Comment bien traduire en latin "ayant joui" ?

Bonjour,
L’étymologie m’a conduit m’intéresser au latin, je l’étudie donc avec plaisir, malgré mon âge (avancé).
Je lis régulièrement vos réponses qui sont, pour moi, des plus enrichissantes. Un grand bravo pour vous.
Permettez-moi de vous interroger, j’ai du mal avec certaines subtilités :
Dans les morceaux choisis de Tacite, traduits par M. D’Alembert (édition 1763), j’ai extrait à propos du portrait de Galba :
« Hunc exitum habuit Ser. Galba tribus et septuaginta annis, quinque Principes prosperâ fortunâ emensus »
Traduction / M. D’Alembert : « Ainsi finit Galba à l’âge de soixante treize ans, ayant joui de sa fortune sous cinq empereurs »
Selon vous, pourquoi « emensus » pour ayant joui (emetior, iris, iri, mensus sum) et pas fruor, eris, frui, fruitus / fructus sum ?
Et, en fait comment bien traduire en latin d’aujourd’hui, ayant joui ? => emensus, fructus ou fructum ?
Merci d’avance, cordialement.

Nota : cette phrase latine se trouve également dans « Oeuvres philosophiques, historiques et littéraires de d'Alembert, Volume 13) Je suis désolé pour l’utilisation de g...le b...ks.

Réponses

  • Bonsoir, Gaffiot traduit " quinque principes emensus" par " ayant traversé cinq règnes"

    cordialement
  • La véritable question est plutôt pourquoi "ayant joui" pour emensus.
    Gaffiot indique à emetior : quinque Principes emensus : ayant traversé cinq règnes

    soit : ayant traversé cinq règnes avec une heureuse fortune.

    Dans l’autre référence que vous citez, on trouve la traduction : Ainsi finit galba à l'âge de soixante et treize ans, ayant échappé à cinq empereurs,
    et dans la traduction Burnouff
    Telle fut la fin de Servius Galba, qui, dans une carrière de soixante-treize ans, traversa cinq règnes, toujours favorisé de la fortune,
  • TiroTiro Membre
    Subtilités, disais-je !
    Je me garderai de citer Diderot, à propos « du savoir parler latin », ce qui est certain c’est que l’interprétation est possible. J’aime assez : « ayant échappé à cinq empereurs ».
    Merci pour cette réponse.

    Merci également Poenulus !

    Cordialement
  • Cet emploi de emetior avec un sens temporel, particulièrement au participe, est tout à fait banal chez mon auteur favori, Ammien Marcellin. Par exemple:
    -Livre XIV, 10,6 "Emensis itaque difficultatibus multis": Après avoir traversé bien des difficultés
    - Livre XV, 10,9 "Deinde emensis postea saeculis multis": Par la suite, bien des siècles plus tard
    - Livre XXII, 13,3 "mediate noctis emensa": passé le milieu de la nuit
    - Livre XXIII,5,20 "post multiplices casus obsidionis emensos": après avoir traversé les multiples avanies d'un siège
    Je n'ai pas vérifié chez d'autres
  • TiroTiro Membre
    Merci Ammianus.
    Un nouveau champ d'exploration est ouvert, je vais creuser !
    L'histoire de Rome par Ammien Marcellin, c'est parti.
    Cela confirme qu'il est préférable d'utiliser « Fruor, eris, frui, fruitus » pour répondre à ma question initiale, et donc : ayant joui = fructus.
    Cordialement
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