Quels effets ces différents textes produisent-ils sur leurs lecteurs ?

Bonjour, alors voilà j'ai une dissertation à faire en français mais je n'arrive pas à faire les questions de corpus...
Questions : "Quels effets ces différents textes produisent-ils sur leurs lecteurs?" et "Quelle image de la langue de l'autre est donnée par ces textes?"
Voici les trois textes :

Texte A : Jean de Léry, Histoire d'un voyage fait en terre du Brésil (1578)
Mm voyant tout incontinent environné de sauvages, lesquels me demandaient : « Marapé-dereré, marapé-dereré ? », c’est-à-dire : « Comment as-tu nom, comment as-tu nom ? »(à quoi pour alors je n’entendais que le haut allemand) et, au reste, l’un ayant pris mon chapeau qu’il mit sur sa tête, l’autre mon épée et ma ceinture qu’il ceignit sur son corps tout nu, l’autre ma casaque qu’il vêtit, eux, dis-je, m’étourdissant de leurs crieries et courant de cette façon parmi leur village avec mes hardes, non seulement je croyais avoir tout perdu, mais aussi je ne savais où j’en étais. Mais comme l’expérience m’a montré plusieurs fois depuis, ce n’était que faute de savoir leur manière de faire : car faisant le même à tous ceux qui les visitent, et principalement à ceux qu’ils n’ont point encore vus, après qu’ils se sont ainsi un peu joués des besognes d’autrui, ils rapportent et rendent le tout à ceux à qui elles appartiennent. Là-dessus, le truchement m’ayant averti qu’ils désiraient surtout de savoir mon nom, mais que de leur dire Pierre, Guillaume ou Jean, eux ne les pouvant prononcer ni retenir (comme de fait au lieu de dire Jean ils disaient Nian), il me faillait accommoder de leur nommer quelque chose qui leur fût connue : cela, comme il me dit, étant si bien venu à propos que mon surnom, Léry, signifie une huître en leur langage, je leur dis que je m’appelais Léryoussou, c'est-à-dire une grosse huître. De quoi eux se tenant bien satisfaits, avec leur admiration Teh ! se prenant à rire, dirent : « Vraiment voilà un beau nom et nous n’avions point encore vu de Mair, c'est-à-dire Français, qui s’appelât ainsi. »


Texte B : Voltaire , L'ingénu (1767)
Je m’aperçois, monsieur l’Ingénu, dit le grave bailli, que vous parlez mieux français qu’il n’appartient à un Huron. Un Français, dit-il, que nous avions pris dans ma grande jeunesse en Huronie, et pour qui je conçus beaucoup d’amitié, m’enseigna sa langue ; j’apprends très vite ce que je veux apprendre. J’ai trouvé en arrivant à Plymouth un de vos Français réfugiés que vous appelez huguenots, je ne sais pourquoi; il m’a fait faire quelques progrès dans la connaissance de votre langue; et dès que j’ai pu m’exprimer intelligiblement, je suis venu voir votre pays, parce que j’aime assez les Français quand ils ne font pas trop de questions.
L’abbé de Saint-Yves, malgré ce petit avertissement, lui demanda laquelle des trois langues lui plaisait davantage, la huronne, l’anglaise, ou la française. La huronne, sans contredit, répondit l’Ingénu. Est-il possible ? s’écria mademoiselle de Kerkabon ; j’avais toujours cru que le français était la plus belle de toutes les langues après le bas-breton.
Alors ce fut à qui demanderait à l’Ingénu comment on disait en huron du tabac, et il répondait taya : comment on disait manger, et il répondait essenten. Mademoiselle de Kerkabon voulut absolument savoir comment on disait faire l’amour; il lui répondit trovander, et soutint, non sans apparence de raison, que ces mots-là valaient bien les mots français et anglais qui leur correspondaient. Trovander parut très joli à tous les convives.
Monsieur le prieur, qui avait dans sa bibliothèque la grammaire huronne dont le révérend P. Sagar Théodat, récollet, fameux missionnaire, lui avait fait présent, sortit de table un moment pour l’aller consulter. Il revint tout haletant de tendresse et de joie; il reconnut l’Ingénu pour un vrai Huron. On disputa un peu sur la multiplicité des langues, et on convint que, sans l’aventure de la tour de Babel, toute la terre aurait parlé français.

