Grammaire française Participe passé

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Réponses

  • Lamaneur, j’avoue que je n’ai pas lu la préface. Lorsqu’elle n’est pas de l’auteur, je ne la lis pas toujours. Je la lirai dès que j’aurai fini le roman. En tout cas, merci à tous pour vos réponses.
  • Bonjour à tous,
    Je bute sur une conjugaison pourtant classique :
    « Elle s'est appropriée la religion » (extrait d'un entretien)
    J'ai tendance à corriger en « Elle s'est approprié la religion »
    La raison pour laquelle je doute est que les principaux conjugueurs donnent « elle s'est appropriée ». Mais, à mon sens, elle ne s'approprie pas elle-même : elle s'approprie... la religion (COD).
    Ai-je raison ou tort ?
    Merci de votre aide. :)
  • Bonjour,

    On dirait que Bescherelle est d'accord avec toi:
    Étape 1 – Raisonnons comme avec avoir : le verbe a-t-il un complément direct (CD)?

    Si le verbe pronominal a un CD à sa droite, son participe reste invariable : Nous nous sommes donné des lettres, elle s’est procuré des lettres.

    Si le verbe pronominal a un CD à sa gauche, c’est ce complément qui donne l’accord au participe passé. On trouve souvent un CD à gauche sous la forme du pronom que ou le/la/les ou se : Les lettres que nous nous sommes données, elle se les est procurées. Ils se sont vus. On le rencontre aussi parfois au début des phrases interrogatives (le CD répond à la question quoi? ou qui?) : Quelles lettres t’étais-tu procurées? Lesquelles t’es-tu procurées?
    http://bescherelle.ca/participes-passes-verbes-pronominaux/
  • Merci perluète :)
    Je vais corriger comme ça, donc.
  • Cette correction serait une erreur. Approprier est accidentellement pronominal, il n'a pas le même sens aux formes pronominale et non pronominale (comme apercevoir). L'accord se fait donc avec le sujet.
  • Bon, ben, mes excuses Freddy... :/ Je pensais pouvoir faire confiance à Bescherelle, mais je n'ai pas cherché assez loin...
  • Quant à moi, j'écrirais : " Elle s'est approprié la religion ".
  • JehanJehan Modérateur
    Moi aussi, n'en déplaise à l'Académie, j'écrirais : Elle s'est approprié la religion.
    Comme le rappelle le Cnrtl, dans cet emploi usuel, le s' est bien COI (complément d'attribution) et non pas COD :
    B.− Usuel. [Le pron. réfl. est compl. d'attribut. du verbe, suivi d'autre part d'un obj. dir.] S'attribuer quelque chose. Attribuer quelque chose à soi-même, la faire sienne (souvent d'une manière indue). https://www.cnrtl.fr/lexicographie/approprier

    Comparer avec Elle s'est attribué... Elle s'est arrogé...

    Le participe de ces verbes ne peut s'accorder que si le COD précède :
    La religion qu'elle s'est appropriée...
    Les qualités qu'elle s'est attribuées...
    Les droits qu'elle s'est arrogés...


    J'en avais d'ailleurs déjà discuté avec Anne sur ce même fil, il y a bien longtemps :
    https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic425-accord-du-participe-passe-des-verbes-pronominaux-p81.html
    La famille s’est approprié cette terre en y plaçant ses morts. (Fustel de Coulanges).
    Ils se sont approprié le dépôt qui leur était confié.
    (Le Petit Robert 2016)
  • Merci de vos réponses - qui prouvent si besoin était que j'ai eu raison d'hésiter car le sujet semble complexe.
    :/
    Comme il faut que j'explique et justifie mes corrections, je vais m'en tenir à la version « s' = COI » plus facile à expliquer pour moi.
    Merci encore. :)
  • Jehan a écrit:
    Moi aussi, n'en déplaise à l'Académie, j'écrirais : Elle s'est approprié la religion.

