Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour, je dois faire mon anthologie et j'ai choisis le thème de l'ivresse.
J'ai déjà trouvé plusieurs poèmes sur l'ivresse dût à l'alcool, c'est pourquoi je demande votre aide pour m'aider à trouver des poèmes sur l'ivresse dût a quelque chose d'autre (amour, bonheur..)
Merci d'avance pour votre aide
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Réponses

  • LaoshiLaoshi Membre
    Extrait de La coupe et les lèvres d'Alfred de Musset.
    Vous me demanderez si j’aime quelque chose.
    Je m’en vais vous répondre à peu près comme Hamlet :
    Doutez, Ophélia, de tout ce qui vous plaît,
    De la clarté des cieux, du parfum de la rose ;
    Doutez de la vertu, de la nuit et du jour ;
    Doutez de tout au monde, et jamais de l’amour.
    Tournez-vous là, mon cher, comme l’héliotrope
    Qui meurt les yeux fixés sur son astre chéri,
    Et préférez à tout, comme le Misanthrope,
    La chanson de ma mie, et du Bon roi Henri.
    Doutez, si vous voulez, de l’être qui vous aime,
    D’une femme ou d’un chien, mais non de l’amour même.
    L’amour est tout, — l’amour, et la vie au soleil.
    Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ?
    Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ?
    Faites-vous de ce monde un songe sans réveil.
    S’il est vrai que Schiller n’ait aimé qu’Amélie,
    Goethe que Marguerite, et Rousseau que Julie,
    Que la terre leur soit légère ! — ils ont aimé.
  • Merci beaucoup pour la réponse, le poème est bien mais il n'est pas assez centré sur l'ivresse je trouve
  • Titania91Titania91 Modérateur
    Baudelaire "Enivrez-vous", 33ème poème des Petits Poème en prose
    Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

    Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

    Qu'as-tu trouvé d'autre?
  • Pense aussi à la "muse verte" ou "Fée verte " pour l'absinthe ...
    Le poison

    Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
    D'un luxe miraculeux,
    Et fait surgir plus d'un portique fabuleux
    Dans l'or de sa vapeur rouge,
    Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

    L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,
    Allonge l'illimité,
    Approfondit le temps, creuse la volupté,
    Et de plaisirs noirs et mornes
    Remplit l'âme au delà de sa capacité.

    Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
    De tes yeux, de tes yeux verts,
    Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
    Mes songes viennent en foule
    Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

    Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
    De ta salive qui mord,
    Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remords,
    Et charriant le vertige,
    La roule défaillante aux rives de la mort!


    Charles Baudelaire, Recueil 'Spleen et idéal'
    - La buveuse d'absinthe de Maurice Rollinat
    - Absinthe Raoul Ponchon
    - Lendemain de Charles Cros
    - Absinthe de Albert Giraud
    - Le Vin des amants de Baudelaire
    - Le parfum de Baudelaire
    - Vendanges de Verlaine
    - Celui qui boit de Ronsard
    - Bacchante triste de Renée Vivien
    - Bacchanale de Heredia
    - Oraison du soir de Rimbaud
    - Sonnet ivre de Jean Richepin
    - La cigale et le poète de Tristan Corbière
  • Je fais une anthologie poétique sur l'ivresse
    J'AI DEJA TROUVE DES POEMES SUR L'ALCOOL

    Aidez moi a en trouver sur l'Ivresse d'amour, de joie, bonheur et d'autres si vous trouvez

    Merci d'avance si vous pouvez m'aider :D
  • Ce thème a déjà été abordé sur le site pour une anthologie ...

    https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic44051-anthologie-poetique-sur-le-theme-de-livresse.html

    Quand tu descendras les trottoirs de l’ivresse…

    quand tu descendras les trottoirs de l’ivresse
    n’oublie pas de regarder en arrière
    la rage du vent roule sur les automobiles
    tu poursuivras cette marche le corps délesté
    de tout ce qui te suit à la trace

    rien vraiment ne meurt enfoui dans les yeux
    ce sont les oreilles qui se couvrent de mains
    tu ne goûtes que le sel si tu restes en place
    il faut aller plus loin que ce coin de rue
    descendre vers l’effloraison des lumières
    ou nier cette guirlande aux devantures de néon
    tu jetais toujours le magazine une fois parcouru
    lisant quelquefois mais saisissant trop vite le quoi
    encore que dans tes yeux se mourait un goût de suie

    Michel BEAULIEU, Paysage, précédé de ADN, 1971 Éd. du Jour
    Matinée d'ivresse

    Ô mon Bien ! Ô mon Beau ! Fanfare atroce où je ne trébuche point ! chevalet féerique ! Hourra pour l'oeuvre inouïe et pour le corps merveilleux, pour la première fois ! Cela commença sous les rires des enfants, cela finira pas eux. Ce poison va rester dans toutes nos veines même quand, la fanfare tournant, nous serons rendu à l'ancienne inharmonie. Ô maintenant, nous si digne de ces tortures ! rassemblons fervemment cette promesse surhumaine faite à notre corps et à notre âme créés : cette promesse, cette démence ! L'élégance, la science, la violence ! On nous a promis d'enterrer dans l'ombre l'arbre du bien et du mal, de déporter les honnêtetés tyranniques, afin que nous amenions notre très pur amour. Cela commença par quelques dégoûts et cela finit, - ne pouvant nous saisir sur-le-champ de cette éternité, - cela finit par une débandade de parfums.