Texte C : Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil (2001)
Quand le soldat balte se releva en tremblant, couvert de ses guenilles puantes, c'est lui plutôt qui parut à Colombe ridicule, emprunté,aussi absurdement travesti qu'elle se sentait tout à coup l'être elle même.
-Mair, bredouilla la Balte, en exécutant avec terreur les maigres consignes que Villegagnon lui avait fait entendre.
-Mair,mair, reprirent tous les autres soldats de l'escouade sans chercher à se servir de leurs armes qui gisaient encore sur le sol.
L'un des Indiens répondit par une longue phrase. Une langue inconnue se laisse voir plutôt qu'entendre : elle était colorée d'innombrables voyelles ,entremêlées comme dans ce sous-bois de forêt vierge, et l'on y reconnaissait un relief tourmenté de consonnes, qui dominaient la mélodie de leur dureté abrupte.
-Mair, répéta le Balte pour faire croire qu'il avait compris quelque chose.
Ce mot déclencha le rire chez les Indiens car il montrait que les étrangers n'avaient aucune intelligence de ce qu'ils avaient voulu leur dire.
Cette hilarité, jointe au fait que les Indiens replacèrent leurs arcs à l'épaule, calma l'alarme des soldats.Ils se mirent en marche à la suite de leurs nouveaux guides en direction d'un étroit chemin tracé dans les herbes.


Voilà merciiiiii :)

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Quels effets ces différents textes produisent-ils sur leurs lecteurs?
    Regarde comment réagissent les civilisés au contact des indiens. Apprécie ces réactions : sont-elles justes ? inadaptées ? ridicules ?...
    Quelle image de la langue de l'autre est donnée par ces textes?
    La langue est le moyen de communiquer. Quand elle est inintelligible, elle provoque des réactions chez ceux qu'elle déroute... Analyse-les et juge-les...
  • d'accord, merci beaucoup!!!!

    Je ne comprend pas le texte de Jean de Lévy, je pense que les sauvages ont un aspect plutôt critique envers les européens non??
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Ils sont étonnés, curieux, familiers, joyeux, heureux de vivre, honnêtes, proches de la nature... Léry les voit comme de grands enfants...
  • Et par rapport à la langue ? Je ne sais pas comment démarrer mon intro de dissert... Aidez moi:(
  • 1- Quels effets ces différents textes produisent-ils sur leurs lecteurs ?
    2- Quelles image de la langue de l'autre est donnée par ces textes ?


    Je n'arrive pas a répondre a ces deux questions aidez-moi cordialement

    Texte A : Jean de Léry, Histoire d'un voyage fait en terre du Brésil (1578)
    Mm voyant tout incontinent environné de sauvages, lesquels me demandaient : « Marapé-dereré, marapé-dereré ? », c’est-à-dire : « Comment as-tu nom, comment as-tu nom ? »(à quoi pour alors je n’entendais que le haut allemand) et, au reste, l’un ayant pris mon chapeau qu’il mit sur sa tête, l’autre mon épée et ma ceinture qu’il ceignit sur son corps tout nu, l’autre ma casaque qu’il vêtit, eux, dis-je, m’étourdissant de leurs crieries et courant de cette façon parmi leur village avec mes hardes, non seulement je croyais avoir tout perdu, mais aussi je ne savais où j’en étais. Mais comme l’expérience m’a montré plusieurs fois depuis, ce n’était que faute de savoir leur manière de faire : car faisant le même à tous ceux qui les visitent, et principalement à ceux qu’ils n’ont point encore vus, après qu’ils se sont ainsi un peu joués des besognes d’autrui, ils rapportent et rendent le tout à ceux à qui elles appartiennent. Là-dessus, le truchement m’ayant averti qu’ils désiraient surtout de savoir mon nom, mais que de leur dire Pierre, Guillaume ou Jean, eux ne les pouvant prononcer ni retenir (comme de fait au lieu de dire Jean ils disaient Nian), il me faillait accommoder de leur nommer quelque chose qui leur fût connue : cela, comme il me dit, étant si bien venu à propos que mon surnom, Léry, signifie une huître en leur langage, je leur dis que je m’appelais Léryoussou, c'est-à-dire une grosse huître. De quoi eux se tenant bien satisfaits, avec leur admiration Teh ! se prenant à rire, dirent : « Vraiment voilà un beau nom et nous n’avions point encore vu de Mair, c'est-à-dire Français, qui s’appelât ainsi. »


