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Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves - Elle passa tout le jour des fiançailles...

Bonjour tout le monde, voilà je suis nouveau sur ce forum et je viens de faire un commentaire sur la scène du bal dans la Princesse de Clèves.
Voilà le passage : "Elle passa tout le jour......(...)......ne put admirer que Mme de Clèves", maintenant j'aurais voulu avoir un avis par rapport à celui-ci car je ne sais pas si il est bien ou pas

PS: je dois le rendre à la rentrée=14 janvier ici a Tahiti....., voilà merci beaucoup et bonne lecture
Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver le soir au bal et au festin royal qui se faisaient au Louvre. Lorsqu’elle arriva, l’on admira sa beauté et sa parure. Le bal commença ; et, comme elle dansait avec M. de Guise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de quelqu’un qui entrait et à qui on faisait place. Madame de Clèves acheva de danser ; et, pendant qu’elle cherchait des yeux quelqu’un qu’elle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna, et vit un homme qu’elle crut d’abord ne pouvoir être que M. de Nemours, qui passait par-dessus quelque siége pour arriver où l’on dansait. Ce prince était fait d’une sorte qu’il était difficile de n’être pas surprise de le voir, quand on ne l’avait jamais vu ; sur-tout ce soir-là, où le soin qu’il avait pris de se parer augmentait encore l’air brillant qui était dans sa personne : mais il était difficile aussi de voir madame de Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement.
M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté, que, lorsqu’il fut proche d’elle, et qu’elle lui fit la révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser, il s’éleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les reines se souvinrent qu’ils ne s’étaient jamais vus, et trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini, sans leur donner le loisir de parler à personne, et leur demandèrent s’ils n’avaient pas bien envie de savoir qui ils étaient, et s’ils ne s’en doutaient point. Pour moi, madame, dit M. de Nemours, je n’ai pas d’incertitude ; mais, comme madame de Clèves n’a pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que j’ai pour la reconnaître, je voudrais bien que votre Majesté eût la bonté de lui apprendre mon nom. Je crois, dit madame la dauphine, qu’elle le sait aussi bien que vous savez le sien. Je vous assure, madame, reprit madame de Clèves, qui paraissait un peu embarrassée, que je ne devine pas si bien que vous pensez. Vous devinez fort bien, répondit madame la dauphine ; et il y a même quelque chose d’obligeant pour M. de Nemours à ne vouloir pas avouer que vous le connaissez sans l’avoir jamais vu. La reine les interrompit pour faire continuer le bal : M. de Nemours prit la reine dauphine. Cette princesse était d’une parfaite beauté, et avait paru telle aux yeux de M. de Nemours avant qu’il allât en Flandres ; mais, de tout le soir, il ne put admirer que madame de Clèves.

intro:
Le roman intitulé «La Princesse de Clèves» fut écrit en 1678 par l’une des rares femmes écrivains de l’époque : Mme de La Fayette. Le fait que ce roman fut publié dans un premier temps anonymement, à entraîner de nombreuses interrogations on ce qui concerne l’auteur de cette œuvre. De par sa dimension très psychologique, ce roman est considéré comme très moderne pour son époque. En effet dans son roman Mme de La Fayette s’attache à analyser la psychologie de ses personnages et à décrire également l’univers aristocratique de la Cour sous le règne d’Henri II. La description de cet univers est facile pour elle, car elle a elle-même côtoyé ce milieu grâce à son rang social élevé et c’est ainsi que l’auteur a pu transcrire les intrigues de la cour qu’elle pouvait observer, dans son œuvre. Après sa publication, le roman a été au cœur de multiples débats de par sa dimension très moderne et c’est cela qui la rendu si populaire. Ainsi ce roman met en scène une jeune femme, appelée Mlle de Chartres et qui deviendra la Princesse de Clèves après son mariage de raison avec le Prince de Clèves. Celui-ci, ébloui par la beauté de la magnifique princesse, ressent pour elle une violente passion depuis le premier jour où il la vu. Cependant elle ne ressent que de l’admiration pour celui-ci et c’est là en fait qu’est toute l’intrigue du roman. Cette intrigue va se renforcer avec l’entrer en scène d’un nouveau personnage : le Duc de Nemours. La Princesse a déjà entendu parler de ce prince mais ne la jamais encore rencontré et c’est justement la rencontre entre ces deux personnage qui va faire l’objet de notre étude. Ainsi, par ironie du hasard le Duc de Nemours revient à la cour après une mission en Angleterre, alors que cela fait déjà deux semaines que M et Mme de Clèves sont mariés. Son entrée en scène se fait lors d’un bal organisé pour les fiançailles de Claude de France avec un prince de Lorraine et c’est là que le Duc de Nemours va faire la rencontre avec la Princesse. Même si une passion commence à naître peu à peu entre les deux personnages, la princesse est consciente qu’elle doit s’abstenir d’une quelconque relation avec le Duc de Nemours du fait de son union avec le Prince de Clèves et c’est là que le piège se referme sur elle. Ainsi on peut se demander en quoi cette scène et d’une importance capitale dans le roman. Pour ce faire nous analyserons dans un premier temps le cadre et les conditions de la rencontre. Ensuite nous étudierons dans un second temps l’importance du coup de foudre qui naît entre les deux personnages et pour finir nous verrons dans un troisième temps que la passion qui naît peu à peu va constituer pour la Princesse de Clèves un piège fatal.

