Participe passé ou adjectif verbal ?

RE-bonjour!!

Je dois trouver les participes passés et je n'y arrive pas!

A- Une tâche départie entre plusieurs
B- Des gants dépariés
C- Une façade déparée
D- Des pauvres dépenaillés
E- Un service de table dépareillé

Quelle est l'astuce???
Merci de votre aide!
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Réponses

  • En consultant le dictionnaire :
    A- Une tâche départie entre plusieurs : verbe départir, pas d'adjectif, donc participe passé employé comme adjectif
    B- Des gants dépariés : verbe déparier, pas d'adjectif, donc participe passé employé comme adjectif
    C- Une façade déparée : déparer, pas d'adjectif, donc participe passé employé comme adjectif
    D- Des pauvres dépenaillés : adjectif dépenaillé, pas de verbe *dépenailler.
    E- Un service de table dépareillé : verbe dépareiller et adjectif dépareillé, donc plutôt adjectif.
  • Je rajoute que le participe passé peut être un adjectif verbal.
    Ce n'est pas du tout contradictoire !
  • Je pense que ce que voulait pauline T était de savoir lesquels sont utilisés en tant qu'adjectifs verbaux, et lesquels sont utilisés en tant que participes passés. Je dirais que "départie" dans la première phrase est utilisé comme participe passé, mais que tous les autres sont utilisés comme adjectifs verbaux.

    Mon astuce : "dépariés", "déparée", "dépenaillés", "dépareillé" qualifient le nom, et peuvent être accentués au moyen d'un adverbe tel que "très". On peut dire : "Des pauvres très dépenaillés" mais on ne peut pas dire "Une tâche très départie entre plusieurs".

    J'espère t'avoir aidée :) !
  • On pourrait donc dire qu'aimer n'a pas de passif, puisqu'on peut toujours dire Il est très aimé par ses parents ?
  • Je distingue pour ma part les cas suivants lorsque le participe passé est employé avec les verbes Avoir et Être (explicite ou implicite) :


    A) Le participe passé est pour moi un adjectif verbal lorsqu'il est utilisé avec le verbe Être n'impliquant aucune action : voix neutre, ni active ni passive.

    Exemple : Marie est fatiguée. Si l'on suppose que Marie est naturellement fatiguée, pas fatiguée par quelqu'un (ou quelque chose), aucun complément d'agent implicite (untel) n'est envisageable.

    Nous serions sinon à la voix passive : Marie est fatiguée (par untel) = On fatigue Marie, à la voix active.

    Remarquons que le verbe Être peut être implicite, commutant alors avec un verbe d'état : Marie semble fatiguée = Marie est probablement fatiguée.

    Le participe passé est alors essentiellement un adjectif attribut du sujet, secondairement un verbe. Cet adjectif verbal se distingue toutefois nettement d'un adjectif nominal lorsqu'il implique un processus. Comparons par exemple :
    La terre est rougie / La terre est rouge.


    B) Le participe passé est par contre un verbe adjectival avec l'auxiliaire Être des temps composés ou de la voix passive : d'abord un verbe car il indique le résultat d'une action, mais aussi un adjectif comme attribut du sujet.

    Exemples : Marie est suivie (par untel) / Marie est arrivée / Jacques s'est rasé. Grevisse mentionne par ailleurs 25 verbes (liste non exhaustive selon lui) pour lesquels le verbe Être indique le résultat d'une action, le verbe Avoir cette action en soi : Ce livre est paru / Ce livre a paru.

    Pour Grevisse, le verbe Être ne perd jamais sa fonction de copule neutre entre le sujet et l'attribut (participe passé), même lorsqu'il joue aussi le rôle d'auxiliaire des temps composés ou de la voix passive. J'ai par ailleurs signalé (A) qu'il pouvait commuter avec un verbe d'état, en l'occurrence à la voix passive :
    Marie semble fatiguée (par untel) = Marie est probablement fatiguée (par untel).


