Baudelaire, Au lecteur

J'ai un énormé problème, j'ai pour de main un devoir de français à faire, je dois rédiger le commentaire du texte "Au Lecteur", préface des Fleurs du mal de Baudelaire.

J'ai passé ma matinée à essayer de trouver des axes en vain, et après une heure de recherches infructueuse sur internet, je jette l'éponge.


Est-ce que quelq'un aurai une idée?
Je vous en supplie aidez moi...
AU LECTEUR

La sottise, l’erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Sur l’oreiller du mal c’est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Ainsi qu’un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d’une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Serré, fourmillant, comme un million d’helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

Si le viol, le poison, le poignard, l’incendie,
N’ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C’est que notre âme, hélas ! n’est pas assez hardie.

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde ;

C’est l’Ennui ! — l’œil chargé d’un pleur involontaire,
Il rêve d’échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
— Hypocrite lecteur, — mon semblable, — mon frère !
«1

Réponses

  • Pour demain ? et tu t'y prends à 17h48 ? et tu abandonnes au bout d'une heure ?
  • Bonjour à tous,

    Je passe l'oral de français vendredi matin à 10h et je commence à effectuer mes dernières révisions express !

    Seul petit problème, il me reste un poème à travailler qui est celui de Baudelaire dans Les Fleurs Du Mal : Au Lecteur.

    Voila 10 minute que je cherche sur google et sur le site pour tenter de trouver une analyse mais en vin.. il n'y a rien.

    Je viens ici comme dernier recours pour pouvoir trouver cette analyse donc si quelqu'un l'a, ça serait sympa qu'il se manifeste :)

    Merci d'avance !
  • On fait quoi SANS le texte ?
  • Arrêtez de chercher sur internet ! C'est le meilleur moyen pour faire un mauvais commentaire ! Pourquoi ne pas avoir fait de recherche dans des ouvrages critiques ?

    Bon, quelques pistes à suivre:
    - "Au lecteur" est l'incipit des Fleurs du mal. Baudelaire y donne donc des éléments permettant la lecture de son oeuvre > expression de la pensée baudelairienne (absence d'idéal, spleen et réalité médiocre...).
    - Réfléchir à la relation entre le titre du recueil et ce poème.
    - Vision de l'humanité dans ce poème (étudier toutes les métaphores/comparaisons).
    ...

    Un conseil: étudie forme/fond et tu pourra analyser ce poème... Et non pas en tapant "Au lecteur" dans un moteur de recherche ;)
  • Bonjour,

    Je dois analyser ce poème qui est le 1er poème des Fleurs du mal de Baudelaire.
    Est-ce que je dois séparer le fond et la forme ou bien procéder a une analyse linéaire ?
    J’ai trouvé le plan suivant :

    I-Un poème avec des personnages divins
    II-Un poème personnifié

    Pouvez-vous m’aider à le rectifier et me donner des idées pour le développer.

    Merci beaucoup

    Au lecteur

    La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
    Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
    Et nous alimentons nos aimables remords,
    Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

    Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
    Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
    Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
    Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

    Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
    Qui berce longuement notre esprit enchanté,
    Et le riche métal de notre volonté
    Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

    C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent.
    Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
    Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
    Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

    Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
    Le sein martyrisé d'une antique catin,
    Nous volons au passage un plaisir clandestin
    Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

    Serré, fourmillant comme un million d'helminthes,
    Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons,
    Et quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
    Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

    Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
    N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
    Le canevas banal de nos piteux destins,
    C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.

    Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
    Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
    Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
    Dans la ménagerie infâme de nos vices,

    Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
    Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes, ni grands cris,
    Il ferait volontiers de la terre un débris
    Et dans un bâillement avalerait le monde.

    C'est l'Ennui!- L'œil chargé d'un pleur involontaire,
    Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
    Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
    Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère!
  • Moi j'aurais plutôt tablé sur

    I - l'incontrôlabilité à faire le pêché (occupation de l'esprit, travail du corps, pêchés têtus, chemin bourbeux, Satan trimégiste berce l'esprit, volonté vaporisée, les fils tenus par le Diable, les ténèbres puants) avec une notion de montée en puissance (la descente aux enfers, pressée comme une orange, la mort descend, pauvre débauché).

    II - La mauvaise conscience (remords aimables, repentirs lâches, aveux grassement payés, les pleurs lavant les tâches, sourdes plaintes, âme pas assez hardie, pleur invonlontaire, rêve d'échaffauds)

    Avec en conclusion que l'ennui est le pêché suprême de l'humanité (il fait de la terre un débris et avalerait le monde dans un baillement).

    Il y a deux phrases qui peuvent également être exploitées et qui ressortent vivement de ce texte :

    L'homme fait le mal par nature
    L'oisiveté (l'ennui) est mère de tout vice.