partie 1:
Cette scène de rencontre prend place pendant les fiançailles de la seconde fille du roi, Claude de France avec le Duc de Lorraine et c’est un événement très important pour le monde aristocratique de l’époque. Tout d’abord il faut prendre en compte le cadre extrêmement prestigieux de la scène, qui se déroule dans l’un des endroits les plus fréquentés de la cour du roi Henri II : le Louvre. C’est ainsi un lieu où il n’y a que des personnes de la haute société et où l’on trouve tout ce qui ce fait de meilleur. Ils sont tous convier à un «festin royal» (L.1). Les personnes de la noblesse qui sont cités dans le texte sont : «Monsieur de Guise» (L.3) «Madame de Clèves» (L.4),«le Roi» (L.5) «Monsieur de Nemours» (L.7),«les reines» (L.13),«Madame la dauphine» (L.20),«La reine» (L.25). Tous ces personnages vont donc contribuer à instaurer le cadre extrêmement prestigieux de cette fabuleuse scène de rencontre.
Ensuite on remarque que la rencontre se fait dans des conditions propres au mouvement romanesque. La mise en place d’une rencontre lors d’un bal est une idée exceptionnelle de la part de Mme de La Fayette car c’est un moment idéal, là ou toute la noblesse peut se réunir, tout le monde y va, surtout pour se montrer et pour observer les autres. Le bal est donc là pour couvrir le véritable spectacle qui se prépare. On constate également que les deux sujets de la rencontre ont tout deux pris soin de bien se préparer avant la soirée : « Mme de Clèves passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer » (L.1) et M. de Nemours pris également « soin de se parer » (L.8-9). « Le Roi et les reines » (L.13) « trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaître » (L.14). La dimension énigmatique romanesque est soulignée par le fait que les deux protagonistes sont réunis et ils dansent même ensemble, alors qu’ils ne se connaissent même pas. C’est ainsi donc que le bal parait comme le lieu idéal pour une tel rencontre, car il est enfaite là en tant que prétexte à cette rencontre.
On peut également souligner le caractère très théâtral de la rencontre avec une mise en scène habilement menée, dans une situation où ne cessent de se succéder les actions et les retournements de situation. Tout d’abord la Princesse de Clèves dansa avec M. de Guise, ensuite le bruit d’une arrivée se fit entendre de tout le monde et elle chercha quelqu’un avec qui danser. Puis soudainement le Roi lui cria de prendre pour cavalier celui qui venait d’entrer. Ensuite elle vit le Prince et se douta tout de suite qu’il s’agissait de M. de Nemours. Celui-ci passa ensuite sur quelques sièges pour pouvoir la rejoindre. Enfin réunis, les deux personnages dansèrent ensemble. Ils prirent ensuite la direction du Roi sans se parler, mais avec la Reine Dauphine en tant qu’intermédiaire. Puis le bal continua. Donc au final, les circonstances de la rencontre sont très bien développées et c’est qui permet de placé cette scène au centre du regard du lecteur, pour qu’il puisse se rendre compte du caractère très important de la scène.
Pour conclure cette première partie, la scène est observée par une cour composée uniquement de personnes noble. La passion qui n’ait entre le Duc de Nemours et la Princesse de Clèves ne veut pas être dévoilée par cette dernière et c’est à ce moment qu’elle connait pour la première fois le besoin de cacher son amour. Cependant elle ignore que le Duc de Nemours ressent également de l’amour pour elle.