    Peux-tu m'indiquer où l'Académie française a émis une opinion divergente ? Merci. :)
  • Jehan, je ne comprends pas pourquoi tu as écrit :
    Moi aussi, n'en déplaise à l'Académie, j'écrirais : Elle s'est approprié la religion.

    puisque tu partages, semble-t-il, l'opinion de cette vénérable institution (voir ci-dessous un extrait de l'article oligarque de la neuvième édition de son dictionnaire).
    Dans la Russie post-communiste, on appelle oligarques ceux qui se sont approprié les richesses nationales lors des privatisations et détiennent ainsi un grand pouvoir économique.

    A moins que tu ne marques ton désaccord avec cet extrait d'un discours de 2002 d'Hélène Carrère d'Encausse (cf. le lien donné par Lamaneur).
    C'est pour cela que toute l'Europe se l'[notre langue] est approprié il y a trois siècles.
    (C'est moi qui ai graissé.)

    Mais HCE, à elle seule, n'est pas l'Académie française ; je doute donc, ne serait-ce que pour cette raison, que tu identifies celle-là à celle-ci.
  • JehanJehan Modérateur
    Merci de ce résumé, Roméo.
    Je ne sais plus pourquoi j'ai écrit "n'en déplaise à l'Académie"...
    Je n'aurais pas dû.
    Au temps pour moi !
  • Entendu. :)

    Sur le fond, je partage ta manière de voir. Le Grevisse de l'étudiant. Capes et agrégation de lettres (2018) également ; cf. notamment cet ex. La maison qu'il s'est appropriée (p. 577).
  • Anne345 a écrit:
    Cette correction serait une erreur. Approprier est accidentellement pronominal, il n'a pas le même sens aux formes pronominale et non pronominale (comme apercevoir). L'accord se fait donc avec le sujet.

    N'est-ce pas dans le seul cas où le pronom est inanalysable qu'il y a accord avec le sujet ?
    Ici le pronom est clairement COI (= "il a rendu propre à lui-même", "il a acquis à lui-même"), et le fait que le verbe non pronominal ait un sens en effet différent n'y fait rien.
  • Bonjour,

    Principes :

    Dans le cas de verbes essentiellement pronominaux (au sens de verbes qui ne connaissent que la construction pronominale : se souvenir), s'il n'y a pas de C.O.D. et si le pronom est inanalysable, le participe passé s'accorde avec le sujet.
    Ex. : Elles se sont échappées. Ils se sont évanouis.

    Mais dans le cas de verbes pronominaux, s'il y a un C.O.D. qui n'est pas le pronom parce que celui-ci est inanalysable, l'accord se fait avec ce complément (si ce dernier, bien sûr, précède le part.) et non pas avec le sujet.
    C'est l'ex. que j'ai donné hier : La maison qu'il s'est appropriée. Autre ex. : L'avenir qu'elle s'est imaginé.
  • C'est l'évidence même. Mais j'eusse aimé qu'Anne précisât son analyse.
  • Bonjour ! J'aurais quelques questions concernant le participe passé de deux phrases :
    "Elle s'en est remise"
    "Elle s'est remise de ses émotions"
    Ne faut-il pas dire "elle s'en est remis" étant donné que "en" est peut-être pronom neutre singulier?
    De plus j'ai cru lire sur certains forums que des participes passés de verbes pronominaux de s'accorder pas tels que "se succéder", "se téléphoner" etc...
    Pourriez-vous éclairer ma lanterne? Merci !
  • JehanJehan Modérateur
    Le pronom en ne change rien à l'accord.

    Elle s'est remise de ses émotions.
    Elle s'en est remise.
    Elle s'est remise de cela.


    se succéder = succéder l'un à l'autre.
    Ils se sont succédé.
    On succède à quelqu'un ou à quelque chose.

    se téléphoner.
    Ils se sont téléphoné.
    On téléphone à quelqu'un

    Le se est ici un COI, pas un COD. On n'accorde pas.
  • Merci Jehan!
    C'est-à-dire que le "se", vu qu'il n'est pas COD mais bien COI, représente "ses émotions"?

    Dans la phrase "les flagorneries qu'il s'est permises"
    Ne doit-on pas dire "permis" puisque qui s'est permis : il
    ?
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