Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

Bonjour,

je me demandais s'il était possible de passer l'agrégation en allant seulement à la fac ? Ou alors la fac ne forme pas assez bien pour ce concours ? C'est pour l'agrégation d'Anglais et je souhaite faire une LLCE Anglais,

Merci

Réponses

  • Cher Domino,

    En vérité, l'université prépare bien mieux à l'agrégation (concours de l'enseignement du second degré, comme le CAPES) que la CPGE. Tu y seras très bien formée puisque souvent tes cours de licence sont modelés sur les épreuves du CAPES et de l'agrégation.

    On prétend parfois que la CPGE y prépare mieux parce qu'elle instaure une rigueur et une discipline de travail dont l'université serait dépourvue. Or, il est tout à fait possible d'être un très gros bosseur et d'être exigent avec soi-même en étant à l'université.

    S'il est plus rare de voir des agrégés n'ayant pas fait de CPGE, c'est tout simplement parce qu'on les a orientés naturellement vers la CPGE en sortant du secondaire, laissant les moins bons élèves à l'université. Mais si en sortant du secondaire, tu as déjà un bon profil et que tu choisis l'université, tout en restant très sérieux pendant ta licence et ton master, tu n'es pas moins bien préparé qu'un ex-préparationnaire, bien au contraire, tu auras pu te concentrer pendant 5 ans exclusivement sur la discipline dont tu vas passer le concours.

    Après si tu souhaites suivre une formation pluridisciplinaire et que le manque d'encadrement te fait peur, peut-être que la CPGE est une bonne solution en attendant de retourner à l'université plus tard. En revanche, si tu es certain de vouloir enseigner l'anglais, et que tu n'as pas envie de t'abreuver de connaissances dans toutes les disciplines littéraires, l'université est un excellent choix.

    Il faut déconstruire les stéréotypes : de très bons étudiants ont été formés exclusivement par l'université, et ont obtenu l'agrégation. Ma directrice de recherches n'a pas fait de CPGE, et elle a réussi l'agrégation et son doctorat puis est devenue maître de conférences à Paris IV (et je connais quelques normaliens qui n'ont jamais réussi l'agrégation...). Les cas sont juste plus rares parce que l'orientation en fin de terminale joue beaucoup : les bons et très bons élèves sont envoyés grossir les rangs des prépas. Mais si ces bons et très bons élèves étaient allés à l'université dès la L1, ils auraient pu constater qu'ils auraient aussi bien réussi.

    Cependant, je ne cache pas que si on choisit l'université en fin de terminale et qu'on vise l'agrégation (comme moi), il faut s'accrocher, ne rien lâcher et ne jamais se contenter du minimum. Il faut passer sa licence avec toujours en arrière-plan dans la tête : tous ces cours doivent être réutilisés et connus pour préparer l'agrégation sereinement. Ainsi, exerce-toi régulièrement, ne te contente pas de l'examen final, passe tous les contrôles continus, rends des DM, fais des exposés. Qui plus est, j'ai trouvé personnellement cela très formateur et stimulant, avec un côté "défi", d'être aussi travailleur dans un environnement où on peut vite se laisser tenter par l'oisiveté. D'autant plus que quand tu es l'un des rares étudiants travaillant sérieusement dans la masse, tu te fais vite repérer par les profs, ce qui là aussi a beaucoup davantage si tu souhaites poursuivre en recherches. Cela m'a notamment permis d'obtenir un poste de vacataire-tuteur (que d'anciens préparationnaires n'ont pas eu, comme quoi...)
  • Antoine a tout très bien expliqué ! :)
  • J'ajoute cependant que l'avantage de la prépa -en plus de la pluridisciplinarité etc- c'est qu'on t'entraîne aux exercices de l'agrégation -à savoir la dissertation et le commentaire, pour l'essentiel- ainsi qu'à la prise de parole en public -l'exercice de la khôlle- et que tu as un groupe classe -l'émulation n'est pas pour rien dans le travail accompli en prépa-.

    Enfin, la prépa permet de passer d'autres concours que l'ENS et donc de changer de voie si l'enseignement ne t'intéresse pas ou plus.

    Pour le reste, je suis à peu près d'accord avec Antoine -ou disons que nos discours permettent de poser le choix à peu près-.
  • Bonjour, et merci beaucoup pour ta réponse très précise on ne pouvait pas faire mieux :) cela me rassure car je me pose pas mal de questions (étant en terminale j'ai des doutes, des peurs ...) . Encore merci et bonne continuation pour ton agrégation.
  • Merci pour tes encouragements !
    Tes interrogations, totalement fondées, sont le signe le plus patent de ta maturité.
    Tu as eu le mérite de lancer un sujet où Artz et moi finissons par être "à peu près" d'accord, ce qui est assez rare pour être mentionné :-)
  • Je suis de nature conciliante, voyons. :)
  • Étant en L1 et ayant les mêmes ambitions que Domino, je relance le sujet.

    J'ai été informé trop mauvaisement, trop tard, des prépas et des Grandes Écoles, en plus d'avoir des notes qui m'ont totalement démotivé pour aller en prépa, au bac anticipé.