    Texte B : Voltaire , L'ingénu (1767)
    Je m’aperçois, monsieur l’Ingénu, dit le grave bailli, que vous parlez mieux français qu’il n’appartient à un Huron. Un Français, dit-il, que nous avions pris dans ma grande jeunesse en Huronie, et pour qui je conçus beaucoup d’amitié, m’enseigna sa langue ; j’apprends très vite ce que je veux apprendre. J’ai trouvé en arrivant à Plymouth un de vos Français réfugiés que vous appelez huguenots, je ne sais pourquoi; il m’a fait faire quelques progrès dans la connaissance de votre langue; et dès que j’ai pu m’exprimer intelligiblement, je suis venu voir votre pays, parce que j’aime assez les Français quand ils ne font pas trop de questions.
    L’abbé de Saint-Yves, malgré ce petit avertissement, lui demanda laquelle des trois langues lui plaisait davantage, la huronne, l’anglaise, ou la française. La huronne, sans contredit, répondit l’Ingénu. Est-il possible ? s’écria mademoiselle de Kerkabon ; j’avais toujours cru que le français était la plus belle de toutes les langues après le bas-breton.
    Alors ce fut à qui demanderait à l’Ingénu comment on disait en huron du tabac, et il répondait taya : comment on disait manger, et il répondait essenten. Mademoiselle de Kerkabon voulut absolument savoir comment on disait faire l’amour; il lui répondit trovander, et soutint, non sans apparence de raison, que ces mots-là valaient bien les mots français et anglais qui leur correspondaient. Trovander parut très joli à tous les convives.
    Monsieur le prieur, qui avait dans sa bibliothèque la grammaire huronne dont le révérend P. Sagar Théodat, récollet, fameux missionnaire, lui avait fait présent, sortit de table un moment pour l’aller consulter. Il revint tout haletant de tendresse et de joie; il reconnut l’Ingénu pour un vrai Huron. On disputa un peu sur la multiplicité des langues, et on convint que, sans l’aventure de la tour de Babel, toute la terre aurait parlé français.

    Texte C : Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil (2001)
    Quand le soldat balte se releva en tremblant, couvert de ses guenilles puantes, c'est lui plutôt qui parut à Colombe ridicule, emprunté,aussi absurdement travesti qu'elle se sentait tout à coup l'être elle même.
    -Mair, bredouilla la Balte, en exécutant avec terreur les maigres consignes que Villegagnon lui avait fait entendre.
    -Mair,mair, reprirent tous les autres soldats de l'escouade sans chercher à se servir de leurs armes qui gisaient encore sur le sol.
    L'un des Indiens répondit par une longue phrase. Une langue inconnue se laisse voir plutôt qu'entendre : elle était colorée d'innombrables voyelles ,entremêlées comme dans ce sous-bois de forêt vierge, et l'on y reconnaissait un relief tourmenté de consonnes, qui dominaient la mélodie de leur dureté abrupte.
    -Mair, répéta le Balte pour faire croire qu'il avait compris quelque chose.
    Ce mot déclencha le rire chez les Indiens car il montrait que les étrangers n'avaient aucune intelligence de ce qu'ils avaient voulu leur dire.
    Cette hilarité, jointe au fait que les Indiens replacèrent leurs arcs à l'épaule, calma l'alarme des soldats.Ils se mirent en marche à la suite de leurs nouveaux guides en direction d'un étroit chemin tracé dans les herbes.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Il faudrait lire les réponses précédentes.
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