Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

Bonjour à vous,
je poste ici parce que mon professeur de philosophie m'a proposé de me présenter au concours général de philosophie cette année, étant en terminale L.
Je ne suis pas sure du tout d'avoir le niveau, j'en suis même persuadée, mais j'ai quand même accepté en me disant que j'aurais au moins essayé… C'est pourquoi je fais aussi appel à vous: est-ce que vous auriez des conseils de lecture pour que je puisse le préparer efficacement? Des conseils pour l'épreuve? Pour la gestion du temps?
Je n'ai jamais fait d'épreuves aussi longues, et je m'inquiète beaucoup à propos de ça, n'ayant jamais su gérer mon temps.

Par ailleurs, autre question, est-ce que vous savez où se passent les épreuves?
Je veux dire, elles sont organisées dans notre lycée, ou dans un centre d'examen?
Combien de temps en général avant de passer le concours recevons-nous une convocation?

Je suis désolée de poser autant de questions d'un seul coup, mais je suis assez perdue… déjà les quelques dissertations que j'ai pu lire m'ont fait prendre conscience de combien il faudra que je travaille pour ce concours, mais je me pose en plus énormément de questions, sur tout de manière générale d'ailleurs ^^

Merci d'avance pour votre aide!
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Réponses

  • Bonjour !

    Je ne peux pas trop te donner de conseils de lecture ou autre pour le concours général de philosophie.
    Par contre j'ai passé le concours général d'arts plastiques (sans gagner aucun prix comme je le prévoyais xD) donc je peux effectivement te dire que le niveau exigé est haut. D'un autre côté ce qui est honorifique en soi ce n'est pas seulement le fait de bien se classer mais simplement la confiance que t'accordent les profs.
    Je ne l'ai pas passé dans mon lycée mais dans un lycée de la même académie.

    Voilà c'est très maigre mais j'espère t'avoir éclairée au moins un peu :)
  • Bonjour !
    Je passe aussi le concours général de philosophie, mais dans ma série (S)
    Si ton professeur de philosophie t'a proposé, c'est qu'il juge que tu as le niveau de participer, pour gagner c'st autre chose mais je ne pense pas que ce soit le premier objectif de ceux qui se présentent. En tout cas je ne sais pas si c'est déjà fait mais sinon il faut que tu t’inscrives avant demain soir. Je suis sûr en tout cas que c'est une excellente chose, de faire quelque chose de gratuit, et il faut surtout que ça te procures du plaisir et te permette d'approfondir la matière, d'acquérir une culture. La meilleure préparation c'est de maîtriser à fond le cours de terminale et de se créer sa propre culture : je veux dire qu'il est inutile d'ingurgiter les Kant, Hegel, Sartre et compagnie in extenso, lis au contraire ce qui te fais plaisir. Rien ne sert d'avoir une très vaste culture si elle reste superficielle, je pense qu'il vaut mieux approfondir les auteurs que l'on apprécie, afin de montrer qu'on les connaît bien. Pour préparer ce genre de concours, il faut apprendre, il me semble, à lire vite (mais bien !), ce qui ne peut que nous être utile pour le supérieur, surtout si tu envisages une prépa. Enfin c'est surtout l'émulation qui doit nous motiver, on n'a rien à perdre mais tout à gagner !
    En principe il y au moins un centre d'examen dans chaque rectorat (i.e. dans chaque département), apprends tout dépend du nombre de candidats.
    Pour la gestion du temps, en six heures je pense que le temps en plus doit se passer au brouillon. Moi j'imagines plutôt 2heures brouillon, 3h30 pour rédiger tranquillement (parce que ce que le jury cherche ce ne sont pas des dictionnaires mais avant des candidats ayant un style servant le mieux possible leurs idées), et puis la dernière demi heure en plus pour se rassurer !
    Surtout ne te mets aucune pression pour cela, c'est purement gratuit et la pression est toujours destructive. Potasse régulièrement un bon manuel, lis des oeuvres en les annotant (fais des fiches pour les grandes idées, relève les citations frappantes etc.)
    Voilà, je ne sais pas si cela peut t'aider
  • Bonjour,
    Je passe egalement le concours general de philosophie en L. Vous faites comment pour organisez vos revisions ? Il y a des chapitres que je n'ai pas fait comme la raison et le reel, l'histoire, l'art. Je me demandais si, selon vous, je devais les etudier par moi-meme ou uniquement approfondir les chapitres que je connais deja?

