Fiches méthode Bac de français 2020

Bonsoir tout le monde,

je vous remercie d'abord de votre attention!
Je suis en train de rédiger une fiche de lecture du livre intitulé '' lire le poème en prose'', dont l'auteur est Michel Sandras. Dans le troisième chapitre de ce livre, l'auteur traite le sujet de '' poétique du poème en prose''; Mais, il compare le poème en prose avec d'autres genres d'écriture, par exemple, le nouvelle, la description. Après la lecture plusieurs fois, je comprends que le poème en prose ne se manifeste pas comme la poésie,et il s'accord avec les genres narratifs, descriptifs. Mais je n'arrive pas à comprendre comment la poétique se montre par ces comparaisons?

Je suis bloquée longtemps, :(
Merci, mes amis!
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Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Le poème en prose peut parfois être considéré comme une mini nouvelle, un récit extrêmement ramassé.
    Ce qui est caractéristique est la chute, comparable à la pointe du sonnet en vers.
    Tout le poème est construit en vue de cet effet de surprise riche de sens.
    Cette construction remarquable est utilisée chez Baudelaire dans "Le Joujou du pauvre" ou "Une Mort héroïque"...
  • Merci beaucoup!
    C'est-à-dire que le poème en prose prend la forme narrative ou descriptive pour atteindre la chute, à savoir l'effet poétique. À vrai dire, je ne comprends pas très bien. Pouvez-vous m'expliquer un peu de plus?
    J'ai beaucoup lu ce livre, mais je n'arrive pas à tout comprendre, surtout la poétique du poème en prose.
    D'après moi, la poétique du poème en prose devait se manifester par:
    1. figures de style (comparaison, métaphore, etc)
    2. musicalité:
    3.équivalence typographique, sémantique du vers
    4. d'autre (?)
    Après la lecture de ce livre, j'ai l'impression que l'auteur a refusé la poétique apparente, telle que je viens de signaler; il affirme que la poétique existe à la façon d'évoquer des images chez les lecteurs. L'image poétique ne fait pas la vraie poétique, mais c'est évoquer des images qui la fait.
    Je suis totalement perdue dans ma recherche entre la volonté de
    poétiser la prose
    et
    prosifier la poésie
    chez Baudelaire( à travers son recueil le petit poème en prose). Je sais que j'ai trop demandé aujourd'hui. :( :P Merci.
    Selon mon avis, poétiser la prose, c'est-à-dire, rendre la prose poétique. Donc, il faut exploiter comment la poétique se manifeste dans le recueil. Mais, quand à la prosifier la poésie, je ne sais pas trop, sauf que la forme du recueil est en prose.

    Merci de votre réponse!
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Reprenons un canevas de raisonnement à approfondir.
    Ce que tu définis comme la poétique du poème en prose
    1. figures de style (comparaison, métaphore, etc)
    2. musicalité:
    3.équivalence typographique, sémantique du vers
    4 autre (?)
    est en fait la fonction poétique du langage ou prose poétique caractérisée par sa densité d'effets stylistiques.
    On la trouve par exemple dans certaines descriptions, dans certains discours... comme chez Chateaubriand, Flaubert... mais elle est comme une pépite dans la gangue d'un récit, d'un essai...
    Le poème en prose offre en plus une unité esthétique caractérisée par sa brièveté, son autonomie qui renforcent la densité stylistique précédemment évoquée. C'est ainsi qu'il faut comprendre mon message précédent.
    Le poème en prose peut parfois être considéré comme une mini nouvelle, un récit extrêmement ramassé.
    Ce qui est caractéristique est la chute, comparable à la pointe du sonnet en vers.
    Tout le poème est construit en vue de cet effet de surprise riche de sens.
    Cette construction remarquable est utilisée chez Baudelaire dans "Le Joujou du pauvre" ou "Une Mort héroïque"...
    Regarde cette discussion pour essayer de comprendre https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic18086-baudelaire-le-joujou-du-pauvre.html
  • Merci beaucoup,Jean-Luc.

    Vous m'avez bien expliqué.Je suis toujours avec des livres, et j'espère que je vais bientôt trouver une piste pour mon travail.
    D'ailleurs, pouvez-vous me donner tes pensées sur mon sujet dont j'ai parlé dans le précédent message. c'est par rapport à la façon de Baudelaire entre
    poétiser la prose
    et
    prosifier la poésie
    dans son recueil Petits poèmes en prose. Je n'ai pas encore choisi un titre convenable pour mon travail et je manque vraiment une piste. Qu'est-ce que vous en pensez sur ce sujet?

    Merci, merci!!
  • Bonjour,

    Juste une approche pour mieux cerner les caractéristiques du poème en prose de façon concrète ... notamment chez Baudelaire.

    Mettre en relation :
    Le poème La Chevelure et le poème en prose : Un Hémisphère dans une chevelure.
    L' ambition de Baudelaire à la suite d'Aloysius Bertrand: « Faire du poème en prose la forme par excellence de la poésie moderne et urbaine ».

    Relire à ce sujet, la préface-dédicace à Arsène Houssaye :
    Baudelaire, Le Spleen de Paris
    À Arsène Houssaye


    Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue, alternativement et réciproquement. Considérez, je vous prie, quelles admirables commodités cette combinaison nous offre à tous, à vous, à moi et au lecteur. Nous pouvons couper où nous voulons, moi ma rêverie, vous le manuscrit, le lecteur sa lecture ; car je ne suspends pas la volonté rétive de celui-ci au fil interminable d'une intrigue superflue. Enlevez une vertèbre, et les deux morceaux de cette tortueuse fantaisie se rejoindront sans peine. Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun peut exister à part. Dans l'espérance que quelques-uns de ces tronçons seront assez vivants pour vous plaire et vous amuser, j'ose vous dédier le serpent tout entier.

    J'ai une petite confession à vous faire. C'est en feuilletant, pour la vingtième fois au moins, le fameux Gaspard de la Nuit, d'Aloysius Bertrand (un livre connu de vous, de moi et de quelques-uns de nos amis, n'a-t-il pas tous les droits à être appelé fameux ?) que l'idée m'est venue de tenter quelque chose d'analogue, et d'appliquer à la description de la vie moderne, ou plutôt d'une vie moderne et plus abstraite, le procédé qu'il avait appliqué à la peinture de la vie ancienne, si étrangement pittoresque.

    Quel est celui de nous qui n'a pas, dans ses jours d'ambition, rêvé le miracle d'une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ?

    C'est surtout de la fréquentation des villes énormes, c'est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant. Vous-même, mon cher ami, n'avez-vous pas tenté de traduire en une chanson le cri strident du Vitrier, et d'exprimer dans une prose lyrique toutes les désolantes suggestions que ce cri envoie jusqu'aux mansardes, à travers les plus hautes brumes de la rue ?

    Mais, pour dire le vrai, je crains que ma jalousie ne m'ait pas porté bonheur. Sitôt que j'eus commencé le travail, je m'aperçus que non seulement je restais bien loin de mon mystérieux et brillant modèle, mais encore que je faisais quelque chose (si cela peut s'appeler quelque chose) de singulièrement différent, accident dont tout autre que moi s'enorgueillirait sans doute, mais qui ne peut qu'humilier profondément un esprit qui regarde comme le plus grand honneur du poète d'accomplir juste ce qu'il a projeté de faire.

    Votre bien affectionné,

    C. B.

    Les études ne manquent pas, notamment celle de Tzevan Todorov : La poésie sans les vers.
  • Merci beaucoup,
    Je suis en train de lire le texte que tu m'as conseillé.

    Bon week-end. :)
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