Attribut. Quid des expansions éventuelles ?

Bonjour !

* Il est LE FACTEUR DU VILLAGE.
Quel est l’attribut ?

Généralement, on se contente encore de dire "LE FACTEUR". J'ai connu le temps où on disait même simplement "facteur".

Mais, comme la grammaire actuelle travaille par regroupements (des constituants et des expansions), je conseillerais "LE FACTEUR DU VILLAGE" : le complément du nom (expansion) dépend de l'attribut, qui est le NOYAU du groupe attributif. On ne sépare pas l'expansion de son noyau.

Que disent les professeurs et les élèves ou étudiants actuels ?

Réponses

  • Oui dans l'aide aux devoirs que je faisais là où je bossais les cours et les manuels disaient "groupe nominal attribut du sujet" pour toute l'expression
  • henryhenry Membre
    Bonsoir

    Pour ma part j'analyse simplement "facteur" comme attribut du sujet "il" et "village" comme complément du nom "facteur".

    Je pense que cette présentation en termes clairs devrait ravir les élèves à qui on bourre la tête avec des termes et des analyses modernes, peut-être plus pointus mais à l'arrivée ?

    Je ne suis ni professeur et encore moins élève ou étudiant actuels, ce qui est fort dommage car au moins je traînerai moins de bougies... à souffler.
  • EdyEdy Membre
    Eh ! oui, cher Henry, il y a un âge où les bougies coûtent plus cher que le gâteau...

    Amicalement vôtre,
    Edy
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Edy et Henry,

    Bien qu'ayant un peu de retard à l'allumage, à cause des bougies, je souhaiterais soumettre à votre sagacité les réflexions qui suivent.

    Je comparerai les deux énoncés suivants :
    - Il est le facteur du village.
    - Il est facteur d'orgue.

    Il me semble que dans le second l'expansion du nom fait étroitement partie de ce dernier et donc que nous n'aurions pas ici le choix, l'attribut du sujet serait "facteur d'orgue".
    Dans le premier, je suis moins sûr, car les énoncés suivants restent tous possibles :
    Il est facteur. (ce qui ne serait pas possible dans le second)
    Il est le facteur. (Mais il est le facteur d'orgue attitré)
    Il est le facteur du village. (Mais il est le facteur d'orgue de la province).

    Je serais donc d'avis de garder trace de l'analyse fine d'autrefois si nous manipulons les notions modernes d'expansion. Bon, je ne voudrais pas devenir facteur de division !

    Cordialement.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Vous savez que je ne résiste jamais au plaisir d'écrire des bêtises.

    Et voilà que le mot facteur a été le déclencheur.

    Il s'agit d'un apologue facétieux.
    La femme laide et les facteurs

    Dans une contrée reculée de notre beau pays vivait une femme laide, laide, si laide qu'elle en était devenue un remède contre l'amour. Aussi habitait-elle, seule, une ferme perdue au fond de la lande.

    Chaque année, l'administration fiscale n'oubliait pas de lui adresser ses formulaires. C'était le seul courrier que recevait ce pauvre être.

    La première année, un vaillant facteur de la Poste exerça ses mollets pour rejoindre l'habitation. Le brave homme, qui n'était pas seulement un fonctionnaire, fut ému par la détresse de la paysanne. Il l'aima et quelques mois plus tard, un enfant naquit de leur union.

    L'année suivante, par ces mystères insondables de la gestion du personnel dans l'administration, ce fut un autre facteur qui dut porter le poulet. Lui aussi, ne put supporter l'abandon de la pauvre femme. Il l'aima et quelques mois plus tard, un enfant naquit de leur union.

    La troisième année, un autre préposé se chargea de la course. Les mêmes causes produisirent les mêmes effets.

    La quatrième année, par un mystère plus grand encore dont l'administration n'est pas avare, le premier facteur revint dans la contrée. Il partit porter le pli fiscal. La pauvre solitaire lui déchira encore le cœur. Il l'aima et quelques mois plus tard, un enfant naquit de leur union...