    Merci d'avance
  • Bonjour,

    Etant en faculté de philosophie je vais essayer d'apporter quelques éléments qui je l'espère vous aideront ^^.
    Comme dit précédemment, c'est un concours très difficile ( plus de 2000 inscrits, 18 élèves maximum sont récompensés ). Pour les révisions, il faut approfondir les cours. Un cours sur la nature, ou sur le droit, la liberté, demande un approfondissement. En effet, on ne peut pas parler de nature sans partir d'aristote, tout comme on ne peut parler de droit sans parler des théoriciens du droit ( Spinoza étant un des premiers à avoir penser la démocratie, juste pour l'exemple ^^ ). Néanmoins c'est avant tout l'occasion de se constituer sa propre culture. Une bonne culture personnelle vaut bien bien mieux qu'une culture vaste sans aucune personnalité. Faites vous votre propre culture comme l'a dit JeanG. Maitriser Platon sur le bout des doigts ( même si cela reste difficile en Terminale, mais votre professeur pourra certainement vous aider, c'est même sur ). Ce sera mieux que citer une vague thèse d'un autre auteur que l'on aura entendu. Ce qui est évaluer dans ce type de concours c'est votre capacité à traiter un sujet de manière intelligente, de savoir le retourner, le critiquer, montrer les limites, tout en montrant sa pertinence. Il faut également ne pas se laisser surmonter par l'abstrait des sujets. Ce ne sont pas des sujets sur la liberté qui ne demande qu'une simple définition, paradoxe, et thèse antithèse ( c'est très schématique ) mais des sujets du type "Serait-il absurde de nier la réalité du temps ? " ( bien que celui ci soit très difficile, c'est largement du niveau université.
    Il faut savoir s'adapter, ne pas se reposer sur ses auteurs mais sur sa capacité d'analyse. Car même si la culture est importante en philosophie, elle ne doit être là que pour appuyer votre réflexion et renforcer sa pertinence !
  • A la veille du grand jour je fais remonter le sujet, en littéraire, aussi, a présenter le concours.
    Pour ma part plutôt stressée, je ne me sens pas prête du tout, mais c'est pas grave, je me dis qu'être présentée, déjà, c'est bien: je ne pense pas avoir même la possibilité de remporter un prix, mais bon c'est déjà une bonne expérience, un devoir en 6h :)

    Voilà voilà j'espère que d'autres personnes viendront aussi ^^

    En attendant, bonne chance à tous pour demain!
  • Sujet pour les ES et S

    Faut-il toujours saisir l'occasion?
  • JeanGJeanG Membre
    Moi aussi j'ai passé le Concours Général de Philosophie ! :lol: Le sujet était donc :
    Faut-il toujours saisir l'occasion?
    Vous avez réussi à dire quelque chose? Vous avez fait quel plan? Quels auteurs cités?
    Qu'en avez-vous pensé? Moi je suis content d'avoir eu une expérience de philo de 6 heures, même si le sujet n'était pas forcément (à mon avis bien sûr... :D ) très stimulant ! Mais sans doute certains ont-ils apprécié, non? En tout cas avec la copie que j'ai rendue, je suis déjà sûr de ne pas avoir de prix !
    Et les L sur quoi avez-vous composé?
  • Oh beau sujet ^^

    Vous avez dit quoi du coup?