    C) Avec l'auxiliaire Avoir des temps composés (voix active), le participe passé serait par contre un verbe adverbial (ou à valeur adverbiale) précisant une action en soi, mais ne jouant aucunement le rôle d'un attribut. J'exclus bien sûr les cas où l'auxiliaire Avoir des temps composés se combine avec l'auxiliaire Être de la voix passive : Le braqueur a été poursuivi par le policier.

    Exemples : Le policier a poursuivi le braqueur / Jacques a parlé à Marie / Jacques a beaucoup travaillé. J'ai par ailleurs déjà signalé l'opinion de Grevisse (B) sur les rôles respectifs des verbes Être et Avoir.


    Voilà l'avis d'un Anglais (traitre en plus) sur le participe passé français !
  • Bonjour tout le monde.

    Je suis nouveau dans ce site et j’espère trouver des réponses à mes questions et aussi apporter ma contribution.
    Voici mes questions s’il vous plait:

    1- Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer clairement et sans ambigüité comment reconnaitre dans une phrase si un participe passé joue le rôle d’un participe passé c'est-à-dire d’un verbe ou s’il joue le rôle d’un adjectif verbal.

    2- Est-ce que le participe passé d’un verbe d’état (attributif) peux jouer le rôle d'un adjectif, parce que je n’arrive pas à trouvé des exemples.

    3- Est-ce que le participe passé d’un verbe d’action transitif indirect ou intransitif peux jouer le rôle d'un adjectif.

    Je cherche depuis un bon moment maintenant, j’ai même lu tout les sujets qui existent sur ce site mais ça reste très ambigu pour moi.
  • Bonjour,

    Je sais que ce sujet est vieux de plus de deux ans mais, ayant eu à travailler sur le même sujet, je me permets d'intervenir, même s'il est clair que la personne a dû se faire expliquer son problème par son ou sa professeure, car je n'ai pas vu de réponses satisfaisantes ici.

    Le vrai sujet n'est pas entre la voie active et passive mais entre le passif et le faux passif, à savoir entre une action et un état de fait :
    B- Des gants dépariés : des gants qui ne vont pas ensemble : c'est un état de fait : il ne faut pas interpréter cette phrase comme un passif mais un faux passif : en ce sens, "dépariés" est un adjectif verbal et non un participe passé.

    C'est EXACTEMENT la même chose pour les participes présents :
    A) les eaux stagnantes offrent un bel habitat pour les libellules > stagnantes : adjectif verbal car c'est un état et non une action : on parle "d'eaux stagnantes"
    B) Ces eaux, stagnant dans la plaine, y forment un marécage > stagnant : participe présent :
    1) la virgule empêche qu'on parle d'eaux stagnantes au sens hydrologique du terme
    2) ça signifie donc que les eaux font en quelque sorte l'action de stagner dans la plaine.

    Pour résumer :
    « passif d’état » : faux passif
    « passif d’action » : vrai passif

    Donc, la solution est (et en l'absence de tout contexte) :
    A- Une tâche départie entre plusieurs : passif d'action : "vrai" passif", participe passé :plusieurs personnes se départent la tâche.
    B- Des gants dépariés : état : adjectif verbal : personne ne déparie les gants, on le constate ainsi (de plus, c'est un verbe à l'aspect perfectif).
    C- Une façade déparée (phrase la plus complexe) : "déparer" étant un verbe d'aspect imperfectif et /ou marquant le fait que c'est quelqu'un ou quelque chose d'autre (le temps aussi par exemple) qui la rend ou l'a rendue moins agréable, je pencherais plutôt (toujours en l'absence de tout contexte) pour un passif d'action : participe passé.
    D- Des pauvres dépenaillés : état : adjectif verbal : ce n'est pas un verbe (comme l'a écrit un participant plus haut), donc on ne peut pas "dépenailler", on ne peut pas faire l'action de toute façon.
    E- Un service de table dépareillé : état : donc adjectif verbal.
  • JehanJehan Modérateur
    Ces eaux, stagnant dans la plaine, y forment un marécage.
    C'est forcément un participe présent, vu le complément de lieu "dans la plaine" de ce participe... et vu son invariabilité.
    Un participe présent ou passé est (ou peut être ) complété par un complément...
  • Bonjour Jehan,

    Oui, il est invariable car participe présent mais c'était pour expliquer en quoi il était justement invariable.