    Rires des enfants, discrétion des esclaves, austérité des vierges, horreur des figures et des objets d'ici, sacrés soyez-vous par le souvenir de cette veille. Cela commençait par toute la rustrerie, voici que cela finit par des anges de flamme et de glace.

    Petite veille d'ivresse, sainte ! quand ce ne serait que pour le masque dont tu nous as gratifié. Nous t'affirmons, méthode ! Nous n'oublions pas que tu as glorifié hier chacun de nos âges. nous avons foi au poison. Nous savons donner notre vie tout entière tous les jours.

    Voici le temps des ASSASSINS.

    Rimbaud
  • Oui je sais c'est mon message mais ca ne reponds a ce que je demande


    PAS SUR L'ALCOOL !!!
  • Vers d’amour



    Tu gardes dans tes yeux la volupté des nuits,
    O Joie inespérée au fond des solitudes !
    Ton baiser est pareil à la saveur des fruits
    Et ta voix fait songer aux merveilleux préludes
    Murmurés par la mer à la beauté des nuits.

    Tu portes sur ton front la langueur et l’ivresse,
    Les serments éternels et les aveux d’amour,
    Tu sembles évoquer la craintive caresse
    Dont l’ardeur se dérobe à la clarté du jour
    Et qui te laisse au front la langueur et l’ivresse.

    Renée Vivien, Cendres et Poussières, 1902
    Un matin



    Dès le matin, par mes grand’routes coutumières
    Qui traversent champs et vergers,
    Je suis parti clair et léger,
    Le corps enveloppé de vent et de lumière.

    Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ;
    C’est fête et joie en ma poitrine ;
    Que m’importent droits et doctrines,
    Le caillou sonne et luit sous mes talons poudreux ;

    Je marche avec l’orgueil d’aimer l’air et la terre,
    D’être immense et d’être fou
    Et de mêler le monde et tout
    A cet enivrement de vie élémentaire.

    Oh ! les pas voyageurs et clairs des anciens dieux !
    Je m’enfouis dans l’herbe sombre
    Où les chênes versent leurs ombres
    Et je baise les fleurs sur leurs bouches de feu.

    Les bras fluides et doux des rivières m’accueillent ;
    Je me repose et je repars,
    Avec mon guide : le hasard,
    Par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles.

    Il me semble jusqu’à ce jour n’avoir vécu
    Que pour mourir et non pour vivre :
    Oh ! quels tombeaux creusent les livres
    Et que de fronts armés y descendent vaincus !

    Dites, est-il vrai qu’hier il existât des choses,
    Et que des yeux quotidiens
    Aient regardé, avant les miens,
    Se pavoiser les fruits et s’exalter les roses !

    Pour la première fois, je vois les vents vermeils
    Briller dans la mer des branchages,
    Mon âme humaine n’a point d’âge ;
    Tout est jeune, tout est nouveau sous le soleil.

    J’aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse
    Et mes cheveux amples et blonds
    Et je voudrais, par mes poumons,
    Boire l’espace entier pour en gonfler ma force.

    Oh ! ces marches à travers bois, plaines, fossés,
    Où l’être chante et pleure et crie
    Et se dépense avec furie
    Et s’enivre de soi ainsi qu’un insensé !

    Emile Verhaeren, Les forces tumultueuses
    Dans vos yeux



    Dans vos yeux
    J’ai lu l’aveu de votre âme
    En caractères de flamme
    Et je m’en suis allé joyeux
    Bornant alors mon espace
    Au coin d’horizon qui passe
    Dans vos yeux.

    Dans vos yeux
    J’ai vu s’amasser l’ivresse
    Et d’une longue caresse
    J’ai clos vos grands cils soyeux.
    Mais cette ivresse fut brève
    Et s’envola comme un rêve
    De vos yeux.

    Dans vos yeux
    Profonds comme des abîmes
    J’ai souvent cherché des rimes
    Aux lacs bleus et spacieux
    Et comme en leurs eaux sereines
    J’ai souvent noyé mes peines
    Dans vos yeux.

    Dans vos yeux
    J’ai vu rouler bien des larmes
    Qui m’ont mis dans les alarmes
    Et m’ont rendu malheureux.
    J’ai vu la trace des songes
    Et tous vos petits mensonges
    Dans vos yeux.

    Dans vos yeux
    Je ne vois rien à cette heure
    Hors que l’Amour est un leurre
    Et qu’il n’est plus sous les cieux
    D’amante qui soit fidèle
    A sa promesse… éternelle
    Dans vos yeux.

