Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour,

J'ai un commentaire à faire concernant un extrait de "la leçon" d'Eugène Ionesco, j'ai un peu de mal à faire mon plan...

L'extrait :
LE PROFESSEUR
J’attire au passage votre attention sur les consonnes qui changent de nature en liaisons. Les f deviennent en ce cas des v, les d des t, les g des k et vice versa, comme dans les exemples que je vous signale : « trois heures, les enfants, le coq au vin, l’âge nouveau, voici la nuit ».
L’ÉLÈVE
J’ai mal aux dents.
LE PROFESSEUR
Continuons.
L’ÉLÈVE
Oui.
LE PROFESSEUR
Résumons : pour apprendre à prononcer, il faut des années et des années. Grâce à la science, nous pouvons y arriver en quelques minutes. Pour faire donc sortir les mots, les sons et tout ce que vous voudrez, sachez qu’il faut chasser impitoyablement l’air des poumons, ensuite le faire délicatement passer, en les effleurant, sur les cordes vocales qui, soudain, comme des harpes ou des feuillages sous le vent, frémissent, s’agitent, vibrent, vibrent, vibrent ou grasseyent, ou chuintent ou se froissent, ou sifflent, sifflent, mettant tout en mouvement : luette, langue, palais, dents...
L’ÉLÈVE
J’ai mal aux dents.
LE PROFESSEUR
... lèvres... Finalement les mots sortent par le nez, la bouche, les oreilles, les pores, entraînant avec eux tous les organes que nous avons nommés, déracinés, dans un envol puissant, majestueux, qui n’est autre que ce qu’on appelle, improprement, la voix, se modulant en chant ou se transformant en un terrible orage sympho¬nique avec tout un cortège... des gerbes de fleurs des plus variées, d’artifices sonores : labiales, dentales, occlusives, palatales’ et autres, tantôt caressantes, tantôt amères ou violentes.
L’ÉLÈVE
Oui, monsieur, j’ai mal aux dents.
[…]
LE PROFESSEUR
Ça n’a plus d’importance... Ça ne vous regarde pas. Dites : « cou ».
L’ÉLÈVE
« Cou. »
LE PROFESSEUR « ... teau »... Regardez.
Il brandit le couteau sous les yeux de l’Élève.

L’ÉLÈVE
« teau »...
LE PROFESSEUR
Encore... Regardez.
L’ÉLÈVE
Ah, non ! Zut alors ! J’en ai assez ! Et puis j’ai mal aux dents, j’ai mal aux pieds, j’ai mal à la tête...
LE PROFESSEUR, saccadé.
« Couteau »... Regardez... « couteau »... Regardez... « couteau »... Regardez...
L’ÉLÈVE
Vous me faites mal aux oreilles, aussi. Vous avez une voix ! Oh, qu’elle est stridente !
LE PROFESSEUR
Dites : « couteau... cou... teau... »
L’ÉLÈVE
Non ! J’ai mal aux oreilles, j’ai mal partout...
LE PROFESSEUR
Je vais te les arracher, moi, tes oreilles, comme ça elles ne te feront plus mal, ma mignonne !
[…]
LE PROFESSEUR, comme le coucou. « Couteau... couteau... »
Ils sont tous les deux debout; lui, brandissant toujours son couteau invisible, presque hors de lui, tourne autour d’elle, en une sorte de danse du scalp, mais il ne faut rien exagérer et les pas de danse du Professeur doivent être à peine es¬quissés; l’Élève, debout, face au public, se dirige, à reculons, en direction de la fenêtre, maladive, langoureuse, envoûtée...
LE PROFESSEUR
Répétez, répétez : « couteau... couteau... cou¬teau... »
L’ÉLÈVE
J’ai mal... ma gorge, « cou... » ah... mes épaules... mes seins... « couteau... »
LE PROFESSEUR
« Couteau... couteau... couteau... »
L’ÉLÈVE
Mes hanches... « couteau... » mes cuisses... « cou... »
LE PROFESSEUR Prononcez bien... « couteau... couteau... »
L’ÉLÈVE
« Couteau... » ma gorge...
LE PROFESSEUR
« Couteau... couteau... »
L’ÉLÈVE
« Couteau... » mes épaules... mes bras, mes seins, mes hanches... « couteau... couteau... »

Ce que j'ai fais pour l'instant :

I. L'absence de communication (dans le sens où ils ne s'écoutent pas)
1. L'absurde
2. L'absence d'un dialogue logique
3. Un cours magistral

II. Hiérarchie progressive (pour cette partie je voulais montrer le changement de comportement des 2 personnages durant l'extrait)
1. Une élève assujetti
2. Un professeur à double personnalité
3. ?