    Nous les L c'etait "l'ordre des choses"... Je sais pas ce qui est pire
    Je sais pas vraiment si mon plan va, je sais que j'aurai pas de prix, mais c'était une bonne expérience quand même, une épreuve en 6h, bien que fatiguant!
  • JeanGJeanG Membre
    Ah votre sujet était pas mal non plus ! Vous avez suivi quel plan?
  • Salut ! Faut-il toujours saisir l'occasion n'est pas un thème qu'on aborde en terminale donc il semble logique de n'avoir aucune connaissance.
    Selon ma prof de philo c'était un sujet assez compliqué, plutôt pour le CAPES. Elle m'a également affirmé que c'était fait pour repérer les meilleurs, c'est-à-dire ceux qui ont réussi à développer un raisonnement cohérent, par eux-mêmes.
    Personnellement, j'ai échoué. Mon plan était plat, sans intérêt.
    Vous êtes restés 6 heures ? C'est déjà exceptionnel quand on regarde le nombre de personnes ayant quitté la salle après 2h seulement.
  • Bonjour à tous!
    J'ai moi aussi passé l'épreuve, en série ES/S, et j'ai trouvé le sujet plutôt intéressant, et même plus abordable que "les lieux communs", par exemple. Après, c'est vrai que je cherche toujours quelle notion du programme aurait pu nous inspirer...
    Je n'ai pas encore eu l'occasion d'en parler avec mon professeur, mais en tout cas c'était une super expérience, je n'ai aucun regret!
    Vous étiez beaucoup dans la salle?
    Pour moi, il y avait 4 L (toutes d'un autre établissement) et autant de S... Mais aucun n'est parti après 2 heures.
  • Bonjour ! J'ai aussi pris part au CGL de philo en ES. Que pensez-vous de mon plan ?

    "Faut-il toujours saisir l'occasion ?"

    Pb : Comment l'occasion peut-elle être un but dont la poursuite serait légitime ? Quel choix faut-il effectuer face à la tension qui oppose l'éphémère occasion au projet de vie plus étendu ?

    I - L'occasion comme chance exceptionnelle à saisir
    1) Du monde éphémère à sa saisie par un sujet. Rien ne réapparaît (Héraclite) ; saisir l'occasion serait donc empêcher tout regret. Dès lors, saisir l'occasion c'est saisir la singularité du réel (exemple des impressionnistes qui saisissent la singularité d'un moment).
    2) Carpe diem et memento mori. Finitude humaine qui pousse à s'attacher à la richesse du présent ; disponibilité vis-à-vis du présent.
    3) L'occasion comme possibilité de s'insérer dans le monde. Contre la léthargie, notamment d'un point de vue politique (virtù machiavélienne). Exemple de Duroy dans Bel-Ami qui devient éditorialiste grâce à l'occasion que lui propose Forestier.
    Transition : l'apothéose de Duroy n'est que l'aveu de son opportunisme (≠ valeurs éthiques). Faut-il dès lors saisir toute occasion, quels qu'en soient les tenants et les aboutissants. On n'assiste pas à "l'" occasion, mais à des occasions.

    II - La force asservissante de l'occasion : une entrave à tout projet ?
    1) L'homme est un être de projet, orienté vers le futur et non le présent de l'occasion. Il constitue un projet d'existence qui ne peut dépendre de la contingence d'une occasion. Il choisit son projet alors que l'occasion empêche le choix car son propre est d'être fugitive.
    2) La force de l'occasion naît de l'absence de prévisions qui la caractérise. Une occasion est subjective et on peut être illusionné par notre conscience, notamment du point de vue des conséquences de l'occasion que l'on ignore lorsqu'elle se présente à nous. Exemple de Candide ; le bateau pour fuir les maux (perçu comme une occasion) aboutit finalement au tremblement de terre de Lisbonne.
    3) Ne faudrait-il alors pas refuser l'occasion et privilégier la constance ? La Princesse de Clèves refuse de succomber à Nemours alors que les occasions se présentent : elle reste un modèle de vertu. Au contraire, Ève croque le fruit ; elle voit l'absence de Dieu comme une occasion alors qu'elle oublie son omniscience et omniprésence. Elle plonge l'humanité dans la misère.
    Transition : mais Ève n'est qu'un prototype d'être humain. L'occasion n'est pas en soi un mal à fuir ; nous devons nous interroger sur le rapport à l'occasion. Saisir l'occasion, c'est aussi se confronter au réel.