Partie 2
Ainsi, de cette rencontre nait entre les deux personnages un puissant coup de foudre amoureux. Le lieu choisi pour établir cette rencontre (Un bal au Louvre) va largement contribuer à comprendre le caractère de la relation qui va se crée petit à petit entre les deux personnages, avec notamment les différents regards et points de vue. Tout d’abord on constate que l’auteur utilise dans ce texte le champ lexical du regard, car selon lui, le regard est le sens le plus adéquat pour témoigner de cet amour. Même la parole ne peut pas surpasser la force du regard qui dévoile leur passion. Le verbe voir est utilisé 7 fois aux lignes 6, 8, 9,14et 24 et le mot « yeux » apparaît 2 fois aux lignes 5 et 26. D’ailleurs entre les deux, c’est La Princesse de Clèves qui voit la première, l’autre : « elle cherchait des yeux quelqu’un »(L.4-5), puis elle « vit un homme qu’elle crut d’abord ne pouvoir être que M. de Nemours »(L.6), « il était difficile de n’être pas surprise de la voir quand on ne l’avait jamais vu »(L.7-8). Et il y a aussi une sorte de parallèle avec M. de Nemours que l’on remarque avec l’utilisation de l’adverbe « aussi » : « mais il était difficile aussi de voir Mme de Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement » (L.9-10) et c’est cet échange de regards qui contribue à la naissance de la passion. On constate aussi que, comme dans l’ensemble du Roman, les deux personnages ne se parle quasiment pas et c’est cela qui laisse prédominer le regard. Cet échange de regard réciproque entraîne pour les deux personnages un certain étonnement et une certaine admiration. Le jeu des regards n’est pas immédiatement saisissables car les points de vue changent souvent ou sont souvent différents. L’entourage qui observe la scène arrive à percevoir une sorte de lien, mais n’arrive pas a déchiffrer la nature de se lien qui naît. Ensuite on remarque aussi que les deux personnages ne regardent pas l’entourage qui les observes, comme si ils étaient isolé de la cour et que personne ne les voyaient.
Puis on peut aussi constater que Mme de La Fayette fait une description des deux personnages principale de la scène. Tout d’abord pour la Princesse de Clèves, Mme de La Fayette décrit "Sa beauté et sa parure" (L.1) et "il était difficile de voir Mme de Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement." (L.9-10). Même M de Nemours fut "surpris de sa beauté" (L. 11). Et « il ne put s'empêcher de donner des marques de son admiration" (L.12). La cour peut percevoir un certain point commun entre les deux personnages : Il parut « Quelque chose de singulier de les voir danser ensemble" (L.14) et il y eut "Un murmure de louanges" (L.13) quand ils furent le centre de tout les regards. Ensuite c’est M. de Nemours qui est décrit : « Il était difficile de n'être pas surpris de le voir quand on ne l'avait jamais vu » (L.7-8) et « le soin qu'il avait pris de se parer augmentait encore l'air brillant qui était dans sa personne" (L. 8-9).
Ainsi pour conclure cette seconde partie, Mme de La Fayette utilise très bien la force du regard pour faire dévoiler le coup de foudre et malgré la différence de points de vue, le message que veut faire passer l’auteur à la cour est d’une certaine manière perceptible. Ensuite après avoir décrit parallèlement et brièvement les deux personnages et leurs points communs, elle parvient à les unir avec la scène de la danse.