III. ?

Je me suis posé comme problématique : Cet Œuvre est-elle une satire de l'enseignement

Pouvez-vous m'aider à compléter ou à corriger certaines chose ? Même si vous avez quelques petite pistes ça pourrait m'aider
Merci d'avoir pris le temps de lire tout ça et de m'aider si possible

Réponses

  • Si vous voulez, mais selon moi, la réponse est non. Ce serait trahir les intentions de Ionesco, qui n'a jamais écrit pour prouver quelque chose (dans ses pièces évidemment).
  • vous parlez de la réponse à ma problématique ?
    Dans ces cas là peut être que je dois la changer ?
  • glsmglsm Membre
    Bonsoir,
    je ne suis pas d'accord avec Jacques parce que Ionesco écrit des pièce de théâtre absurde, genre qui dénonce l'incommunicabilité or ici il s'agit d'une leçon donc un contexte où les interlocuteurs sont censé communiquer, il y a donc une satire qui dénonce un défaut de la société ou personne ne s'écoute et où il n'y a pas de dialogue mais plutôt des monologues parallèles.
    Sources: cours de L1 lettres modernes et n'importe quelle site sur le théâtre d'Ionesco.
    Bonne soirée
    N.B:la réponse à une problématique de commentaire composé ne doit pas être oui ou non sinon il n'y a pas d'intérêt à faire un commentaire, une réponse en quelques lignes serait suffisant.
  • JehanJehan Modérateur
    Ce n'est pas tellement la critique d'un défaut de notre société ni une satire de notre enseignement.
    Pour Ionesco, cela va plus loin, l'incommunicabilité est inhérente au langage humain.
  • Tout à fait.
    Une satire suppose une intention critique de la part de l'auteur ; ce peut être le cas dans certains passages des pièces de Ionesco, ce n'est jamais son idée première (se reporter à une autre discussion sur cette pièce). Si l'expression "satire de la société" figure dans un cours sur Ionesco, c'est que le professeur a confondu avec Molière ou Beaumarchais.
  • LaoshiLaoshi Membre
    c'est que le professeur a confondu avec Molière ou Beaumarchais.
    Ce serait un professeur distrait ? :P
  • Merci de votre aide, mais vous auriez pas quelques idées à me proposer pour mon III ?
  • Simple suggestion

    III. Une nouvelle forme de théâtre
    la parodie d'un système de transmission du savoir
    le mélange de registres : entre le grotesque et le tragique
    le langage est un jeu dangereux (mal/couteau ...)
  • Ah merci ça collerait parfaitement
    le mélange de registres : entre le grotesque et le tragique

    par contre j'ai pas trop compris celui là ?
  • floreale a écrit:
    Simple suggestion

    III. Une nouvelle forme de théâtre
    le langage est un jeu dangereux (mal/couteau ...)

    Je ne sais pas si je peux vous aider énormément, (je fais un diplôme en littérature anglaise, donc j'étudie les oeuvres de Samuel Beckett) mais pourrait-on considérer les pensées de Jacques Derrida ici ? Il révèle a quel point le langage n'arrive pas à nous permettre de s'exprimer. C'est-a-dire, on ne peut pas maitriser le langage, car les mots sont arbitraires et il n'appartient à personne en particulier.

    On peut voir la même chose ici. Le lien entre "couteau" et "gorge" nous donne une image dérangeante, mais c'est le lecteur/ spectateur qui met les deux mots ensemble. On ne pourrait pas dire certainement que le prof ait l'intention de tuer, mais le langage nous montre qu'il reste toujours la possibilité entre parenthèses.
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