    III - S'adapter à l'occasion : l'occasion ne doit être saisir que si elle entretient une relation étroite avec le sujet qui est interpellé.
    1) L'occasion comme mise à l'épreuve. La liberté se fonde dans l'existence, pas dans l'abstraction (révolte chez Camus). Mise à l'épreuve.
    2) L'occasion au cœur du projet d'existence. Métaphore de la cueillette du carpe diem et non de l'excès : choisir les occasions. Et même pourchasser l'occasion, comme l'inspiration pour Jack London. On ne peut la "saisir" par les mains.
    3) L'évolution créatrice. Apprécier le présent. Le kairos grec. Évoluer sous l'égide de la métis grecque.

    Un plan finalement pas excessivement génial ; je partais de toutes façons sans grande ambition. Qu'est-ce que vous en pensez ?
  • A mon humble avis, le piège de ce sujet, que je trouve hyper difficile (le sujet des L n'est pas non plus du tout cuit!) serait de se concentrer exclusivement sur le thème de l'occasion en oubliant d'expliciter les autres parties de la question: Qu'entendons-nous par "faut-il" ? Quelle est sa force (il faut, d'accord, mais si je ne le fais pas, quelle serait la ou les conséquences de cette transgression )? Quelle occasion pourrait commander le "faut-il"? L'occasion, pas UNE occasion! Existe-t'elle vraiment? Et pourquoi "toujours" s'agissant de L'occasion ? Serait-elle donc unique? Quelle pourrait être sa nature dans ce cas? Il me semble que qu'un développement de la discussion autour de ces problématiques, étayé d'exemples littéraires et philosophiques, permettrait, à tout le moins d'éviter un hors-sujet.
    Cela étant, mes années de terminale-philo sont bien lointaines; donc il ne faut voir dans mon avis qu'une piste de réflexion et certainement pas une référence absolue...
  • Bonjour, voici les copies de quelques lauréats du concours général de composition française et de philosophie des années 1996-1997, je trouve intéressant de se faire une idée des originalités présentes dans chacune des copies. Une maîtrise parfaite des tenants et des aboutissants du sujet !
    [lien invalide]
  • Je me sens un peu seule en L, tenez
    D'ici demain je posterai mon plan pour avoir votre avis si vous voulez bien?

    Sinon, quand on lit ces dissertations, c'est magnifique, je n'aurai jamais pu faire pareil, ces gens sont des génies!

    De toute façon je ne pense pas que j'aurai de prix, je n'ai pas participé pour ça d'ailleurs, mais réussir, au bout d'un moment à trouver des idées, à les organiser, au moment où il y a une sorte de "déclic" par rapport à la problématique, j'ai trouvé ça vraiment exceptionnel!

    Puis aussi, les ES et S je vous admire avec votre sujet qui était tout sauf évident… à mon avis, le sujet littéraire était plus "facile", ou en tout cas plus large, qui permettait plus d'approches et d'idées sans doute
  • @zakomoricien

    Bonjour à toi !

    J'ai également eu le plaisir de composer sur ce sujet, et je dois dire qu'il a été très stimulant pour ma part.
    J'ai tout d'abord été frappé à la lecture de ton commentaire, puisque je pensais réellement être original en développant la virtù (et son rapport à la fortuna) chez Machiavel. Je pense en effet que l'occasion est le meilleur moyen pour le souverain d'affirmer sa capacité de réaction face aux événements.
    J'ai largement hésité à parler du fameux carpe diem étant donné que le sujet était bien porté sur l'occasion et non sur l'instant (même si comme je l'ai écrit l'instant est la demeure de l'occasion), et que la dérive était facile.
    Ton plan m'a l'air riche et plutôt bien pensé :)
    Néanmoins, si j'avais une remarque à faire, je dirais que tu n'as pas assez insisté sur l'aspect moral : le véritable problème de l'homme c'est qu'il ne sait pas si l'occasion sera bonne. Il faut même aller plus loin en disant qu'il ne sait même pas si l'occasion lui sera bénéfique. Ainsi, comment pourrait-il décréter que l'occasion est "bonne" ? Comment pourrait-il s'adapter à l'occasion, comme tu le développes dans le III. ?
    Je trouve que ta troisième partie est très jolie mais peut-être pas assez concrète ... On voudrait tous savoir s'adapter aux occasions, mais comment ? C'est là que Bergson m'a aidé, et je suis curieux de savoir ce que tu as développé avec L'Evolution créatrice :rolleyes:
    Félicitations & bonne chance en tout cas !
  • Bonjour Snowman !

