Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour, je suis en 1erS et je passe mon oral de francais bientôt. Pendant l’année nous avions étudié 2 textes de Blaise PASCAL, nous n’avons pas passer beaucoup de temps dessus et nous avons pratiquement rien dit dessus mais mon prof à quand même décidé de les mettre sur la liste pour l’oral du bac ce qui fait que j’ai 2 textes de Blaise PASCAL sur lesquelles je n’ai rien…

Pour mes autres textes, je l’ai est préparé en faisant des plans comme pour un commentaire de texte et en réunissant mes idées dans mon plan, mais pour ces textes je n’ai absolument rien…

Voici mes 2 textes :
L’homme esclave du divertissement:
Ainsi l'homme est si malheureux qu'il s'ennuierait même sans aucune cause d'ennui par l'état propre de sa
complexion. Et il est si vain, qu'étant plein de mille causes essentielles d'ennui, la moindre chose comme un
billard et une balle qu'il pousse, suffisent pour le divertir.
Mais direz-vous quel objet a(-t-)il en tout cela ? celui de se vanter demain entre ses amis de ce qu'il a mieux
joué qu'un autre. Ainsi les autres suent dans leur cabinet pour montrer aux savants qu'ils ont résolu une question
d'algèbre qu'on n'aurait pu trouver jusqu'ici, et tant d'autres s'exposent aux derniers périls pour se vanter ensuite
d'une place qu'ils auront prise aussi sottement à mon gré. Et enfin les autres se tuent pour remarquer toutes ces
choses, non pas pour en devenir plus sages, mais seulement pour montrer qu'ils les savent, et ceux-là sont les
plus sots de la bande puisqu'ils le sont avec connaissance, au lieu qu'on peut penser des autres qu'ils ne le
seraient plus s'ils avaient cette connaissance.
Tel homme passe sa vie sans ennui en jouant tous les Jours peu de chose. Donnez-lui tous les matins l’argent
qu'il peut gagner chaque jour à la charge qu'il ne joue point, vous le rendez malheureux. On dira peut-être que
c'est qu'il recherche l’amusement du jeu et non pas le gain. Faites-le donc jouer pour rien, i1 ne s'y échauffera
pas et s'y ennuiera. Ce n'est donc pas l'amusement seul qu'il recherche. Un amusement languissant et sans
passion l'ennuiera. Il faut qu'il s'y échauffe, et qu'il se pipe lui-même en s'imaginant qu'il serait heureux de
gagner ce qu'il ne voudrait pas qu'on lui donnât à condition de ne point jouer, afin qu'il se forme un sujet de
passion et qu'il excite sur cela son désir, sa colère, sa crainte pour cet objet qu'il s'est formé comme les enfants
qui s'effraient du visage qu'ils ont barbouillé.
D'où vient que cet homme qui a perdu depuis peu de mois son fils unique et qui accablé de procès et de
querelles était ce matin si troublé, n'y pense plus maintenant. Ne vous en étonnez pas, il est tout occupé à voir
par où passera ce sanglier que ses chiens poursuivent avec tant d'ardeur depuis six heures. Il n'en faut pas
davantage. L'homme, quelque plein de tristesse qu'il soit, si on peut gagner sur lui de le faire entrer en quelque
divertissement, le voilà heureux pendant ce temps-là, et l'homme, quelque heureux qu'il soit, s'il n'est diverti et
occupé par quelque passion ou quelque amusement, qui empêche l'ennui de se répandre, sera bientôt chagrin et
malheureux. Sans divertissement il n'y a point de joie, avec le divertissement il n'y a point de tristesse. Et c'est
aussi ce qui forme le bonheur des personnes de grande condition qu'ils ont un nombre de personnes qui les
divertissent et qu'ils ont le pouvoir de se maintenir en cet état.
Prenez-y garde, qu'est-ce autre chose d'être surintendant, chancelier, premier président sinon d'être en une
condition où l'on a le matin un grand nombre de gens qui viennent de tous côtés pour ne leur laisser pas une
heure en la journée où ils puissent penser à eux-mêmes, et quand ils sont dans la disgrâce, et qu'on les renvoie à
leurs maisons des champs où ils ne manquent ni de biens ni de domestiques pour les assister dans leur besoin, ils
ne laissent pas d'être misérables et abandonnés parce que personne ne les empêche de songer à eux.