    De cette sotte histoire, ami lecteur, tu peux tirer plusieurs enseignements :

    Le facteur est l'avant-garde du service public.
    Tu peux changer l'ordre des facteurs, le résultat reste le même.
    Suivre le cours de lettres peut déboucher sur des perspectives inattendues (là c'est franchement opportuniste sur ce site ! ).
  • henryhenry Membre
    Bonsoir en général et bonsoir Jean-Luc en particulier

    Voici ma curiosité éveillée par le pluriel que prend normalement le facteur d’orgueS

    références :
    http://orgue.free.fr/facteurs.html
    http://www.jf-dupont.com/


    Mais Wikipedia qui faut-il le rappeler n’est pas la Bible de la langue française mais un simple site de contributions (souvent justes mais parfois erronées), le cite au singulier.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Facteur_d%27orgue

    de même qu'ATILF qui donne : facteur d’orgue


    Dictionnaire de L'Académie française, 8th Edition (1932-5)
    L'orgue de telle église est excellent. Les grandes orgues. Un jeu d'orgues. Clavier d'orgues. Tuyau d'orgues. Facteur d'orgues. Souffleur d'orgue. Jouer de l'orgue. Souffler l'orgue. Des orgues portatives. Orgues électriques.


    Et en plus on dit : un grand orgue et de belles orgues

    Mais par pitié restons-en au « FACTEUR d’ORGUE(S) »sinon c’est le KK en vue.

    Pour ma part je pense qu’il s’agit toujours d’un complément et dans ce cas complément de facteur et il forme un groupe prépositionnel « d’orgues »

  • EdyEdy Membre
    Bonsoir, Jean-Luc et Henry !

    Bien d’accord : « facteur d’orgues » est certainement attribut ; le complément du nom est dit de caractérisation. (Le Petit Robert 2007 écrit d’orgues.)

    Dans « le facteur du village » (complément de relation), je pense, comme Léah, que, dans l’analyse, on ne doit plus dissocier le complément de son support nominal (noyau), l'ensemble formant un groupe nominal. Ce serait pareil avec une épithète.

    J’en ai trouvé un exemple dans un livre récent d’analyse :
    * La grève DES PAYSANS est un signe DE MÉCONTENTEMENT.
    Deux GN :
    1 la grève des paysans
    2 un signe de mécontentement.

    Et dans la Grammaire Bescherelle :
    * Le chien DU VOISIN a aboyé toute la nuit.
    Le complément « du voisin » du nom « le chien » est un constituant non obligatoire (expansion) du GN.

    Y a-t-il d’autres avis ? Comment analyse-t-on aujourd’hui dans l’enseignement ?

    Merci pour cet amusant apologue. Cela me rappelle :
    * On peut commencer à avoir des doutes quand on habite Rouen, qu’on déménage à Montélimar et qu’on a toujours le même facteur. (COLUCHE)

    Cordialement,
  • Il n'y a aucune hésitation à avoir:

    "le facteur du village" est attribut du sujet. L'Analyse en Constituants Immédiats de la phrase donnerait (voir O. Soutet, 1995, La linguistique):

    P → SN+SV
    SN = pronom → il
    SV → V + SN
    V → est
    SN = DQ + GN
    DQ → le
    GN → N + DC
    N → facteur
    DC = SP → Prép + SN
    Prép → *de
    SN → DQ + N
    DQ → *le
    N → village

    PS: attention, un GN est un SN sans déterminant quantifiant
  • EdyEdy Membre
    Merci bien, Gooki !

    J'ai compris l'arborescence, mais je ne vois pas pourquoi l'on dit tantôt SN et tantôt GN, alors que, dans mon esprit, syntagme et groupe sont synonymes. Je lis successivement SN, GN, ... et SN.
    SN serait-il plus général que GN ?
    Ou doit-on les alterner ?

    Quant au déterminant, je vois, dans d'autres arborescences, qu'il est inclus dans le GN. Y a-t-il une raison d'exclure l'article du GN, alors qu'il en est un constituant obligatoire ? Vous le considérez vraiment comme quantifiant ?

    Merci de compléter ma formation très rudimentaire en linguistique.
    Cordialement,
    Edy
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