    Merci pour tes remarques, elles sont très enrichissantes. J'ai essayé de souligner le fait que l'homme n'a aucune idée de ce vers quoi l'occasion va l'emmener, avec l'exemple des péripéties de Candide.

    Disons que mon III considère qu'il faut inscrire l'occasion dans un projet. En effet, j'ai essayé de montrer que l'on peut vouloir saisir l'occasion si, paradoxalement, on l'a déjà envisagée dans toute sa contingence. Par exemple, chez Camus, l'esclave veut se rebeller contre le maître. Il a donc le projet de quitter sa servitude ; mais il attend le moment d'exercer sa liberté. Dès lors, une tâche particulière qu'il refuse (donc une occasion) va témoigner de son insoumission. Je reconnais que c'est un peu confus... Disons qu'on peut aussi chercher l'occasion, comme c'est le cas de l'écrivain à la recherche de la matière de son livre (Jack London) : on doit chercher partout l'inspiration. Bien sûr, j'ai aussi dit qu'il était impossible de véritablement s'adapter à l'occasion, qui reste éphémère, mais elle peut être recherchée dans la mesure où l'on va essayer - autant que possible - de ne pas s'y jeter excessivement, d'où la métaphore de la cueillette "carpe diem" et non une quête excessive. Je n'ai pas évoqué Bergson explicitement (je m'y connais peu) mais je lui ai seulement emprunté l'expression d' "évolution créatrice" ? Qu'est-ce que tu en as dit ? :)

    Cela dit, je me rends compte moi-même que ce n'est pas génial, et très confus (comme quoi, on prend conscience de soi dans l'action, celle de l'écriture, et le langage clarifie les pensées...).

    En bref, ça aura été une bonne expérience ! Et toi, quel a été ton fil d'Ariane ? J'ai bien hâte de connaître ton approche du sujet ! :D
  • Ah ! Je pense saisir d'avantage ta démarche. Si j'ai bien compris ton III. développe l'idée d'une "préparation".
    Même si on ne peut pas prévoir l'occasion (ni même sa pure apparition) on peut tout de même l'anticiper en ce sens qu'elle sera comme l'achèvement d'un projet ou d'une volonté. C'est une sorte de "couronnement" qui concrétise une idée.
    Je dois dire que c'est plutôt bien pensé
    Pour ma part j'ai essayé de traiter le sujet comme suit :
    - Mon introduction s'articule autour d'un poème de Baudelaire sur le temps. L'occasion arrive comme un infime détail dans la course du temps, c'est une sorte d'omission.
    Face à la fuite du temps et à sa mort inexorable l'homme cherche plus que tout à saisir cette occasion.
    J'ai ensuite tenté de cerner au plus près l'occasion comme une opportunité, un instant à ne pas rater.
    Ma problématique se présente plus ou moins dans cette optique :
    "La rareté de l'occasion, fait-elle d'elle une légitimité ?"
    J'ai essayé d'appliquer la méthode des concours de philosophie que mon professeur m'a enseignée, mon plan est donc en deux parties.
    I. L'occasion est toujours à saisir, car elle se profile comme l'opportunité de cirier au monde que j'existe.
    - J'ai parlé de la philosophie morale de Jankélévitch lorsqu'il enseignait à la Sorbonne. Une moralité affirmée par l'action et non pas enfermée dans les mots. Une sorte de moralité de "terrain" : l'occasion d'exprimer mes convictions et de défendre mes valeurs. (Déjà un petit clin d'œil à Bergson, philosophe du mouvement) car comme je l'ai écrit "entre la théorie et l'action, il y a tout l'infini du courage".
    - J'ai ensuite adopté une optique politique de l'action avec Machiavel
    L'occasion est légitime.
    Transition avec Nietzsche et sa philosophie du soupçon, telle qu'il l'a, par exemple développée dans la Généalogie de la morale : qui sait si derrière la virtú ne se cache pas une volonté de puissance ?
    On aperçoit alors la limite : on ne peut pas raisonnablement toujours saisir l'occasion : comme nous sommes des êtres de désirs, impulsifs, nous pouvons nous tromper.