et Vérité en deça des Pyrénées, erreur au-delà:
Sur quoi la fondera‑t‑il, l’économie du monde qu’il veut gouverner ? Sera‑ce sur le caprice de chaque particulier, quelle confusion ! Sera‑ce sur la justice, il l’ignore. Certainement s’il la connaissait il n’aurait pas établi cette maxime la plus générale de toutes celles qui sont parmi les hommes, que chacun suive les mœurs de son pays. L’éclat de la véritable équité aurait assujetti tous les peuples. Et les législateurs n’auraient pas pris pour modèle, au lieu de cette justice constante, les fantaisies et les caprices des Perses et Allemands. On la verrait plantée par tous les États du monde et dans tous les temps, au lieu qu’on ne voit rien de juste ou d’injuste qui ne change de qualité en changeant de climat, trois degrés d’élévation du pôle renversent toute la jurisprudence. Un méridien décide de la vérité, en peu d’années de possession les lois fondamentales changent. Le droit a ses époques, l’entrée de Saturne au Lion nous marque l’origine d’un tel crime. Plaisante justice qu’une rivière borne ! Vérité au‑deçà des Pyrénées, erreur au‑delà.
Ils confessent que la justice n’est pas dans ces coutumes, mais qu’elle réside dans les lois naturelles communes en tout pays. Certainement ils le soutiendraient opiniâtrement si la témérité du hasard qui a semé les lois humaines en avait rencontré au moins une qui fût universelle. Mais la plaisanterie est telle que le caprice des hommes s’est si bien diversifié qu’il n’y en a point.
Le larcin, l’inceste, le meurtre des enfants et des pères, tout a eu sa place entre les actions vertueuses. Se peut‑il rien de plus plaisant qu’un homme ait droit de me tuer parce qu’il demeure au‑delà de l’eau et que son prince a querelle contre le mien, quoique je n’en aie aucune avec lui ?
Il y a sans doute des lois naturelles, mais cette belle raison corrompue a tout corrompu.
Pourriez vous m’aider svp à trouver des idées et des plans pour ces deux textes ?
Je vous remercie d'avance !

Quelqu'un pourrait m'aider pour Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au dela svp ?
Merci :)
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Réponses

  • TofferToffer Membre
    On peut d'abord faire jouer l'intertextualité pour te donner quelques idées :
    Rousseau, la Nouvelle Héloïse (1761)

    Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu'il possède. On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère, et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux. En effet, l'homme avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu'il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l'objet même ; rien n'embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu'on voit ; l'imagination ne pare plus rien de ce qu'on possède, l'illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d'être habité et tel est le néant des choses humaines, qu'hors l'Être existant par lui-même, il n'y a rien de beau que ce qui n'est pas.
    Si cet effet n'a pas toujours lieu sur les objets particuliers de nos passions, il est infaillible dans le sentiment commun qui les comprend toutes. Vivre sans peine n'est pas un état d'homme ; vivre ainsi c'est être mort. Celui qui pourrait tout sans être Dieu, serait une misérable créature ; il serait privé du plaisir de désirer ; toute autre privation serait plus supportable.
    Fragment 84 (Sellier) « Pourquoi me tuez‑vous ? » ‑ « Et quoi, ne demeurez‑vous pas de l’autre côté de l’eau ? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin et cela serait injuste de vous tuer de la sorte. Mais puisque vous demeurez de l’autre côté, je suis un brave et cela est juste. »

    Par ailleurs on peut résumer le projet des Pensées par ceci : l'homme grand pour les choses de l'esprit (http://www.ac-grenoble.fr/lycee/vincent.indy/spip.php?article444) délaisse pourtant ces dernières, car il s'entête à vouloir être puissant dans un monde où sa propre finitude l'écrase. De là vient la misère de l'homme, qu'il essaie d'oublier par le divertissement. Cependant, le divertissement n'est pas un remède, car il est fragile. Un rien peut l'attrister, et il est sans cesse trompé par son imagination (http://www.penseesdepascal.fr/Vanite/Vanite31-moderne.php. Seul peut l'en sortir la foi en Dieu : les Pensées ne sont qu'un brouillon écrit en vue d'une Apologie de la religion chrétienne.

