le CAPES ou, pire, l'agrégation, "simplement" à cause de problèmes de discipline qui flanquent tout par terre (rien de mieux pour s'aigrir le caractère)... Personnellement, c'est une idée qui me hante de plus en plus et qui m'empêche de me donner à fond dans la préparation du concours. Il y a bien le stage d'observation qui doit donner une petite idée du métier, mais comment être sûr de sa voie lorsqu'on ne s'est jamais retrouvé seul en face d'une classe ?
  • C'est tout de même rageant de devoir envisager de se réorienter lorsqu'on a longuement étudié le français, qu'on a envie de transmettre ses connaissances et qu'on s'est échiné à préparer le CAPES ou, pire, mieux ! ...l'agrégation,
    Bien sûr que c'est rageant et on n'est pas obligé de le faire.
    Il faut seulement être préparé à toute éventualité, savoir que l'on peut avoir des classes ou des élèves difficiles, savoir aussi que l'année d'après, on voit d'autres binettes, que l'on peut avoir face à soi des jeunes épatants et attachants, savoir aussi que l'on peut demander sa mutation, et que l'on ne fait pas le même métier selon que l'on enseigne en cinquième ou en classe préparatoire. Il faut bien connaître ses propres limites.
    De toute façon, que l'on enseigne dans des établissements dits bons, ou d'autres, dits moins bons, le métier n'est pas facile.
  • Merci Gabiana. Je suppose que c'est normal de se poser une foule de questions lorsqu'on est sur le point de faire le grand saut dans l'Education nationale. Simplement, je me demande encore comment distinguer les problèmes et les interrogations "naturels", communs à tous les enseignants qui débutent, de ceux qui indiquent vraiment qu'on n'est pas fait pour ce métier...
  • Je comprends.
    Je crois que toutes les interrogations sont naturelles.
    Je crois aussi que tout professeur doit se poser.des questions, se remettre en question tout au long de sa carrière.
    Le meilleur moyen de savoir, c'est effectivement de tester, comme l'a fait la jeune personne qui a lancé ce fil.
    Mais bien souvent, il est trop tard. C'est après s'être engagé qu'on teste
    Cependant, contrairement à d'autres professions, celle d'enseignant, on la côtoie depuis notre enfance. C'est à la fois instructeur et trompeur, mais on peut quand même se faire une petite idée, alors que si je te dis actuaire ou ingénieur en modélisation, c'est moins clair.
  • Merci à tous pour vos réponses.

    @ Ajite : j'ai eu la chance de faire d'autres remplacements, dans le privé cette fois et assez courts, qui se sont bien mieux passés. C'est pourquoi je ne m'en tiens pas à ma seule expérience actuelle et préfère prendre du recul.

    La situation que je décris concerne plutôt l'ensemble de l'établissement. Je n'ai pas eu droit à toutes ces joyeusetés mais d'autres professeurs si et j'avoue que j'ai peur de ce qui va se passer à chaque fois que j'entre en classe. Je ne pense pas que les élèves l'aient perçu car je ne me laisse pas non plus marcher sur les pieds mais je me sens très fragile.

    - il n'y a en effet aucune cohésion de l'équipe pédagogique : les professeurs tournent très vite dans cet établissement et il y a peu de titulaires. La direction et le cpe évitent les conflits et minimisent la situation (du moins de mon point de vue)
    - Les retours que j'ai eu de mes anciens professeurs ne m'ont pas été utiles car ils ont toujours enseigné dans des établissements relativement faciles ou avec une direction compétente pour gérer les situations à tension. Ma soeur m'a été de quelque aide (elle enseignait les arts appliqués dans un lycée pro difficile) et c'est bien grâce à elle que je tiens à peu près mes classes. Seulement elle a abandonné elle aussi au bout de trois ans.
    - pour les sanctions le cpe ne suit pas toujours, ça aide à être crédible :) quant aux parents, certains n'en ont rien à faire, d'autres ont aussi peur de leurs ados que moi et d'autres sont tellement autoritaire que leurs enfants sont blindés. Bref pas mal de cas de figures..

    @ Gabiana
    Si j'obtiens le capes, de quelle manière suis-je liée à l'éducation nationale? Je leur dois des "années de service" en quelque sorte? Je devrais plutôt dire cafep car je me suis inscrite pour le concours du privé. Globalement j'aurais peut-être plus de chance d'avoir une équipe pédagogique unie et une direction présente?
  • Si j'obtiens le capes, de quelle manière suis-je liée à l'éducation nationale? Je leur dois des "années de service" en quelque sorte?
    Si tu n'es pas ancien élève de l'ENS, rémunéré durant le temps de tes études, il me semble bien que tu ne dois rien.
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.