    Je suis donc en L1 LLCE, c'est mou, relativement facile, et je suis parmi les seuls vrais anglicistes, dans une masse d'étudiants qui ne savent pas leurs verbes irréguliers et qui ont apparemment choisi la LLCE Anglais par dépit.
    Je sais que ça va très vite se corser. On arrive au deuxième semestre, et les professeurs vont sûrement monter d'un gros cran en terme d'attentes et de difficulté.

    Mais en attendant, j'ai (et j'aurai) du temps. Alors je cherche des livres, dans l'attente de la lointaine, et en même temps si proche, agrégation. Pour l'instant, je me mets à niveau en français et en particulier en grammaire, mais aussi en littérature.

    Mais pour l'anglais, que lire ? Avez-vous des livres qui me seront utiles, pour avoir de solides bases ?

    Je n'aurai pas la formation que la prépa prodigue, ni sa rigueur. Je n'aurai pas non plus la formation d'une ENS (j'avais, pour un petit moment, espéré pouvoir passer les concours. Je suis tombé des nues quand j'ai vu l'épreuve de latin ou grec obligatoire :( ). Alors autant travailler le plus possible...
  • "Je suis donc en L1 LLCE, c'est mou, relativement facile, et je suis parmi les seuls vrais anglicistes, dans une masse d'étudiants qui ne savent pas leurs verbes irréguliers et qui ont apparemment choisi la LLCE Anglais par dépit." impressionnant comme je pense exactement comme toi mon cher/ma chère ! :P
  • BTNBTN Membre
    Parles-tu couramment anglais ? Lis-tu du Emily Brontë par exemple ?

    Je ne sais pas comment certains professeurs ont eu le CAPES ou l'agrégation, mais ils sont loin du niveau des professeurs d'Oxford. D'aucuns diront que c'est normal, mais tout de même, l'accent par exemple ça se travaille !
  • Je pense que beaucoup se fiche de l'accent, tant que l'anglais est parfait. J'ai une professeure de civilisation britannique, qui a une prononciation des mots assez british, toutefois on peut très souvent déceler des traces de français, dans la prononciation. Honnêtement, je pense que ça a son charme, et je vois ça plus comme un atout plutôt que comme un inconvénient.

    Pour les concours, je ne suis pas prof, je ne peux pas juger. Mais j'aurais tendance à dire que le problème dont tu parles est assez rare pour les agrégés... J'ai eu ma ribambelle de prof d'anglais qui m'ont fait dressé les cheveux de la tête (en particulier la professeure qui m'a fait passé mon oral d'anglais au bac, je cite : "Yes, she suicided herself...").

    Je n'ai jamais eu de professeur agrégé d'anglais. Mais j'en ai eu en philo, géo, lettres, italien et maths. Même avant que je sache qu'ils étaient agrégés, j'ai toujours été étonné par leur rigueur et leur savoir ; ils connaissaient vraiment leurs matières.

    D'après ce que j'ai lu, le problème viendrait de la baisse du niveau requis aux CAPES ces dernières années...

    Je ne voudrais pas trop débattre de cette sorte de dichotomie agrégation/CAPES, ça a l'air tabou chez les profs, et les profs, il y en a plein ici ^^'



    En ce qui me concerne mon niveau d'anglais, je pense en effet pouvoir parler couramment anglais, sans pour autant avoir le niveau d'un natif. Je n'ai pas lu du Brontë pour l'instant, je comptais plutôt me lancer dans du Dickens.
  • Ta vision des agrégés est quelque peu idyllique. La distinction a perdu de son importance, même si l'agrégation a gardé de son prestige surtout aux yeux des anciennes générations. Quant à dire qu'un agrégé maîtrise mieux sa matière qu'un certifié, c'est probablement vrai, ce qui n'en fait pas pour autant un meilleur professeur. J'ai le souvenir d'un professeur de lettres agrégé génial mais obscur, se regardant parler, s'auto-glorifiant, et il était d'autant plus fascinant qu'il était incompréhensible. En bref, un certifié n'est pas nécessairement un mauvais professeur, pas plus qu'un agrégé en est un excellent, et réciproquement.
  • Bien sûr, ce n'est pas ce que je voulais dire dans mon message.

    Je pointais juste leur rigueur et leur savoir. Après, ils n'étaient pas forcément bons professeurs.

    Des professeurs certifiés qui sont meilleurs profs que des agrégés, ça se rencontre tous les jours :)
  • La distinction n'a absolument pas perdu de son importance. Ce qui ne veut pas dire que les agrégés sont de bons profs et pas les certifiés, ou inversement.
  • Bonjour,

    Je suis un peu hors sujet mais j'avais une question, à laquelle j'espère que quelqu'un aura une réponse : je suis en master littérature comparée, est-ce que je peux m'orienter vers l'agrégation d'anglais par la suite ?

    Merci de m'avoir lue :)
  • Tu as le droit de la passer. Par contre, au niveau de la formation nécessaire pour l'obtenir, c'est difficile à dire sans connaître ton parcours, tes capacités, ta motivation, etc. :)
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