La conjonction « et » et la virgule

Voici un passage du livre Petites leçons sur le grec ancien, de Jacqueline de Romilly et de Monique Trédé, chez Stock (2008).
« […] le système des valeurs […] se renouvelle, et l’on voit dans la langue apparaître et s’imposer des mots nouveaux pour ces valeurs nouvelles. » (page 42)
Dans cette phrase-là, les auteures ont utilisé deux fois la conjonction « et » : d’abord, pour coordonner deux propositions ; puis, pour coordonner les deux compléments directs du verbe « voit ». Il s’agit, certes, de deux niveaux de coordination différents, à savoir au niveau de la proposition et au niveau du prédicat, respectivement. Remarquons encore que la première conjonction s’est faite accompagner d’une virgule, alors qu’elle est inexistante dans le deuxième cas. Alors, c’est vraiment une précision importante.

• Qu’est-ce que vous en pensez ? Est-ce nécessaire, ces précisions de sens ?
• Est-ce commun ?

Réponses

  • Il y a déjà eu plusieurs fils sur ce sujet.
    une virgule peut « doubler » la conjonction pour donner une indication sémantique supplémentaire, de mise en relief notamment ou de relance.
    (Riegel)
    Obligatoire, non; nécessaire dans l'esprit de l'auteur, certainement; commun, je dirais oui.
  • On ne met généralement pas de virgule avant la conjonction "et" commençant une proposition. Mais cela peut se faire si la phrase est vraiment longue, également si le sujet n'est plus le même. L'une de ces conditions suffit, à l'appréciation du scripteur. Veut-il presser son lecteur ou ralentir son allure, faire saisir la phrase comme une unité ou la décomposer ?

    Comparez par exemple : "Jacques court et réfléchit tout à la fois" /
    "Jacques court, et Sylvie nage". Deux exemples un peu bateau ! :rolleyes:
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.