    Gaston Couté
  • Merci beaucoup :D
  • BEN !! C'est moi qui fait sur l'ivresse c'était mon idée !
  • bensouss, bon jour,

    Je ne comprends pas ton message qui est le premier sur ce site.
    Pouvons-nous t'aider ?
  • Floreale, ce message était destiné uniquement à benjicrems dans le sens ou je suis dans son lycée et que c'etait moi qui avait eu l'idée :)
  • Je m'en doutais un peu ...
    Alors, quel va être le thème de ton anthologie ? Parce que sur le thème de l'ivresse, il y a eu de nombreuses propositions si tu centres sur ce thème seul. Et tu peux faire une sélection personnelle et au moment de rédiger la préface ... ne communique plus ... :)
  • anoduhanoduh Membre
    Bonjour !
    Je fais moi aussi une anthologie sur le thème de l'ivresse. J'ai déjà trouvé plusieurs poèmes, mais il m'en faut de siècles différents, or la plupart datent des XIXe et XXe siècles.
    Pour des siècles antérieurs, j'ai seulement trouvé :
    - Celui qui boit de Ronsard (XVIe)
    - Baiser de du Bellay (XVIe) (pensez-vous qu'il corresponde vraiment à mon thème ?)
    - Bacchus d'André Chenier ( XVIIIe)

    Mon problème principal est que je n'arrive à trouver d'analyse pour aucun d'entre eux, or j'ai du mal à comprendre "Celui qui boit", et c'est encore pire pour "Bacchus". Peut-être pourriez-vous m'éclairer ? ^^ (je dois faire un paragraphe de caractérisation pour chaque poème, en plus de la préface).

    Et sinon, connaissez-vous d'autres poèmes qui pourraient me convenir ? (je suis assez pressée...)
    Merci d'avance !
  • L'ivrogne et sa femme de La Fontaine
  • anoduhanoduh Membre
    Merci pour votre réponse.

    En fait, j'avais écarté cette fable car j'avais pensé qu'elle ne traitait pas vraiment de l'ivresse mais plutôt simplement de l'alcool/l'alcoolisme. Pensez vous que ce soit vraiment sur l'ivresse ? (et pourquoi ?)

    Et pourriez-vous m'expliquer "celui qui boit" (quelle forme d'ivresse est traitée...) et "bacchus" ? Cela m'aiderait vraiment beaucoup.

    Merci encore !
  • Sur le poème de Ronsard : on peut s'enivrer de mauvais alcool
    http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1997_num_85_316_4893

    On peut, au sens figuré, être épris des yeux de Cassandre.
    Quelle que soit l'ivresse, la mort nous en délivre mais il vaut mieux être ivre d'amour.
  • anoduhanoduh Membre
    Merci :) Donc en gros, Ronsard compare l'ivresse de l'alcool (premier quatrain) à celle de l'amour (deuxieme) et il dit qu'il vaut mieux l'amour ? (désolée d'insister mais j'ai vraiment du mal avec celui-ci ^^).

    Et donc, pensez-vous que la fable de La Fontaine soit vraiment sur l'ivresse ? (par exemple parce qu'elle montre que l'homme ivre peut croire à n'importe quoi ?) Ce serait pratique, je n'aurais pas à m'embêter avec "Bacchus", que je ne comprends pas et n'apprécie pas tellement...

    (Sinon, j'ai aussi trouvé "Chanson à boire I" de Nicolas Boileau, mais j'ai l'impression que, comme la fable, ce n'est pas sur l'ivresse mais seulement sur l'alcool...)
  • Ivresse a plusieurs acceptions.
    Reformuler ce que l'on croit avoir compris d'un poème est pour le moins réducteur et hasardeux.
  • Oui, mais dans le cas présent, le poème peut être interprété vu l'intention assez claire du poète et les lieux communs qu'il développe.

    Celui qui boit, comme a chanté Nicandre,
    De l'Aconite, il a l'esprit troublé,
    Tout ce qu'il voit lui semble estre doublé,
    Et sur ses yeux la nuit se vient espandre.


    Effets de l'aconit, poison végétal : troubles physiques.

    Celui qui boit de l'amour de Cassandre,
    Qui par ses yeux au cœur est écoulé,
    Il perd raison, il devient afolé,
    Cent fois le jour la Parque le vient prendre.


    Effets de l'amour de Cassandre : folie.

    Mais la chaut vive, ou la rouille, ou le vin
    Ou l'or fondu peuvent bien mettre fin
    Au mal cruel que l'Aconite donne :


    Mais il existe de nombreux remèdes contre les effets de l'aconit.

    La mort sans plus a pouvoir de garir
    Le coeur de ceux que Cassandre empoisonne,
    Mais bien heureux qui peut ainsi mourir.


    Alors que seule la mort peut guérir l'amour de Cassandre, mais c'est une mort bien heureuse.
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