    Voilà ce que j'aurai développé si j'avais à parler de ce texte. Ce n'est que mon pauvre avis et le fait de le partager m'a permis de ne pas tomber dans le vice...
  • Bonjour Sorciere ,
    Je vous remercie beaucoup pour votre aide.
    Pourriez-vous m’expliquer ce que vous vouliez dire dans «Montée en puissance »

    Ce n’est pas une descente ?
    Et pourquoi en « puissance » « ?

    Merci
  • JehanJehan Modérateur
    Je crois que Sorcière a voulu dire que la puissance du mal augmente...
    Elle te confirmera peut-être.
  • Oui je confirme Jehan !
    On pourrait même dire que le pêché est vu comme une addiction et qu'il est impossible de s'en défaire (descente aux enfers, chemin bourbeux) ! Et que la mauvaise conscience cherche à être estompée par la recherche d'un coupable : Satan.
    Il est très riche en fait ce texte ! ça ne m'avait jamais sauté à l'esprit jusque là !

    Je tâcherai d'en faire ma propre explication sur mon blog, c'est un très bon exercice !

    Contente que mon plan te convienne Sab ! Je suis une frapadingue de Baudelaire...

    bisouilles
  • Bonjour Sorciere ,

    Je vous remercie encore une fois .
    J'aimerai vous poser d'autre petites questions :

    Que veut dire :"Et nous alimentons nos aimables remords ,
    Comme lees mendions nourrissent leurs vermines"

    Que veut dire : "Lese tenebres qui puent"

    Que veut dire :"pressons comme une vieille orange"

    Que veut dire:
    "Et ,quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
    Descend ,fleuve invisible avec de sourdes plaintes"

    Et enfin pourquoi une majuscule a "Mort" ?

    Meci en avance
  • Nous alimentons nos aimables remords comme les mendients nourrissent leurs vermines : les poux qui se nourrissent du sang sont peut-être ici représentés et se rapportent aux remords qui s'attrappent comme tels (c'est une idée comme une autre !).

    Les ténèbres sont une référence à Satan ; qui puent comme on dit maintenant qui craignent !

    Pressons comme de vieilles oranges : jusqu'au bout, jusqu'à la dernière goutte.

    Une majuscule à Mort, comme une majuscule à Mal : c'est une façon de personnifier en poésie mais je pense que là c'est une façon de déïfier.

    Je le répète il faut voir le pêché ici comme une addiction on peut d'ailleurs faire le lien avec le houka et, de là, avec la Mort qui descend dans les poumons...

    bon week-end à tous !
  • cc !! vs oubliez que beaudelaire ne cesse de faire références aux faiblesses de l'hommes , et qu'il ne cesse de l'attaquer .
    Je pense que ce sujet devrais être argumenter un peu plus
  • Je dois étudier l'image du poète dans ces 3poèmes: L'Albatros, L'Alchimie de la douleur & L'Héautontimorounéros, tout issu des Fleurs du Mal de Baudelaire? Je dois expliquer s'il s'agit de la même représentation & donc quelle est la fonction donnée à la poésie.


    j'aimerai un peu d'aide, car après plus de 3jours de travail, je n'arrive qu'a quelques lignes sans grand sens.

    (Message édité)Nous donner ces "quelques lignes sans grand sens" aurait été mieux que rien...
  • NENE Membre
    Qu'as tu fait pour l'instant?
  • Bonjour,

    Voila j'aurais besoin de votre aide concernant ce poéme.

    Il n'y a qu'une seule question ou plutot deux (qui parait pourtant simple) où je bloque un peu, c'est :

    Quelles sont les expressions utilisées dans ce poéme pour désigner l'homme? quel sentiment inspire-t-il?

    je vous remet le texte
    Au lecteur.

    La sottise, l'erreur, le péche, la lésine,
    Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
    Et nous alimentons nos aimables remords,
    Comme les mendiants nourrissent leur vermine.


    Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
    Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
    Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
    Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.


    Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
    Qui berce longuement notre esprit enchanté,
    Et le riche métal de notre volonté
    Est tout vaporisé par ce savant chimiste.


    C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent.
    Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
    Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
    Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.


    Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
    Le sein martyrisé d'une antique catin,
    Nous volons au passage un plaisir clandestin
    Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.


    Serré, fourmillant comme un million d'helminthes,
    Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons,
    Et quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
    Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.


    Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
    N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
    Le canevas banal de nos piteux destins,
    C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.


    Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
    Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
    Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
    Dans la ménagerie infâme de nos vices,


    Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
    Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes, ni grands cris,
    Il ferait volontiers de la terre un débris
    Et dans un bâillement avalerait le monde.


    C'est l'Ennui!- L'oeil chargé d'un pleur involontaire,
    Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
    Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
    Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère!
    Merci d'avance pour votre aide =)
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.