    Quels axes dégages-tu? Essaie de synthétiser le raisonnement de l'auteur en quelques phrases, de dégager sa stratégie argumentative.
    Pascal utilise fortement l'ironie, c'est là une clé de lecture

    De même, pour ton deuxième texte, ce qui est en jeu c'est la relativité du droit face à l'universalité de la justice ; l'opposition entre droit naturel ou religieux et droit positif, même si tu devras faire attention aux spécificités de Pascal.
    Voltaire, Dictionnaire philosophique (1767), "Du juste et de l'injuste"

    Qui nous a donné le sentiment du juste et de l’injuste ? Dieu, qui nous a donné un cerveau et un cœur. Mais quand notre raison nous apprend-elle qu’il y a vice et vertu ? Quand elle nous apprend que deux et deux font quatre. Il n’y a point de connaissance innée, par la raison qu’il n’y a point d’arbre qui porte des feuilles et des fruits en sortant de la terre. Rien n’est ce qu’on appelle inné, c’est-à-dire né développé ; mais, répétons-le encore[2], Dieu nous fait naître avec des organes qui, à mesure qu’ils croissent, nous font sentir tout ce que notre espèce doit sentir pour la conservation de cette espèce.

    Comment ce mystère continuel s’opère-t-il ? Dites-le-moi, jaunes habitants des îles de la Sonde, noirs Africains, imberbes Canadiens, et vous Platon, Cicéron, Épictète. Vous sentez tous également qu’il est mieux de donner le superflu de votre pain, de votre riz ou de votre manioc au pauvre qui vous le demande humblement, que de le tuer ou de lui crever les deux yeux. Il est évident à toute la terre qu’un bienfait est plus honnête qu’un outrage, que la douceur est préférable à l’emportement.

    Il ne s’agit donc plus que de nous servir de notre raison pour discerner les nuances de l’honnête et du déshonnête. Le bien et le mal sont souvent voisins ; nos passions les confondent : qui nous éclairera ? Nous-mêmes, quand nous sommes tranquilles. Quiconque a écrit sur nos devoirs a bien écrit dans tous les pays du monde, parce qu’il n’a écrit qu’avec sa raison. Ils ont tous dit la même chose : Socrate et Épicure, Confutzée et Cicéron, Marc-Antonin et Amurath II ont eu la même morale.

    Redisons tous les jours à tous les hommes : La morale est une, elle vient de Dieu ; les dogmes sont différents, ils viennent de nous.

    Jésus n’enseigna aucun dogme métaphysique ; il n’écrivit point de cahiers théologiques ; il ne dit point : Je suis consubstantiel ; j’ai deux volontés et deux natures avec une seule personne. Il laissa aux cordeliers et aux jacobins, qui devaient venir douze cents ans après lui, le soin d’argumenter pour savoir si sa mère a été conçue dans le péché originel ; il n’a jamais dit que le mariage est le signe visible d’une chose invisible ; il n’a pas dit un mot de la grâce concomitante ; il n’a institué ni moines ni inquisiteurs ; il n’a rien ordonné de ce que nous voyons aujourd’hui.

    Dieu avait donné la connaissance du juste et de l’injuste dans tous les temps qui précédèrent le christianisme. Dieu n’a point changé et ne peut changer : le fond de notre âme, nos principes de raison et de morale, seront éternellement les mêmes. De quoi servent à la vertu des distinctions théologiques, des dogmes fondés sur ces distinctions, des persécutions fondées sur ces dogmes ? La nature, effrayée et soulevée avec horreur contre toutes ces inventions barbares, crie à tous les hommes : Soyez justes, et non des sophistes persécuteurs.

    De même, pour Pascal : "Deux lois suffisent pour régler toute la république chrétienne, mieux que toutes les lois politiques." (Sellier 408)
    Matthieu, XXII, 36-39
    Maître, quel est le plus grand commandement de la loi?
    Jésus lui répondit : "Tu aimerais le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.
    C'est le premier et le plus grand des commandements.
    Et voici le second, qui lui est semblable : "Tu aimerais ton prochain comme toi-même."

    D'où sa critique sur la fragilité de la jurisprudence.
  • Bonjour Toffer,
    Pour "L'homme esclave du divertissement" j'ai réussi à trouver des axes et des idées : j'ai une première partie sur comment Pascal essaye de convaincre et une deuxieme partie sur la critique et les moqueries de Pascal, j'ai réussi à rassembler plusieurs idées!

    Cependant pour "Vérité en deçà des Pyrénnées" je ne sais pas trop quoi dire, je n'ai aucune idées... et je ne sais pas quels axes prendre...
    Si vous pourriez m'aider svp

    En tout les cas, merci pour votre réponse et pour votre aide :)
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