partie 3:
Ainsi maintenant que le coup de foudre est bien établit, c’est a ce moment que se referme le piège fatal sur Mme de Clèves. La description parallèle de ces deux personnages d’exception montre qu’ils sont faits l’un pour l’autre, comme si c’était leur destinée et on peut le remarquer notamment avec la structure de certaines phrases comme : « il était difficile de n’être pas surprise de le voir quand on ne l’avait jamais vu » (L.7-8) ou « mais il était difficile aussi de voir Mme de Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement » (L.7-8). Ainsi même s’ils ne se sont jamais vu et qu’ils ne se connaissent pas, nous lecteurs nous comprenons très bien que cette rencontre faisait partit de leurs destin. Il semble aussi que même la cour pensait que cette rencontre était incontournable : « il s’éleva dans la salle un murmure de louanges » (L.13). En fait c’est le Roi qui provoque le destin, car c’est lui qui ordonne à Mme de Clèves de «prendre pour danser celui qui arrivait », M. de Nemours. Pour le Roi et les autres personnes de la cour présente au bal il y a « quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaître »(L.14). De ce fait le destin est déjà écrit et le piège se referme sur La Princesse. Ce n’est pas un hasard car les observateurs de la scène sont d’une certaine manière conscients de la destinée qui s’écrit peu à peu et c’est de cela que ressort le déroulement de la fatalité de la scène.
Même la narratrice participe au dévoilement de la fatalité avec l’utilisation de plusieurs méthodes : Tout d’abord avec l’emploi de « quelqu’un » aux Lignes 4 et 5 qui désignent en fait une seule et même personne, le Duc de Nemours. Ensuite la narratrice joue aussi avec les propositions subordonnée de conséquences qui solidifient le lien inévitable entre le point de départ et ce qu’il engendre entre les deux personnages. Les personnages contrôle difficilement leurs sentiments et leurs parole et on le voit avec l’utilisation de « ne put s’empêcher »(L.12).
Dans l’écriture de ce texte, l’auteur joue également avec deux figures de style : l’hyperbole et la litote. L’hyperbole se remarque surtout dans la syntaxe avec des élaborations qui se suivent et il y a le champ lexical de l’hors du commun, de l’admiration : grand étonnement »(L.10), « beauté »(L.11), « louange »(L.13) ,« admirer » (L27), …avec l’utilisation d’adverbe très mélioratif comme « tellement » (L.11). Parallèlement à ces hyperboles il y a également des litotes, qui disent moins pour faire entendre plus comme par exemple « difficile de n'être pas surprise de le voir quand on ne l'avait jamais vu » (L.8) ou encore avec « « Monsieur de Nemours fut tellement surpris de sa beauté, que, lorsqu’il fut proche d’elle, et qu’elle lui fit la révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration »(L.11-12)…Ces litote appariassent surtout sous forme de négation. Et au final ces formules se multiplient pour marquer leur incapacité à changer leur destinée. Ainsi le dialogue ne dévoile pas tout, mais laisse deviner : « je n’ai pas d’incertitude »(L.17), « Mme de Clèves n’a pas les mêmes raisons » (L.18), « que je ne devine pas »(L.21), « à ne vouloir pas l’avouer […] « sans l’avoir jamais vu » (L.24). Donc au final tous ces éléments permettent de dévoiler au lecteur le piège fatal du coup de foudre, qui se referme sur la princesse.

conclusion:
Ainsi pour conclure, Mme de La Fayette arrive à faire de cette rencontre une scène d’une importance capitale dans le roman. Tout d’abord à travers le cadre et le contexte de cette rencontre, qui est observer par des personnes de haut rang social (la noblesse).La Princesse se rend compte de son amour pour le Duc de Nemours mais elle souhaite cependant le cacher et elle ne sait pas que l’amour qu’elle ressent est valable aussi pour M. de Nemours. Et cela justement aboutit à l’établissement d’un puissant coup de foudre passionnel entre les deux, qui se remarque avec le jeu des regards. Cependant ce coup de foudre s’avèrera être par la suite un piège fatal qui va se refermer sur Mme de Clèves tout au long du roman. Et c’est donc en sens que cet extrait est d’une grande importance et d’une grande richesse, dans le roman.

Réponses

  • Désolé du retard, je me suis inscrit récemment et je n'ai vu ton post qu'aujourd'hui. :/

    Sinon très bon commentaire, tu n'as quasiment rien n'oublié, j'espère que tu as eu une bonne note.
    Pour mon commentaire personnel, il faut remarquer aussi que la grammaire change au cours du texte, par exemple l'utilisation des pronoms personnels. Car on peut voir que Mme de Clèves et M. de Nemours sont deux personnages distinct ("il", "elle"), puis, au moments où "ils" se mettent à danser, "il" et "elle" disparaissent pour ne donner que "ils", ce qui à mon avis accentue l'idée d'amour coup de foudre et du destin d'être ensemble (fait ctrl + F et tape "ils", si tu est sceptique). Sur le plan grammatical, je suis sûr qu'il y a plein d'autres choses à dire mais flemme de chercher plus :P

    Voilà c'est tout sinon très bon com :)
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