    On peut tout à fait dire "eaux stagnantes dans la plaine" ou par exemple, "victoire écrasante au stade" ou encore "de longues marches épuisantes dans la neige".

    et on peut aussi dire : "La robe, traînant, soulève la poussière" (CCcause : parce qu'elle traîne). (Par contre pour cette tournure, j'avoue que j'ai quand même besoin d'un juge de paix : j'ai quelques doutes mais je suis presque sûr qu'elle est correcte)

    Mon propos était de faire la différence entre passif d'action ou d'état qui est la seule valable à mon avis pour expliquer ou non la nature adjectivale ou verbale d'un mot.
  • JehanJehan Modérateur
    Oui, certes, on peut tout à fait dire eaux stagnantes dans la plaine, mais c'est la phrase complète qu'il faut considérer. Dans ce cas, "dans la plaine" ne complète pas l'adjectif "stagnantes", mais le verbe de la phrase ou même toute la phrase.

    Nous avons vu beaucoup d'eaux stagnantes dans la plaine.
    Dans la plaine, nous avons vu beaucoup d'eaux stagnantes.


    Même chose avec tes autres exemples : "au stade" n'est pas un complément de lieu de l'adjectif "écrasantes", et "dans la neige" n'est pas un complément de lieu de l'adjectif "épuisante". Ce sont des compléments de lieu du verbe de la phrase complète, ou des CC de toute la phrase.

    Dans La robe, traînant, soulève la poussière, il s'agit d'un participe présent en fonction d'épithète détachée, exprimant une vague nuance causale.
    Conformément à ce que j'ai expliqué, il s'agit bien d'un participe présent, puisqu'on peut lui adjoindre un complément : traînant sur le sol.
    Alors qu'avec l'adjectif, le complément n'est plus possible :
    on ne dira pas *La robe, traînante sur le sol, soulève la poussière.
  • Bonjour,
    Jehan a écrit:
    Alors qu'avec l'adjectif, le complément n'est plus possible :
    *La robe, traînante sur le sol, soulève la poussière.
    Je ne comprends pas : "sur le sol" semble être un complément de "traînante".

    Par ailleurs, j'ai trouvé une page intéressante, en particulier pour les cas particuliers issus d'un lointain français :
    https://www.francaisfacile.com/exercices/exercice-francais-2/exercice-francais-35237.php
  • C'est que de toute façon, un CC ajoute un complément de sens au verbe, non à un adjectif.

    Mais ces explications grammaticales n'expliquent pas (car c'est toujours là où je reviens) la différence entre un participe passé et un adjectif pour quelqu'un qui ne fait pas la différence car s'il voit qu'il peut y avoir des compléments (qu'ils soient de phrases ou de verbes) après, ça l'embrouille plus qu'autre chose.

    Mon explication n'était pas syntaxique (fonction d'un mot dans la phrase) mais axée sur le rôle passif ou non du verbe.

    J'avais mis des virgules pour être plus clair aussi, pour éclaircir.

    Et sauf erreur, on peut dire "traînante sur le / au sol" (dans le sens qu'elle est traînante quand- ou parce qu' - elle est au sol et où "sur le sol" n'est évidemment pas le complément de "traînante") - j'enlève les virgules car ça pose problème :
    Sur le sol, la robe traînante (se) noircit / La robe traînante sur le sol (se) noircit.

    C'est une question de transitivité ou non.

    Et on peut remplacer traînante par un autre adjectif :
    "La robe bleue sur le sol se noircit"
    Je suis donc passé par une autre explication que celle syntaxique pour expliquer la différence entre les 2 classes car à mon sens elle n'est pas suffisante.