    II. L'occasion mise à mal, vers une morale libératrice ?

    - J'ai ici montré que l'occasion ne légitime pas l'action : si quelqu'un souhaite vous poignarder pendant la nuit (il n'y a aucun témoin), vous ne diriez pas qu'il aurait dû le faire parce qu'il en avait l'occasion.
    Ainsi c'est là le problème de l'occasion : elle se traite subjectivement et pourtant on doit trouver des règles objectives.
    - Le droit régulateur chez Kant qui en fait même la condition première de la paix (Projet de paix perpétuelle)
    - Du point du vu de la raison : il faut prôner la prudence : Descartes avait l'occasion de changer le monde en appuyant le modèle Héliocentrique que Copernic avait imaginé, mais il a fait preuve de prudence et s'est abstenu devant la condamnation de Galilée.
    - Mais on rencontre de nouveau un problème : même si le droit et la raison permettent de bien juger de l'occasion il n'en demeure pas moins que l'occasion, c'est alléchant. Or, être normé de toute part avec ces impératifs ne résoudra pas la tentation de saisir l'occasion pour s'en délecter.
    - La véritable solution : La morale de Bergson. Dans Les Deux sources de la morale et de la religion, ce philosophe (c'est mon philosophe préfère héhé) développe l'idée d'une morale dynamique qui inscrirait l'homme dans son humanité. Grâce à "l'appel des héros" l'homme n'agit plus par habitude mais pour ressembler à ces grands Hommes que sont les héros. Une morale que l'on admire a toutes les chances de remplir son rôle, contrairement à cette morale figée dans les mots qui entrave l'occasion de m'accomplir.
    On peut concilier la force de la morale avec la magie de l'occasion.
    - Dans ma conclusion j'ai poétisé l'idée, et j'ai terminé en disant que si l'on décide de saisir l'occasion, alors il ne faut pas oublier d'en "extraire l'or" (c'est l'un des derniers vers du poème de Baudelaire, je trouvais ça joli de finir sur mon accroche et sur le plus grand poète de tous les temps)
    Je ne sais pas ce que tu en penses, je m'en veux de ne pas avoir pensé au Kairos, mais bon ...
    Enfin j'ai pris du plaisir à composer et c'est le plus important !! (désolé pour les fautes)
  • Il y a bien un aspect moral qui est à interroger dans la notion d'occasion, mais appelle surtout la notion de liberté ( quelle est la cause de l'occasion, quelle part du libre-arbitre ... ) : Je trouve ton départ très pertinent Snowman ( pbmatique et première partie ), mais la seconde partie l'est nettement moins faute de vouloir faire parler les auteurs en fonction du sujet, et faute de vouloir '' résoudre '' le sujet : tu places une espèce de fausse contradiction entre Kant et Bergson, et je dois te l'avouer que la fin me laisse un peu dubitatif ( mais peut-être ne l'ai-je pas vraiment comprise ? )
  • J'ai pourtant essayé de privilégier le sujet plutôt que de tout calquer à des concepts ...
    En réalité, je pense que loin de mettre en contradiction Kant et Bergson, l'un sert l'autre.
    Kant fait du droit une priorité et l'a brillamment démontré, mais je trouve que Bergson va plus loin en osant proposer une réponse originale.
    D'autre part, Kant s'oppose par nature à Bergson : pour Kant le devoir est un effort, alors que chez Bergson c'est une habitude instaurée par la société.
    Je veux juste dire que Kant a beau être très brillant, il n'en demeure pas moins que l'occasion reste (selon moi) plus forte qu'une simple accumulation de concepts moraux, impossibles à mettre en pratique. C'est là que Bergson intervient pour nous promettre un idéal : allier la rigueur de la morale à l'émotion. Est-ce possible ? Je ne sais pas. Mais j'avais envie d'y croire ...
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