Queneau, Ballade en proverbes du vieux temps

Bonjour, j'ai été interrompue dans ma lecture par une orthographe peu commune.
Voici le texte plutôt connu de Queneau:
Ballade en proverbes du vieux temps

   
Il faut de tout pour faire un monde
Il faut des vieillards tremblotants
Il faut des milliards de secondes
Il faut chaque chose en son temps
En mars il y a le printemps
Il est un mois où l’on moissonne
Il est un jour au bout de l’an
L’hiver arrive après l’automne
 
La pierre qui roule est sans mousse
Béliers tondus gèlent au vent
Entre les pavés l’herbe pousse
Que voilà de désagréments
Chaque arbre vêt son linceul blanc
Le soleil se traîne tout jone
C’est la neige après le beau temps
L’hiver arrive après l’automne
 
Quand on est vieux on est plus jeune
On finit par perdre ses dents
Après avoir mangé on jeûne
Personne n’est jamais content
On regrette ses jouets d’enfant
On râle après le téléphone
On pleure comme un caïman
L’hiver arrive après l’automne
 
            Envoi
 
Prince ! tout ça c’est le chiendent
C’est encor pis si tu raisonnes
La mort t’as toujours au tournant
L’hiver arrive après l’automne


Le soleil "tout jone" constitue-t-il une référence particulière ou est-ce une volonté archaïsante de l'auteur?

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Je ne crois pas à une volonté archaïsante car je ne connais pas de forme jone.
    En revanche j'y vois une facétie de la part de Queneau pour assurer la rime graphique.
  • Selon ses propres dires, Queneau a utilisé cette graphie pour transcrire la prononciation méridionale du mot (cf la note concernant ce mot dans l'édition de la Pléiade (NRF Gallimard) p. 1200.
    Bien sûr, connaissant Queneau, cela n'exclut nullement la facétie...
  • Merci!
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