    à Hippocampe,
    Je ne comprends pas : "sur le sol" semble être un complément de "traînante".

    Par ailleurs, j'ai trouvé une page intéressante, en particulier pour les cas particuliers issus d'un lointain français :

    Non, JAMAIS un CC ne sera complément d'un adjectif.
    C'est comme si vous disiez, en remplaçant cet adjectif, par "bleue", par ex. que "sur le sol" est complément de "bleue", c'est impossible : "La robe bleue sur le sol se noircit".

    Bleue : adjectif épithète de robe
    sur le sol : CCL (qui est un complément de phrase ou de verbes, SEULEMENT)

    La robe n'est pas bleue parce qu'elle est sur le sol.
  • JehanJehan Modérateur
    Oui, en ce qui concerne le participe passé, ton explication "passif d'état / passif d'action est valable, elle avait d'ailleurs déjà été donnée dans d'autres discussions.

    Pour distinguer les deux : le passif d'action, comme tu l'as dit, comporte un complément d'agent implicite ou explicite. Là, c'est un participe passé.
    Le passif d'état peut être remplacé par un adjectif de sens voisin ou par un groupe prépositionnel à valeur adjectivale. Là, c'est un adjectif verbal.
  • Je suis com-plè-te-ment largué.

    Mais tant pis, je n'insiste pas. Ce n'est qu'un sujet parmi d'autres qui m'échappent en grammaire française. J'ai arrêté la grammaire en troisième et je ne pense pas avoir entendu parler de ces adjectifs verbaux. J'avais l'impression alors d'avoir fait le tour de la grammaire... :rolleyes:
    Il faut avoir fait du français après le bac pour piger ce que vous dites !

    Mais merci pour vos réponses.
  • C'est ça Jehan ;)

    Salut Hippocampe,

    Je m'aime pas voir quelqu'un de largué donc je vais tenter d'expliquer :

    Chaque mot dans une phrase a une nature et une fonction.
    C'est comme nous :
    1) nous avons tous une nature (par exemple : homme /femme).
    2) notre fonction : notre rôle, par exemple, dans la société par rapport aux autres :
    par exemple, en société, une de mes fonctions est de donner des cours de français.
    Cela définit une de mes fonctions : celle qui est professionnelle et mon rôle par rapport à mes élèves par exemple.

    Pour les mots, c'est pareil :
    Par ex. : le pain
    1) Nature : nom masculin
    2) fonction : sa dépend de son rôle dans la phrase, par ex. : "le pain est bon" (fonction de "pain" : sujet de "être")

    Donc, la fonction d'un mot se définit toujours dans une phrase.

    Par exemple, l'adjectif qui qualifie un nom ou pronom : il peut être épithète (accolé au nom), attribut du sujet (séparé du nom par un verbe d'état, comme le verbe "être" : "je suis blond") etc.

    Dans la phrase : "la robe traînante sur le sol se noircit"

    "Sur le sol" : Complément circonstanciel de lieu (CCL)
    Il faut se poser les bonnes questions pour trouver la fonction d'un mot :
    1) Sur le sol : CCL

    2) il est CCL par rapport à quel mot : "traînante" ou "se noircit"
    Est-ce que "sur le sol" va déterminer l'état de "traînante" de la robe?
    Ou est-ce qu'on peut déplacer "sur le sol" : "Sur le sol, la robe traînante se noircit"
    On peut le déplacer, donc sa fonction n'est pas liée à un mot précis MAIS à la phrase :
    tous les Compléments circonstanciels sont des compléments de phrase.


    On peut aussi enlever les CC sans que la phrase soit fausse : "la robe traînante se noircit."
    Un complément circonstanciel est - comme son adjectif l'indique - "de circonstance" : il est secondaire (cf. CNRTL) : il apporte une information en plus mais non nécessaire à la bonne tenue de la phrase.
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