Questions sur la versification

Bonjour,

Je suis un lycéen qui fait de la poésie à ses heures perdues et j'en suis venu à tomber sur un mot qui me pose problème: le mot "trophée" compte-t-il deux syllabes ou bien trois syllabes?
En fait je suis face à un dilemme, selon les règles de versification, le -e final est censé compter dans le décompte des syllabes du vers, mais pour ce mot je m'aperçois que ce -e final n'est absolument pas prononcé, d'où mon interrogation sur le nombre de syllabes qui doivent être comptabilisées pour ce mot.

Ma seconde question est d'une autre nature quoique ce soit également de la versification: dans le long poème Le premier regret de Lamartine, au deux tiers de la quatrième strophe il y a ce vers: "Ces golfes couronnés de bois silencieux," dans lequel je ne compte que 11 syllabes (donc hendécasyllabe) alors que le reste du poème est en alexandrins ou en octosyllabes. Selon vous est ce une erreur de l'auteur ou alors un choix délibéré?

Merci pour vos réponses,

Yorick
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Réponses

  • Bonjour, le mot "trophée" compte deux syllabes.

    On dit "les bois si-len-ci-eux", donc douze syllabes (c'est une diérèse).
  • Merci pour cette réponse laconique. Je n'aurais jamais pensé qu'il puisse y avoir diérèse.
  • En règle générale, s'il y a deux syllabes étymologiques, il y a diérèse rythmique : silentiosus -> silencieux. Mais les poètes peuvent ne pas y prêter attention...
  • Bonjour, je voulais savoir si on effectue la diérèse sur une syllabe en fin de vers (?)
  • JehanJehan Modérateur
    Eh bien oui, éventuellement.
    Comme dans le vers de Lamartine cité plus haut, par exemple...
    Diérèse avec les deux dernières syllabes ci-eux
  • Merci Jehan, mais est-ce obligatoire ou le poète peut choisir de ne pas la prendre en compte ?
    J'ai lu que le y était une semi-voyelle, permet-il ou non la diérèse ? (comme dans voyelle par exemple)
  • Merci Jean-Luc, bonne soirée
  • Bonjour à toutes et à tous,

    Je suis en troisième année de Lettres à l'Université, et j'ai donc des cours de sylistique !
    Cependant, lors du dernier TD, j'ai recontré quelques difficultés....

    Je ne sais pas si je suis au bon endroit, mais je me lance :

    Je rencontre des problèmes de compréhension en ce qui concerne la versification : je n'ai pas bien saisi comment repérer l'accent grammatical ainsi que l'accent tonique ni vraiment ce qu'ils réprésentent.

    Le deuxième élément que je ne comprends pas : l'alexandrin est "habituel" lorsque l'accent grammatical coincide avec l'accent tonique ou avec l'accent métrique ? Je ne comprends pas bien ce point, car les exemples que j'ai notés contredisent ce que j'ai écrit... Par exemple, dans le vers "Lenchen remplis le poêle et mets l'eau du café" de "Femmes" d'Apollinaire, aucuns des accents ne coincident...


    Et enfin, le troisième élément du cours que je n'ai pas bien saisi : dans un exemple, j'ai noté un accent grammatical sur la syllabe d'un élément en rejet externe "Lenchen remplis le poêle et mets le café -dessus", cela est-il possible ? Cela me paraît étrange puisque le rejet externe ne fait pas vraiment partie du vers.


    Vous serait-t-il possible de m'éclairer s'il vous plaît ?
    D'autre part, existe-t-il un manuel qui pourrait m'aider dans mes difficultés ?


    Je vous remercie par avance.


    P.S : J'ai déjà lu la fiche "Notions de versification française", mais certains points ne sont pas aussi poussés que dans mon cours de fac... Elle ne peut donc pas m'aider.
  • Dans ces deux vers de Les femmes :

    Lenchen remplis le poêle et mets l'eau du café
    Dessus - Le chat s'étire après s'être chauffé


    L'accent de groupe veut qu'en prose, on accentuera faiblement les mots "eau" et "café", et plus fortement (en théorie ou psychologiquement du moins) le mot "dessus".

    En ce cas, l'accent métrique qui devrait frapper la finale de café s'efface, et c'est bien pour cela qu'on parle de rejet : autrement dit, la phrase excède le cadre métrique, et on ne saurait supposer une pause, même virtuelle après café.

    Lenchen étant un nom allemand, il est accentué sur la première syllabe, ce qui bouleverse aussi le schéma métrique attendu, car on a deux temps faibles qui vont se succéder dans deux dissyllabes de sens plein, au lieu d'alterner avec les temps forts.

    Je ne sais pas si Kostro avait pensé à tout cela... :D
  • Essayant -tant bien que mal- d'écrire un poème aux rimes riches avec les mots répertoriés comme n'ayant aucune riche, je suis arrivé sur un cas pointu :
    "scribe de" à la fin d'un vers (rime avec Charybde pour votre information)

    Dans ce cas d'enjambement il me paraît nécessaire de prononcer cette fin de vers comme trois syllabes, non ?
  • Si vous faites rimer scribe de avec Charybde, vous avez une rime suffisante : le d-e final, enjambement ou non.

    Mais eût été bon que vous nous postiez les deux vers dans leur ensemble.

    D'autre part, ce n'est pas la richesse qui fait la poésie, ni la poésie qui rend riche les poètes.
  • JehanJehan Modérateur
    C'est ben vrai, ça !
    Comme j'avais écrit au temps de ma jeunesse folle : :P

    Le fou qui rimaille
    Comme chacun sait
    N'a ni sou ni maille
    Dedans son gousset
  • Jehan, tu devrais poster tes "poèmes de jeunesse" dans l'espace poétique, je dis cela très sérieusement. :)
  • Bonjour :

    Quelle est le modèle de rime utilisé ici (embrassée, suivie, etc, etc) ?

    Le modèle : EFF et EFE

    Merci d'avance pour vos réponses :P

    Cordialement : Pate o jambon é o fromaje
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